J’ai toujours eu un rapport particulier à l’écriture. Loin d’être bon, j’ai passé une partie de ma scolarité à être découragée par des enseignants. Cela a atteint son apogée lors de mes dernières années de collège où j’ai rencontré le prof de français qui m’a poussé dans mes retranchements. Alors que je m’apprêtais à l’avoir pour deux années consécutives, j’ai su que les heures avec lui allaient passer lentement lorsqu’il nous a annoncé son système de notation. Puisque la perfection n’existait pas, aucun d’entre nous n’aurait jamais 20/20. Les meilleurs élèves ont été contrariés par cette note d’intention, mais pour ma part, je ne demandais qu’à avoir ne serait-ce que la moyenne. Mais c’était apparemment déjà trop demandé à mon niveau au regard de ses exigences. Au final, ma position dans la classe reflétait celle dans le classement sur le papier, au fond de la salle de cours. Complètement à la traine par rapport aux autres.
Les études de textes se sont succédé tandis que j’ai redoublé d’efforts à chacune d’entre elles. Je me revois encore en train de décortiquer les livres imposés dans le programme pour leur trouver une thématique, mettre à jour les intentions des auteurs étudiés,… Et petit à petit, les copies doubles ont remplacé les simples feuilles recto / verso. Il y en avait tellement que j’en étais venu à assembler mes rédactions de plusieurs pages pour leur donner l’allure d’un petit livre à feuilleter. À l’époque, je confondais encore la qualité avec la quantité c’est pourquoi ma moyenne n’a jamais vraiment augmenté malgré une pagination croissante dans mes rendus. Pourtant, je ne voulais pas particulièrement plaire à ce prof, au contraire, tout me rebuter chez lui. De son attitude à sa façon de s’exprimer, loin d’être pédagogue, en passant par son apparence qui était le cliché de l’enseignant ayant des années de services au compteur, je n’avais pas particulièrement l’intention d’attirer son attention en remontant dans son estime.
Je crois que dans cette persévérance, j’y ai surtout vu une compétence à exploiter chez moi, même si je n’obtenais pas de bons résultats. Ou alors peut-être s’agissait-il d’une matière plus simple qu’une autre pour remonter un peu mes notes. En tout cas suffisamment pour aller au lycée en mettant cet échec scolaire derrière moi. Sur le moment, j’ai détesté ce prof aussi fort que je le pouvais et pourtant, aujourd’hui si je devais sortir un livre, il ferait indéniablement partie des noms dans la liste des personnes à remercier. Tout comme la professeure de français qui m’a accompagné à partir de la seconde. En effet, je n’étais pas assez bon à son goût sur le moment, mais en tout cas je l’étais devenu pour d’autres qui exerçaient dans la même matière. Cette madame P. avait vu en moi quelque chose de prometteur là où même moi n’avais plus aucune estime me concernant.
Mais elle avait en face d’elle un jeune têtu qui n’avait qu’une hâte: en finir avec les études pour entrer dans la vie active. Alors lorsqu’elle m’a proposé de me réorienter vers un cursus littéraire, elle s’est heurtée à un mur. Tout comme moi en refusant sa proposition pour persévérer dans une voie qui ne me plaisait pas. Je n’avais même pas conscience qu’au lieu d’apprendre l’architecture en vue d’être un dessinateur industriel, j’étais en train de devenir l’architecte de ma propre perte. Déterminé à ne changer d’avis sous aucun prétexte, puisque cela aurait impliqué de perdre de précieux mois en vue de ma future liberté, je me demande souvent si ma vie aurait été différente si j’avais accepté cette bienveillante proposition. Serais-je devenu un meilleur écrivain? Aurais-je persévéré dans ce domaine? Une réalité parallèle a surement des réponses à ces questions.
Quoi qu’il en soit, j’avais quitté le collège dans les derniers de la classe en français, convaincu de n’être qu’un moins que rien à force de voir mes efforts banalisés au lieu d’être validés. Mais quelque part, cela m’a conditionné puisqu’une fois rentré au lycée, j’ai continué à travailler de la sorte puisque je croyais qu’il s’agissait de la norme. Or, dès le premier trimestre et contre toute attente, je suis arrivé en tête dans cette matière. Mon premier réflexe a été de mettre de côté la rancune que j’avais envers ce prof de collège pour la transformer en reconnaissance. Avoir de la gratitude pour une personne qui nous a mené la vie dure à quelque chose de paradoxal, toutefois je ne peux nier que cela m’a rendu meilleur. Mais cette attention soudaine sur ma personne, là où j’ai été invisible la majorité de ma scolarité, n’aura pas suffi à me redonner goût pour les études.
Mon unique échappatoire, je l’ai trouvée dans le seul endroit le plus calme de tout le lycée. À un âge où l’on préfère fumer, draguer, fumer pour draguer ou encore draguer pour fumer, le CDI était l’endroit le moins fréquenté où je puisse me réfugier. Enfin le deuxième endroit le plus rassurant, le premier étant de sécher les cours pour me rendre dans une salle obscure. J’ai toutefois pu amener cette passion du septième art dans la bibliothèque en me retrouvant en charge de la rubrique cinéma dans le journal du lycée. Avec d’autres losers dans mon genre, nous nous réunissions pour définir la ligne éditoriale de ce qui allait constituer notre projet. La plupart des événements dans l’enceinte du bâtiment étaient couverts par nos soins tandis que j’y avais vu une excuse supplémentaire pour sécher les cours et aller cinéma pour alimenter la rubrique que je m’étais auto-attribué.
Journaliste auto-proclamé, je m’étais investi plus que de raison dans cette activité qui ne faisait même pas partie de mon emploi du temps. Loin des contrôles continus et leurs coefficients, j’étais dans mon élément. D’ailleurs, je crois qu’en dehors de mes professeurs, c’était la première fois que mes textes étaient à disposition pour être lu par quiconque s’y intéresse. Ce fut une première expérience enrichissante dans le fait de partager quelque chose qui me tenait à coeur. Et ce dernier battait la chamade rien qu’à l’idée de savoir que d’autres personnes lisaient mes mots, mais c’était du bon stress. Cette sensation, je l’ai retrouvée lorsque j’ai repris ce blog en main il y a un peu plus d’un an. Avec tous ces articles et ces best-of auxquels je consacre du temps, j’ai l’impression d’être à la tête d’un magazine avec différentes rubriques. Il ne me manque plus qu’un sommaire pour rendre le tout plus digeste à la lecture.
J’ai donc fait du chemin depuis ce journal du lycée et je m’apprête à poursuivre dans cette voie en devenant rédacteur web. À l’époque où j’ai fait mes débuts en autodidacte, j’étais un grand consommateur de magazines. J’ai claqué des sommes incroyables tous les mois pour me tenir informer sur le cinéma, les jeux vidéo et les comics… Jusqu’à ce que la presse subisse la démocratisation des contenus gratuits sur internet. Mais derrière ces articles se trouvent des personnes férues d’écriture dont je fais partie et après avoir fait cela pendant presque 10 années par l’intermédiaire de ce blog, j’ai envie de me professionnaliser dans ce domaine. Cela va demander beaucoup de travail, mais c’est la nouvelle montagne que j’ai choisi d’arpenter après avoir tenu une année entière de cette routine qui me met au défi.
Voici donc où j’en suis dans cette réflexion concernant mon avenir. Et c’est en analysant mon passé que j’ai pu y trouver une réponse. Cette nostalgie m’a fait prendre conscience que cette période révolue était pleine d’incertitudes et d’interrogations face à mon futur. Maintenant que ce dernier est devenu mon présent, je sais exactement ce que je dois faire. C’était une chose difficile à imaginer lorsque j’étais un adolescent dont l’amour propre avait été sali par un professeur. Mais au lieu de me dégoûter de sa matière, cela a eu l’effet inverse et de ce sentiment négatif est née l’une de mes passions. Je ne l’avais jamais pris très au sérieux jusqu’à récemment pour en tirer profit. Et dans mes errements pour glaner des informations sur ce qui allait m’attendre une fois le processus de création d’entreprise enclenché, je me suis inscrit à une formation de Olivier Roland.
Célèbre pour avoir publié un livre dont le titre ne pouvait que me parler compte tenu de mon parcours, « Tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études », j’ai été un élève modèle en étant assidu à chacun des 5 cours. Durant autant de jours, j’ai pris des notes et appris pas mal d’informations dans ce qui avait pour but de créer un business en peu de temps. Bien sûr, et comme tous les entrepreneurs proposant du contenu gratuit, cela a débouché sur une formation payante, mais ce que j’en avais retenu était déjà bien suffisant. Il y développait notamment le concept d’Ikigaï qui est une philosophie de vie japonaise. Lorsque je l’applique à l’écriture et à cela que cela représente pour moi, je pense pouvoir affirmer que cette notion de raconter des histoires se trouve au centre du croisement de ces quatre cercles.

Écriture
Comme je le préconisais le mois dernier dans cette même catégorie, les articles de blog auront eu raison de ma patience. Au fil du temps, un ras-le-bol s’est installé c’est pourquoi j’ai réorganisé mon planning d’écriture pour alimenter mon quota journalier avec un autre projet. Non sans avoir au moins 3 mois d’avance sur mon planning de publication. C’est une durée assez confortable pour pouvoir souffler un peu tandis que les articles continueront à paraître sur le blog le dimanche en temps et en heure. Mais avant de passer à autre chose, j’ai tout de même mis un point d’honneur à clore les articles qui avaient été commencés plutôt que de me retrouver deux mois plus tard avec une moitié de texte à terminer et en ne sachant plus là où je voulais en venir. C’est donc ce qui m’aura occupé début Mai avant de me concentrer sur quelque chose de plus urgent et important à court terme.
Mon attention s’est ainsi redirigée vers mon business plan me permettant de tester la viabilité de mon projet de rédacteur. Je ne pensais pas avoir autant de choses à aborder entre l’analyse de la concurrence, l’élaboration d’une stratégie sur plusieurs années, la définition de mon client idéal,… Bref, ce dossier est en train de prendre forme d’une manière assez conséquente et je pense que même après l’avoir terminé, ce qui devrait arriver ce mois-ci, je continuerai à l’alimenter grâce à l’expérience que j’aurais acquise. Et surtout les erreurs que j’aurais faites. Ce n’est un plan figé et j’ai bien conscience qu’il va devoir nécessiter des ajustements lorsque les premiers rouages vont être enclenchés dans cette nouvelle activité. En tout cas, ce business plan a été l’occasion pour moi de quitter mon ordinateur pour de la rédaction sur smartphone. L’année dernière, j’avais écrit un roman entier sur ce support pour des raisons pratiques et je tenais à réitérer ce processus.
Le fait d’avoir dans le creux de la main mon outil de travail est un plus non négligeable pour limiter l’effet de friction au maximum. Par là, j’entends tout le processus que l’on met en place pour réaliser une tâche. En ce qui me concerne, pour l’écriture il s’agissait de prendre et d’allumer mon ordinateur, pour ensuite m’atteler à mon objectif de mots journalier. Avec le smartphone, ces étapes, qui n’ont l’air de rien puisqu’il s’agit d’actions successives menant au même but, ont été simplifiées au maximum pour ne garder que la dernière: être productif. Mon téléphone étant allumé non-stop, j’ai juste à ouvrir le bloc-notes correspondant pour me mettre au travail. Mais le plus gros avantage, c’est surtout de ne plus avoir à dépendre d’une station fixe. C’est réellement libérateur de pouvoir marcher tout en écrivant ou de se dire que l’on peut aller se promener ou faire des courses tout en ayant la possibilité d’écrire une phrase par-ci ou un paragraphe par là.
C’est ce que j’avais fait l’année dernière en vacances afin de continuer à remplir mon objectif et ne pas briser la chaine de l’habitude que j’avais instauré. Toutefois, bien que totalement à l’aise avec cette idée d’écrire sur un écran qui n’avait pas été conçu dans cette optique, je me demandais si cela avait une influence non seulement sur mon style, mais aussi sur le contenu de ce que je produisais. Ainsi, j’ai été assailli pour une tonne de questions: grâce à la mobilité que le smartphone me procure, est-ce que l’endroit dans lequel je me trouve a influencé, d’une manière ou d’une autre, les mots qui me sont venus à l’esprit à cet instant T? Aurais-je écrit la même chose, au mot près, si j’avais été chez moi devant mon ordinateur et non en plein air? Puisqu’il est possible d’écrire sur un téléphone, à toute heure du jour et de la nuit, sans avoir à mettre en place l’infrastructure du combo bureau et ordinateur, est-ce que cela influence mes idées?
Des interrogations qui peuvent sembler bizarres, mais qui continuent de me tourmenter dès que j’ai le malheur d’analyser mon propre processus. Et je peux partir assez loin dans la comparaison des deux méthodes. Si par exemple, une idée me venait en dehors de ma séance d’écriture, je la notais dans un coin pour la laisser murir au moins jusqu’à la prochaine séance contrairement à maintenant où ce fameux délai est réduit à zéro, puisque j’explore dans l’instant cette même idée. Elle n’a donc plus l’opportunité de murir, mais je gagne en spontanéité. Un dilemme qui n’en est pas vraiment un puisque le roman que j’avais écrit l’année dernière n’avait pas pour vocation à être publié. Il s’agissait juste de nourrir ma routine avec un projet sans aucune arrière-pensée de publication. Au mieux, je l’aurais corrigé avant d’en faire quoi que ce soit qui mérite d’être lu par quelqu’un d’autre. Le fait de garder les choses pour soi avait grandement contribué à rendre cette expérience ultra positive, mais qu’en serait-il si ce même contenu était amené à être partagé?
