Les chiffres ronds sont toujours très satisfaisants pour le boulimique que je suis de l’effet cumulé. C’est un sentiment d’accomplissement qui s’empare de moi à chaque fois lorsque je parviens enfin à passer un palier supplémentaire ou tout simplement à me rendre compte que j’arrive à garder une habitude dans le temps. Plus encore quand les résultats sont au rendez-vous et que ma patience est récompensée. Et pour le coup, on peut dire que j’ai été doublement servi il y a quelques jours.
Mais avant, remontons au mois de Septembre. Je ne vous en avais pas fait part dans l’édito qui était consacré à cette retrospective mais je venais alors de fêter la première année d’écriture dans mon journal intime. Je m’étais déjà prêté à l’exercice en 2010 lors d’un congé sans soldes afin d’avoir un souvenir de cette parenthèse comme je l’ai appelé. Les raisons d’être de ce journal ne sont pas si différentes de la première fois et les raisons qui m’ont poussées à y être assidu sont plus de l’ordre émotionnel. Et je ne parle pas d’un journal que je tiens de manière épisodique quand l’envie m’en prend en m’épanchant à coup de:
« Cher journal, aujourd’hui je n’ai pas fait caca… »
Non, je parle ici d’une rédaction journalière allant de minimum une page à cinq ou six par jour pour noter mes émotions, mes envies, mes peurs, mes doutes,… Une sorte de Pensine qui me permet de m’alléger de cette charge mentale que je ne cesse d’accumuler et de ressasser à longueur de journée. Une fois que c’est couché sur le papier, ou plutôt sur mon fichier, je me sens un peu plus léger. Même lorsque je n’ai rien à dire c’est justement l’occasion de décortiquer mon mutisme. Même lorsque je ne fais rien c’est tout autant l’opportunité de m’interroger sur mon inaction. Bien que cette dernière soi inexistante depuis que je me livre à cet exercice.
Car oui ce rituel s’est transformé peu à peu en prétexte pour écrire tous les jours. Et lorsque l’on souhaite devenir un écrivain, c’est plutôt utile pour entretenir ce muscle. Cet espace personnel où je me livre sans limite est ainsi devenu progressivement un endroit où je romance ma propre vie dans les moindres détails. J’y expérimente des sujets, j’analyse mes émotions pour mieux retranscrire celle de mes personnages, j’affute mon style, l’action la plus anodine est décrite avec précision,… On dit que pour être un auteur accompli il faut écrire beaucoup sans pour autant s’arrêter de vivre pour avoir des choses à raconter. Et bien je pense pouvoir affirmer que grâce à cette méthode j’ai réussi à allier les deux.
On dit que nous sommes tous les héros de notre propre histoire, et bien j’ai pris cette citation au pied de la lettre en l’adaptant à mon journal. Tous les jours, je l’ouvre comme si il s’agissait de l’actualité du monde à ceci prêt qu’il s’agit de mon monde. J’y ajoute mon propre contenu en fonction de mon vécu, je fais la pluie et le beau temps sur les pages météo,… Je pourrais parler pendant des heures de ses bienfaits mais vous avez compris le principe. Pour ceux qui connaissent la gamme de romans « un livre dont vous êtes le héros », cela aurait tout aussi bien pu être le titre de mon journal. En tant que lecteur je n’ai jamais vraiment adhéré à ce type de littérature. Mais je dois avouer qu’en tant qu’auteur j’adore choisir mon propre chemin à travers le dédale de possibilités qui me sont offertes.
Ma vie n’est pas pour autant plus passionnante que la votre mais je m’efforce de lui en donner l’allure à travers mon journal. La vie est une aventure à vivre pour peu que l’on en prenne conscience et que l’on ne passe pas à coté. Cela m’a permis de figer mes émotions sur le papier, de leur donner corps avec des mots, d’avoir des souvenirs sous forme de paragraphes,… C’est littéralement une biographie que personne ne lira, moi-même j’ai des doutes quant à ma capacité à relire les plus de 700 pages que j’ai accumulé en 400 jours. C’était cette semaine, Mercredi 28 octobre pour être précis, et c’est ce même jour que j’ai terminé le tome 2 de la trilogie sur laquelle je travaille.
