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« The Amazing Spider-Man: le destin d’un héros » de Marc Webb

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« THE AMAZING SPIDER-MAN: LE DESTIN D’UN HÉROS » VS PROCRASTINATION

On dit souvent que faire un film, c’est comme avoir un enfant. Il y en a que l’on crée et d’autres que l’on adopte. Cette franchise ferait plutôt partie de cette seconde catégorie puisque non seulement le super-héros arachnéen a été conçu par Stan Lee mais en plus il a été porté pour la première fois sur grand écran par Sam Raimi. Tout ça ne laisse que bien peu de marge de manoeuvre à Marc Webb pour s’approprier un personnage que tout le monde connait déjà. Le seul ajout notable à la mythologie, et pas des moindres, est l’apparition des véritables parents de Peter. Une facette qui n’avait été alors jamais explorée à l’écran en dehors des comics et où les scénaristes Roberto Orci et Alex Kurtzman vont aller puiser leurs inspirations.

C’est une contribution qui fait sens lorsque l’on se penche sur le passé du cinéaste qui a lui même été élevé par un père mathématicien et une mère biologiste. Des scientifiques comme Richard et Mary Parker. Outre son nom de famille qui le prédisposer à s’occuper du personnage, il s’agit surement ici de la connexion émotionnel qui a pu l’attirer sur ce projet après avoir réalisé un seul long-métrage à son actif, indépendant qui plus est. Donc après un premier film qui s’était chargé, pour la deuxième fois, de nous raconter les origines actualisées de Peter Parker, ce deuxième opus à le champ libre pour explorer d’autres thématiques. Pour autant cette intrigue sous-jacente de flashbacks qui ponctuée le premier épisode se voit ici prolongée pour mener à une forme de conclusion.

Mais non content d’être à la recherche du passé obscur de ses parents, Peter se récupère ici une autre figure parentale sur le dos en la personne de l’inspecteur Stacy. Mort à l’issue du premier film, le père de Gwen hante l’histoire de sa présence, comme un signe annonciateur, pour un film qui s’annonce placé sous le signe de la mort et du deuil. Pourtant si il y a bien une mort que Peter a sur la conscience c’est bien celle de son oncle Ben et son obsession pour son meurtrier, qui était le moteur du précédent film, est tout simplement absente. Sa tante May ne se généra d’ailleurs pas pour lui faire la remarque tandis qu’il se focalise un peu trop sur la recherches de ses parents alors que ses idéaux, sa morale, son mantra, sa devise, tout ça lui vient de oncle défunt.

Cet oublie rend parfois le personnage antipathique au spectateur qui peut y voir un sale gosse par moment, plus encore dans certaines interactions avec d’autres personnages même si Andrew Garfield semble un peu plus s’affirmer dans le rôle. L’aspect bavard et taquin sous le costume est bien présent et l’acteur semble beaucoup plus à l’aise à mesure qu’il renoue avec ses racines comics book, là où le premier film s’était égaré en optant pour une direction un peu plus noire. Ainsi Spidey redevient un héros qui agit en plein jour et non un justicier nocturne rendant ainsi les scènes de voltiges beaucoup plus lisibles et réussies, à la hauteur du plan signature de l’original. Marc Webb a également pris en assurance puisque sa réalisation se permet quelques fantaisies lors de ces acrobaties.

A l’image de la vue subjective qui voyait le personnage utiliser son costume pour la première fois, il innove en plaçant une caméra embarquée et fixée sur le torse du héros durant un court instant. Bien sûr tout ceci n’est que numérique mais cela à le mérite de dynamiser l’action qui est présente tout du long. C’est en partie ce qui va valoir à ce film l’étiquette « syndrome spider-man 3 ». Loin de la catastrophe annoncé, c’est loin d’être un mauvais film et cette critique peut vite être mal interprétée lorsque l’on met à l’affiche trois vilains. Cette surexposition est du à la direction prise par Sony de concurrencer Marvel et son univers partagé. C’est donc l’occasion pour mentionner et développer des éléments comme les Sinister 6, Felicia Hardy, l’institut Ravencroft qui est une sorte d’asile d’Arkham pour l’univers Marvel,…