C’est la question à laquelle j’ai voulu répondre en écrivant cet édito entièrement sur téléphone. La réponse est donc là sous vos yeux, depuis les premiers mots jusqu’aux derniers. La difficulté de l’exercice aura donc consisté à livrer un texte destiné à être publié dans la foulée sans passer par la moindre retouche sur ordinateur, là où ils sont rédigés en temps normal. Ce dernier étant synchronisé avec mon smartphone le transfert s’est fait naturellement pour atterrir sur le blog. J’en suis venu à un point où maintenant je considère mon smartphone comme une extension de mon ordinateur tellement ils se complètent l’un l’autre. Et pour peu que ma séance soit bien découpée, je gagne également du temps dans l’accomplissement de mon objectif. À plusieurs reprises dans le mois, mon quota avait été atteint avant 10 heures du matin, ce qui me laissait le reste de la journée pour vaquer à mes occupations et il n’y a rien de tel que ce sentiment d’accomplissement aussi tôt.
À ce gain de temps s’est ajoutée une forme de libération de ma parole. J’ignore si cela est dû à une routine qui a fait ses preuves et avec laquelle je me sens plus à l’aise ou si le format téléphone y est pour quelque chose, mais toujours est-il que j’ai plus de facilité à écrire. Donc je produis plus et cet édito en est la preuve, il est beaucoup trop long. Enfin non, rectification, j’ai mis trop de jours pour l’écrire. À raison de 1500 mots minimum par jour, je me suis attaqué à la rédaction de ce texte trop tard par rapport à la date butoir du premier juin. La faute à un support qui fluidifie ma prise de parole et qui m’inspire bien plus que ce n’était le cas sur un ordinateur. Alors oui c’est une bonne chose, mais que l’on soit bien clair: à ce rythme-là, je vais à peine avoir le temps de terminer un édito que le moment sera venu de faire le suivant. Or, j’ai bien d’autres projets qui attendent leur tour et qui m’intéressent bien plus que de rendre compte ici même de mes états d’âme.
Je commence donc à sérieusement réfléchir à une augmentation de mon quota minimum journalier. Pour l’instant, la barre reste fixée à 1500 mots, mais je n’exclus pas de la monter progressivement selon les besoins. Je commence à en sentir les limites après plus d’une année d’expérimentation et dont voici les derniers chiffres.
Semaine 17 – du lundi 26/04 au dimanche 02/05: 10593 mots
Semaine 18 – du lundi 03/05 au dimanche 09/05: 10566 mots
Semaine 19 – du lundi 10/05 au dimanche 16/05: 10569 mots
Semaine 20 – du lundi 17/05 au dimanche 23/05: 10538 mots
Semaine 21 – du lundi 24/05 au dimanche 30/05: 10617 mots
Au cours de ces dernières semaines, j’ai donc franchi les paliers des 380, 390, 400 et 410 jours d’écriture sans la moindre interruption. Comme je l’ai fait pour les précédentes centaines, et puisqu’il est important de se féliciter pour rester motiver, j’ai fêté celle-ci avec une bonne pâtisserie.
Cette célébration a été inévitablement accompagnée de cet effet de vide malgré le ventre plein par un gâteau qui aura duré 2 jours (« Le délice des sens » fournisseur officiel de kilos en trop). J’avais déjà expérimenté cette étrange sensation et je savais qu’elle s’estomperait une fois les 410 jours atteints. Démarrer une nouvelle centaine donne toujours l’impression de repartir à zéro, mais ce cap est passé et je suis en bonne voie pour accomplir la prochaine. L’écriture nomade sur téléphone va m’aider à atteindre cet objectif, mais son utilisation annonce surtout mon support privilégié pour l’été. Pour une question de mobilité entre les sorties, les vacances, la disponibilité avec les proches, mais aussi tout simplement parce qu’un ordinateur ça chauffe. Beaucoup. Et lorsque l’on vit dans un appartement sous les toits, rajouter quelques degrés supplémentaires dans la pièce n’est vraiment pas utile. Vraiment pas. Que ce soit pour mon bien comme pour celui de cet outil de travail.
Reste à régler la question de la légitimité. Le suis-je moins qu’un auteur qui écrit sur un ordinateur ou sur une machine à écrire, voire même de manière manuscrite? Nous sommes à une époque où pas mal de nos préjugés sont remis en question grâce aux nouvelles technologies. C’est un accessoire qui s’est démocratisé dans notre quotidien et j’assume totalement de l’utiliser à des fins rédactionnelles. Surtout quand je vois des films entièrement tournés avec un smartphone comme le mien et par de grands cinéastes comme Steven Soderbergh, Michel Gondry ou encore Zack Snyder. Ce n’est que lorsque l’on apprend la méthode utilisée que l’on prend conscience du tour de force que cela a représenté. Au final, qu’il s’agisse donc de produire des images ou des mots, peu importe l’outil, l’important reste la personne qui en est à l’origine.
Littérature
Il y a peu de livres qui provoquent en moi ce sentiment d’attente propre à ce que je peux ressentir devant une bande-annonce. Contrairement au cinéma, ou les films d’une manière plus générale, il est difficile de me compter parmi les premiers lecteurs d’une histoire. J’adore lire, mais la fiction n’a jamais vraiment réussi à susciter mon envie de découvrir un ouvrage dans les plus brefs délais. Sur ce format, j’ai toujours privilégié les essais et plus précisément ceux sur le septième art. Puis il y a eu Ordo, et l’auteur derrière cette histoire a réussi à lui insuffler une dimension cinématographique suffisamment forte pour attiser ma curiosité. Pour autant, je n’ai pas fait partie des premiers acheteurs car n’ayant lu aucun des ouvrages précédents de l’auteur en question, je n’ai pas voulu prendre le risque malgré la pression d’en découvrir plus.
Ce récit d’un cambriolage dans le milieu de la magie avait beau être un concept à la fois simple et fort, je n’étais pas sûr d’adhérer au style de cet écrivain. Par contre, la couverture ayant bénéficié d’un travail de qualité, je savais que si je ne voulais pas forcément investir dans cet achat, je n’étais pas contre le fait d’investir du temps dans cette lecture. Et vu le nombre de bouquins qui s’empile en attendant que je daigne les ouvrir, c’était plutôt un bon signe de mon intérêt. Donc depuis l’annonce de la sortie d’Ordo, j’ai participé à un nombre assez conséquent de concours pour espérer en gagner un exemplaire. C’est loin d’être dans mes habitudes et je ne me faisais pas trop d’illusions étant donné ma connaissance des réseaux sociaux.Pour en avoir vu les coulisses, les concours sont en grande majorité truqués et ce genre de pratiques sont destinées en priorité à se faire de nouveaux abonnés.
Finalement, je n’ai jamais remporté le prix tant convoité tandis que je pouvais lire çà et là de bons retours de la part de ceux qui avait pu le parcourir. Jusqu’à ce que je puisse enfin mettre la main dessus dans ma résidence secondaire qu’est la bibliothèque de ma ville. En tant qu’auteur en devenir, il est courant de tomber sur des conseils mettant en avant le fait que la couverture est toujours le premier argument de vente et même si je ne suis jamais passé à la caisse, force est de constater que celle d’Ordo a été conçue dans ce but. Comme pour Presque minuit et Au crépuscule, que je n’ai pas lu, mais qui auront également attirer mon regard dans les rayonnages des librairies qui les ont mis en valeur, Anthony Combrexelle et 404 éditions ont fait du beau travail. Ce titre à la verticale se démarque d’emblée de la majorité de la production littéraire et pour ma part, même si le titre est lisible en tenant le livre normalement, cette inclinaison à 90 degrés était la promesse d’un format 16/9 comme dans les salles obscures.
Le book trailer créait pour l’occasion ne viendra pas me donner tort tant on ressent ici une ambiance digne d’un blockbuster estival.Comme quoi, même si le cinéma français n’arrive pas à produire de super productions capables de rivaliser avec les films américains, Ordo est la preuve que l’on s’en donne les moyens en littérature.Mais malgré les excellents retours que j’ai pu lire, je n’étais pas dans le cas d’attendre qu’un producteur bienveillant daigne adapter cet ouvrage à l’écran.Donc après avoir longuement admiré cette couverture toute en lignes sur un fond qui pourrait être le négatif d’une carte, je suis rentré dans le vif du sujet. Enfin des sujets, puisqu’il est question de tout un groupe de personnages.Et la personnalité de l’auteur transparaît dans chacun d’entre eux. En effet, pour le suivre sur Instagram, Anthony Combrexelle n’a jamais caché son amour pour les différentes formes d’art populaire comme les séries télé ou encore les comics qui sont chroniqués sur son compte.
Cela m’a d’ailleurs fait penser dans un premier temps à The Magic Order de Mark Millar.Dans cette bande-dessinée, on y suit une famille de magiciens devant faire face à la mort de l’un des leurs, mais finalement Anthony Combrexelle s’éloigne assez vite de ce postulat pour ne pas subir la comparaison. À ce propos, j’ignore comment je vais varier les plaisirs autour de cette chronique pour nommer l’auteur sans que cela ne soit redondant. Il est d’usage de citer à la fois le prénom suivi du nom de famille une fois que la personne a acquis un certain niveau de renommée, or ici ce n’est pas le cas même s’il le mériterait amplement. Toutefois, je n’ai pas envie de paraitre trop familier en l’appelant uniquement par son prénom même si Anthony se révèle être assez accessible à ses lecteurs via Instagram. Sans compter que l’auteur en question a de grandes chances de tomber sur cette publication.Surtout si je lui en fais part.
Ce n’est pas comme si j’avais déjà eu un retour de la part de Tom Cruise ou de Guillermo Del Toro pour avoir critiqué certains aspects de leurs oeuvres, donc cela pourrait s’avérer intéressant.Mais puisque la place de ce best-of du mois de mai est volontairement limitée, je vais arrêter de tourner autour du pot en donnant mon avis sur Ordo. En attendant une analyse plus détaillée qui s’étalera sur des paragraphes et des paragraphes comme j’aime à le faire avec une oeuvre que je juge intéressante, je me contenterais de dire que je n’ai pas été déçu par rapport à mes attentes de spectacle démesuré. J’ai repéré quelques longueurs dans la première partie qui fait pas mal d’expositions et de présentations de personnages ou de concepts, mais au final c’est un mal nécessaire pour que la suite puisse passer la seconde.Littéralement, puisqu’il est non seulement question de réponses à celles posées dans les premières pages, mais aussi d’une action à base de courses-poursuites et autres pièges sur la route des personnages pour les empêcher de parvenir à leurs fins.
Je n’en révélerai pas la teneur ici, je garde cela pour une analyse plus approfondie lors d’un article qui lui sera dédié, mais les retournements de situation se sont enchaînés jusqu’à la conclusion sous forme d’épilogue. Un rythme trépidant en partie dû à des chapitres plutôt courts, mais qui mêlent plusieurs points de vue. J’avoue avoir parfois été un peu perdu par le foisonnement de protagonistes, entre les enfants d’Ambrosius Donosius, ses petits enfants, la famille qu’ils ont fondée à leur tour et les dénominations qui leurs sont attribuées afin de les différencier. Mais j’ai pu compter sur un arbre généalogique pour m’y retrouver dans cette hiérarchie. Cette dernière fait également appel à tout un vocabulaire bien précis que l’on retrouve disséminé dans des annexes entre deux chapitres. Cette construction n’est pas forcément idéale puisque même si l’on comprend la plupart des éléments qui y sont exposés, que cela soit des liens de filiation ou des notions de magie, cela devient beaucoup plus clair une fois que l’on a une définition précise de ce dont il s’agit.
Il est alors légitime de se demander s’il ne serait pas judicieux de revenir quelques pages en arrière afin de s’assurer de la pleine compréhension de ce que l’on a lu précédemment. Pour autant, je comprends la décision de ne pas avoir voulu encombrer le lecteur avec des tonnes d’informations susceptibles de l’embrouiller avant même de pénétrer dans cet univers.Il est beaucoup plus agréable d’en découvrir les tenants et aboutissants au fur et à mesure de la lecture, même si j’aurais préféré avoir certaines annexes un peu plus tôt. Par contre, et contrairement à de nombreuses critiques que j’ai pu voir, j’ai apprécié le fait d’avoir en fin de parcours le casting idéal imaginé par l’auteur ainsi qu’une chanson attitrée en guise de thème musical. Certains auraient préféré avoir cette liste d’acteurs et d’actrices en ouverture pour partager la vision de l’auteur, mais contrairement à un long-métrage ou une série, la littérature est l’un des rares supports qui permet de se faire son propre film à partir de son imagination.