Une coïncidence dont je n’ai pas manqué de faire part dans les pages de ce journal dont je vous vante les mérites depuis le début de cet édito, et ce ne fut pas la seule. En effet, ce deuxième opus, j’ai réussi à l’écrire en mettant en place une routine strict de 1500 mots minimum par jour. Sans exception, je me suis appliqué à livrer ce quota de manière quotidienne afin de faire avancer mes projets et dont voici le dernier compte rendu:
Semaine 40 – du Lundi 28/09 au Dimanche 04/10: 12296 mots
Semaine 41 – du Lundi 05/10 au Dimanche 11/10: 10808 mots
Semaine 42 – du Lundi 12/10 au Dimanche 18/10: 12285 mots
Semaine 43 – du Lundi 19/10 au Dimanche 25/10: 11259 mots
Semaine 44 – du Lundi 26/10 au Dimanche 01/11: 12626 mots
J’ai bien des manies mais cette régularité je la dois à mon journal qui m’a appris à ne rien lâcher. A en vouloir toujours plus sans pour autant en faire plus sous peine de se fatiguer et de se dégouter de sa propre routine. C’est une subtile nuance qui à son importance lorsque l’on s’applique à faire quelque chose jour après jour. Et le Jeudi 29 octobre, soit le lendemain de cet anniversaire des 400 jours, j’ai atteint le palier des 200 jours sur ma routine. Pour inaugurer cela j’ai enchainer sur un nouveau roman car qui dit trilogie dit troisième tome.
Je vois toutes ces choses qui concordent entre elles comme un alignement de planètes avec mon monde, et je ne m’en lasse pas d’en faire le tour. Voir tout ça se produire en l’espace de deux jours c’est un peu comme assisté à une éclipse. 400 jours, 200 jours, des chiffres ronds comme l’anneau du soleil lorsqu’une éclipse se produit. J’accorde à ces deux records personnels la même importance tout comme la lune à l’air d’être aussi grande que le soleil pour pouvoir occulter sa lumière. Ce type de phénomène n’est possible uniquement parce que le disque de feu est 400 fois plus grand que la lune mais aussi 400 fois plus éloigné de la Terre par rapport à notre satellite.
Tout ceci n’est qu’une question de physique que l’on pourrait résumé à une histoire de proportion et de distance lorsque leur chemin se croise et que ces deux astres se superposent à la perfection. Mais cette petite explication, aussi simpliste soit-elle, peut porter à polémique. Entre les théories du complot et les personnes qui vivent sur une Terre plate, il y a ceux qui sont réfractaires à l’enseignement prodigué dans les écoles françaises. Suite à l’acte barbare dont a été victime le professeur d’Histoire Samuel Paty pour avoir fais un cours sur la liberté d’expression, de nombreux retours ont été mis à jour concernant des élèves réfractaires à la laïcité.
Cette remise en cause de faits avérés n’est pas seulement en Histoire, même si ce professeur en fait désormais partie, mais aussi en science avec la théorie de l’évolution. Si il est permis, selon les religions, de croire en une origine différente du monde, la théorie de la régression n’en est plus une. Nous sommes sur une pente glissante et je réalise avec tout ce qui s’est passé ces derniers temps qu’il est de plus en plus difficile de donner son avis sans risquer de froisser une partie de la population. Moi-même avec ce genre de texte, qui sont un peu des best-of de mon journal intime, et en cela je vous épargne au bas mot la cinquantaine de pages mensuelles pour en faire un condensé en un article, j’expose mon opinion.
