Je n’ai jamais pris de plaisir particulier à fêter mon anniversaire, et ce depuis tout petit. Voir toute cette attention dirigée vers moi avait tendance à me mettre mal à l’aise, même si je n’étais pas contre l’idée de recevoir des cadeaux. C’est d’ailleurs comme ça que j’ai bâti ma collection de comics ou de films. Une fois passés l’effervescence de l’adolescence, le passage de la majorité et l’entrée dans l’âge adulte avec un chiffre rond qui allait me faire traverser la vingtaine, j’ai vécu cela dans l’insouciance la plus totale. Et avec le temps, je me suis détaché de cette tradition au point de voir cela comme un jour pareil à un autre.
Avec du recul, je me dis qu’il n’y avait là surement rien à fêter. Je n’avais pas plus choisi ma date de naissance que je n’avais pris de décisions importantes dans ma vie. Je me contentais alors de traverser l’existence en étant spectateur. Puis, j’ai eu plusieurs crises de conscience successives une fois la trentaine amorcée. Sortant d’un rêve éveillé, j’ai alors réalisé que des années étaient passées sans même que je m’en rende compte. Trois décennies à essayer de trouver ma place sans même la chercher. Bien sûr, j’ai tout de même fait quelques tentatives pour essayer de réaliser mon rêve le plus cher et c’est d’ailleurs par cet intermédiaire que j’ai trouvé ma véritable vocation.
C’est alors que le réalisateur que je voulais être s’est découvert un attrait pour l’écriture lors d’une année sabbatique en 2010. Lors de cette période, j’y ai vu une passion à raconter des histoires et c’est d’ailleurs en partie grâce à cela que naitra deux ans plus tard ce blog. J’ai fait mien cet espace qui depuis perdure et maintenant, il va être témoin d’un nouvel événement. Celui de la première année depuis ma renaissance. En effet, cette ambition que je nourrissais de devenir écrivain n’avait jamais eu l’investissement qu’elle méritait. J’avais rempli des carnets à idées à ras bord par quinzaine, écris les manuscrits de plusieurs nouvelles et même d’un roman, mais je n’avais pas pris le problème à bras le corps.
Alors c’est ce que j’ai fait en m’imposant une routine de 1500 mots minimum par jour. Dans un premier temps le 17 février 2020 avant de déclarer forfait deux semaines plus tard, puis j’ai recommencé le 13 avril 2020. Et depuis, je ne me suis pas arrêté. Le mois dernier, j’ai donc fêté cette première année de routine qui marque un renouveau dans ma vie. Une véritable renaissance. Je crois que je ne serais jamais assez reconnaissant envers moi-même d’avoir pris cette décision il y a plus d’un an. De ne pas avoir attendu le premier du mois suivant pour commencer ou encore l’année prochaine en guise de bonne résolution. Que je n’allais pas tenir comme beaucoup de monde.
C’est dingue à quel point une décision peut tenir à pas grand-chose. Un jour on se réveille et l’on décide que c’est le moment. Peu importe qu’il s’agisse d’un lundi ou non, chaque nouveau départ ne doit pas nécessairement coïncider avec le calendrier pour être légitime. Nos dates de naissance en sont un exemple flagrant et lorsque j’ai décidé de recommencer à nouveau cette routine d’écriture, j’ignorais que je venais de créer la mienne. Celle de ma renaissance. C’est vraiment de cette façon que je vois ce 13 avril 2020, car j’ai vraiment pu voir à quel point cette première année d’expérimentation a été plus importante pour moi que mon véritable anniversaire.

Ce nouveau moi a été conçu le jour où j’ai perdu mon emploi courant 2019. Après bien des péripéties administratives et lorsque cela a été rendu officiel, c’est là que je me suis décidé à prendre ma vie en main. Cela a pris la forme d’un journal dans lequel j’allais inscrire tous mes rêves et nourrir un dialogue intérieur. J’ai ainsi pu murir mon rêve tous les jours en noircissant des pages et des pages jusqu’à ce que je me fixe un objectif de mots précis. Puis 200 jours plus tard, de la libération de cette cage dorée, je renaissais. Cette nouvelle vie, je n’en ai pris conscience que lorsque je suis revenu sur mes pas dans le calendrier.
Je ne saurais décrire l’état émotionnel de mon moi passé exactement à la même date, jour pour jour, mais je pense que je dois juste m’estimer heureux d’avoir battu mon précédent record. J’avais tenu quatorze jours consécutifs et à la date du premier mai 2020, cela faisait presque trois semaines non-stop. Je voulais juste faire un jour de plus par rapport à ce que je considère maintenant comme un faux départ. J’étais loin d’imaginer que je ferais des centaines de jours supplémentaires sans aucun jour de repos. En effet, pour tenir le coup, je m’étais mis en tête que si je faisais quelque chose qui me plait, alors je n’aurais jamais l’impression de travailler.
Cela ne s’est pas toujours révélé vrai, mais même les pires heures passées à écrire ont été des leçons inestimables. Je n’aurais jamais pu les apprendre autrement que par la pratique et la répétition. Et tout ceci m’a mené jusqu’à cet instant que j’ai fini par visualiser comme une montagne. L’écriture étant quelque chose de complètement abstrait, il me fallait une image pour visualiser mon parcours et c’est celle-ci que j’ai choisie. Ainsi mon objectif d’atteindre une année entière fut représenté par le sommet. C’était mon Everest personnel.
Parfois, il y a eu des terrains impraticables qui m’ont forcé à emprunter un autre itinéraire (pour au final prendre une route encore plus dangereuse à cause de ma fierté à ne pas vouloir revenir en arrière…), j’ai eu mon lot d’intempéries et d’imprévus, je me suis senti parfois submergé sous des avalanches,… Mais je n’ai jamais perdu de vue le sommet. J’ai avancé coute que coute, au prix de bien des sacrifices, mais ça en valait la peine. Et une fois au jour:J, j’ai savouré. Lorsque l’on est aussi haut, on dit que l’on ne doit jamais regarder en bas et pourtant, je n’ai pas pu m’en empêcher.