De toute façon, Anthony Combrexelle est suffisamment explicite dans les références qu’il emploie, et qu’il cite allègrement comme faisant partie des goûts de ses personnages principaux, pour qu’on puisse se faire une idée de son univers visuel. Même si je partage ces goûts que nous avons en commun, ses sources d’inspiration sont parfois trop présentes, mais restent cohérentes avec l’âge de ces jeunes sorciers. C’est d’ailleurs l’autre point qui m’a fait craindre de me retrouver devant une histoire Young adult, un genre que j’affectionne peu et que j’ai du mal à prendre en considération.Mais visiblement, après Presque minuit et Au crépuscule, les histoires chorales semblent avoir la préférence de l’auteur. Pourtant, malgré cette facilité à gérer plusieurs personnages, certains n’échappent pas aux clichés.
Sans trop en révéler, je pense notamment à l’un des membres qui est un véritable arnaqueur dans l’âme et qui, bien sûr, doit réunir une certaine somme d’argent avant que son créancier ne lui montre qu’il ne faut surtout pas lui être redevable. Mais ces stéréotypes prennent tous leurs sens dans les dernières pages lorsqu’une ultime révélation nous est faite.Elle permet de voir l’histoire sous un nouvel angle et de terminer sur une bonne note comme s’il s’agissait d’une scène post-générique. Pour autant, et contrairement aux productions Marvel dont c’est devenu la signature, celle-ci n’annonce aucune suite et c’est tant mieux. L’histoire se tient très bien en tant que one shot et se prête à la relecture pour y déceler des indices menant à cette résolution.Maintenant, il me tarde de découvrir les autres ouvrages d’Anthony Combrexelle dont le site révèle un listing assez impressionnant d’œuvres parues sous différentes formes et différents éditeurs.
Films
Il y a des mois propices à regarder certains films plus que d’autres. Même si la saga Star Wars n’a pas besoin d’une période en particulier pour se prêter à un revisionnage, il faut bien avouer que l’événement annuel may the fourth be with you est l’excuse idéale pour se livrer à une rétrospective. Je ne suis pas allé jusque là, préférant opter pour un raccourci en vitesse lumière pour arriver directement à la fin en ne visionnant que l’épisode 9. L’ascension de Skywalker est celui que j’ai le moins vue et j’ai donc préféré lui donner encore sa chance à l’occasion de ce Star Wars Day. Et comme lorsque je l’ai découvert au cinéma pour la première fois, j’ai toujours autant la sensation de voir deux films pour le prix d’un tellement l’histoire est dense. Comme si cette conclusion se faisait en deux temps en offrant d’abord une fin à cette nouvelle trilogie puis enfin à toute la saga. Au final, il y a beaucoup de bonnes idées et de concepts qui auraient mérité plus d’espace pour s’exprimer.
La faute à une absence de plan sur le long terme qui aurait permis à cette nouvelle trilogie d’avoir une véritable cohérence de bout en bout. Chose qu’a réussi à construire le MCU et j’ai l’impression qu’il ne se passe pas un mois sans que j’en revois au moins un film. Cette fois-ci, ce fut au tour de Spiderman Homecoming et Thor Ragnarok, deux films à la fois différents et semblables dans cette approche du divertissement. C’est d’ailleurs dommage que Edgar Wright ait quitté Marvel pour différends créatifs car lorsque j’ai revu Baby Driver, je me suis aperçu qu’il y avait cette même coolitude. Je ne pourrais pas en dire autant de Jurassic Park 3 que j’ai revu pour la beauté du geste à l’occasion de la rediffusion de la trilogie. Heureusement que les ptérodactyles sont à l’honneur pour sauver cet opus, il fallait au moins ça pour compenser l’absence de Jeff Goldblum.
D’ailleurs son personnage de Ian Malcolm, adepte de la théorie du chaos, aurait sûrement beaucoup apprécié un film comme Le nombre 23. Pur produit de son époque, ce long-métrage de Joël Schumacher conserve tout de même un certain cachet malgré les années. Il a tout pour maintenir en haleine le spectateur et j’ai pris un grand plaisir à me replonger à nouveau dans cette histoire de coïncidences en série. Et malgré Jim Carrey dans un rôle à contre-emploi, la magie opère tout de même en ne faisant pas appel à son doubleur officiel afin de ne pas susciter les rires involontaires. Un exercice difficile compte tenu de la carrière de l’acteur dans la comédie mais qui vaut toujours le coup encore aujourd’hui pour son aspect très Quatrième dimension qui plane au-dessus de ce récit prenant. Et j’avoue avoir un faible pour ceux d’entre eux qui mettent en scène un détective privé tout ce qu’il y a de plus caricatural.
Mais dans la catégorie « obsession des nombres », Jim Carrey ne fait clairement pas le poids face à Matt Damon dans Will Hunting. À force d’écouter des chansons d’Elliot Smith, j’ai eu envie de revoir à nouveau ce film de Gus Van Sant qui utilise plusieurs titres du chanteur pour la bande originale. Combiner aux images, cela donne de la poésie à cette histoire sur ce génie qui se fout de pouvoir changer la face du monde grâce à son savoir. J’adore toujours autant ce film et le revoir une fois de plus m’a rappelé la série This is us dans laquelle Kevin et sa petite amie n’ont jamais vu la fin et s’en sont imaginés différentes versions au cours des années jusqu’à ce qu’ils se confrontent à la réalité lors de leurs retrouvailles. Une belle façon de rendre hommage à cette pépite portée par de grands acteurs. C’est une oeuvre qui parle de l’intelligence avec du coeur et La forme de l’eau n’en manque pas non plus.
Dernier film en date de Guillermo Del Toro, cela pourrait limite être vu comme un spin-off de Hellboy mettant en scène Abes Sapiens. C’est surtout une histoire d’amour qui use des ficelles des contes pour rendre ce couple atypique possible. Il y a également beaucoup d’emprunts au cinéma de Caro et Jeunet à tel point que ce long-métrage aurait pu faire partie de leur filmographie. Mais la passion de Del Toro pour les monstres est tellement palpable que sa personnalité transparaît dans chaque plan. Comme pour l’échine du diable et le labyrinthe de Pan, le réalisateur a décidé de situer son intrigue durant une période bien précise, généralement cela se passe en temps de guerre, et j’ai vu deux autres films abordant cette thématique en premier plan. Le premier est Dunkerque qui reste dans mon top des films de guerre et je ne dis pas ça parce que je suis originaire du nord de la France.
Beaucoup moins expérimental dans sa narration et beaucoup plus fantaisiste, World War Z fait partie de ceux qui se bonifient à chaque fois que je le revois. Il renouvelle le genre du zombie avec de bonnes idées et un côté spectaculaire justifiant le titre de cette adaptation. Il n’y a pas tromperie sur la marchandise mais même avec Brad Pitt en tête d’affiche, il n’y a pas plus eu de suite que cela n’a relancé le genre… jusqu’à la sortie de Army of the dead de Zack Snyder qu’il me tarde de voir. En attendant, j’ai revu quelques films pour la première fois depuis leur découverte. Me concernant, une première impression peut vite s’avérer trompeuse selon mon état d’esprit du moment au point de détester un film sur le moment et de le trouver vraiment bon 1 an plus tard. Pour John Wick 3, je n’avais pas trop de doute tellement ce troisième opus est généreux en tout point et dans la lignée de deux premiers que j’avais déjà adoré.
Idem pour Doctor Sleep alors que je n’apprécie pas particulièrement Shining. Trop sur-côté, j’ai l’impression que cette suite va être sous-estimée et c’est bien dommage étant donné la créativité qui y est déployée. Outre la mythologie, la mise en scène des séquences oniriques est absolument bluffante. Je pourrais en dire autant de Seul sur mars à propos de cette ambiance feel good qui parcourt le film alors que le personnage évolue dans une situation désespérée. Cela m’avait surpris lors de mon premier visionnage au point d’avoir cru mal interprété le propos central. Je confirme donc tout le bien que j’en pense et avec du recul, et surtout les événements récents, j’ai trouvé que cela donné une assez bonne idée de ce qu’on dû vivre des millions de personnes à travers le monde durant les confinements. Ainsi, même si c’est un cosmonaute / botaniste de génie, il n’est pas très difficile de se prendre d’empathie pour Matt Damon qui est décidément l’acteur à appeler lorsqu’il s’agit de mettre un personnage seul sur une planète comme ce fut le cas dans Interstellar.
Mais le comédien y est aussi allé de son petit cameo dans Thor Ragnarok, dont je parlais un peu plus haut, et l’on retrouve notamment toute une flopée de têtes connues dans le MCU qui apparaissent ici aussi. Ce casting au service de Ridley Scott fait des merveilles et l’on retrouve des thématiques déjà abordées par le cinéaste dans Prometheus. J’aurais aimé en dire autant de la nouvelle version de Tomb Raider pour la revoir à la hausse mais hélas, ce n’est pas le cas. Ni bon, ni mauvais, cette adaptation du reboot du jeu vidéo ne propose rien qui ne soit vraiment attrayant. Pire encore, le mystère qui fait courir l’héroïne se trouve relativisé là où la magie aurait dû rentrer en scène. À choisir, je préfère encore la version avec Angelina Jolie qui avait au moins le mérite d’assumer son aspect nanardesque. On va rester dans ce sous-genre si particulier pour parler des inédits du mois en commençant par Shoot’em up.
J’ignore si c’est parce que le réalisateur est allé trop loin dans son délire, de peur de ne pas pouvoir faire d’autres films et donc de ne rien regretter, ou si justement c’est parce qu’il est allé à fond dans son délire ce qui a fait qu’il n’a rien pu faire d’autre par la suite. Le mystère reste entier mais Shoot’em up reste une boite noire fascinante de ce crash cinématographique. Dans les bonus, le cinéaste révélait un story-board animé pour convaincre les producteurs de la viabilité de son projet et en un certain sens, la version finale est un dessin animé en live. Il n’y a qu’à voir le personnage de Clive Owen pour s’en convaincre, mangeant des carottes comme le ferait Bugs Bunny. C’est un cartoon ambulant qui se moque de savoir si la capacité d’un chargeur a été atteinte pour continuer à tirer. Et malgré le nombre d’ennemis, équivalent au nombre de morts, il y en aura pour tout le monde niveau munitions.
En faisant référence à un genre vidéo ludique en guise de titre, celui-ci n’est donc pas du tout mensonger. Par moment, cela m’a même rappelé Wanted de Timur Bekmanbetov dans cette façon d’agencer les scènes d’action d’une manière complètement improbable et grotesque. Une curiosité qui doit sûrement devenir très divertissante devant une pizza et en buvant une gorgée d’alcool à chaque nouveau mort: fou rire garanti dès les premières minutes. Et ça sera le seul qui aura provoqué cette euphorie puisque le reste de la sélection est loin d’être aussi hilarant. Et je mets quiconque au défi de trouver quelque chose de fun devant Nocturnal Animals. Pourtant ce film était vraiment prenant, autant que dérangeant. Deuxième film de Tom Ford, il y a là une mise en abime pareille à ce que l’on peut voir dans le nombre 23 pour un résultat émotionnellement très intense. De Jake Gyllenhall à Michael Shannon en passant par Aaron Taylor Johnson, ils livrent tous des prestations tellement justes que j’en ai eu du mal à trouver le sommeil une fois le visionnage achevé. Et moi aussi par la même occasion.
Un autre film a eu le même effet sur moi et cela est plus compréhensible puisqu’il s’agit d’une histoire tirée de faits réels: Zero Dark Thirty. Centré sur la traque de Ben Laden, on peut y voir la bureaucratie américaine se mêler à des missions sur le terrain pour un résultat qui mérite les prix qu’il a reçus. Parmi le casting prestigieux, j’ai été surpris d’y voir Chris Pratt, content de voir le français Reda Kateb, même si la scène de torture qu’il subit est difficile à regarder, et face à lui le trop rare Jason Clarke. Bien qu’un peu long et à la gloire des États-Unis, qui aiment transformer ses échecs en victoire par l’intermédiaire de leur industrie cinématographique, j’ai beaucoup apprécié la tension qui se dégageait du dernier acte ainsi que la mise en scène autour des hélicoptères de combat. Autre époque, autre moyen, Au coeur de l’océan use de bateaux pour chasser la baleine avec Chris Hemsworth dans cette relecture de Moby Dick.
Ron Howard y offre de beaux plans grâce à la mer bleu azur et un souffle épique sur les eaux que je n’avais pas revu depuis Pirates des Caraïbes. Le rapport d’échelle est également exploité entre les animaux marins et la taille des embarcations qui les poursuivent à leurs dépends. Cette comparaison s’illustre le plus souvent lors de cadrages en plongées donnant sur un bateau et une baleine, visible en transparence, qui passe sous celui-ci. Effets spectaculaires garantis. Outre cette débauche de CGI pour parvenir à ce résultat, on retrouve une distribution qui a l’habitude d’évoluer devant des fonds verts, plus que dans les fonds marins, comme Tom Holland ou Cillian Murphy pour les plus connus. Mais ce n’est pas pour autant qu’on se souviendra d’eux pour ce film qui est loin d’être mémorable. Divertissant sur le moment, et on va dire que c’est déjà pas mal. De la baleine à l’éléphant, je ne croyais pas en dire autant de la version live de Dumbo par Tim Burton, mais finalement j’ai été bien surpris.