Alors oui, il y a autant de méchant que dans le dernier opus de Sam Raimi mais le traitement est très différent. Déjà au niveau des confrontations qui restent des duels au lieu d’une bataille à trois contre un. De plus on ne peut pas dire qu’il soit tous sur un pied d’égalité au niveau de l’importance. Electro est vraiment le méchant du film comme le présuppose le sous-titre original: Rise of the Electro. Les Québécois ont le don de tout traduire mais en France on a aussi la manie de traduire des titres par des choses qui n’ont pas grand chose à voir. Après je peux comprendre cette stratégie puisque dans l’hexagone les ennemis de Spider-man ne sont pas aussi populaire que le héros lui-même. Ce n’est pas dans notre culture contrairement aux Américains mais cela à le mérite de ne pas fausser l’orientation du film et ici l’importance donnée à l’antagoniste principal.

Mais avant d’adapter un film à un public quelconque, il faut déjà lui faire réussir le passage du papier à l’écran et Electro s’en sort plutôt bien. Jamie Foxx y apporte un coté touchant, il l’humanise en faisant de lui un Peter Parker maléfique. Laissé pour mort et brulé, il donne l’impression d’être une espèce de Spawn faisant ainsi du rôle une espèce de répétition pour l’acteur qui lorgne sur cet anti-héros depuis un moment. Mais son aspect bleuté et omnipotent font surtout de lui un ersatz du Dr Manhattan dans Watchmen. Une référence qui semble assumée puisque, même si le personnage n’a ici aucune prise sur le temps contrairement à la création de Alan Moore, le film s’ouvre sur l’intérieur d’une montre jusqu’à un climax sur des engrenages en passant par le lieu emblématique qu’est « time » square.

Cette thématique du temps, déjà présente dans son premier film au titre plus qu’explicite de 500 jours ensemble, préfigure la relation que Peter aura avec Gwen. Les mêmes hauts et bas, les mêmes désillusions jusqu’à la séparation. Ainsi, il n’est pas difficile d’imaginer le rôle qu’aurait pu jouer Mary Jane dans cette intrigue, incarnée par Shaley Woodenn et coupée au montage, en suivant la même trajectoire en consolant Peter tout comme Autumn prenait la place de Summer dans le coeur de David. A ceci près que la rupture est ici plus tragique puisque Gwen Stacy y trouve la mort. Cela n’a rien d’un spoiler tant c’est un événement connu du comics book qui a dépassé ses frontières pour faire la une de nos quotidien et surement aussi du Daily Bugle qui fait ici sa première mention dans ce reboot.

La mort d’un tel personnage n’a donc rien de surprenant mais elle l’est plus dès le deuxième épisode de ce qui devait être une trilogie. Le réalisateur s’amuse même à brouiller les pistes quant à son funeste destin en déplaçant le lieu du crime à un autre endroit. Ainsi la scène des retrouvailles sur le pont de New-York se trouve être une fausse piste qui prend des libertés avec le comics pour une scène qui n’en reste pas moins poignante. Le montage qui en découle est à l’image de la conclusion du premier volet et montre une certaine maitrise de la part du réalisateur pour conclure ses films, toujours avec une pointe d’optimisme et d’espoir. On y voit un Peter désemparé au fur et à mesure que les saisons passent jusqu’à ce qu’il se ressaisisse dans un ultime moment se reliant avec la sous-intrigue du petit garçon (rappelant celle du premier).

Mais ce moment d’émotion n’aurait pu qu’être temporaire puisque Gwen était amenée à réapparaitre dans la suite sous les traits de Spider-Gwen. Une allusion y est d’ailleurs faite par le biais d’Harry lors de sa rencontre avec Peter. Lors de cette conversation il évoque le fait que des choses ont changé depuis son retour à New-York entre les lézard et les hommes araignée, ce à quoi lui rétorque Peter qu’il n’y a qu’un seul homme araignée et que c’est peut-être une femme. Un échange rien d’être anodin pour qui sait où regardé dans ce genre de film où les easter eggs sont monnaies courantes. Nous ne le saurons jamais mais une seule chose est sûre, c’est que malgré son statut de menace amené à être développé dans la suite, ça n’empêche pas Harry Osborn de créer un traumatisme durable chez son ami Peter.