Je revois encore mes dernières traces de pas qui commencent à être recouvertes par la neige. Le chemin que j’ai parcouru était là, derrière moi. Mais si je suis monté au sommet de cette montagne imaginaire, ce n’est pas pour y planter un drapeau. J’avais juste en ma possession une petite bougie symbolique. Je l’ai allumé pour m’y réchauffer un moment puis j’ai fait un voeu en me souhaitant le meilleur, et j’ai soufflé cette flamme tremblotante avant que le vent ne le fasse à ma place. La fumée a alors guidé mon regard sur le magnifique paysage qui s’offrait à moi. C’était ça, ma récompense.
J’ai vu cela comme une victoire sur moi-même. Je me suis prouvé que j’en étais capable et sur mon parcours j’ai accumulé bien plus de textes que lors de mes précédentes années d’écriture. Et ce n’est pas peu dire puisque je me suis retrouvé avec une trilogie dont le dernier tome est le plus long roman que j’ai pu écrire à ce jour. À cela, je me suis lancé le défi d’écrire un roman entier sur mon smartphone et je l’ai relevé. Mes écrits étaient également visibles ici même avec une centaine d’articles rédigés dont une bonne partie a été publiée sur le blog. J’ai également eu des commandes dont les thématiques m’ont fait sortir de ma zone de confort. Enfin, j’ai débuté une nouvelle histoire dont le premier acte fait déjà la taille d’un roman standard.
D’autres types de textes sont également venus satisfaire cette routine, mais le plus important cadeau, c’est cet horizon qui s’est dégagé sur mon avenir. De là où j’étais, j’avais une vue parfaitement dégagée sur mes prochains objectifs. De profils, cette chaine de montagnes ressemblait à des statistiques et j’avais hâte de toutes les escalader les unes après les autres. Alors bien sûr, parmi toutes ces montagnes, celle qu’il me tarde le plus de grimper est celle qui dépasse la stratosphère pour tutoyer les étoiles. Là où se trouvent les neiges éternelles et c’est là que je me considérerais comme ayant atteint mon rêve: devenir un auteur à part entière.
En attendant, bien des étapes intermédiaires seront nécessaires pour y arriver. J’ajusterais mon plan de route au fur et à mesure de ma progression, et tandis que je commence à quitter ce plateau vers ma prochaine destination, je prends conscience que le plus dur est devant moi. Car oui, avant de vivre de mes romans, je dois d’abord vivre de l’écriture. Ce sont deux choses très différentes et j’ai mis un certain temps avant de comprendre réellement ce que cela voulait dire. Je m’avance donc vers la meilleure manière pour mettre à profit cette routine afin de pouvoir en vivre. J’ignore combien de temps cela prendra, mais je viendrais rendre compte ici une fois par mois comme je le fais d’habitude, et comme je vais le faire dans la catégorie suivante.
ÉCRITURE
J’ignore si c’est à cause de cet anniversaire de routine, mais j’ai ressenti le besoin de me projeter dans l’avenir avec un texte un peu particulier. Ainsi, ce mois-ci je me suis lancé dans une sorte d’autobiographie imaginaire afin de voir de quoi serait fait mon futur. Bien sûr, je ne me suis absolument rien refusé tout en restant réaliste en tenant compte de mes capacités, mais aussi de mes potentielles évolutions dans différents domaines. Et je dois avouer que cela m’a fait un bien fou. C’est un exercice d’imagination vraiment intéressant et révélateur de ce que l’on souhaite et je le conseillerais à quiconque se trouve perdu dans sa vie.
Toutefois, je recommanderais tout de même au préalable de consigner au moins les trois dernières années de votre vie afin d’avoir des bases solides avant de vous lancer. Pour ma part, cet état des lieux fut très instructif avant d’entreprendre un voyage qui m’a conduit presque vingt ans plus tard. Une par une, j’ai détaillé chaque année autant que je le pouvais pour au final accumuler une trentaine de pages. J’ai désormais une sorte de feuille de route à suivre en espérant que je réalise les prédictions que j’y ai faites. Mais j’ai tellement pris de plaisir à me livrer de la sorte que j’ai bien l’intention d’en faire une nouvelle version chaque année afin de voir si ce que j’ai dit coïncide avec ce que je suis en train de vivre.
Ce fut donc le seul texte qui sortait réellement du lot, mais cela a été une véritable bouffée d’air frais avant de reprendre la rédaction d’articles pour le blog. À propos de ces derniers, je commence à arriver à saturation et je me demande si après la rédaction de cet édito je ne vais pas enchainer avec un autre projet. Généralement lorsque j’alterne mon style d’écriture entre analyse d’oeuvre et écriture de fiction, je retrouve de l’entrain et de l’énergie. Mais bon là je ressens surtout un épuisement après avoir franchi les paliers des 360 et 370 jours. Entre deux, il y a eu cet anniversaire de routine qui m’a bien aidé à garder le cap.
J’avoue avoir eu peur de craquer avant cette date fatidique, mais finalement j’ai tenu bon. Cet événement a d’ailleurs été l’occasion pour moi de renouveler mes bilans sur Instagram. Je leur ai donné une allure un peu plus agréable en délaissant les fonds verts pour des photographies personnelles. Je pense que c’est désormais beaucoup plus agréable à lire pour les personnes qui me suivent et qui souhaitent voir mon évolution. Je leur fais le détail complet du nombre de mots pour chaque jour, mais ici je vais me contenter de le faire par semaine. La semaine numéro 17 étant à cheval entre Avril et Mai, elle sera comptabilisée dans le prochain édito.
Semaine 13 – du Lundi 29/03 au Dimanche 04/04: 10568 mots
Semaine 14 – du Lundi 05/04 au Dimanche 11/04: 10581 mots
Semaine 15 – du Lundi 12/04 au Dimanche 18/04: 10563 mots
Semaine 16 – du Lundi 19/04 au Dimanche 25/04: 10615 mots
Et puisqu’il était question d’Instagram, j’ai aussi rédigé un court texte pour les besoins d’une collaboration entre mon influenceuse de soeur et un eshop. Et comme elle et moi n’avons pas les mêmes centres d’intérêt, cela m’a forcé à sortir de ma zone de confort. Néanmoins, j’adore ce genre de petit défi qui me permettent de parler d’autres choses que d’une oeuvre ou de raconter une histoire. Grâce à elle, j’ai eu l’occasion de vanter les mérites de plusieurs restaurants, d’expliquer le fonctionnement interne d’une administration ou encore d’inciter les gens au click and collect pour une marque de vêtements.