L’heure de gloire du cinéaste est passée depuis longtemps, mais je continue tout de même à m’intéresser à sa filmographie lorsque j’en ai l’opportunité. Cela reste quand même un nom important qui m’a offert quelques-uns de mes plus grands moments de cinéphiles mais le tournant qu’a pris sa carrière depuis quelques années était loin de retenir mon attention. Pour moi son dernier film notable reste Sweeney Todd et lorsque l’on voit à quel point sa filmographie est au point mort depuis sa dernière collaboration avec Johnny Depp, qui lui aussi n’est plus en odeur de sainteté auprès des studios, je me dis que les deux amis feraient bien de se retrouver à nouveau pour susciter l’intérêt du public. Mais tout caméléon qu’il soit avec ses rôles, Depp ne joue pas plus Dumbo que l’un des personnages du cirque dans lequel il évolue. Pourtant on retrouve quelques-uns des acteurs fétiches de Burton comme Eva Green, Michael Keaton ou encore Dany DeVito.
Tout ce petit monde forme une sorte de cirque tel que l’on a pu le voir dans Big Fish à tel point que je ne serais pas étonné que les deux soient liés. Mais on atteint pas forcément le même niveau d’excentricité auquel nous avait habitué le réalisateur, la faute à bien trop d’effets spéciaux. Ces derniers sont nécessaires pour animer le célèbre éléphant mais cela s’étend aussi à une grande majorité des décors ce qui n’est pas très agréable à l’oeil. Dans certains plans, on en arrive à un point où l’on se demande s’il n’aurait pas été plus sensé de faire directement un film d’animation. Puisque c’en est déjà un à la base, il est légitime de se demander l’utilité d’une telle démarche. Plus encore de la part de Tim Burton qui s’était déjà prêté à l’exercice avec Alice au pays des merveilles. Pourtant, malgré ce que je craignais, le récit est tout à fait adapté aux thématiques qu’il a l’habitude de traiter avec en tête le rejet des freaks par la population.
Le sujet était donc en accord avec son auteur pour donner quelque chose de cohérent et même si c’est produit par Disney, ce dernier en prend pour son grade. En effet, au cours de l’aventure, Dumbo est amené à montrer ses talents dans une sorte de grand parc du nom de Dreamland qui ressemble beaucoup à ce que le studio de Mickey propose à travers le monde. Sachant qu’au sein du récit ce parc est la personnification du mal, j’ai trouvé l’idée plutôt osée alors qu’elle aurait pu être censurée. Difficile de ne pas y voir une sorte de rancoeur de la part de Tim Burton qui a fait ses débuts en tant que dessinateur chez Disney et qui boucle la boucle ici d’une certaine façon. Grâce à ce niveau de lecture, le film prend une toute autre ampleur et trouve sa place dans la filmographie du réalisateur. Ce passif en commun avec le studio lui permet de ne pas livrer une vulgaire commande mais bien une oeuvre avec un véritable fond, même si on est encore loin de ses plus grands succès.
Mais bon, à choisir, j’aurais préféré qu’il s’associe à Guillermo Del Toro pour prendre la tête du film suivant: Scary Stories. Il y a des associations qui restent de l’ordre du fantasme mais un jour peut-être, ces deux figures de l’épouvante en viendront à collaborer. En attendant, le mexicain cherche dans les nouveaux talents pour donner vie aux histoires qu’il n’a pas le temps de réaliser. Son choix s’est donc tourné vers André Ovredal pour mettre en scène cette adaptation de romans pour enfants appeler Scary Stories to tell in the dark. L’intrigue elle-même a pour centre un livre qui voit s’écrire le destin d’une personne jusqu’à ce que mort s’ensuive. Cette dernière prend la forme de différents monstres pour les enfants qui en font les frais pour s’être introduits dans une maison hantée. En cela, on ne sort pas du schéma initié par R.L Stine avec Chair de poule, ainsi qu’un soupçon de Stranger Things, et même l’adaptation avec Jack Black utilisait ce même ressort narratif littéraire pour introduire tout son bestiaire.
Néanmoins, celui-ci se démarque grâce au regard si particulier de Guillermo Del Toro. Ici au poste de producteur, il a pourtant été affilié à la réalisation avant de laisser sa place et cela se ressent dans certains designs de créatures. Au nombre de quatre, la plupart sont matérialisées à grand renfort de VFX mais une se détache du lot pour son mélange de maquillage et de numérique. Il s’agit d’une espèce de grosse dame trainant sa carcasse dans un couloir d’hôpital et celle-ci porte indéniablement la signature de Del Toro. Il y a ce côté malsain dans ce débordement de bourrelés et son visage évoquant l’horreur à la japonaise. C’est une sorte de sumo féminin qui avance inexorablement en de multiples exemplaires pour ne laisser aucune échappatoire à sa victime. Au-delà de ces quelques visions cauchemardesques, le film n’a qu’un intérêt limité et le nom de Guillermo Del Toro y est pour beaucoup dans l’aura de cette oeuvre au point d’éclipser le véritable réalisateur.
Sans ce producteur de prestige, je ne suis pas sûr que le film aurait eu plus d’exposition mais même avec cela, il ne semble pas forcément avoir trouvé son public. La même formule a été appliquée pour l’animé Batman: soul of the dragon puisque malgré la présence de l’homme chauve-souris, son implication reste très limitée. Pourtant l’idée de situer l’intrigue dans les années 70 avait quelque chose de prometteur, ou en tout cas de différent de ce à quoi le pôle animation de Dc nous a habitués, malheureusement la présence du chevalier noir dans ce contexte est un peu mensongère. Plus qu’un cameo, moins qu’un featuring, Batman est relégué au second plan et là pour assurer une visibilité à cette histoire. Peu connus du grand public, les véritables héros sont Richard Dragon, Ben Turner et Lady Shiva qui évoluent dans une ambiance à la croisée entre James Bond et Bruce Lee. La déception est d’autant plus grande qu’il y avait de quoi faire avec le parcours initiatique de Bruce en se calquant sur ces célèbres icônes.
J’ai toujours été très indulgent lorsque mon super-héros favori était à l’affiche, peu importe le support, mais là la démarche est trop mercantile pour que j’adhère à cette mise en avant. À l’opposé de cette désillusion se trouve mon coup de coeur du mois de mai et il se trouve que ce cinéaste a eu lui aussi mis en scène des héros de l’univers DC, ou plutôt des badguys. Connu pour avoir réalisé Suicide Squad, David Ayer avait précédemment réalisé Fury que j’ai trouvé vraiment excellent. À tel point que j’ai eu du mal à imaginer que cette même personne ait pu concevoir deux films aussi différents et à la fois si semblables. Même si celui-ci se déroule durant la Seconde Guerre mondiale, impossible de ne pas y reconnaître une sorte de version antérieure à la Suicide squad qu’il a adapté. Sauf que celle-ci, mené par un Brad Pitt tout droit sorti de Inglorious Basterds, en mérite beaucoup plus le titre compte tenu de la tournure que vont prendre les événements.
Tout ceci m’a rappelé Le chant du loup mais cette fois-ci dans un tank dénommé Fury. Cette entité mécanique symbolise le groupe qui grouille dans son ventre au point que chacun des membres représente un organe indispensable à son bon fonctionnement. Parmi eux, on retrouve Jon Berthal qui donne l’impression de jouer toujours le même type de personnages sauf qu’ici, une scène vient faire la différence en laissant entrevoir un peu d’humanité chez lui. Par contre, Shia LaBeouf change de registre en étant moins tête à claques que d’habitude et plus en retrait par rapport aux autres sans pour autant s’effacer. Les larmes aux yeux en permanence, j’ai l’impression de ne pas l’avoir vu cligner des paupières une seule fois durant le métrage. C’est un véritable rôle de composition et sa performance incroyable est digne de celle des autres membres de ce commando.
L’esprit d’équipe est vraiment bien rendu et l’on ressent une véritable cohésion entre ces frères d’armes. Ils évoluent dans des décors admirablement cadrés. La composition des plans, dont nombre d’entre eux sont fixes, ne sont jamais surchargés. De toute façon, la plupart des décors sont en ruines donc il n’y a pas grand-chose à filmer en arrière-plan. Par contre, les scènes d’action m’ont rappelé Star Wars sans que je ne puisse dire pourquoi… Jusqu’à ce que je me souvienne que la Seconde Guerre mondiale avait été une source d’inspiration pour George Lucas et notamment dans les échanges de tirs. La couleur et la longueur de ces derniers rappellent les salves de lasers entre l’empire et les rebelles. Il ne manque plus que les bruitages et on se croirait dans un vulgaire montage de ce que l’on peut voir sur le Net où des épées sont remplacées par des sabres laser, car tout est plus cool avec un sabre laser.
Fury est donc non seulement mon coup de coeur du mois de mai mais il vient aussi rejoindre la quatrième place dans mes films de guerre préférés. Devant lui et sur le podium, on retrouve Il faut sauver le soldat Ryan de Steven Spielberg, qui reste un monument du genre, Dunkerque, pour son minimalisme et ses expérimentations narratives, et enfin en tête: 1917. Sam Mendès a non seulement réussi une prouesse technique avec ce film, mais c’est surtout une claque émotionnelle. J’ai bien sûr aussi en tête Inglorious Basterds mais son côté anachronique fait que je le mets hors catégorie. En tout cas, voir David Ayer talonner de prêt des cinéastes de renom comme Nolan dans mon top me prouve que c’est un artiste à suivre, même si son Suicide Squad n’a pas été apprécié (tout en sachant qu’il ne s’agit pas de son director’s cut). Bright, son film suivant à cette débâcle, n’ayant lui non plus pas été bien reçu, j’espère qu’il va vite retrouver de sa superbe et qu’il ne s’agissait pas de l’apogée de sa carrière.
Cinéma
L’hésitation fut longue quant à savoir où placer cette œuvre. A priori, il n’y avait pas 36 possibilités compte tenu de sa nature. Le plus simple aurait été de la mettre dans la catégorie « films », mais j’ai finalement opté pour la création d’une rubrique à part afin de célébrer comme il se doit la réouverture des salles obscures. J’aurais aimé que cela se fasse avec un blockbuster tel que je les affectionne, mais la programmation en a décidé autrement. En effet, généralement lorsque je prends la peine de faire le déplacement c’est pour des films à grand spectacle afin de véritablement profiter de l’expérience que procure un écran géant et un son émanant de toutes parts. C’est typiquement le genre de débauche visuelle que propose Marvel studios et qui ne me fait pas regretter le fait de payer plein tarif pour une séance. Donc à défaut d’avoir fait un retour fracassant au cinéma avec Black Widow comme cela était prévu de longue date, avant d’être repoussé encore et encore, le studio a tout de même tenu à rassurer le public avec un montage émouvant de ses anciennes productions avant de révéler quelques nouveautés en toute fin.
Pour avoir assisté à une projection de Endgame, je ne peux que confirmer l’effervescence dans la salle et cela reste l’un de mes meilleurs souvenirs de cinéma. Même si pour ceux qui se sont autoproclamés cinéphiles, cela n’a rien à voir avec le septième art. Moi-même qui suis un passionné de longue date, je ne peux nier que ce ne sont pas des films d’auteur mais ce n’est pas ce que je viens chercher en priorité, même si c’est une notion tout à fait discutable. Oui, c’est du divertissement mais cela ne m’empêche pas d’avoir ressenti des frissons comme ceux que l’on peut avoir lors d’un concert avec une foule en délire. Les spectateurs étaient sortis de leur rôle pour prendre part à l’action et exprimer leur joie. C’est pour ce genre de moment que j’adore aller au cinéma. Voir les réactions face à une révélation, entendre les rires se mêler à la bande-son,… Tout ceci participe à rendre le film unique en fonction des personnes présentes dans la salle et de leur état d’esprit du moment.
Certaines viennent par habitude ou par passion, d’autres pour échapper à leur quotidien et même si je me retrouve dans toutes ces raisons, pour cette réouverture je me suis retrouvé dans la position du spectateur en soutien. Un acte de présence pour une industrie qui n’a accueilli personne pendant trop longtemps pour ne pas marquer le coup une fois que cela fut de nouveau possible. Pourtant rien ne m’avait véritablement attiré parmi les productions à l’affiche et ayant relevé le pari de faire partie du line up de départ. Une décision qui méritait d’être encouragée et supportée tout comme je le fais pour la sortie d’un film de science-fiction français. C’est un genre bien trop rare parmi les productions hexagonales pour être boudé lorsqu’il y a un à l’affiche et l’on peut dire que cette synchronicité avec la réouverture était parfaite pour soutenir autant les exploitants de salle que d’encourager une tentative de cinéma peu présente en France.
Voilà comment je me suis retrouvé devant Le dernier voyage, espérant assister à un bon film dans un premier temps, puis me demandant si l’effervescence autour de la réouverture des cinémas n’allait pas fausser mon jugement quant à l’appréciation de cette bobine de SF. Idem quant à l’équipe derrière ce projet qui pouvait être une source d’indulgence avec le fameux syndrome en deux temps du « c’était pas mal! Pour un film français. » Pour un pays qui a inventé le cinéma, c’est loin d’être un compliment. Et même si la bande-annonce était prometteuse, sans pour autant réussir à se démarquer des séries B américaines, il y avait toujours cette typographie à la Flash Gordon pour marquer le titre qui me déranger. C’était pour moi le signe soit d’un spectacle bon enfant, soit d’une comédie déguisée, et comme généralement en France on ne se prive pas pour mettre en avant des humoristes en guise d’acteurs et qu’il n’y en avait pas l’ombre d’un seul au casting, j’ai opté pour la première solution.
