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Ma plume est prête

De toutes les prestations que je propose parmi la rédaction, la bêta-lecture et mon service de prête-plume, j’étais loin de me douter que ce dernier allait être le premier à susciter un véritable intérêt. Du moins un intérêt qui débouche sur un dialogue. Car depuis l’ouverture de ma micro-entreprise, il y a de cela un mois, j’ai attiré bon nombre de personnes dont les demandes ne correspondaient pas à mes attentes.

Entre autres, et à plusieurs reprises, j’ai eu des rédacteurs désireux de postuler chez Arnaud Vs Procrastination. Le fait de mettre mon propre nom dans ma structure juridique n’était peut-être pas assez explicite quant à mes intentions de faire cavalier seul, j’ai néanmoins trouvé ces demandes extrêmement flatteuses. Si seulement ma prospection pouvait avoir le même effet chez les personnes que je démarche.

Néanmoins, je pense que certaines de mes prospections ont eu l’effet escompté puisqu’en dehors des offres de traductions de textes de l’anglais au français, que j’ai refusé, j’ai tout de même eu des propositions qui valaient la peine que je m’attarde dessus. L’une d’entre elles m’a amené à être en contact avec une maison d’édition. L’idée était d’écrire un livre de développement personnel, mais je n’ai pas été emballé à l’idée d’être payé en droit d’auteur.

Ce n’est pas vraiment le type de contrat derrière lequel je cours, bien trop fluctuant et abstrait pour ce qui allait demander des semaines, voir des mois de travail. Je ne pouvais donc me permettre de m’investir dedans sous peine de rater d’autres offres plus alléchantes. Grand bien m’en a pris, puisque c’est là que s’est présenté à moi un chef d’entreprise dont la mission était de me confier la rédaction de son auto-biographie. Rien que ça.

Ma plume allait pouvoir enfin être mise à profit dans ce manuscrit qui s’annonçait titanesque. Un projet qui est restait en l’état, faute d’avoir pu trouver un créneau commun pour nous entretenir des différentes modalités. S’en est suivi un ascenseur émotionnel qui m’a fait redescendre au rez-de-chaussée de mes ambitions. Mais quand on est passionné comme je le suis, il est difficile de réfréner son enthousiasme.

Toutefois, je ne perds pas non plus espoir d’être de nouveau en contact avec ce client lorsque son emploi du temps le permettra, en espérant qu’il en soit de même pour moi. Je me voyais déjà en Ghostwriter, costume idéal pour Halloween, mettant ma routine à contribution pour conter les tribulations de cette personne qui s’est transformé en fantôme en ne venant pas toquer à ma porte pour me réclamer des bonbons. Mais mon quota journalier a quand même trouvé preneur pour être alimenté quoiqu’il arrive. C’est ainsi que j’ai pu passer les paliers des 540, 550 et 560 jours d’écriture sans interruption et dont voici le détail: 

Semaine 39 – du lundi 27/09 au dimanche 03/10: 10628 mots

Semaine 40 – du lundi 04/10 au dimanche 10/10: 10594 mots

Semaine 41 – du lundi 11/10 au dimanche 17/10: 10616 mots

Semaine 42 – du lundi 18/10 au dimanche 24/10: 10557 mots

Semaine 43 – du lundi 25/10 au dimanche 31/10: 10579 mots

J’aurais aimé que ce dernier projet professionnel en date en fasse partie, mais ce n’est que partie remise. En attendant, je n’ai pas chômé puisque j’ai terminé la totalité des articles à publier sur ce blog pour l’année 2021. Ceux de l’année 2022 vont très vite se rappeler à mon bon souvenir si je souhaite conserver cette régularité, mais je vais m’octroyer ce mois de novembre pour revenir à de la fiction. 