Des sujets très variés que j’accepte bien volontiers, car ils me préparent à la prochaine étape qui est de me faire une place dans le milieu de la rédaction web. Cela ne va pas être facile, il y a encore quelques mois en arrière j’avais abandonné cette idée, mais depuis la validation de cette première année de routine, je m’en sens les capacités. Espérons juste que je ne me surestime pas trop. L’avenir nous le dira et je ne manquerais pas de faire part de mon évolution ici-même. En attendant, cette routine se poursuit pour sa deuxième année avec le palier des 400 jours qui se profile à l’horizon et qui va surement me rebooster.
SÉRIES
Ce n’est pas la seule série que j’ai vue ce mois-ci, par contre c’est la seule que j’ai pu terminé et pour cause: Histoires fantastiques ne compte que cinq épisodes. C’est peu et plus encore lorsque l’on sait qu’il s’agit là d’une anthologie. En effet, chaque histoire est indépendante de la suivante avec un début, un milieu et une fin. Amazing Stories, en version originale, tire son concept de la série éponyme de 1987 dont elle est un remake. Chapeauté à l’époque par Steven Spielberg, c’est toujours le cas ici sauf qu’il ne réalise ici aucun épisode. Pas plus qu’il n’y a de noms prestigieux à la réalisation comme cela avait pu être le cas avec Clint Eastwood, Martin Scorsese, Robert Zemeckis, Joe Dante,…
Ces cinéastes avaient mis leur talent au service de deux saisons d’une vingtaine d’épisodes chacun, ce qui ne peut que jouer en défaveur de cette nouvelle version réduite. Pour autant, on reconnait un peu ce charme d’antan mêlé au budget d’une production Apple TV. On se croirait revenu au bon vieux temps des séries anthologiques telles que Les contes de la crypte ou encore Au delà du réel. À ceci près que là, il y a un réel esprit bon enfant où la bienveillance et les bons sentiments sont mis en avant. Pour autant, ce n’est pas niais, mais cela fait tout de même plaisir de suivre des récits plus lumineux que ce que l’on a l’habitude de voir de nos jours.
De plus, les histoires sont toutes suffisamment différentes pour se laisser embarquer. J’ai tout de même noté une préférence avec le voyage dans le temps qui ouvre et ferme cette saison, mais les épisodes deux, trois et quatre font preuve de plus d’originalité. On a ainsi le droit à une histoire de fantôme, du super-héros (dans la lignée de L’attaque du Mutant dans la série Chair de poule) et aussi des extraterrestres. C’est tout un imaginaire qui est brassé, mais malheureusement, on a plus l’impression d’assister à une poignée de pilotes en attente de confirmation pour une saison entière que des histoires définitives.
Même si les récits n’ont rien à voir entre eux, à part l’irruption du fantastique dans un quotidien, on repère vite le même schéma d’un épisode à un autre. En effet, on retrouve un lien entre deux personnages en guise de fil directeur. Une marque de fabrique qui aurait peut-être été trop flagrante sur un trop grand nombre d’épisodes et n’ayant pas vu la série originale (pour l’instant), je ne peux me prononcer quant à savoir s’il s’agit de la même formule. Une chose est sure: ça fait plaisir d’assister à de petites histoires qui, même si elles ne sont pas mémorables, permettent de s’échapper des séries aux saisons à rallonge où tout est entremêlé.
Il y a un émerveillement de celui que l’on pouvait retrouver dans un film de Spielberg et sa présence se fait ressentir dans l’ambiance et le ton global. Bien sûr, la série n’atteint jamais ce niveau d’excellence, mais il y a quand même une patte très identifiable. En tout cas plus que dans les dernières séries que le cinéaste a pu produire. Si saison 2 il y a, alors je serais au rendez-vous tout comme j’espère que cette production va en initier d’autres dans le même format. C’est un véritable plaisir d’avoir juste une histoire courte qui pourrait être assimilée à une nouvelle, sans forcément attendre de suite.
COURT MÉTRAGE
Découvert complètement par hasard dans un cinéma CGR lors d’un séjour à Cherbourg en aout dernier, la bande-annonce de Blood Machines m’avait beaucoup impressionné. Même après le visionnage de l’excellent Tenet pour lequel j’avais fait le déplacement à la base, ces images m’étaient restées en tête. Malheureusement, il s’agissait d’une exclusivité à cette chaine de cinéma qui ne le proposait que durant quelques jours. Une déception qui allait de pair avec le fait de ne pas avoir eu connaissance d’un tel projet aussi ambitieux. Et qui plus est français! De quoi alimenter la rubrique Mad in France du magazine Mad Movies. Ce qui je crois a été le cas selon mes recherches.
Mais comme je ne suis plus en phase avec la ligne éditoriale de ce magazine accès sur le cinéma de genre, je suis passé à côté de l’info. J’ai donc eu la surprise de voir ce trailer et jusqu’à dernièrement, je n’avais pas réussi à mettre la main sur l’intégralité de ce moyen-métrage. Et l’attente en valait la peine. Découpé sous la forme de trois chapitres, j’ai complètement adhéré à cet univers original, car issu de l’imaginaire de leurs créateurs sans que ce ne soit une énième adaptation, mais aussi, car il y a du jamais vu dans cette cinquantaine de minutes.
À la base prévue pour n’être qu’un court métrage financé par Kickstarter, la somme réunie au-delà de ce qui était convenu a permis de rallonger la durée. C’est ainsi que les trente minutes initiales ont été dépassées pour mon plus grand bonheur. Et encore, j’ai eu l’impression de ne pas en avoir vu assez tellement l’univers présenté à l’air dense au possible. Né de l’imagination fertile de Seth Ickerman, personnage fictif que l’on pourrait qualifier de schizophrène puisque derrière ce pseudonyme se cachent deux cinéastes adeptes de la débrouille et du système D.