Mis à part Philipe Katrine et son look qui prête à sourire, on peut dire que j’ai vu plutôt juste sans pour autant que ce film ne soit totalement adressé à cette jeune tranche d’âge. Cela reflète plutôt l’un des personnages de cette histoire qui va croiser la route d’un astronaute en fuite dans le désert. Incarné par l’acteur vu dans la série Je te promets, remake de This is us, Hugo Becker tient là le rôle principal de Paul W.R. Avec son physique à la croisée des chemins entre Pio Marmai et Nicolas Duvauchelle, il impose une présence plutôt charismatique à l’écran tout comme son frère de fiction qu’est Paul Hamy, carrément magnétique à l’écran. Ce dernier aura à coeur de poursuivre le premier pour le ramener dans le droit chemin, à savoir embarquer dans la prochaine navette pour détruire une lune qui va rentrer en collision avec la terre dans les prochains jours. Un postulat de base plutôt intéressant même si d’autres films comme Melancholia de Lars Von Trier, qui mettait lui aussi en scène une fraternité, l’ont déjà utilisé.
Rien de neuf donc, que ce soit dans l’intention que dans le paysage de la science-fiction à la française puisque le cinquième élément usait déjà de cette ficelle narrative en guise de menace. Cela pourrait même en être une suite spirituelle et l’on retrouve d’ailleurs beaucoup de Luc Besson dans ce premier film de Romain Quirot. Évidemment, le titre évoque Le dernier combat mais aussi son univers post-apocalyptique où se trouve également Jean Reno. Et tout comme il s’agissait d’un court-métrage pour Besson, intitulé L’avant-dernier, qui est devenu son premier film à part entière, Romain Quirot en a fait de même en réduisant le titre du dernier voyage de Paul W.R. mais en augmentant sa durée pour atteindre l’heure et demie. Il s’agit ici d’un format standard pour une comédie française, or l’histoire aurait mérité plus d’espace pour se développer.
Cela se ressent notamment dans le montage où les scènes s’enchaînent parfois d’une manière assez abrupte. Ces ellipses apparentes donnent un rythme bizarre à un ensemble déjà très atmosphérique. Il y plane une ambiance de fin du monde sans pour autant que ce dernier ne s’arrête de tourner. En effet, tous les personnages que le héros rencontre ne cessent pas pour autant leurs activités professionnelles à l’approche d’une fin imminente, et heureusement pour lui sinon il ne pourrait pas lui-même évoluer au sein du récit. Tout ceci est donc un peu absurde mais pas plus que le manque d’explications vis-à-vis de choses qui sont aux premiers plans. Par exemple: d’où sortent les pouvoirs des deux frères? Cela se limite-t-il à leur famille ou le reste de la population a-t-elle aussi des pouvoirs différents? Est-ce un phénomène en rapport avec cette lune? Le spectateur en vient à se faire ses propres explications faute d’une piste à explorer ou d’un indice pouvant le mettre sur une piste.
Moi qui ne supporte pas lorsqu’un film est surexpliqué plus que de raison, on peut dire que j’ai été servi dans le sens où je suis ressortie de la séance avec plus de questions que de réponses. C’est cette absence d’éléments qui fait que l’on parle d’encore un film une fois que les lumières sont rallumées. Je ne vais donc pas me plaindre d’avoir eu à réfléchir pour combler les blancs dans la narration à partir de ce qui m’était donné. Contrairement à une production où tout nous est mâché, ici on cherche à comprendre sans pour autant que cela n’entrave le déroulement du récit. Quand bien même, si cette fraternité dispose de pouvoirs, c’est surtout pour permettre à ces deux personnages de fuir pour l’un et de chasser pour l’autre. Même s’il n’est pas la tête d’affiche, mention spéciale tout de même à Paul Hamy et son sourire diabolique, rappelant Gaspard Ulliel, lorsqu’il use de son espèce de persuasion pour parvenir à retrouver la trace de son frère et le convaincre de faire son devoir.
Ces capacités surhumaines rappellent la Force et ça ne sera pas la seule chose puisque l’imagerie des gardes noirs et les drones de surveillance rappelleront fortement Star Wars. Plus globalement, c’est une esthétique rétro que l’on retrouve dans les design et que la fameuse typographie du film annonçait déjà. Une sorte de vieux futur pareil à Metal Hurlant tout comme l’histoire qui adopte un univers similaire au point de pouvoir faire partie de cette licence anthologique. Et avec le vivier d’histoires que représente ce défunt magazine de bande dessinée, c’est à se demander pourquoi aucun producteur français ne s’est penché dessus pour montrer de quoi nous sommes capables sur le terrain de la SF. En tant qu’héritier, Le dernier voyage reste tout à fait honorable pour un premier film et pas une seule fois il ne fait de concessions pour se laisser aller à la comédie. Olivier Quirot reste dans son sujet jusqu’au bout, conscient d’avoir entre les mains une proposition atypique pour les spectateurs.
Mais ces derniers y auraient été sans doute plus réceptifs si l’affiche ou la bande-annonce avait pris la peine de mentionner le fait que cette production avait reçu le prix Méliès du meilleur film. C’est ce genre de récompense qui forge une réputation avant même qu’une oeuvre ne sorte et cela aurait pu participer à l’engouement autour du Dernier voyage. Une aura de prestige dont a choisi de se défaire le distributeur sûrement dans un souci de ne pas tromper le public sur la marchandise. En effet, ces prix ont beau être valorisants, ils sont tout de même connotés dans l’inconscient collectif comme étant attribués à des films chiants destinés à une élite. C’est en partie vrai pour le côté auteurisant que suscite la poésie de certaines séquences oniriques mais au-delà de ça, on reste dans du divertissement tel que l’on a pu en voir au cours des 20 ou 30 dernières années.
Il n’y a rien que l’on n’est pas déjà vu ailleurs, et en mieux. En cela, il est donc difficile de ne pas tomber dans le fameux cliché du « c’est bien pour un film français », comme si l’on encourageait un élève en retard sur les autres. Je rajouterai même que c’est très bien pour un film français, mais c’est juste moyen pour un film de SF parmi tant d’autres. Ça ne révolutionne pas le genre et de toute façon ça n’en a pas la prétention. Difficile donc d’être impartial et de faire la part des choses entre l’engouement ressenti à l’idée de revoir un film en salle et le fait d’avoir assisté à une bonne histoire. La vérité se trouve sans doute à la croisée mais le plus simple reste de le comparer à une oeuvre similaire dans le paysage cinématographique qui est le nôtre. Si l’on devait le ranger, je trouve qu’il aurait tout à fait sa place à côté de l’OFNI déjanté qu’est Atomik circus: le retour de James Bataille.
Trailers
J’ai toujours vu les bandes-annonces comme de petits bijoux de narration.Du temps où le magazine Ciné Live existait encore, je regardais en boucle le CD fourni en supplément afin de voir les prochaines sorties. En les visionnant des dizaines et des dizaines de fois comme on peut le faire en laissant tourner une musique entêtante en boucle, j’en ai non seulement capter le rythme, mais j’ai aussi inconsciemment comblé les blancs dans la narration. Ainsi, j’étais devenu capable de relier les scènes les unes aux autres avant même d’avoir vu le film et une fois devant, je ne pouvais m’empêcher de me faire la réflexion que si tel plan du trailer n’était pas encore apparu dans le montage cinéma alors j’en faisais une déduction logique sur la suite des événements de l’histoire en cours.
Cette passion pour les trailers ne s’est pas calmée avec le temps, au contraire, et il est donc tout à fait normal de leur allouer une catégorie à part. C’est l’occasion pour moi de partager mes impressions et mes attentes à quelques mois de la sortie de ces productions.
Strangers Things saisons 4: après une troisième saison décevante, cette nouvelle fournée d’épisodes semble renouer avec le passé d’Eleven et c’est tant mieux. Moi qui avais été frustré par la tournure prise par la série qui avait décidé de passer sous silence les autres enfants dotés de pouvoirs et introduits dans la saison 2, cela semble de nouveau d’actualité. En espérant que ces cobayes soient vraiment abordés dans l’intrigue.
Les éternels: Si ça ne tenait qu’à moi (et en fait c’est le cas!), il n’y aurait que du Loki tellement j’attends cette série avec impatience.Les nouveaux trailers sont vraiment bons, mais je ne vais pas risquer l’overdose avant même la diffusion en privilégiant une autre production Marvel. Les éternels se présente comme une alternative aux Avengers en termes de regroupement de héros puisque même les Gardiens de la galaxie vont arriver à la fin de leurs aventures avec le volume 3.Pour un premier aperçu, c’est plutôt beau et les décors naturels y sont pour quelque chose. Marvel oblige, on échappe pas à la petite blague de fin de bande-annonce qui nous rappelle que l’acteur Richard Madden à lui aussi incarnait un Stark dans Game of thrones.
The green Knight: au croisement entre la fantasy telle que l’affectionne Guillermo Del Toro et une esthétique rappelant le cinéma de Tarsem Singh, le film de David Lowery a tout pour me plaire. À travers les images dévoilées, on devine un voyage aussi bien spirituel que spectaculaire. Sans pour autant adopter le ton d’un blockbuster lambda.
Last night in Soho: d’Edgar Wright, je n’ai vu que Shaun of the dead, Scott Pilgrim et Baby Driver. Ce qui fait quand même plus de la moitié de sa filmographie pour un réalisateur qui est devenu en quelques films seulement une valeur sûre. Son prochain effort ne viendra pas démentir cette réputation puisque Last night in Soho m’intrigue au plus haut point par son aspect horrifique. Le cinéaste étant plutôt habitué au registre de la comédie d’action, je me demande si il va réussir à garder son sérieux jusqu’au bout ou si cette bande-annonce ne reflète pas l’esprit général du film. Quand bien même, la coolitude qui se dégage de ses productions fera tout à fait l’affaire.
The tomorrow war: faute de pouvoir le sortir au cinéma à cause de la fermeture des salles, ce film qui met en vedette Chris Pratt a été racheté par Amazon (tout comme le studio MGM, mais ça, c’est une autre histoire). Aucune chance donc de voir Starlord se friter avec des aliens sur grand écran dans un futur au bord de l’effondrement, mais je garde quand même espoir pour une future sortie en vidéo. En effet, Bloodshot avait eu le même parcours tout en ayant au final le droit à un support physique en plus de la vidéo à la demande.
Old: comme tout film de Shyamalan qui se respecte, donc sauf Avatar le dernier maitre de l’air, il n’y a quasiment aucune chance d’en savoir plus à l’issue d’un premier trailer. Il a pour lui la culture du secret et jusque là, ça lui a plutôt bien réussi si l’on regarde sa carrière. Nous sommes donc face à une plage mystérieuse qui accélère le vieillissement de ceux qui s’y trouve et l’on reconnaît la marque du cinéaste pour les high concept.Pourtant il ne s’agit pas là d’une idée originale sortie tout droit de son imagination, puisque c’est en réalité l’adaptation d’une bande dessinée française intitulée Château de sable. Pas forcément une bonne nouvelle puisque la dernière fois que Shyamalan a adapté quelque chose dont il n’était pas à l’origine ça ne s’était pas très bien passé. J’espère donc qu’il se sera suffisamment approprié le matériau de base pour le faire coller à sa sensibilité artistique.
Séries
J’ai toujours beaucoup appréhendé chaque nouvelle saison d’American Horror Story. Non pas parce que j’avais peur du contenu horrifique, mais parce que j’attendais la déception. J’étais persuadé que les créateurs ne pouvaient pas faire mieux et bien sûr, ils m’ont prouvé le contraire à chaque fois.Même lorsque la thématique abordée n’était pas forcément à mon goût, ils ont réussi à me surprendre tout en gardant cette fraicheur. Pour preuve, cette 6ème saison qui changeait de point de vue à mi-chemin grâce au concept de la télé-réalité. Ce passage de l’autre côté du miroir permettait de confronter des acteurs aux personnages qu’ils avaient incarnés durant ce qui s’était avéré être une reconstitution d’un événement tragique: Roanoke. Cette mise en abîme a permis non seulement de renouveler une série qui n’en avait pas forcément besoin grâce au concept d’anthologie, mais aussi de voir les saisons précédentes par le prisme de la fiction.
Je me suis donc abstenu de faire des pronostics sur cette 7ème saison d’American Horror Story et je me suis laissé porter. Non sans y voir un certain opportunisme en s’inspirant de l’élection de Donald Trump au pouvoir pour se livrer à une critique acerbe de son mandat. Non seulement je trouvais que c’était faire preuve de facilité que de taper sur une personnalité que la planète entière a aimé détester, mais cela était contradictoire avec ce que la série avait instauré depuis ses débuts. En effet, la plupart des intrigues de AHS trouvent leur source dans un lointain passé, une légende urbaine ou autre malédiction, qui ressurgit dans notre présent.Je ne voyais pas comment les scénaristes allaient pouvoir exploiter cette l’actualité du moment avec aussi peu de recul sur ces événements. Pour preuve, jusqu’aux derniers jours de son mandat, Trump aura fait parler de lui avec rien de moins que l’invasion du capitole par ses partisans pour protester contre les votes.