C’est une facette de mon écriture que j’ai mise trop longtemps de côté et qu’il me tarde de redécouvrir. S’il y a bien une chose dans laquelle je me sens légitime, c’est bien celle-ci: raconter des histoires. Même si, pour être honnête, je ne cracherais pas sur un contrat qui me ferait revoir mes priorités. Le côté financier est un aspect non négligeable à prendre en compte, surtout lorsque j’ai eu à faire face à des dépenses imprévues avec le changement de la batterie de mon ordinateur ou encore un séjour à Montpellier.

Heureusement, ma demande d’ACRE, relative à une diminution des charges lors de ma première année d’activité, a été acceptée. C’est un petit détail qui a son importance et j’espère que cette aide me servira avant d’arriver à échéance. C’est parfois tellement long de se faire une place dans le milieu, mais je vais m’accrocher autant que possible. Je suis toujours convaincu que prêter ma plume, pour voler de mes propres ailes, reste le meilleur moyen pour devenir indépendant.

Cinéma

L’inconvénient lorsqu’un film est repoussé maintes et maintes fois, c’est qu’il suscite d’autant plus d’attente de la part de son public. Dans le cas de Mourir peut attendre, il est permis de se demande: tout ça pour ça? Originellement prévu pour sortir début 2020, c’est presque deux ans plus tard que l’on peut découvrir le dernier film de Daniel Craig dans le rôle de James Bond. On aurait pu croire que ce délai supplémentaire allait permettre à la production de peaufiner le montage pour resserrer les enjeux de l’histoire, mais compte tenu du résultat, il faut croire que ce temps n’a pas été mis à profit. Pourtant, ce 25ème long-métrage de la franchise commence plutôt bien avec un flashback flirtant avec le genre du slasher et la figure du croquemitaine. Une ambiance inédite pour la licence qui montre qu’elle est capable de se renouveler… jusqu’à la scène suivante qui marque un retour au présent, et à la marque de fabrique que l’on connait maintenant depuis des décennies.

Cette escapade en Italie souffre de problèmes de rythme avant de transformer la ville de Matera en zone de guerre. L’occasion de faire connaissance avec les sbires de l’antagoniste que l’on avait pu voir lors de la scène précédente, affublé d’un masque d’origine japonaise. Cette imagerie sera réutilisée lors d’un générique loin d’être à la hauteur des précédents et habillé par une chanson vraiment plate de Billie Eilish. Quelques images symboliques sortent du lot lors de cette animation, comme cette branche ADN composée de Walter PPK, mais rien qui ne soit visuellement très poussé. Finalement, cette séquence animée est à l’image du film: quelques brèves fulgurances ici et là avant de rendre les armes. Il y avait pourtant encore de quoi espérer avec cette scène de rappel le long d’un immeuble qui usait d’une mise en scène virtuose pour illustrer la progression de ce commando, puis plus rien.

Petit à petit, le réalisateur Cary Joji Fukunaga abandonne ses idées de cadrages inventifs pour revenir aux basiques. Sans parler de l’ironie qui va jusqu’à faire d’un virus le centre de l’intrigue alors que dans les coulisses c’est une épidémie qui a retardé la sortie du film. Ce retard confirme d’ailleurs qu’une oeuvre, quelle qu’elle soit, se doit d’être en avance sur son temps avant d’arriver au public. En effet, la durée de la conception étant parfois très longue, de l’idée originale au produit fini, il n’est pas rare de voir des films complètement dépassés une fois en salle. Avec Mourir peut attendre, ce qu’il y a de rassurant c’est que même s’il était sorti comme convenu, il aurait tout de même souffert de son obsolescence. La faute à un virus qui cible le code génétique et que l’on nous fait passer comme une arme révolutionnaire alors que la série Fringe utilisait déjà cette idée 10 ans plus tôt.