Raphael Hernandez et Savitry Joly Gonfard sont notamment connus pour avoir réalisé le court métrage Kaydara, inspiré par la franchise Matrix, et ont depuis collaboré sur les clips de Carpenter Brut où ils ont développé un style immédiatement reconnaissable. Que ce soit dans la photographie très typée année 80 avec le grain de la pellicule (rappelant le diptyque Grindhouse, plus précisément Planète terreur de Robert Rodriguez) ou dans la palette de couleurs qui va du mauve au verdâtre, Blood Machines est unique en son genre grâce à ce duo et se présente comme une suite du clip Turbo Killer.
Avec Brut Carpenter et sa musique électro omniprésente, on a vraiment l’impression de regarder un clip XXL comme s’il s’agissait d’un trip sous acide. C’est un ovni autant pour ce qu’il représente dans le paysage cinématographique français que pour ce qu’il propose de voir dans son histoire. On y suit l’équipage d’un vaisseau à la poursuite d’un aéronef dont l’intelligence artificielle a pris le contrôle. Mais lorsque le chef Vascan se pose sur une planète pour mettre un terme à sa mission, il tombe sur une tribu de femme se livrant à des rituels mystiques sur des machines.
De la carcasse du vaisseau agonisant est ainsi extraite une femme qui s’envole dans l’espace. Cet accouchement contre nature est illustré de la plus belle des manières grâce à une mise en scène qui épouse la moindre courbe dans ses mouvements de caméra. Les images et la musique se mêlent alors à la perfection pour au final quelque chose qui reste plus de l’ordre du sensitif. L’histoire n’est qu’un prétexte à offrir ce genre de moment surréaliste que l’on croirait tout droit sorti d’un épisode de Doctor Who. Pour autant, il y a un vrai travail de composition, tout comme dans les designs des vaisseaux qui sont mis en valeur.
Il y a quelque chose d’organique qui en ressort au point de ressembler à des formes insectoïdes. Cela se rapproche un peu de ce que HR Giger a pu faire sous la directive de Ridley Scott sur Alien. L’équipage du vaisseau, même s’il est réduit à deux membres, évoque beaucoup l’ambiance vers laquelle a évolué la saga du xénomorphe. Plus encore lorsque l’on voit ce robot à l’apparence d’une femme enceinte qui est censé représenter l’intelligence artificielle de l’engin et qui fait immédiatement penser à Mother dans le Nostromo. Lorsque l’on remarque ce détail, on comprend un peu mieux la mythologie mise en place. On retrouve également cet esprit d’hyper-sexualisation à travers les corps féminins nus filmés sous tous les angles.
Elles arborent toutes une croix luminescente sur leur abdomen ce qui ajoute une dimension religieuse à l’ensemble sans forcément que cela ne prenne le pas sur le délire global. L’influence de Ridley Scott se fait alors grandement ressentir et cela pourrait tout aussi bien être mis en scène par le célèbre cinéaste. Je pense notamment à une publicité de son cru pour une marque de cognac où la narration se faisait essentiellement par l’image. Lui-même a toujours avoué être inspiré par Metal Hurlant et j’ai retrouvé cet esprit dans cette bobine. Voici d’ailleurs une petite mise en abime avec la publicité en question qui vous fera office de pause dans ce long édito.
Si pour moi cette rencontre a commencé avec une bande-annonce, j’ai eu cette même impression à l’issue de mon visionnage. Je veux en voir davantage, à commencer par une édition physique de Blood Machines pour pouvoir le regarder à nouveau et dans de bonnes conditions. Là, je pourrais alors l’analyser comme il se doit en lui consacrant un article à part entière. Il y a tellement de choses à dire comme cette construction où l’on ne voit apparaitre le titre que lors du deuxième acte. Avec ce parti pris, on sent la volonté de pousser les frontières du moyen métrage pour s’aventurer vers le format long. En l’état, ce générique après presque vingt minutes est assez perturbant, mais au final assez raccord avec l’étrangeté de ce film.
Si celui-ci avait duré une heure et demie, cette introduction tardive serait passée inaperçue tant il s’agit là de quelque chose qui est devenu courant dans l’industrie. C’est donc la suite logique, l’étape suivante pour ce duo de réalisateur français et apparemment ce projet est en préparation. Sobrement intitulé Ickerman, pour ce qui semble être un titre provisoire car éponyme à leur pseudo, on reconnait immédiatement leur patte dans les premières images ci-dessous. Cette bande démo date de 2017, donc j’espère avoir des nouvelles très prochainement. En attendant, c’est la transition toute trouvée pour la catégorie suivante.
TRAILER
J’adore les bandes-annonces. Je suis du genre à les regarder en boucle comme s’il s’agissait du clip d’une musique entêtante. Les meilleures ont toujours une rythmique bien précise et le nouveau trailer de Loki en fait partie. Dès la mise en chantier des séries Marvel sur Disney +, c’est celle qui a le plus suscité mon attention et ces nouvelles images ne font que confirmer mon ressenti. Pour moi c’est le combo parfait entre le méchant le plus drôle du MCU, des réalités parallèles et une agence gouvernementale qui s’assure de la bonne continuité du temps. J’ai hâte.
FILMS
Bien évidemment, s’il m’arrive de regarder des trailers des dizaines et des dizaines de fois, c’est également le cas pour certains films. Au gré de la programmation télévisuelle, de mes emprunts à la médiathèque et de mes pérégrinations dans ma collection de films, j’ai ainsi pu revoir quelques classiques et autres plaisirs coupables. Les spin-offs de Star Wars ont ainsi été mis à l’honneur avec le très bon Rogue One et le sous-estimé Solo. Tous deux ont connu une production plutôt hasardeuse, pour ne pas dire chaotique, mais cette contrainte inhérente à l’industrie a permis de voir éclore de bonnes histoires.
Toujours chez Disney, ce qui n’est pas bien difficile vu que la multinationale a le monopole du marché, j’ai revu quelques films du MCU. Antman en faisait partie et je le revois un peu plus à la hausse à chaque fois que j’ai l’occasion de le visionner. Le personnage de Luis est en grande partie responsable de cette affection même si l’on reste dans la catégorie des films les plus mineurs de chez Marvel. Idem pour Antman et la guêpe qui fait partie du podium des plus insignifiants. Malgré tout, cette plongée dans le macrocosme et une bonne utilisation des différentes échelles lui confère une identité propre à aucun autre.