Je prends des raccourcis pour créer des transitions fluides, je fais des métaphores que je suis le seul à comprendre, des comparaisons souvent foireuses et parfois cela peut être mal interprété par une tranche de mon lectorat. Mais chacun choisi d’y voir ce qu’il veut là où pour moi il s’agit d’une plate-forme où je peux m’exprimer librement sans pour autant en abuser. Ce genre de texte est suffisamment long pour rebuter les personnes à la recherche de problèmes tandis qu’il est bien trop court pour les personnes dont le quotient intellectuel est supérieur au mien. Mais même avec ce genre de raisonnement je ne m’assure pas leur soutien. Je suis pour les débats en tout genre à condition que l’on reste ouvert d’esprit.
Ce que je dis n’engage que moi tout comme ce que vous lisez n’engage que vous. J’ai autant perdu de temps à écrire ces mots que vous allez en perdre à les lire. Reste maintenant à savoir ce que vous allez y gagner. Dans le cas d’une Bible cela a toujours été sujet à différentes interprétations à tel point qu’il est possible d’y avoir autant de croyants différents pour une même religion. Cette dernière, peu importe sa provenance, est bien souvent incompatible avec la laïcité dont se réclame la France. Je n’ai pas la prétention de savoir grand chose, mais ce dont je suis sûr c’est que je sais lire et écrire grâce à l’école et non grâce à un livre, aussi sacré soit-il.
Sans cet enseignement, impossible de lire et encore moins entre les lignes de ce type de littérature ésotérique. Ce soleil que représente le mouvement de pensée des Lumières est de plus en plus souvent éclipsé par l’obscurantisme. Il projète son ombre sur le savoir de base délivré dans les écoles, des lieux où j’étais loin d’être assidu mais que je défends fermement. Tout comme j’ai pu m’offusquer le mois dernier contre la prise de parole de Nicolas Bedos vis à vis du rejet des gestes barrières ou le sujet d’un film comme « Enorme », cela relève encore une fois de la liberté d’expression. Une caricature relève du domaine de l’humour et encore une fois on remarque que l’on peut rire de tout mais pas avec n’importe qui.
En tout cas les occasions de rires se font rares dernièrement. Et ce n’est pas en caricaturant Emmanuel Macron pour le faire ressembler à un personnage de Dragon Ball Z que les opposant réussiront à faire passer leur message (les rageux diront photoshop). Pour eux Chalie Hebdo est le diable et Macron leur avocat. En agissant de la sorte, ils s’abaissent au même niveau que les personnes qu’ils jugent responsable de ce blasphème. Loin d’être un prophète pour le peuple français, ce dernier n’est pas prêt de s’offusquer devant ce mème de leur représentant tant ils s’y donnent eux-même à coeur joie sur internet à chaque nouvelle prise de parole. Le Président des français a subi et continu de subir les caricatures de Charlie Hebdo et en cela on peut au moins admettre que c’est une personne très loin d’être rancunière.
On peut lui reprocher beaucoup de choses mais il reste le garant d’une certaine forme de liberté dont peuvent jouir les dessinateurs de ce journal. Une liberté de penser qui est mise à rude épreuve dans le climat actuel. Les idées sont comme des virus et depuis plusieurs mois nous devons composer avec cette chose invisible, mais pourtant bien réelle, qui restreint nos libertés physiques. D’abord sous la forme d’un couvre-feu qui aura été l’occasion de donner la parole aux soignants. Selon un sondage 40% d’entre-eux veulent changer de métier et certains révèlent même avoir voulu se casser la main afin d’être dans l’incapacité d’exercer. Quand on voit que dans un hôpital des Alpes maritimes, des soignants testés positifs, mais asymptomatiques, continuent de travailler, on se dit que c’est bien inutile d’en arriver à de telles extrémités.