En à peine 40 minutes, cet épisode avait réussi à faire le tour du sujet là où No time to die s’étale sur 2 heures de plus. Mais ce n’est pas le premier Bond à complexifier un scénario de départ somme toute assez simpliste. Cette durée extravagante ne donne pas pour autant plus de visibilité au méchant de l’histoire qui n’est présent que lors de quelques scènes. Et lorsque c’est le cas, c’est sans ce fameux masque qu’il arborait dans la scène d’introduction qui lui donnait un charisme de dingue. À la place, Rami Malek fait de son mieux à visage découvert pour composer avec un scénario assez faible. Il peine à insuffler une dimension théâtrale à son personnage, marque des grands méchants de la saga, et va même jusqu’à faire preuve de renoncement en laissant s’échapper sa monnaie d’échange. Son plan machiavélique était déjà difficilement compréhensible, mais alors là, c’est de l’abandon pur et simple.

Trop de zones d’ombres subsistent autour de sa personne entre l’origine de son masque ou encore la construction de son repaire sur une ile. Situés entre le Japon et la Russie sans jamais s’être fait repérer par les deux super puissances, Bond et sa coéquipière se voient immédiatement demander des comptes lorsqu’ils s’infiltrent dans ces installations. Ce n’est pas là la seule incohérence qui restera dans le flou malgré un temps plus que conséquent pour expliquer les tenants et aboutissants. Mais ce montage à rallonge, qui aurait pu être une version longue, se justifie surtout par le besoin de préparer l’héritage de James Bond. Que ce soit de manière biologique ou spirituelle avec cet agent 007 au féminin, difficile de ne pas voir arriver la chute annoncée. Les femmes sont d’ailleurs à l’honneur dans cet opus et ne servent pas que d’objet sexuel que ce prédateur va pouvoir exhiber en guise de trophée. 

Même l’actrice Ana de Armas cache bien son jeu jusqu’à ce qu’elle révèle ses talents au corps à corps. Elle interprète une agente candide au premier abord et son alchimie avec Daniel Craig est renforcée par leur passif sur A couteaux tirés. Elle est cette fois-ci en position de force pour rendre coup pour coup, à l’image de la nouvelle titulaire du permis de tuer: Nomi. Une athlète à la peau d’ébène que l’on croirait tout droit sortie des Dora Miladje de Black Panther. C’est une femme forte qui concurrence Daniel Craig sur l’action, mais qui peine à convaincre en tant que future remplaçante. Sa psychologie n’est pas assez développée pour que l’on puisse s’attacher à elle, tout en se détachant du héros en titre. Ce passage de relai a été mal négocié, mais restait possible à condition de faire une entorse à la structure traditionnelle de la saga.

Quitte à chambouler un peu les fondements, après nous avoir teasé une James Bond girl qui n’est pas un love interest, mais destinée à prendre la relève, il aurait été intéressant de positionner l’habituel générique d’ouverture en fin de film. Cela aurait permis d’enchainer avec une scène post-générique où l’on aurait retrouvé la nouvelle 007 en pleine mission et où elle aurait dû se présenter à une tierce personne, et au public par extension. Tout comme son homologue féminin, elle aurait alors usé de cette même formule de présentation qui consiste à donner son prénom, puis à le répéter en y ajoutant le nom de famille. Ce dernier, on ne le connait pas durant tout le film et il aurait été amusant de couper juste avant qu’elle ne le prononce pour préserver du mystère. Une suggestion parmi tant d’autres pour faire de Nomi un personnage un peu plus consistant.

En l’état, elle est à peine plus développée que Jinx dans Meurs un autre jour, à qui l’on avait aussi promis un spin off. Toujours chez les femmes, Léa Seydoux fait également son retour affublé d’une enfant et dont le géniteur ne fait aucun doute. Le scénario s’emploie tout de même à brouiller les pistes aussi bien que 007 lorsqu’il est à découvert face à des ennemis sans se faire toucher une seule fois malgré les rafales de tirs dans sa direction. Cet ajout n’est pas vraiment essentiel à l’histoire et cela aurait même pu être évité si James Bond et Madeleine Swann étaient allés voir Le peuple loup au cinéma, un jour de vacances scolaires. Là, ils auraient été vaccinés à coup sûr d’avoir des enfants. Ces derniers étaient donc présents en masse dans la salle pour voir la dernière production du réalisateur du Chant de la mer.