Idem pour Black Panther qui affiche une imagerie à nul autre pareil, mais dont je ne comprends pas pour autant le succès qui se chiffre en milliard au Box office. À l’image de Wonder Woman qui a été vendue comme la première super-héroïne en tête d’affiche, c’est l’argument du premier super-héros noir qui a été mis en avant pour Black Panther. Mais tout comme ce n’est pas le cas pour la première, il est toujours bon de rappeler au second que Blade date quand même de 1998. Une longueur d’avance plutôt confortable pour le chasseur de vampires même s’il faut reconnaitre que la communauté noire est bien plus représentée dans le film de Ryan Coogler.
Il y a eu aussi de l’indémodable avec la rediffusion une fois de plus de Jurassic Park et de sa suite Le monde perdu. Tous deux réalisés par Steven Spielberg avec une préférence pour le premier. Le second est toujours aussi plaisant à regarder puisqu’il met en avant les raptors et l’hilarant professeur Malcolm, mais les acrobaties d’une adolescente sont toujours aussi risibles. Paradoxalement, ce qui passe pour des fautes de gout peut être considéré comme des qualités chez Luc Besson lors de ces deux incursions dans la science-fiction. Le 5ème élément tout comme Valérian font preuve d’une générosité dans l’étalage de monstres, décors aux couleurs pouvant provoquer une crise d’épilepsie à un caméléon,…
À choisir, ma préférence ira toujours pour Le 5ème élément qui est totalement en roue libre, mais Valérian est loin d’être à la traine dans ce domaine. Il est juste regrettable de ne pas avoir eu un duo aussi charismatique que Bruce Willis et Mia Jovovitch ainsi qu’une plus grande fidélité à la bande-dessinée d’origine. Je pense notamment à la thématique du voyage dans le temps qui n’est pas du tout exploité. Chose qui est le sujet central de Edge of tomorrow. Il s’agit là d’un véritable petit bijou en matière de montage et de chronologie. Le métrage sait rester absolument compréhensible malgré la répétition qu’implique le fait d’être prisonnier d’une boucle temporelle.
Pour continuer dans la science-fiction, j’ai profité de l’écriture d’une analyse sur Ghost in the shell pour le revoir à nouveau. Je ne vais pas m’étaler dessus puisqu’il est possible de savoir tout le bien que j’en pense sur l’article attitré. Moins accès sur la réflexion entre l’homme et la machine, mais toujours aussi divertissante, Terminator Genysis reste intéressant dans ce qu’il ajoute à la mythologie créer par James Cameron. D’ailleurs, j’ai aussi revu la dernière collaboration en date du duo Cameron / Schwarzy avec True Lies. Sans aucun doute l’une des meilleures comédies d’action avec Last Action Hero.
Dans un autre registre, un peu plus sophistiqué dirons nous, Ocean’s 13 se pose lui aussi comme une forme d’humour sarcastique mêlée d’action. Une conclusion satisfaisante pour l’équipe de George Clooney là où celle de Ben Affleck fait des débuts catastrophiques dans Justice League. Cette version de Joss Whedon est tout aussi drôle que les dernières productions que j’ai citées, mais souvent à ses dépends. Ce regroupement des héros de l’univers DC n’est pas mauvais pour autant, il n’est juste pas à la hauteur de l’événement. Sinon, je n’ai toujours pas vu la Snyder Cut, mais la date de sortie du bluray approche, donc je patiente autant que possible.
Pour cela, Keanu Reeves m’a fait passer le temps plus vite à travers deux films: 47 ronin et John Wick 2. À la fois semblables et différents, l’acteur y fait une fois de plus étalage de son amour pour le cinéma d’action. Qu’il s’agisse de prouesse au sabre ou avec un flingue, Keanu Reeves excelle dans l’art de la mise à mort. C’est notamment le cas dans ce deuxième chapitre de John Wick que j’ai revu avec grand plaisir et sans censure. En effet, lors de sa diffusion télé il y a quelque temps, des plans trop gores avaient été soustraits au montage afin de pouvoir le diffuser en prime time. Là, j’ai pu bénéficier du film tel qu’il a été voulu par son réalisateur.
Mais rien ne vaudra jamais la possibilité de pouvoir voir un film au cinéma. Et alors qu’une annonce a récemment été faite pour une réouverture prochaine des salles obscures, c’est une nouvelle qui tombe au bon moment puisque la liste des dernières projections auxquelles j’avais pu assister, et qui n’avait pas encore pu bénéficier d’un second visionnage, s’amenuise grandement. Ainsi, j’ai pu revoir pour la première fois Joker de Todd Philips. Catalogué comme étant le réalisateur derrière la trilogie Very Bad Trip, je me suis finalement laissé surprendre par cette relecture des origines du clown de Gotham.
Encouragé par les excellents retours dans la presse, j’ai moi-même totalement adoré le parti pris ainsi que l’investissement de Joaquin Phoenix. Des cendres de sa performance renait le personnage iconique après avoir été brillamment incarné par Heath Ledger. Même Jared Leto n’avait pas su convaincre le public contrairement à cette nouvelle itération. Celle-ci a en plus pour elle la particularité d’évoluer dans les années 80 et je me suis d’ailleurs fait la réflexion que ce Joker aurait pu totalement s’inscrire dans le Watchmen de Zack Snyder. En même temps, Todd Philips s’inspire beaucoup de The Killing Joke de Alan Moore qui est aussi l’auteur du comics Watchmen, donc cela fait sens.
Idem pour les masques de clown qu’arbore la population en signe de protestation et qui évoque directement V pour Vendetta, oeuvre elle aussi signé par le scénariste Alan Moore. C’est donc une première bonne impression qui s’est confirmée et qu’il me tarde déjà de revoir. Je ne pourrais pas en dire autant des deux suivants qui sont pourtant produit par James Cameron. Grand fan de japanimation, le célèbre cinéaste avait toujours pour ambition d’adapter le manga Gunm que l’on connait aussi sous le nom de Alita Battle Angel. Accaparé par Avatar, qui est depuis devenu une franchise à part entière, Cameron léguera finalement son poste de metteur en scène à Robert Rodriguez.