De quoi s’interroger sur le gouvernement qui ne cesse de déclamer que le virus circule trop vite dans certaines régions et qui est révélateur de leur stratégie. Un simple choix de mot qui indique qu’ils ne veulent pas stopper le virus, il veulent juste le ralentir. Mais même dans cette optique il y a cette impression d’inactivité, aucune anticipation et juste de la réaction à des choses qui auraient pu être évitées. On dit qu’il vaut mieux prévenir que guérir mais lorsque la pédagogie ne fonctionne pas chez ceux qui sont sensés y être le plus réceptif, de part leur scolarité, c’est un problème.
En effet, le virus continue de se propager à travers des étudiants fêtards. C’est dire l’intelligence de ceux qui vont arriver sur le marché du travail d’ici peu. Enfin, si il y a encore des postes à pouvoir ce qui est loin d’être le cas et je parle en connaissance de cause. Cet excès de confiance est dû à la force de la jeunesse mais même une personne qui se croyait invincible comme Donald Trump en a été victime. Alors bien sûr tout le monde s’attendait à ce qu’il teste sa solution miracle à base d’eau de javel et de Chloroquine qu’il avait évoqué lors de l’un de ses discours, mais non. Fake news! Cette auto-médication n’a pas eu lieu et il est plus en forme que jamais pour un deuxième mandat.
Sa gestion de la crise est catastrophique dans le sens où il l’a ignoré. Mais nié l’existence du virus n’est pas une affaire de croyance. Ça ne le fera pas disparaitre pas plus qu’y croire ne le fera exister. Tout le monde est touché peu importe nos religions ou nos prophètes. Nous devons apprendre à vivre avec le virus même si lui ne veut pas vivre avec nous. Et ce n’est pas faute d’essayer lorsque l’on voit de grands créateurs se lancer dans la confection de robes prolongées d’un masque ou de cravates réversibles pour se protéger le visage. Généralement la mode, comme son nom l’indique, ça ne dure qu’un temps mais ce genre d’initiative amène plus à penser que cette période est amené à perdurer dans le temps.
Quoi qu’il en soit pour ceux qui ont les moyens de se procurer ce style vestimentaire les occasions vont se faire rare pour se montrer avec. Un reconfinement a été acté il y a quelques jours et au minimum jusqu’au premier décembre. Nous allons devoir à nouveau rester dans notre zone de confort mais je m’interroge sur la contrainte de rester confiner lorsque l’on a plus de chez soi. Je pense notamment aux intempéries qui se sont abattu en début de mois dans les alpes maritimes. Pour le coup l’hiver s’annonce rude et les marcheurs blancs risquent de débarquer plus vite que prévu pour offrir une meilleure fin à Game Of Thrones.
Cela sera d’ailleurs l’occasion de revoir cette série et bien d’autres. Le confinement avait été l’occasion de se dégager du temps pour des loisirs, lire une pile de livre en retard,… Moi-même j’y avais vu l’occasion de prendre l’habitude d’écrire tous les jours et cette routine perdure depuis plus de 200 jours au moment où j’écris ces lignes. Ces mêmes lignes et cette façon de faire des éditos plus développés, je les dois au premier confinement donc j’ai hâte de voir ce que celui-ci me réserve. Quelle nouvelle routine vais-je adopter? Que vais-je apprendre de nouveau? Que me reste t-il à découvrir dans ma bibliothèque? La liste est longue malgré l’incapacité à avoir pu faire un dernier tour à la médiathèque avant sa fermeture en tant qu’établissement non essentiel.
Le libre accès à la culture est essentiel et j’espère qu’il en sera de même comme pour le premier confinement. Entre les jeux disponibles sur le Playstation Network, les e-books en libre accès, les offres de comics numériques gratuits de la part des éditeurs et j’en passe, l’élan de générosité dont ils ont fait preuve auparavant est tout autant attendu pour nous occuper en ce mois de novembre. J’ai volontairement omis le coup d’éclat de Canal + et OCS qui ne se risqueront pas de nouveau à la gratuité pour ne pas s’attirer les foudres des autres chaines mais j’espère que celle-ci joueront le jeu pour nous offrir du contenu de qualité. Et je ne parle pas d’une retrospective de la carrière de Sean Connery suite à son décès ou de la diffusion de films de Noël en avance. De toute façon Halloween a déjà été compromis par cette interdiction de faire du porte à porte alors autant s’y préparé.