C’est une chose que même les scénaristes n’avaient pas osé imaginer à l’époque et moi-même, je me suis surpris à ne pas avoir totalement cerné ce que sa prise de pouvoir pouvait laisser présager.Je savais que compte tenu du pedigree et de la personnalité déviante du milliardaire, il s’agissait là d’une très mauvaise chose. Mais n’étant pas de nationalité américaine, j’ai vécu son accession à la maison blanche d’un point de vue extérieur. Je n’étais pas dans ce climat de peur comme pouvaient l’être des millions d’Américains dont certains ont même envisagé de quitter le pays. Une décision que je trouvais un peu extrême sur le moment, mais c’était sans compter sur la réputation du bonhomme loin d’être un exemple de tolérance et de paix.Et pour le coup, ce climat de peur est extrêmement bien rendu à travers un couple de lesbiennes qui doivent faire face à cette figure du mal fraîchement élue. En tant qu’homme blanc et hétéro, on oublie trop souvent la place privilégiée qu’est la nôtre dans cette société et ceci est un bon rappel de ce que peuvent vivre les personnes victimes d’exclusion.
Pourtant, ce n’est pas faute d’être empathique de nature, mais j’y ai trouvé là un exemple concret de cette terreur perpétuelle qui s’est infiltrée dans le quotidien et c’est autour de cela que cette nouvelle saison tourne.Donc encore une fois, ces craintes n’étaient pas fondées quant au choix du sujet qui me paraissait antinomique à la série. Intitulée Cult, ce sont donc les sectes qui sont mises en avant et l’ont assiste à la création de l’une d’entre elles par Peter Evans qui est absolument incroyable, tout comme le reste du casting. Tous autant qu’ils sont, ils parviennent à trouver le ton juste pour incarner de nouveaux personnages et offrir des performances vraiment puissantes. Par contre avec ce genre de sujet polémique, il faut s’assurer d’avoir à son bord des acteurs ayant les mêmes opinions politiques que les créateurs sinon cela peut vite s’avérer problématique. Ou alors ne pas être susceptible et rester professionnel si l’on n’est pas du même bord.
En cela, la saison, et la série par extension, est une véritable invitation au respect de son prochain en dépeignant les comportements les plus abjects comme des exemples à ne pas suivre. Au gré des 11 épisodes, les intrigues s’entremêlent même si j’émettrais quelques réserves sur le choix de recycler la thématique des clowns.Jusqu’à maintenant, AHS avait réussi à faire allusion aux autres anthologies de manière subtile par l’intermédiaire d’un personnage, mais là j’ai trouvé que c’était amené d’une manière un peu bancale avec Twisty le clown. Néanmoins, il y a une ambiance à la Orange mécanique qui se dégage de ces apparitions ainsi qu’une atmosphère proche de ce que l’on peut voir dans American Nightmare. Et lorsqu’il s’agit de critiquer les États-Unis par le prisme de l’horreur, Stephen King n’est jamais très loin et l’on ressent son influence, plus précisément de son roman Dead zone.
Je suis donc ressorti une fois de plus conquis par mon visionnage qui se sera étalé sur deux jours tellement c’était prenant. Pour rester sur le territoire américain, j’ai aussi eu l’occasion de me replonger dans la saison 2 de American Gods. J’avais beaucoup apprécié la première saison grâce au savoir-faire de Bryan Fuller en tant que showrunner, mais son départ sur cette deuxième fournée se fait clairement ressentir. Il y a toujours de sa folie visuelle pour assurer une continuité avec ce qui a déjà été fait, avec des images vraiment bluffantes en tout point, mais les intrigues donnent l’impression de faire du surplace.Ce qui est bizarre pour road trip à travers les États-Unis. N’ayant pas encore lu l’ouvrage de Neil Gaiman dont la série est adaptée, je ne peux dire si les scénaristes ont pris un chemin différent où si ils suivent à la lettre le roman en question. Chose que j’ai pu faire avec la série suivante.
Et c’est peu de le dire puisque j’ai patiemment attendu d’être à jour dans ma lecture de la trilogie littéraire signée par Guillermo Del Toro et Chuck Hogan. C’est donc 4 saisons de The strain que j’ai enchaînées les unes après les autres, même si la première m’était déjà familière. Grâce à ma connaissance des livres adaptés que sont La lignée, La chute et La nuit éternelle, j’ai pu voir les chemins détournés que prenaient les scénaristes afin de faire perdurer le programme à l’antenne. Ce subterfuge vaut surtout pour le deuxième tome qui s’est vu découper en deux parties et s’étale sur les saisons 2 et 3, avant de reprendre le schéma logique d’une saison pour la retranscription d’un tome. Le rythme a donc grandement souffert de ce syndrome du milieu puisque des révélations ont été retardées avant de s’accélérer dans les 10 derniers épisodes.Mais même dans cette dernière partie, de nombreuses différences sont visibles entre les deux médias.
Au final, les ajouts de personnages, d’intrigues empruntant des chemins différents et autres approfondissements de ce qui était à peine exploité dans les livres m’ont beaucoup plus.Je pouvais bien sûr deviner dans quelle direction l’histoire principale allait s’orienter, mais les destinées des personnages sont loin d’être similaires à leur version de papier. Parfois en bien, parfois en mal. Des protagonistes comme Einchorst qui n’a fait que perdre progressivement de sa superbe en passant de redoutable prédateur dans les premiers épisodes, à un vampire que l’on a juste envie de voir mourir tellement sa présence est redondante. Zack, le fils du héros, qui s’est progressivement fait embrigader par l’ennemi est lui aussi une tête à claques qui rappelle le Bruce Wayne de la série Gotham. Et à bien y regarder, ces deux exemples sont les victimes du découpage du tome 2 en deux saisons pour leur laisser plus de place pour s’exprimer, mais aussi pour ennuyer le spectateur que je suis.
Reste tout de même des personnages très attachants comme Fet dont le métier de dératiseur est parfaitement adapté à la situation. Le duo qu’il forme avec le vampire hybride Quinlan est toujours l’occasion de voir des scènes d’action impressionnantes dans le cadre d’une série télé, mais aussi une sorte de bromance entre eux.Cette dynamique est vraiment bien exploitée dans la quatrième et dernière saison tout comme le concept même de la série qui atteint ici une sorte d’apothéose. Mis à part dans Daybreaker, jamais une apocalypse vampirique n’aura été aussi bien exploitée à l’écran.Elle a été murement réfléchie et planifiée durant trois saisons pour enfin être exécutée dans la dernière en reprenant l’exemple des nazis.Et cela n’a rien d’un hors sujet puisque grâce au personnage de Setrakian, rescapé des camps de la mort, cela clôt une forme de cycle.
Surprenant sur bien des points et jusqu’au dernier épisode même si l’on a déjà lu la trilogie dont la série s’inspire, l’épilogue aurait tout de même gagné à plus de connexions avec ce qui avait été établi précédemment. Certains arcs narratifs ne semblent pas avoir abouti là où ils auraient dû en fonction de la personnalité des personnages ou des choses qui sont mentionnées pour intriguer le spectateur, mais qui seront oubliées une fois le dernier générique amorcé. Il faut dire aussi que ce happy ending, autant qu’il puisse l’être, est difficile à accepter après avoir entr’aperçu la fin de la civilisation humaine.Mais quoi qu’il en soit, la série comme les romans se complètent bien et sont suffisamment différents pour susciter leur propre intérêt. C’est un peu le même cas de figure avec la série Ghost in the shell: Arise. En dehors du film d’animation de 1995 et du long-métrage live avec Scarlett Johansson, je ne m’étais jamais attaqué à l’univers étendu que représente cette franchise.
C’est maintenant chose faite avec cette série que l’on peut considérer comme étant une préquelle au chef d’oeuvre de Mamoru Oshii. En seulement 5 épisodes, on suit la formation de la fameuse section 9 avec le recrutement des membres tel que Batou ou encore Togusa.Certains étaient des ennemis, d’autres loin d’être des amis avant d’être recrutés par le Major et c’est cela qui les rend intéressants. Que ce soit dans le film ou dans le célèbre animé, on les voit comme une unité soudée mais lorsque l’on assiste aux prémisses de leur rencontre, on se rend compte que l’alchimie était loin d’opérer entre eux. Pour ce qui est des histoires qui les mettent en scène, cyberpunk oblige, il y a cette impression de complexifier inutilement des concepts pourtant simples. Une tradition héritée de la réputation de la première adaptation de Ghost in the shell et Arise n’échappe pas à la règle.
Seul le film avait réussi à échapper à cet écueil en étant compréhensible de bout en bout, sans pour autant être dénué de ce qui fait le charme de la licence. Cela reste tout de même divertissant avec des courses poursuites réellement impressionnantes et qui tirent partie d’une animation fluide en tout point. Le seul bémol reste l’attribution d’un sidekick au Major sous la forme d’un tank spider à la voix vite agaçante. Mais ce défaut n’entache pas cette première incursion dans l’univers de Ghost in the shell autre que par un film. Le format série s’y prête assez bien pour peu que les épisodes soient reliés entre eux par un fil directeur, ce qui fut le cas ici. Il ne me reste donc plus qu’à explorer un peu plus ce qui se fait d’autres avec ces personnages et apparemment, j’ai l’embarras du choix entre les différentes séries et les mangas.
Jeux vidéo
Obtenu le mois dernier grâce à l’opération Play at home de Sony, Abzu ne m’aura occupé qu’une seule soirée… Mais quelle soirée! En effet, si je n’y ai joué que peu de temps, ce n’est pas parce que ce jeu ne m’a pas captivé, au contraire il est très prenant. Et très court aussi, ce qui a pas mal contribué à le terminer en moins de trois heures. Le temps d’un film donc, j’ai pu découvrir tout un monde sous-marin qui prend le contrepied total de Journey du même studio.On quitte donc les espaces arides et désertiques pour une plongée dans les profondeurs des océans. D’après nos scientifiques, nous n’en avons exploré que 10%, mais avec Abzu il est possible d’en découvrir les 90% restants qui recèlent bien des merveilles.
Ici, le réalisme n’y a pas sa place, c’est une expérience totalement onirique où la progression et la contemplation sont les maîtres mots. Des points d’observation sont même disséminés à certains endroits afin de se poser pour contempler l’environnement. Et pour en profiter, nul besoin de se débarrasser d’une horde d’ennemis afin de pouvoir profiter de la vue sans aucun risque. Non, les rares obstacles que j’ai croisés sur ma « route » se sont limités à des espèces de balises électriques. Le jeu privilégie donc les phases d’inaction à celle d’action, ce qui peut vite être déroutant comparé à la majorité des jeux où la violence domine allègrement.
Heureusement, Journey m’avait donné un aperçu de cet esprit pacifiste et là on retrouve la même chose avec une dose d’écologie, monde aquatique oblige. À notre époque, l’urgence environnementale est tellement présente qu’il est difficile de passer à côté de cette thématique lorsque l’on invite le joueur à s’enfoncer dans les abysses.Sans être alarmistes, les créateurs ont usé de beaucoup de subtilité afin de faire passer un message positif. C’est bien simple, si Abzu avait vu le jour sous une forme littéraire, ce serait de la poésie. Chaque niveau est un sonnet à part entière qui m’a totalement emporté. Pourtant, je suis très attaché au fait qu’une oeuvre doit me raconter quelque chose, mais le jeu use de bien d’autres moyens pour se connecter au joueur.
Ainsi, la narration passe entièrement par l’image, aucun dialogue explicatif ne vient commenter ce que l’on voit et chaque nouvel élément est laissé à la libre interprétation. Bien sûr, il y a un récit qui se dessine au fur et à mesure, mais c’est à nous qu’il revient d’en déduire ce que l’on veut à partir du background qui nous est donné. Mais bon il faut être honnête, comme tout ce qui est gratuit, je pense que cela a dû jouer dans mon appréciation.C’est un jeu tellement atypique que je ne sais pas si j’aurais eu le même discours en le payant au prix fort. Le rapport qualité / prix est là, certes, mais la durée de vie reste très faible. Et en même temps, je ne suis pas sûr que le jeu n’aurait pas suscité l’ennui en étant plus long. En tout cas ce qui est sûr c’est que je prendrai le temps de le refaire à l’occasion.
Documentaires
Outre le rachat de la MGM par Amazon, le mois dernier a été marqué par l’acquisition de M6 par le groupe TF1. Cette fusion implique donc la récupération de toute une gamme de programmes dont l’équipe de l’émission Quotidien n’a pas manqué de se moquer. De nouveaux collègues de travail, comme ils se plaisent à les appeler, et parmi ces derniers se trouvent des stars de la télé-réalité. Hasard du calendrier, Martin Weil, qui a lui aussi été membre de l’émission de Yann Barthès, sort au même moment un documentaire sur la télé-réalité et ses dérives: télé-réalité: la nouvelle influence. Paradoxalement, pour des programmes aussi superficiels soient-ils, c’était vraiment passionnant de voir les témoignages de ceux qui avaient pu y participer, mais aussi de l’avis d’experts en la matière. Car oui, il y en a.