L’homme derrière lequel se cachent deux de mes films préférés, que sont The Faculty et Une nuit en enfer, a donc pris le parti de singer le style de Cameron. Pas forcément une mauvaise idée, surtout lorsque l’on voit la manière dont il s’est approprié le style graphique de Frank Miller pour Sin City, et la combinaison annonçait quelque chose d’intéressant. C’était en quelque sorte l’assurance d’avoir un film de Cameron tandis que celui-ci serait sur Pandora pour superviser les suites avec les Navis. Malheureusement, malgré la découverte de ce nouvel univers, que je ne connaissais qu’à travers un animé d’une cinquantaine de minutes, le film n’arrive pas vraiment à décoller.
Pourtant, la mythologie est prenante, les designs des robots sont plutôt bien retranscrits, même les yeux d’Alita passent inaperçus une fois qu’on a découvert cette orientation manga. C’est plus au niveau du rythme que l’histoire a du mal à se dérouler. Elle est entrecoupée de flashbacks qui donnent des indications essentielles pour l’évolution de Alita, mais qui par la même sont mal introduits. La marque du triple climax, signature des films de James Cameron, est également mal gérée avec trop de temps morts lors de cette montée en puissance. On se retrouve avec le sentiment inverse lors d’un final dont les enjeux et la dimension diminuent au fur et à mesure.
On passe ainsi de l’incroyable séquence du motor ball à un combat fade dans le bureau du badguy pour enfin se terminer par une ascension de Zalem complètement quelconque. Au final, comme lors de ma découverte au cinéma, je ne retiendrais que les combats et cet environnement futuriste. Néanmoins, cela reste tout de même une bonne publicité pour le manga et m’a donné envie de m’y intéresser plus en profondeur. Mais surtout, je me suis dit que Robert Rodriguez aurait été bien plus performant sur Terminator Dark Fate. Le réalisateur mexicain aurait pu alors se fondre sans mal dans ce scénario qui fait appel à ses origines.
Que ce soit le lieu de l’action, le casting, le sous-texte, tous ces éléments évoque son cinéma. A contrario, Tim Miller, qui a eu la charge de prendre la suite de Terminator 2 en faisait table rase des autres épisodes, aurait eu bien plus de libertés sur Alita Battle Angel. Mais les choses étant ce qu’elles sont, c’est donc le réalisateur de Deadpool qui s’y colle. Lui qui avait quitté le deuxième opus des aventures du mercenaire déjanté pour se consacrer au retour de Sarah Connor, s’est finalement retrouvé avec une histoire similaire à mettre en scène. À tel point qu’il aurait peut-être dû rester sur Deadpool 2.
En effet, cette suite met en scène Cable qui quitte son futur apocalyptique en voyageant dans le temps jusqu’à notre présent. À partir de là, sa mission sera de tuer un mutant pour changer l’avenir. Ça ne vous rappelle rien? C’est normal puisqu’à peu de choses près, c’est le même film. L’humour en moins. Encore que Schwarzenegger fait une nouvelle fois preuve d’un certain sens du ridicule après être passé pour le papi de service dans Genesys. À croire que ce personnage est destiné à jouer les comiques de service faute de savoir quoi en faire. Depuis sa création, le robot a subi énormément de changement en passant de boogeyman increvable à un retraité vivant dans son ranch. Une retraite bien méritée après avoir accompli sa mission des décennies plus tôt: tuer John Connor.
Voilà encore un personnage dont les scénaristes n’auront pas su quoi faire au point de le sacrifier. Lui aussi aura eu un parcours plutôt chaotique après avoir été pourchassé avant sa naissance, durant son adolescence, fugitif en tant que jeune adulte, en meneur de la résistance dans le futur pour enfin passer dans le camp de l’ennemi. Là, il ne passe tout simplement pas la scène d’introduction qui est à la fois surprenante et saisissante de réalisme. Surprenante par ce parti pris qui redistribue les cartes pour créer un avenir différent, mais aussi pour désacraliser John Connor, sur lequel repose l’espoir du monde depuis cinq films. Saisissante par cette reproduction quasi-parfaite du visage des acteurs dans la continuité du deuxième opus avec Edward Furlong en tête.
C’est simple, on a juste l’impression d’assister à une scène coupée de l’époque tellement la technologie à évoluer. Il aurait d’ailleurs été plus intéressant d’aller jusqu’au bout de cette idée en faisant un film entier de la sorte. Après tout, le sujet central de cette saga reste l’anéantissement des humains par les machines, et quoi de mieux qu’une mise en abime en adoptant cette froideur avec l’aide de cette technologie révolutionnaire. Bien sûr, cela nous aurait privé d’un véritable jeu d’acteur, mais on ne va pas se mentir, ce n’est pas le genre de film que l’on s’attend à voir aux Oscars. Il y aurait peut-être d’ailleurs eu sa chance dans la catégorie des Effets spéciaux si cela avait été le cas.
Passer cette prouesse, on retombe donc dans les travers de la franchise avec une course-poursuite qui ne prendra fin qu’au générique. Littéralement, car ce nouvel opus pourrait bien être le dernier avant très longtemps. La faute à son créateur James Cameron qui est revenu à la production après avoir perdu les droits sur sa franchise il y a de cela des années. Les derniers films en date s’étant faits sans son accord, il a donc décidé d’en faire table rase et d’inscrire Dark Fate dans la continuité qu’il avait instaurée. Et compte tenu du niveau d’excellence de T2: Le jugement dernier, c’était un peu comme se tirer une balle dans le pied.
Par contre, si le cinéaste n’avait pas voulu chambouler toute la chronologie, déjà suffisamment bordélique, il aurait assurément été meilleur que Terminator Genysis qui le précède dans l’ordre des sorties. Néanmoins, j’aime beaucoup cette licence et chaque épisode aura su proposer quelque chose de novateur ou à défaut, des pistes intéressantes qui ne seront jamais explorées. En effet, malgré le nombre d’opus, il n’y a jamais eu une seule fois une trilogie de complète et cohérente. Elles ont toutes été avortées et même la série Les chroniques de Sarah Connor s’est vue annuler après deux saisons. Dark Fate n’aura pas plus de chance, mais reste tout de même porteur de quelques bonnes idées.