Pourtant on peut dire qu’on était plutôt bien préparé pour les festivités même si le couvre feu aurait forcément limité l’afflux d’enfants dans les rues. On passe déjà la plupart de notre temps avec un masque lorsque l’on est dehors et je dois avouer que les quelques personnes récalcitrantes qui ne le portent pas me font peur lorsque je les croise. De là à dire que le meilleur choix de déguisement pour Halloween aurait été l’absence du port du masque et je crois que j’aurais été le premier à flipper lorsque l’on aurait frappé à ma porte. Donne un masque à une personne et il te montrera son vrai visage n’aura jamais été aussi vrai qu’en cette période.
Pour ma part, Halloween s’est limité à un documentaire Arte sur le maitre de l’horreur: Stephen King, le mal nécessaire. Un auteur qui a largement contribué à faire en sorte que la fête d’Halloween soit de plus en plus peuplée de clowns (mais qui sera surement détrôné d’ici peu par des masques de Donald Trump). En moins d’une heure on explore les thématiques de cet écrivain et notamment la dangerosité que peut représenter une religion. Ceci est plus que jamais d’actualité et sa vision est pour le moins pessimiste même si elle appelle forcément à la réflexion. Et invite bien sûr au débat.
Toute religion organisée mène tôt ou tard à la fosse commune.
Si quelqu’un vous offre une Bible pour votre main droite, tôt ou tard, il vous proposera de mettre une arme dans la gauche.
Pour avoir lu pas mal de ses livres et vu encore plus de ses adaptations, c’est quelque chose de plutôt récurrent dans son oeuvre. Les communautés religieuses ont quelque chose de terrifiant et ce n’est pas son immense lectorat qui viendra dire le contraire ce qui est assez révélateur de notre société. En tout cas, en matière d’horreur, si il y en a bien un qui se réclame de Stephen King c’est bien Jordan Peele, réalisateur de Get out.
Durant ce mois de Novembre j’ai eu l’occasion de voir son deuxième film Us et le moins que l’on puisse dire c’est que cela aura été un gros coup de coeur. Il fait preuve d’un véritable talent pour la mise en scène qui est au service d’un suspense haletant. Jordan Peele signe également le scénario et ce faisant il semble adopter le même parcours que M. Night Shyamalan en réalisant des films à twist qui ont fait sa marque de fabrique. L’écriture des personnages est d’une grande justesse et enfin, par son regard de noir américain sur la société, on échappe aux stéréotypes sur les blacks habituellement cantonnés au rôle de sidekick rigolo.
Généralement ce type de personnage fait partie des premiers morts dans un film d’horreur mais avec un casting principal entièrement noir, le film n’aurait pas dépassé la durée d’un court-métrage si Jordan Peele ne s’était pas émancipé de ce carcan. Dans un autre registre mais tout aussi effrayant, j’ai vu Annihilation de Alex Garland. Contrairement à Get out, Ex Machina, son premier essai derrière la caméra, ne m’avait pas vraiment convaincu. Du coup ce film fut une véritable surprise. D’abord regardé avec curiosité, je me suis surpris à accrocher à l’histoire, la mise en scène sublime, la profondeur des personnages, l’ambiance malsaine,…
Je me félicite d’avoir persévéré alors que la première impression de ce cinéaste avait été plus que mitigée. Pour continuer dans la catégorie Halloween et déception méritant un second visionnage, on retrouve Coco des studios Pixar. Fête des morts oblige, ce dessin animée a bénéficié d’une diffusion à la télévision et après l’avoir vu au cinéma, cela ne m’a pas plus convaincu. Depuis Vice Versa, j’ai l’impression de ne pas avoir été ému par une de leur production depuis longtemps. A mon sens ils ne sont jamais aussi meilleur que lorsqu’ils utilisent leur technologie pour donner vie à l’impossible: des poissons, des fourmis, des jouets,… Ça c’est de la technique mise au service d’une histoire.