Il prend ainsi la place de tueur qu’occupé son père dans les comics mais en hérite aussi une maladie génétique. On peut ainsi y voir Norman Osborn agonisant tandis qu’il fait cette révélation à son fils sur son lit de mort. Dane Dehaan s’en sort plutôt bien dans ce rôle d’enfant gâté que James Franco avait tenu par le passé. Révélé par Chronicles, on pouvait déjà y voir une certaine prédisposition pour la torture et un penchant pour démembrer les araignées. Il bénéficie d’un meilleur traitement tant au niveau de l’écriture que du design final faisant de lui une espèce de lutin diabolique. En ce qui concerne son apparence global, si il y a bien un parallèle à faire avec Spider-man 3 autre que pour la profusion de vilains au compteur, c’est bien pour cette coupe de cheveux émo que Tobey McGuire arboré et dont Harry se voit ici pourvu.

Reste enfin le Rhino qui fait plus office de fan service ou de teaser, mais cela est suffisamment bien amené pour se fondre dans l’intrigue. Ce triptyque de menace est surement le plus grand quiproquos sur ce film puisqu’ils occupent chacun une place bien définie dans l’intrigue. Rhino a beau n’être qu’un méchant tertiaire, c’est à lui que revient l’honneur d’ouvrir et de fermer le film. La transformation tardive de Harry en Bouffon vert ne l’empêche absolument pas de faire plus de mal à Peter qu’Electro n’a pu en faire alors que c’est bien lui le méchant principal. Cette confusion est en partie du au poster qui plaçait les ennemis sur un même pied d’égalité mais il n’en est rien. Mais mis à part Harry, le film aura au moins eu le mérite de proposer une galerie de méchants n’ayant pas encore eu d’incarnation cinématographique.

Cette faible compensation ne changera rien au fait que le film est plein à craquer d’intrigues qui auraient mérité d’être développées et d’autre d’être écartées. Sur une durée de 2H20, il était obligatoire de voir des éléments passés à la trappe comme les séquences incluant Mary Jane Watson ou encore certains passage de la bande-annonce que l’on ne retrouve pas dans le montage final, mais celui-ci aurait également mérité d’être resserré. En tant que spectateur on comprend qu’une coupure de courant puisse perturber le trafic aérien, par contre on a du mal à voir ce que cela a à faire dans l’histoire. Tout ce passage sur l’avion n’ayant pas de tour de contrôle pour l’orienter est complètement hors de propos au sein de l’histoire et aurait pu être coupé sans que l’on ne se rende compte de rien.

Cela n’a que pour but de rendre les pouvoirs d’Electro plus imposant qu’ils ne le sont déjà. Le jeu de Jamie Foxx suffit amplement à nous révéler l’ampleur de cette menace et son thème composé avec Hans Zimmer et Junkie XL est vraiment une excellente surprise. Cela sauve une partie musicale plutôt standard ce qui est étonnant de la part du compositeur qui a insufflé un nouveau thème à Batman dans le reboot de Christopher Nolan. D’ailleurs si le premier était calqué sur Batman Begins, ici on est clairement sur une influence à la The Dark Knight. Gwen meurt au même titre que Rachel Dawses, Harry devient un méchant en fin de film comme avait pu le devenir Harvey Dent. Electro est aussi obsédé par Spiderman que le Joker pouvait l’être avec Batman et les apparitions anecdotiques de Rhino sont pareils à celles de l’épouvantail.

Malgré tout il y a quand même la marque de fabrique de Marvel avec l’habituel caméo de Stan Lee, encore plus inutile qu’auparavant. Je me demande si quelqu’un a déjà eu l’idée de lui faire jouer un vrai rôle, celui de l’oncle Ben par exemple. Un rôle lourd de sens qui lui reviendrait de droit en tant que co-créateur de l’homme araignée. Toutefois Sony devrait faire attention avec l’utilisation de la licence parce qu’une première trilogie avec un dernier épisode qui a mauvaise réputation, ça passe encore. Surtout qu’il était difficile de faire mieux que le chef d’oeuvre du deuxième opus de Sam Raimi. Mais là, un reboot et des mauvaises critiques dès le deuxième, ça s’annonce mal pour la suite, surtout si ils décident de redémarrer la franchise en s’exposant à un four dès le début.

« THE AMAZING SPIDER-MAN: LE DESTIN D’UN HÉROS » WINS!

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