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« Tekken » de Namco

« TEKKEN » VS PROCRASTINATION

A l’époque les jeux vidéo n’étaient pas forcément réputés pour leurs histoires complexes et encore moins les jeux de combat qui ne disposaient que d’un background minimum pour justifier que tout ce beau monde se foutent sur la gueule. Bref, la base d’un jeu vidéo me direz-vous à savoir de l’amusement et du fun. On sortait rarement d’une partie plus intelligent qu’avant d’allumer la console, mais avec des réflexes au taquet, et pour poursuivre dans cet état d’esprit il n’était donc pas rare de se procurer un opus au hasard sans forcément passer par celui qui avait initié la série en question. Une chose qui me parait complètement impensable, et dont mon moi passé ne s’embarrassait que très peu de ce genre de considération, à l’heure où les jeux bénéficient de scénario toujours plus complexe afin de renforcer leur immersion. 

Mon rapport au jeu vidéo à évoluer en même temps que cette industrie et ce qui était un passe temps d’adolescent et vite devenu une passion comme tout ce qui commence à prendre trop de place dans une vie. Tekken premier du nom est donc passé à la trappe lorsque je suis entré en possession de ma Playstation 1 alors en pleine promotion du second opus. C’est donc naturellement celui-ci qui m’a fait devenir fan de la saga pour enchainer vers le cultisme troisième volet avant un passage sur la PS2 en demi-mesure avec Tekken Tag Tournament puis un quatrième qui m’a finalement perdu.

Depuis la nostalgie a fait son petit effet et le rétrogaming est plus que jamais à la mode. C’est dans cette optique que j’ai décidé de me pencher sur les gloires d’antan qui ont bercé mon adolescence et parmi elles donc l’une des série phares de Namco. Bizarrement je n’étais jamais revenu sur mes pas pour tester celui par qui tout avait commencé… Et heureusement car je crois que je me serais vite découragé et que je n’aurais pas poursuivis sur le deuxième volet! En cause une difficulté assez mal dosée pouvant nuire au plaisir de jeu pour le transformer en défouloir. La dualshock en prend pour son grade dans ce matraquage donnant tout son sens à la traduction du titre: le poing de fer.

Les adversaires participant à ce tournoi sont volontairement faibles au début et incroyablement fort sur la fin. Il aurait peut-être été plus judicieux de faire des combattants aux caractéristiques uniques plutôt que de faire varier leurs puissances selon là où il se trouve dans le parcours jusqu’au boss de fin. Ça en devient presque ridicule lors des affrontements où l’adversaire est à la limite de l’intouchable en sortant toute sa panoplie de mouvements et de coups en continue. Ajoutez à ça notre personnage qui met trop de temps pour se relever, et donc devient vulnérable au piétinage en tout genre, et un système de sauvegarde qui ne se fait pas automatiquement pour mettre nos nerfs à rude épreuve.

Les graphismes n’arrangent rien à cette affaire bien qu’il soit nécessaire de remettre le soft dans le contexte de son époque. Faisant partie des jeux au lancement de la console de Sony, qui en est à sa première incursion dans le domaine vidéoludique, Tekken se voit en opposant à Virtua Fighter sur Sega Saturn. Cette nouvelle génération de console 32 bits étaient l’occasion de voir les prémices de la 3D polygonale au point d’essuyer pas mal de plâtres dont les développeurs tireront les enseignements nécessaires. Graphiquement on pourrait dire que l’on est en pleine période cubisme donc pour les combattants qui évolue dans des environnements pré-calculés qui n’ont rien d’extraordinaires mais reste très variés.

Entre le Bruce Lee de service, un clone de Vegeta ou une référence au colonel Guile de Street Fighter, le joueur dispose d’un panel de personnages étant tous plus ou moins des stéréotypes de ce que l’on peut voir dans d’autres jeux ou films. Il y a tout de même des combattants qui sortent des sentiers battus avec un catcheur, un sumo et même un samouraï qui est le seul à disposer d’une épée même si cette dernière n’est pas spécialement mise en avant lors des combats. C’est plus un coup spécial comme en dispose chacun d’entre eux ainsi qu’un binôme attitré avec un personnage caché à débloquer une fois le mode arcade terminé. Une fois chose faite on assiste à des cinématiques de fin plus humoristique qu’autre chose et sans grand rapport avec l’histoire du tournoi. Pas de quoi regretter l’absence de cinématique de fin pour les personnages débloqués donc.

Pour prolonger la durée de vie le mode deux joueurs permet de mettre de coté cette intelligence artificielle à la masse au profit d’un ami faisant preuve d’un peu plus de constance dans sa combattivité. Bien sûr il est préférable d’avoir débloqué la totalité des combattants à disposition sinon le choix risque d’être plutôt maigre avec seulement 8 personnages d’entrée de jeu. Le double donc une fois que tous sont accessibles, ce qui est déjà plus raisonnable, même si on a plus l’impression de voir le même personnage avec un skin différent. Mis à part les coups spéciaux, ils peinent à se différencier les uns des autres ou à sortir du lot et des personnages féminins comme Michelle n’arrive pas à tromper bien longtemps le gamer.

Néanmoins sans toutes ces erreurs les développeurs n’auraient pu s’améliorer et offrir une suite meilleure que l’original. D’abord conçu en tant que concurrent direct à Virtua Fighter, la licence de Namco sera sortie grand vainqueur de ce combat compte tenu des suites à ce succès et de sa popularité auprès des joueurs. Emancipé de sa borne d’arcade pour devenir une exclusivité sur les multiples déclinaisons de la console de Sony, ce premier brouillon reste un opus fondateur et prometteur.

« TEKKEN » WINS!

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