Dès que les artistes mettent en scène des personnages humains, au point que l’on puisse se dire que cela aurait été plus simple de tourner en live, ils perdent ce qui faisait leur spécificité. On se retrouve alors avec de l’esbroufe visuel à base de texture plus vrai que nature où leur âge d’or témoigne d’histoires beaucoup plus profonde et moins accès sur une course à l’algorithme permettant de matérialiser une chevelure ou de simuler une flaque d’eau. Les humains ordinaires, même si ils sont plongés dans un environnement extraordinaire, semblent dénué d’âme. Les indestructibles et Là Haut semblent faire figure d’exception et notamment pour ce dernier où c’était la première fois que l’on avait un vieillard en guise de personnage principal.
Même si Coco fait ici référence à une personne tout aussi âgée dans le film, elle n’en reste pas moins reléguée au rôle de tire-larmes lorsque le moment est venu. Ceci au profit de son petit fils qui est une excuse ambulante pour justifier l’existence de cette histoire. Ce choix de mettre en scène un enfant devient alors une justification pour faire avancer le scénario n’importe comment sous prétexte que les petits sont trop impulsifs et pas assez réfléchis. Voilà qui mérite réflexion devant des rebondissements artificiels car ils ont été créé par une erreur du gamin. Mais comme c’est dans sa nature profonde et universelle, cela passe inaperçu après du spectateur.
Le personnage de Miguel est donc un stéréotype, vestige de cet âge où l’innocence est omniprésente, à qui l’on pardonne tout justement parce que c’est un enfant. Sans ses multiples maladresses, pas d’histoire. C’est d’autant plus rageant car cela reste une culture pas assez exploité à l’écran et c’est dommage car visuellement c’est splendide, c’est une débauche de couleurs et de design originaux mais en l’état cela reste un bel emballage et quelques jolies moments. Pixar a habitué ses spectateurs à être beaucoup plus exigeants. Pour une meilleure gestion des enfants il faut revenir quelques paragraphes plus haut pour découvrir l’oeuvre de Stephen King qui fait la part belle à cette époque.
Après je ne vais pas prendre le film pour ce qu’il n’est pas. Pour les enfants ça fait le taf et même moi qui suis réfractaire aux chansons qui te font sortir du récit, ici elles sont totalement justifiées dans la diégèse de l’histoire. Je ne pourrais pas en dire autant de la Reine des neiges 2 que j’ai également revu mais qui ne m’a pas plus convaincu. Encore une fois et comme pour le premier, c’est superbe d’un point de vue visuel mais l’histoire et la narration ne sont que des prétextes pour intercaler des moments de comédie musicale. Mention spéciale tout de même pour le résumé d’Olaf qui est vraiment hilarant.
Je me suis déjà beaucoup attardé sur ce que j’ai pu voir, et à l’occasion je leur réserverais un article à part entière histoire de développer mon propos, donc je vais passer en avance rapide sur les suivants. C’est partie pour un tour d’horizon, toutes catégories confondues entre dvdthèque personnel, médiathèque et télévision. Au rayon du déjà vu on retrouve Prédictions qui bénéficie d’un scénario assez inventif même si il lorgne parfois vers une imagerie et une idéologie proche de la scientologie. France 2 a rediffusé la trilogie du Hobbit en version longue qui est vraiment excellente. Dans la lignée de Chasseuse de géant, Quelques minutes après minuit est un film vraiment touchant et sincère.