Gabriel Luna en fait partie avec son interprétation qui rappelle celle de Robert Patrick, avec à la clé des répliques qui le font passer pour presque humain. Le dédoublement du Rev9 est lui aussi un plus qui amène de la surenchère dans les scènes d’action. Celles se situant dans le futur donnent toujours envie d’en voir plus au point de regretter une suite à Renaissance. Le retour de Linda Hamilton dans le rôle de Sarah Connor participe également à rendre cet épisode plus attrayant et légitime et sa relation avec le Terminator est plutôt bien amenée. En dehors de cela, on retombe dans le schéma classique de la franchise qui se repose sur ses fondations encore et encore.
L’arrivée d’un robot venu du futur pour tuer une cible tandis qu’un allié fait lui aussi irruption dans le présent pour protéger cette même cible. On a l’impression d’assister au remake d’un remake d’un remake, saupoudré d’un peu de reboot pour donner le change de temps en temps. Il est même assez simple d’anticiper le prochain opus sur ce simple postulat. C’est une recette qui demande donc à être actualisée pour garder un minimum d’intérêt. Cette impression de déjà vu n’échappe donc pas à Dark Fate et je me suis fait cette réflexion lorsque je l’ai vu pour la première fois au cinéma. Ce qui est un comble lorsque l’on est censé assister à de l’inédit.
Malgré le nombre assez conséquent de films que je vois, et fort heureusement pour moi, il y en a tout de même qui me reste inédit. J’ai ainsi pu voir Cherry des frères Russo et avec Tom Holland. C’était ce même duo de cinéastes qui avaient révélé l’acteur en Spider-Man dans Captain America: civil war. Depuis, il a cette image de Peter Parker qui lui colle à la peau et apparemment il n’y avait rien de mieux que ceux qui en étaient à l’origine pour décoller cette étiquette. On assiste donc à une sacrée performance de Tom Holland pour ce qui sera une descente aux enfers. C’est intrigant et intense, autant que puisse l’être une production actuelle puisque bien sûr il existe bien pire sur le même sujet.
Une autre version de Spider-Man a elle aussi voulu casser son Amazing image, et c’est Andrew Garfield dans Under The Silver Lake. Je dois avouer avoir été assez déstabilisé devant ce film très perché. Et pour cause, le personnage semble voir en chaque coïncidence un indice à suivre pour son enquête visant à retrouver sa voisine disparue. Que ce soit à travers le dos d’un paquet de céréales, une phrase, tout est propice à l’orienter dans une direction. Y voyant là des easter eggs dans la réalité elle-même, je comprends mieux pourquoi ce long-métrage de David Robert Mitchell avait été autant comparé à Ready Player One. Et c’est aussi la raison pour laquelle j’avais décidé de le voir.
Très proches du cinéma de Richard Kelly par son côté parfois absurde, cela m’a tout de même permis d’apprécier un tant soit peu ce visionnage. Qui en mérite plus d’un pour le comprendre totalement, mais là j’ai encore besoin de le digérer. Bon par contre, 13 Hours n’a pas besoin d’autant de temps que n’en mentionne le titre pour être digéré et oublié. Tiré d’un fait réel, ce film de Michael Bay ressemble plus à l’ouverture du festival de la barbe, du muscle et de la testostérone. Néanmoins, les personnages y sont attachants pour parcourir plus de 2h20 en leur compagnie. Car oui, il y a un coeur qui bat et un esprit patriotique qui se débat dans ce groupe armé et surentrainé.
De tête, et en tête, j’ai beaucoup aimé la prestation de John Krasinski et James Badge Dale qui sont tous deux en mode bromance. Il y a également une grande complicité avec le reste de l’équipe qui donne une cohésion à l’ensemble, mais laisse surtout un vide à chaque perte humaine. Et Michael Bay oblige, le spectacle est au rendez-vous, peu importe si cela concorde avec la véracité des faits. Le cinéaste fait le taf en étant moins exubérant que d’habitude, ce qui est normal sans robots géants pour foutre le bordel. Ce n’est donc pas ce que je retiendrais dans sa filmographie, mais ça fait tout de même du bien de le voir oeuvrer sur autre chose que la saga Transformers.
Et puisque Michael Bay est aussi bourrin dans son montage épileptique que dans ses transitions d’une scène à une autre, je vais également en faire autant dans cet article. Et tout comme c’était agréable de voir le cinéaste faire autre chose que de la science-fiction, cela l’a été tout autant de voir une mythologie très peu mise en avant dans Vaiana. Cette production Disney aura été rafraîchissante dans ce sens en proposant une imagerie que l’on a trop peu l’occasion de voir se développer à l’écran. Il n’y en a toujours que pour les légendes romaines, vikings, celtes,… Là, ce sont les mythes polynésiens qui sont mis à l’honneur pour servir de background à un récit touchant.
Des couleurs à la mise en scène, tout participe à l’émerveillement même si j’ai toujours un peu de mal avec les passages musicaux. Mais comme il s’agit de la marque de fabrique de la firme, je n’ai pas fait preuve d’hypocrisie, j’y suis allé en connaissance de cause et ça n’est pas ce que je retiendrais en termes de défaut. C’était tellement dépaysant que peu de choses m’ont vraiment gêné et j’ai passé un assez bon moment devant. Pour rester dans les dessins animés, mais cette fois-ci dans la branche de la japanimation, j’ai également découvert Vampire Hunter D. Adaptation d’un manga japonais, je connaissais surtout cet univers grâce à la suite Vampire Hunter D: Bloodlust.
Conçu comme des épisodes indépendants, cela ne m’avait pas empêché d’adorer sans avoir vu ce premier opus. C’est maintenant chose faite, et même s’il n’égale pas le chef d’oeuvre qu’est Bloodlust, cet animé originel était plutôt sympa. Même s’il a un peu vieilli là où sa suite était carrément en avance sur son temps, il faut reconnaitre que l’animation est plutôt de qualité. Surtout quand elle est au service d’une telle inventivité en termes de gore digne de Mortal Kombat. En même temps, pour un récit tournant autour d’un vampire, c’était la moindre des choses. Exactement comme pour Disney et sa tendance à faire de la comédie musicale animée.