On apprend notamment que les candidats sont sélectionnés selon leur personnalité, même si d’un point de vue extérieur on a l’impression qu’ils se ressemblent tous. Cette impression vient sans doute des caractéristiques physiques, que ce soit pour les hommes ou les femmes. Une majorité de ces dernières révèlent tout de même que leur plastique est retouchait avec du plastique quand ce n’est pas avec des injections. Ce désir de chirurgie esthétique touche directement les jeunes qui regardent ces programmes et voient leurs idoles vivre une vie de rêve au point que cela devienne une vocation. Mais les dessous de ce que nous révèle l’investigation de Martin Weil sont loin d’être très reluisants. Surtout du côté de la production.
Ainsi il est révélé qu’il n’y a aucun scénario à suivre lors de ces aventures dans des villas de luxe, et ce que l’on prend pour des rebondissements sont en fait appelés « stimuli ». Un terme qui fait des candidats des espèces de rats de laboratoire dont l’expérience serait dans un but comportementale. Cela revient à donner son corps à la science de son vivant, du moins le temps d’une carrière éphémère. Passer une certaine tranche d’âge, les participants sont obligés de penser à une éventuelle reconversion après avoir goûté à une vie au soleil. C’est là que les réseaux sociaux prennent le relais puisqu’il n’est pas rare de les voir se transformer en influenceur pour vanter les mérites de produits interdits en France depuis Dubai, paradis fiscal par excellence.
L’autre solution est de faire sa propre télé-réalité sur les réseaux sociaux en dévoilant sa vie H24 à ses followers. C’est la garantie de ne plus être manipulé par la production qui impose souvent des choses malsaines comme l’on révélait certains en interview. D’autres font le chemin inverse en essayant de se faire connaître via Tiktok et notamment un homme qui a le tic de se mettre en scène en tenue de policier pour donner une image en toc de sa profession. De ses collègues à sa hiérarchie, personne ne semble approuver cette exhibition de l’uniforme à des fins aussi futiles. Toujours est-il que par leurs réactions, ils ont contribué à alimenter un buzz qui lui sera bénéfique pour percer dans ce milieu tant convoité.
Au final, même si je ne suis pas friand de ce genre de programme, j’ai tout de même la faiblesse de regarder un peu lorsque je zappe et que je tombe dessus par hasard. À mes yeux, cela reste de supers expériences sociologiques sous couvert de divertissements, mais à choisir je préfère encore regarder un documentaire sur Arte. Ce que j’ai fait avec Indiana Jones à la recherche de l’âge d’or perdu. Un titre qui est le reflet d’une certaine époque qui a vu l’émergence du blockbuster tel qu’on le connaît aujourd’hui. Moi qui suis pourtant assez calé sur le célèbre aventurier, j’ai tout de même l’humilité de reconnaître avoir appris quelques petites anecdotes sur le personnage créé par George Lucas et Steven Spielberg.
Plus que ça, ces images d’archives retraçant l’intégralité de la saga, et l’influence qu’elle aura eue sur le septième art, m’aura fait réaliser à quel point ce type de film me manquait. Le parallèle avec un manège de parc d’attractions était d’ailleurs assez bien trouvé pour illustrer les sensations que l’on ressent devant un film d’aventure. Mais bon, avant de réclamer le retour de ces divertissements à l’ancienne, je vais déjà attendre le retour des films tout court au cinéma. La reprise de l’industrie se fait en douceur et le youtubeur In the panda, alias Victor Bonnefoy, s’est proposé de revenir sur la fermeture des salles à travers un documentaire de presque 2 heures: 300 jours – un an sans cinéma.
En effet, il n’y a pas qu’à la télé qu’il est possible de trouver du bon contenu. Sur Youtube se trouvent des vidéos dignes de figurer dans les grilles de programmes télévisés et celles qui font le plus de vues ne sont pas forcément les plus intéressantes. Et puisqu’Emmanuel Macron a fait un passage sur le net avec Mcfly et Carlito, il n’est pas interdit de penser qu’un jour In the panda puisse faire le chemin inverse.On aurait tous à y gagner de ce transfert tant le vidéaste a toujours un point de vue intéressant sur l’industrie du cinéma. D’entrée de jeu, il questionne le spectateur en lui demandant qu’elle est le dernier film qu’il a été voir au cinéma avant la pandémie. Une interrogation loin d’être anodine tant elle provoque chez n’importe qui un effort de mémoire.
Pourtant ce n’était pas il y a si longtemps que ça pour ma part puisque j’avais profité d’une réouverture passagère pour m’y rendre, mais force est de constater que la programmation du moment était loin d’être inoubliable.Une parenthèse qui sera évoquée sans pour autant qu’il n’y ait de prise de risque de la part des studios qui ont privilégié les plateformes de streaming pour rentabiliser leurs pertes. La cérémonie des Césars est également abordée avec des avis divergents de la part des intervenants, mais qui se rejoignent globalement sur le fait que la politique n’avait rien à faire là-dedans. La chronologie des médias se voit elle aussi citée et l’on sent à travers les différentes prises de parole qu’il s’agit là d’un concept obsolète pour le parcours d’un film dans l’hexagone.
Pour s’être déjà exprimé sur le sujet dans l’une de ses précédentes vidéos, on n’entendra pas le Youtubeur, ainsi que le co-réalisateur Thomas Combret, s’exprimer. Ou en tout cas très peu tout au long de la vidéo. D’ordinaire assez loquace et au débit de mots impressionnant, il est ici en retrait et assiste aux événements qu’il aborde depuis une salle de cinéma. Cette mise en scène le relègue d’emblée au rang de simple spectateur, au propre comme au figuré puisqu’il y est seul entouré de sièges vacants. Mais vu l’embouteillage de films dont il est question dans son reportage, je gage que ceux-ci vont vite se remplir même en gardant les fameuses distances de sécurité. C’est d’ailleurs sur cette note positive que ce conclu ce beau documentaire: le cinéma à survécu à bien des crises et il survivra aussi à celle-ci.
Comics
La sélection du mois dernier est encore une fois composée en majorité de Batman. Bien que je sois un fan absolu du personnage, il y a encore tellement d’oeuvres qui le mettent en scène et que je souhaite découvrir. Et une fois de plus, j’ai la preuve que le chevalier noir est une icône que l’on peut décliner dans tous les genres et pour toutes les tranches d’âge. Les artistes savent l’adapter à leurs propos pour en tirer le meilleur sans pour autant dénaturer la psychologie du personnage. Dans la majorité des cas, cela paye, mais comme nous allons le voir, il n’est pas toujours bon de rester sur ses acquis.Ainsi, et paradoxalement parmi les ouvrages que j’ai eu l’occasion de lire, c’est celui qui prend le moins de risques par rapport à l’univers du Dark Knight qui m’a le moins plu. Intitulé Des cris dans la nuit, il s’agit là du Batman que tout le monde connait: sombre et violent pour une histoire tout aussi mature.
Les dessins sont dans la même lignée avec des formes torturées rappelant le travail de Dave Mckean sur Arkham Asylum. Mais là où ce style permettait de donner une nouvelle version de la galerie de vilains de l’homme chauve-souris dans l’œuvre de Grant Morrison, ici aucun d’entre-eux ne fait ne serait-ce qu’une petite apparition. Archie Goodwin et Scott Hampton ont donc opté pour une histoire plus sobre avec une enquête n’impliquant aucun méta-humains ce qui contribue à rendre l’atmosphère très lourde. Tellement que l’intrigue en est devenue confuse au fil des pages. La narration se fait parfois chaotique et c’est un défaut symptomatique des comics du début des années 90, époque de publication de cette histoire. Sortie plus précisément en 1992, on ressent dans le style graphique et le développement du récit la volonté de proposer une oeuvre adulte en forçant parfois un peu trop le trait sur la noirceur.
J’y ai surtout vu une excellente écriture du personnage de James Gordon qui aurait mérité plus de place en reléguant Batman au second plan. C’est malheureusement lui qui est mis en retrait et c’est bien dommage tant ses dialogues sonnent juste. C’est pour moi le seul point positif dans cet ouvrage qui vaut plus pour la caution artistique qu’une réelle contribution à la mythologie de Batman. Au final, je n’en attendais pas grand chose donc on ne peut pas parler de déception, juste d’une histoire que je ne compterais pas parmi mes favorites.Et contrairement aux apparences, le comics suivant n’était pas non plus parti pour rejoindre mes lectures préférées. En effet, Little Gotham se situe à l’opposé en proposant non pas une, mais une vingtaine de petites histoires et le tout dans un style enfantin et très léger. Ça s’adresse clairement aux enfants et pourtant je me suis amusé comme un fou dans cette réinvention de la Bat-family au grand complet.
C’est d’ailleurs Damian, Robin et accessoirement fils de Bruce Wayne, qui est le plus souvent au centre de ces histoires afin de garder cet esprit bon enfant. On le suit donc durant une année complète et chaque fête ou événement annuel est l’occasion d’une nouvelle aventure. Son comportement est souvent drôle pour un enfant ayant été élevé par des ninjas ce qui rend les situations souvent absurdes. Le scénariste Derek Fridolfs a réussi à cerner la psychologie de ce personnage, sans pour autant en faire le sale gosse que l’on connait dans le run de Morrison, qui en est le créateur. C’est un enfant turbulent dans un monde qui ne se prend pas la tête grâce au style très cartoon de Dustin Nguyen. L’illustrateur a réussi à y insuffler une touche de légèreté qui se marie très bien avec la palette de couleur dans des tons pastels. Le style à l’aquarelle finit de donner une identité forte à ce titre vraiment surprenant.
J’en ai été le premier surpris car je partais avec un apriori négatif. Pour moi, cela allait beaucoup trop loin dans l’infantilisation du Batverse et j’étais quasi-certain de détester cette proposition à base de toons. C’est l’inverse qui s’est donc produit grâce à ce visuel coloré, mais aussi avec un second niveau de lecture ultra référencé sur les différentes périodes du chevalier noir. On sent que les artistes maitrisent leur sujet pour faire rire et parodier sans pour autant se moquer.Même si la fête de Pâques a le droit à un chapitre à part entière parmi la multitude de fêtes, c’est l’ouvrage entier qui est parsemé d’easter eggs. Que ce soit dans les dialogues, les tenues des personnages, un décor en particulier,… C’est un condensé de ce qui fait l’essence même de la légende de Batman. Chaque sketch est un bonbon, une petite sucrerie qui se déguste dans l’ordre, ou de préférence dans le désordre pour être raccord avec Damian.
Il est également question d’enfant de Batman dans Dark Prince Charming, avec la découverte d’une progéniture à Bruce Wayne. On est clairement dans un récit hors continuité puisque comme je le disais un peu plus haut, le milliardaire n’a pour l’instant reconnu que Damian en tant qu’enfant légitime. Ce dernier n’est donc pas présent tout comme les autres alliées du Dark Knight qui devra faire face à une mère l’accusant d’être le père de sa fille. Le Joker profite de la nouvelle aux informations pour kidnapper la jeune fille en question qui est maintenant âgée de 7 ans afin de réclamer une rançon. Jusque là, c’est donc une histoire tout ce qu’il y a de plus banale, mais c’est plus dans son exécution que ce récit fait la différence. En effet, c’est l’artiste italien Enrico Marini qui donne sa version de Batman adoubée par Jim Lee en préface. C’est là encore une nouvelle preuve que cette icône de la pop culture est capable de traverser les âges, en parlant autant aux enfants qu’aux adultes, mais aussi les frontières.
J’ai immédiatement reconnu cette patte européenne que j’avais découverte dans la saga Rapaces et l’homme chauve-souris en est un de plus qui vient s’ajouter à son palmarès. Ce style d’illustration colle plutot bien au personnage et l’on a un point de vue plus européen sur Gotham. Je pense notamment à une double page où la ville s’étend face à Batman qui la scrute du haut d’un gratte-ciel avant de prendre son envol. L’enchaînement des cases laisse respirer l’action et on sent une liberté de mouvements dans les acrobaties, surtout pour Catwoman. Plusieurs courses poursuites véhiculées profitent de cette impression de vitesse que procure le trait de Marini, tout aussi à l’aise dans les combats que dans les scènes d’exposition. C’est toujours parfaitement lisible et, autant sa version du Joker ne ressemble à aucune autre, autant sa façon d’illustrer le chevalier noir évoque l’interprétation de Ben Affleck.
Que ce soit dans la morphologie du visage lorsqu’il porte le masque ou la stature, il y a clairement une influence du côté de l’oeuvre de Zack Snyder. Même la Batmobile rappelle le design de celle dans Batman V Superman: l’aube de la justice. Pourtant, cette histoire ne s’insère pas du tout dans la continuité instaurée au cinéma, et connue sous le nom de DCEU, au contraire Marini assume totalement cette sensibilité proche de la bande dessinée franco-belge. Le dessinateur, et aussi scénariste, a collaboré à de multiples reprises sur ce format et du côté éditorial, les choses semblent aller dans ce sens. En effet, ce n’est pas Urban Comics, distributeur officiel de DC comics en France, mais Dargaud qui se charge de publier les deux volumes que forment ce Dark prince charming.Il s’agit d’une collaboration voulue entre les deux parties pour proposer une autre facette de cette icône dont la popularité n’est plus à démontrer.