Après minuit, et pourtant en prime time, j’ai croisé de petits monstres qu’il ne fallait pas nourrir après cette horaire fatidique: les Gremlins. Un long-métrage de Joe Dante qui a bercé mon enfance et que j’ai revu avec grand plaisir. Evidemment je n’ai pas pu passer à coté de Star Wars les derniers Jedi même si il reste un véritable cas d’école en terme de scénario. Ryan Johnson a au moins pour lui le mérite d’avoir fait le plus beau film de la saga en terme de mise en scène. Celle, énergique et généreuse, de James Wan a également pu s’exprimer pleinement sur Aquaman lors de ma retrospective d’une partie de l’univers DC. Un univers complètement dingue et inédit, parfois plombé par un humour un peu lourdaud, que j’ai enchainé avec le rafraichissant Shazam et le dernier en date Birds of Prey.
Pour vous faire une idée c’est dans l’esprit du Drôle de dames de McG avec une sorte de Lady Gaga en leader. Si je parle comme ça des histoires des autres je me demande comment je vais faire pour vendre celles que j’écris… Mais là n’est pas le sujet et je ne saurais même pas comment résumé Un raccourci dans le temps. Un raccourci dans le scénario aurait été plus judicieux en plus d’être vraiment gênant pour une production estampillé Disney. A l’opposé Détective Pikachu fait partie de ces films dans la lignée de Sonic et sur lesquels je n’aurais pas misé un euro et pourtant c’était très cool! Kin aussi a également fait son petit effet par sa simplicité et son efficacité.
Au revoir là haut à surement bénéficié d’une diffusion suite à la sortie au cinéma du nouveau film d’Albert Dupontel et c’est tant mieux. J’ai pu découvrir un univers bien singulier sur fond de première guerre mondiale et avec une mise en scène rappelant parfois celle de Jean-Pierre Jeunet sur Un long dimanche de fiançailles. Constat un peu plus mitigé concernant Overlord malgré JJ Abrams à la production et Dragon 3 loin d’être une conclusion à la hauteur des précédents volets. Idem pour Constantine: City of démons qui n’est clairement pas un dessin animée pour les enfants, c’est plus proche d’un manga de Yoshiaki Kawajiri et en cela c’était au moins surprenant à ce niveau. Même la saison 3 d’American Horror Story était moins gore mais toujours aussi subversive.
Une sélection assez éclectique et j’ai une liste qui l’est tout autant pour ce mois-ci. Pour rester dans les séries j’en ai encore quelques unes en cours avec la première saison de Doom Patrol, la dernière de Ash Vs Evil Dead et de 10 pour cent et la quatrième de American Horror Story. Je profite également du retour à l’antenne de Forever même si elle était meilleure dans mon souvenir. En ce qui concerne mes lectures, j’ai terminé La chute de Guillermo Del Toro et j’ai donc enchainé avec la suite il y a quelques jours La nuit éternelle. Coté comics, (outre le retour et contre toute attente du site Comicsblog!) comme promis je me suis procuré Batman: Curse of the White Knight pour me féliciter d’avoir terminé la rédaction du tome 2 de ma trilogie. En prévision du tome 3 et par peur du re-confinement, j’avais également acheté Doomsday Clock et grand bien m’en a pris vu comment les choses ont tourné.
Cette anticipation est donc plus que bienvenue puisque ce dernier tome devrait me prendre moins de temps que les autres. Il est déjà assez conséquent et cela ne devrait pas me prendre plus d’une dizaine de jours pour y ajouter plusieurs pages de notes. Ajoutez à cela deux semaines supplémentaire afin de mettre en page cette trilogie et cela m’amènera jusqu’au 30 novembre. En dehors de ces corrections, qui ne mettront pas a l’épreuve ma routine d’écriture, je me suis réservé la rédaction des articles de 2021 pour le blog. Pour l’instant je suis encore en pleine sélection des oeuvres qui figureront parmi le palmarès de cette nouvelle année qui approche et qui je l’espère sera un peu plus joyeuse que celle que nous venons de vivre.