Les musiques ont beau être au rendez-vous dans A star is Born, cela n’empiète pas pour autant sur la narration. J’arrive après tout le monde pour ce film qui a fait beaucoup de bruit, mais au moins j’ai pu le voir dépourvu de tout engouement. Tout comme Lady Gaga y est au naturel sans la couche de maquillage qu’elle arbore en temps normal, l’actrice / chanteuse forme un bon duo avec Bradley Cooper qui à la fois devant et derrière la caméra. Ce don d’ubiquité lui permet de donner la réplique à sa partenaire tout en donnant les directives à son équipe technique pour faire comprendre sa vision. Un exercice difficile dont il s’est sorti avec le succès que l’on connait, mais un peu surestimé à mon gout.
Oui, c’est une histoire émouvante. Oui, Lady Gaga fait une bonne prestation. Oui, le titre Shallow me file toujours autant de frissons. Mais je ne suis pas sûr que tout ce tapage soit mérité. Par contre, j’ai été complètement immergé par Le chant du loup qui lui aussi avait bénéficié d’une excellente presse à l’époque de sa sortie. Avec un casting qui réunit la fine fleur du cinéma français, ce huis clos dans un sous-marin s’est révélé extrêmement intense. Obéir ou désobéir aux ordres n’a jamais été aussi compliqué face au protocole mis en place par l’armée. Résultat: l’histoire entière tient sur cette notion là où elle fait juste office de rebondissement dans un film du même genre. Mon coup de coeur du mois.
Pourtant, depuis que j’ai entrepris de donner ce prix honorifique à une oeuvre que j’ai beaucoup aimée dans le courant du mois, pas une seule fois je n’ai élu un film faisant partie de mes genres de prédilection. Par là, j’entends du fantastique ou de la science-fiction et si je me réfère aux deux derniers mois c’est Green Book et The disaster Artist qui ont réussi à me captiver. De quoi m’interroger sur mes propres gouts et je suis tombé sur une vidéo de In the panda plutôt intéressante sur le sujet. Comme une bonne partie du contenu sur sa chaine d’ailleurs, et celle-ci m’a beaucoup fait réfléchir sans pour autant remettre en question mon film préféré. Mais pour celles et ceux qui sont en pleine interrogation, cela peut être utile.
COMICS
On dit souvent que Batman et le Joker sont les deux faces d’une même pièce. Cela ne pouvait pas être plus vrai ce mois-ci puisque j’ai lu deux comics intégralement consacrés à ces deux personnages. D’un côté on a donc Batman Damned dans la collection Black Label de DC comics. Une catégorie à part qui permet aux scénaristes d’écrire des histoires plus noires et plus matures. Là, c’est le cas puisque le chevalier noir se réveille amnésique des événements de la veille et apprend que le Joker a été tué. Tous les soupçons se portent sur lui et il va alors plonger dans l’obscurité de Gotham pour découvrir la vérité.
Avec John Constantine en guise de narrateur, c’est par son intermédiaire que le scénariste Brian Azzarello raconte son histoire. Celle-ci prend une tout autre dimension grâce aux superbes dessins de Lee Bermejo avec qui l’auteur avait déjà collaboré sur le comics Joker. Ce dernier est au centre de l’intrigue sans pour autant tirer la couverture, ou ici la cape en l’occurrence, à Batman. Malgré tout, c’est la folie qui prédomine dans cette histoire où le surnaturel s’invite dans chaque case pour bâtir une histoire vraiment prenante et visuellement très aboutie.

Je pourrais en dire autant pour Joker: killer smile qui use d’inventivité dans son découpage comme si l’on voyait l’histoire par le prisme du clown. Comme pour Damned, Killer smile se lit extrêmement vite autant par sa qualité que par son traitement. En effet, beaucoup d’informations passent par les illustrations ce qui devrait être le propre de tous les médias qui font appel à l’image, qu’elles soient fixes ou en mouvement, pour transmettre un message à son auditoire. C’est le cas pour ces deux excellents comics qui approfondissent ces personnages iconiques.
BONS PLANS & ASTUCES
À l’occasion de l’opération Play at home, événement de Sony pour aider à passer un confinement, j’ai pu télécharger plusieurs jeux gratuitement. Parmi la sélection ci-dessous, je me suis laissé tenter par Abzu, Subnautica et Rez infinite.
Des jeux indépendants qui ne seront pas de trop pour venir faire une petite pause dans la saga Dishonored que je dévore en ce moment et dont je viens de terminer le premier opus, hors DLC. Cette offre était valide jusqu’au 23 avril sauf pour Horizon Zéro Dawn Définitive Édition qui lui est toujours disponible à l’acquisition jusqu’au 14 mai. Un must de la Playstation 4 que tout joueur qui se respecte doit avoir fait au moins une fois. Là, il n’y a plus d’excuses pour le découvrir avant le prochain opus Horizon Forbidden West.
MES ATTENTES POUR LE MOIS QUI DÉBUTE
J’ai pas mal de choses en cours que je vais terminer comme le roman Ordo que j’ai pu louer et dont le prêt arrive bientôt à son terme. Lorsque viendra le moment de le rendre, j’en profiterai pour prendre une nouvelle fournée de films, séries et autre comics. Je pense notamment aux saisons 3 et 4 de The strain, puisque je suis en plein marathon des deux premières saisons. Si elles ne sont pas disponibles, j’ai des séries estampillées Disney + qui attendent sagement… Planning chargé en perspective de ce côté-là!
Je ne manquerais pas non plus de fêter les 400 jours d’écriture consécutifs qui auront lieu ce mois-ci. J’ai beau avoir soufflé une bougie en haut de cette montagne métaphorique, je dois continuer à entretenir la flamme qui brule en moi pour continuer à écrire. Grâce à cela les journées passent vite, mais ça me fait moins peur, car elles sont remplies d’objectifs qui me tiennent à coeur. J’avais d’ailleurs dit dans mon édito du premier mai 2020 que je ne m’imaginais pas fêter la fête du travail sans en avoir un, là c’est différent puisque j’ai une perspective d’avenir impliquant l’écriture.
Mais l’une des principales choses à faire ce mois-ci, ça sera de profiter du déconfinement. Prendre l’air est devenu un luxe et rester enfermer chez soi n’a rien de très sain. Surtout lorsque l’on commence à tomber sur ce genre de vidéo à force de trainer sur internet. Là, on sait que c’est le signal pour commencer à mettre un pied dehors.


