Clairement mon coup de coeur du mois, mais il aurait pu en être autrement avec une autre bande dessinée au format franco-belge: L’orphelin de Perdide. Également en deux tomes, je n’en ai lu qu’un seul pour l’instant ce qui fait que je ne peux me prononcer favorablement. Même si ce que j’ai lu était vraiment excellent, mais reste à confirmer avec la seconde partie donc. Ici cela n’a rien à voir avec le genre des super-héros puisqu’il s’agit là de science-fiction.L’histoire est assez simple puisque l’on suit un petit garçon du nom de Claudi dont les parents sont morts sur une planète à cause d’une faune plutôt hostile. Entre-temps, il va rentrer en contact avec un contrebandier qui est un ami de la famille et qui va faire le chemin pour venir le sauver des dangers que recèle Perdide. Rien de bien compliqué en apparence et pourtant les relations entre les personnages sont bien plus complexes qu’elles n’y paraissent.
Le destin du petit Claudi prend alors une tournure vraiment émotionnelle lorsqu’il se retrouve livrer à lui-même avec son animal de compagnie. Je n’ai pas lu le roman dont est tirée l’histoire, mais Régis Hautière livre ici un récit palpitant que les illustrations dynamiques de Adrián complètent à merveille. Le dessinateur y colorise chacune de ses planches ce qui renforce d’autant plus le résultat final, à la frontière entre manga pour l’aspect des personnages et la fluidité des actions, et les paysages extraterrestres dignes de l’heure de gloire de la bande dessinée française. J’espère pouvoir lire la suite assez rapidement pour pouvoir confirmer tout le bien que je pense de cette excellente surprise.Je ne pourrais pas en dire autant du dernier titre de cette liste, The Private Eye, que j’attendais de pouvoir dévorer depuis sa sortie en 2015. J’aurais pu le parcourir entre temps puisque ce comics au format atypique, car à l’horizontale, a été publié dans un premier temps gratuitement au format numérique.
Une initiative qui se prête très bien à la thématique qu’aborde Brian K. Vaughan puisqu’il est question de l’implosion d’internet. Le background fait état de la diffusion de nos informations personnelles durant 40 jours, mettant ainsi un terme à la vie privée. Depuis, l’ensemble de la population sort masquée dans les rues qui ressemblent à des carnavals ambulants au grand jour et les nuits à une fête d’Halloween perpétuelle. Un pitch alléchant dans lequel évolue une police incarnée par des journalistes et à laquelle va tenter d’échapper un paparazzi pour mener à bien son enquête.Mais au delà de cet univers futuriste coloré, cette dernière ne m’a pas passionné. Les dessins de Marcos Martin ont beau dépeindre ce monde dystopique, ou utopique selon ce que l’on pense de la technologie actuelle, loin des clichés chers au genre (surpopulation, pollution, dépression,…), l’histoire n’arrive jamais à être à la hauteur de son concept.
Néanmoins, on peut découvrir en annexes un contenu vraiment très intéressant sur les coulisses de ce comics. En partageant leurs échanges de mails lors des prémisses de ce projet, le duo à l’origine de The Private Eye fait une mise en abîme cohérente en guise de bonus. Le scénariste y explique les nouvelles règles de ce monde et les sous entendus que cela implique sur notre société actuelle tandis que le dessinateur dévoile les esquisses qui vont mener au résultat final que l’on connait.On les voit faire place au doute, mais aussi à l’engouement de faire quelque chose de novateur sur le marché des comics. La question financière est également abordée puisqu’ils ont décidé d’évoluer en dehors du circuit traditionnel. C’est réellement passionnant à lire et permet de terminer l’ouvrage sur une bonne note malgré la déception globale. Au regard des informations dévoilées sur la mythologie mise en place, j’en suis sortie avec la sensation de ne pas avoir lu la bonne histoire dans ce monde pourtant si intéressant.
Bons plans et astuces
Les super-héros ont beau être des stars de cinéma, ils n’en restent pas moins des personnages de papier. C’est ce que se propose de nous rappeler Carrefour avec une offre de 10 comics Marvel à petit prix. Pour 2,99€, on retrouve la plupart des héros de la maison des idées avec l’incontournable Spider-man ou encore Daredevil et Doctor Strange, mais aussi un méchant répondant au nom de Thanos, que le public a découvert en grande partie grâce au MCU, ainsi que toute une flopée d’anti-héros. Une présence tout à fait légitime puisque cette collection s’intitule Marvel Dark et l’on y retrouve donc aussi Wolverine, Deadpool, le Punisher, Jessica Jones, Black Widow, Venom et enfin Ghost Rider.Pour ma part, je me suis laissé tenter par ce dernier, attiré par le contenu illustré par Clayton Crain pour les deux tiers de ce comics.
En effet, après une biographie introductive de quelques pages du personnage en tête d’affiche, chaque ouvrage se compose de deux arcs narratifs différents, mais complets. Moi qui ne connaissait cet anti-héros qu’en grande majorité par l’intermédiaire des deux films avec Nicolas Cage, on ne peut pas dire que le motard ait été exploité à sa juste valeur. Je vais donc approfondir mes connaissances à travers ce comics de plus de 200 pages, mais cette pagination plutôt conséquente est loin d’être de qualité.Je ne m’exprimerais pas sur les histoires sélectionnées pour l’occasion, puisque je ne les ai pas encore lus, mais plus sur la mise en page. Chaque planche se voit ainsi diminuer, laissant apparaître un cadre blanc tout autour. La résolution des dessins en prend donc un coup pour un résultat parfois terne d’après ce que j’ai pu feuilleter. Mais à ce prix là, à part en occasion, il ne faut pas s’attendre à un rendu digne de ce que l’on peut voir dans les librairies spécialisées.
Compte tenu du prix, cela reste imbattable puisque c’est encore moins cher que ce que l’on peut trouver au format kiosque.Tout du moins jusqu’au 31 août, passer cette date la collection passera à 9,90€. Mais une alternative existe avec Panini qui a également mis en place sa collection à 5,99€.Ici, les ouvrages bénéficient d’une couverture rigide mais sont moins épais que chez Carrefour. Cela tourne tout de même autour de 120 à 184 pages ce qui équivaut à un arc narratif. Spider-man et Daredevil sont de nouveau de la partie, mais cette fois-ci en mettant en avant le travail de Jeph Loeb et Tim Sale. Respectivement intitulé Bleu et Jaune, je n’avais lu que celle de l’homme araignée il y a un moment et j’en garde un excellent souvenir.Il s’agissait d’un récit très accès sur l’émotion avec le vide qu’a créé l’absence de Gwen Stacy et je pense qu’il doit en être de même pour l’aventure de l’homme sans peur par le même duo.
Du reste, c’est beaucoup plus lumineux que la collection de chez Carrefour malgré les personnages qu’ils partagent. On retrouve donc Wolverine et ses origines tandis que Venom ainsi que Thanos offrent d’autres facettes par rapport à ce que propose la concurrence. Ce qui différencie cette dernière de la proposition de Panini, c’est la mise en avant d’un groupe de super-héros là où il n’y avait que des aventures en solo. Ainsi les Avengers sont représentés dans leur excellente version Ultimates par Mark Millar qui offre un récit adulte et proche de ce que l’on a pu voir dans leur première aventure au cinéma. L’éditeur a également misé sur les moins populaires des Vengeurs en mettant sur le devant de la scène Hawkeye, Hulk, Captain Marvel et Thor. Cela amène le total à 10 tomes, mais malgré le choix et la qualité au rendez-vous, je n’en ai pris aucun.
Le seul pour lequel j’ai hésité fut Thor car il s’agissait de la version où c’est Jane Foster qui manie le marteau. Une manière comme une autre de faire découvrir à moindre coût cette itération qui apparaîtra prochainement dans Thor: love and Thunder. Peut-être que je me laisserais tenter avant la fin de l’été car j’aime vraiment beaucoup cette mythologie nordique. Même si cette collection est un peu plus chère que la première, le prix n’est pas vraiment le problème. Cela reste très abordable et attrayant pour quiconque souhaite découvrir une saga ou un personnage sans se ruiner, mais c’est surtout que j’ai suffisamment galéré pour réduire drastiquement ma pile de comics à lire. De plus, parmi ces derniers, je dispose déjà de deux comics, datant d’il y a un ou deux ans, et basés sur ce même principe de découverte. Centré sur Black Panther pour l’un et Les gardiens de la galaxie pour l’autre, j’avais envie d’approfondir mes connaissances en dehors des films et je ne l’ai toujours pas fait. On va dire que si je les lis, je m’autorise à me faire ce petit plaisir?
Mes attentes pour le mois qui débute
Ce mois de juin va, en grande partie, se dérouler en famille. Une petite visite d’une quinzaine de jours pour me ressourcer, mais contrairement à mes précédents séjours, j’ai déjà prévu d’écrire sur mon smartphone plutôt que de me retrouver devant le fait accompli. Comme c’est ce que j’ai fait durant 99% du mois précédent, il n’y aura pas de transition, mais une continuité sur ce support nomade. D’ailleurs, j’ai bien l’intention de boucler mon business plan durant ce mois-ci sans pour autant savoir avec quoi je vais enchaîner.Ce n’est pas ce qui manque en termes de projets donc j’ai l’embarras du choix entre fictions et articles en tous genres. Tout dépendra de mon humeur du moment ainsi de ce qu’il y a de plus urgent à traiter.J’ignore quand mon activité de rédacteur web va débuter, mais je tiens à être le plus réactif possible face à mes premiers clients. Cela inclut aussi le fait de travailler gratuitement le temps de me bâtir un réseau et une réputation.
Mais bon, j’espère pouvoir facturer assez vite mes services et d’ailleurs le passage dans mon nord natal sera l’occasion d’ouvrir un compte pour séparer le personnel du professionnel au niveau de mes futurs revenus. Ou au moins de me renseigner sur les démarches avant de faire le grand saut.En attendant, je vais continuer de me former, à assister à des conférences et à améliorer ce blog qui me fera office de portfolio. Et il faut bien l’alimenter donc je vais continuer à voir et lire bien des choses, même si je le fais avant tout par plaisir. Niveau films, il n’y aura pas de location sauf d’ici mon retour à Lyon, mais j’ai tout de même une flopée de films inédits en réserve qui ne demande qu’à être vue. Dont un que j’attends patiemment depuis sa sorti en dématerialisé le 31 mars: la Snyder cut de Justice League.Prévu au format physique le 9 juin, le seau de pop-corn est déjà prêt à être englouti devant ces 4 heures que je fantasme depuis l’annonce de la director’s cut de Zack Snyder.
J’aurais aimé une sortie cinéma, mais mon salon fera tout à fait l’affaire pour en profiter.Et pour le regarder plusieurs fois. Mais maintenant que les salles ont réouvertes, je vais essayer d’en profiter un maximum. Ainsi que de la climatisation vu que les températures augmentent. Malheureusement et comme je m’y attendais, il n’y a rien de vraiment palpitant ou qui m’attire. Il y a bien Nobody qui semble être un délire régressif à la croisée entre John Wick et Shoot’em up, mais j’attends les premiers retours avant de prendre le risque. Par contre, il y a d’excellents retours concernant les séries que j’ai commencé à regarder et dont j’ai eu une bonne première impression. Toutes deux estampillés HBO, l’une d’entre elles a commencé à être diffusée sur M6 et il s’agit de Chernobyl. Elle se traine une bonne réputation tout comme The Outsider que j’ai loué, commencé et déjà presque terminé.
Il s’agit là de l’adaptation d’un roman de Stephen King que je n’ai pas lu, mais pour avoir parcouru pas mal de ses oeuvres, on reconnaît indéniablement son ambiance si particulière. En parlant de littérature, je ne sais pas encore quelle sera la prochaine lecture qui va succéder à Ordo. Sachant que je vais être de retour dans ma chambre d’adolescent pendant environ deux semaines, il y a là bas pas mal de livres du maître de l’horreur que je vais peut-être relire. Ou parcourir ma bibliothèque ou celle de mon père à la recherche d’un titre inédit qui me tente. Toujours dans la lecture, ce mois-ci Urban Comics va proposer une opération à petit prix pour mettre en valeur le catalogue de l’univers DC.J’ai pu en lire le descriptif des différents tomes qui vont composer cette nouvelle fournée après le succès de celle de l’année précédente, mais j’attends de pouvoir feuilleter sur place avant de me décider pour un éventuel achat.
J’ai aussi mis de côté le reportage de la chaîne Dharma station 7 featuring le fossoyeur de films. Tous deux vont décortiquer l’univers visuel de Lost et vu la durée d’une heure trente, je sais déjà que je vais passer un bon moment.Un peu moins long, mais tout aussi tentant, j’ai vu qu’Arte avait mis en ligne un documentaire sur Blade Runner sans pour autant savoir précisément sur quel aspect de l’oeuvre cela va se concentrer. Mais le retour du soleil et le couvre feu un peu plus tardif seront surtout l’occasion de s’aérer. Même si nous n’avons pas la permission de minuit, et surtout si elle est maintenue après avoir été annulée l’année dernière, la fête de la musique permettra de renouer avec une forme de normalité en temps de pandémie. Et si le prix à payer est d’entendre les plus grands tubes réinterpréter par des ados boutonneux, alors ainsi soit-il. Pour ma part, je ne sais pas chanter, je ne joue d’aucun instrument, mais ça ne m’empêche pas de partager une chanson qui me met de bonne humeur.












