Car oui pour être aussi régulier il faut planifier. C’est à ce prix que j’ai pu, jusqu’à présent, publier un article tous les dimanches. Ce n’est pas arrivé souvent cette année mais, premier du mois oblige, une critique d’une oeuvre s’est vu éclipser par cet édito. J’ai analysé ce mois d’octobre comme je l’aurais fait pour une série télé et j’ai bien peur que les suivants ne soient guère plus glorieux. Même si le confinement a été annoncé jusqu’au premier décembre, date du prochain édito, je n’ose même pas me prononcer quant au fait qu’il sera un bilan pour la fin de ce reconfinement. Il faut s’attendre à ce que cela soit prolongé comme ce fut le cas lors de la première fois et les déconvenues qui vont avec.
Je me rends alors compte que la découverte et l’application de la matrice d’Eisenhower ne me sera pas si utile que ça dans cette période où les priorités vont être redistribuées. Cela se verra notamment chez ceux qui ne s’occupaient pas de leur animaux de compagnie et qui subitement vont se découvrir un penchant pour les promenades histoire de justifier leur présence dehors. Pas de bol pour ceux qui ont opté pour l’abandon en ce dernier jour de tolérance pour le retour de vacances. Passé ce délai, ça sera comme en début d’année où il était légitime de se demander: Y a t-il de la vie en Mars?
Life on Mars de David Bowie avait justement bénéficier d’une reprise dans la saison 4 American Horror Story que je visionne actuellement et plus les choses avancent, plus je me dis que le sujet de la pandémie serait tout à fait adapter à cette anthologie. Même si il n’y aurait pas grand chose à rajouter à propos de l’horreur concernant la gestion américaine de cette histoire (en espérant que les élections n’enfoncent pas un peu plus le clou). C’est un sujet qui m’inspire et que j’espère concrétiser sous la forme d’un roman une fois que les choses se seront un peu tassées. D’autres n’attendront pas de prendre du recul et profiteront du Nanowrimo, qui commencent aujourd’hui, pour écrire cette histoire. Comme pour l’édition de Juillet, je ne participerais pas à ce concours qui vise à écrire 50000 mots en un mois. Je pense avoir réussi à trouver mon rythme en total indépendance de ce marathon rédactionnel, pour preuve le compte rendu de ce mois-ci un peu plus haut.
Pour autant je suis loin d’être satisfait de ce que je produis, en témoigne ce texte décousu qui navigue entre critiques de films, humeur du moment, analyse politique,… Mais c’est le mois tel que je l’ai vécu à travers mes pensées en arborescence. C’est aussi semblable à ce que je m’applique à faire dans mes romans en traitant de sujets sérieux sous couvert de divertissement. Donc quelque part c’est un texte qui me ressemble, qui est en accord avec l’autre facette de ma plume plus accès sur le fait de raconter que de critiquer. C’est difficile d’avoir un regard extérieur sur son travail ou de savoir comment les autres nous voient, nous jugent. Christelle Lebailly en parle d’ailleurs très bien sur sa chaine Youtube et notamment lors d’une vidéo humoristique mettant en avant les différents profils d’auteur.
Il a été amusant d’essayer de se retrouver parmi les portraits proposés et même si je pense que j’ai un peu de toutes ces caractéristiques, que je suis passé par toutes ces phases, je ne peux pas trop nié mon tempérament. Avec les plus de 200 jours sans interruption à mon actif, la longueur de cet édito, ma régularité chaque dimanche, l’écriture d’un roman sur mon smartphone, la fin de ma trilogie qui approche ou tout simplement le nom de mon blog: je pense avoir une petite idée dans quelle catégorie je me situe.















nous sommes très impatient de lire ton premier roman les corbeaux bisous