Le choix d’une sortie proche d’Halloween n’a rien d’anodin étant donné son sujet, mais Wolfwalkers, en version originale, aurait peut-être davantage trouvé son public aux alentours de Noël. Il y a une sorte de féérie dans ce conte qui invite à l’émerveillement comme avaient pu le faire les autres films d’animation de Tomm Moore sous l’égide de Cartoon Saloon. On retrouve ce style si particulier de dessin proche de l’esquisse, avec des traits de crayon qui donnent l’impression d’être en train de regarder une version Work in Progress. Pourtant, cet aspect crayonné est complètement voulu et donne son charme à ce récit issu du folklore irlandais. On y suit Robyn, qui elle-même suit son père, un chasseur de loups, jusqu’à ce que son chemin croise celui de Mebh: enfant le jour et louve la nuit.

Un concept qui se rapproche de celui des loups-garous sans pour autant que ce ne soit le cas. Il y a là quelque chose de plus onirique, tout simplement parce que la transformation en question s’effectue sous forme astrale tandis que l’enveloppe corporelle reste en sommeil. Une expérience à laquelle va être confronté Robyn après avoir été mordue et devra donc faire face à son père qui ignore tout de sa nouvelle nature bestiale. Un dilemme qui s’illustre par des plans vraiment beaux, qu’ils soient en mouvements ou fixes, où viennent se superposer des couleurs chatoyantes (Mention spéciale pour les flammes des torches dont la teinte rouge sang détone à chaque apparition). La composition des cadrages joue également avec les perspectives, parfois complètement fausses comme s’il s’agissait là du travail d’un enfant. 

Pour un film d’animation dont il s’agit de la cible principale, ce défaut se révèle être une force qui participe à l’immersion. Même si je ne faisais pas partie du public type, je ne me suis pas senti exclu pour autant lors de la projection. Au contraire, j’y ai trouvé des ressemblances avec le travail de Genndy Tartakovsky, dont j’admire la manière de raconter beaucoup de choses en faisant une économie de plans, mais aussi des similitudes avec ce souci de l’épure dont savent faire preuve certains jeux vidéo indépendants. L’aventure que propose Season after fall vient immédiatement en tête pour ses teintes automnales et le contrôle d’un renard dont le design est proche du Peuple loup. Petits comme grands peuvent donc y trouver leur compte devant cette fable touchante. Elle l’est d’autant plus que ça fait plaisir de voir des enfants se déplacer pour assister à la projection d’un dessin animé qui n’est pas en 3D, et qui ne soit pas un Disney.

Trailers

The batman

Le DC Fandom aura été l’occasion de découvrir bien des nouveautés comme la scène du réveil de Black Adam qui s’annonce prometteur, un teaser de The Flash avec un casque qui m’a un peu déçu, mais vite rattrapé par un aperçu du Batman de Keaton en attendant de revoir celui de Ben Affleck, et des images de tournages de la suite d’Aquaman qui est toujours en production. Malgré l’attente que ces films provoquent chez moi, il y aura bien d’autres bandes-annonces pour revenir dessus le moment venu, et c’est pourquoi je vais donc essentiellement me concentrer sur The Batman

Dès le premier plan, on voit que le réalisateur Matt Reeves n’a pas pioché ses inspirations que du côté des comics, notamment Batman Terre 1 de Geoff Johns, mais aussi dans des toiles de maitre. Le tableau Nighthawks de Edward Hopper y est cité d’entrée de jeu, mais le cinéaste n’a pas son pareil pour composer des plans de son cru tout aussi impactant. Je reconnais là sa précision et sa maitrise de la mise en scène telle que l’on avait pu le voir dans Cloverfield ou les deux derniers volets de La planète des singes

Je retiendrais notamment ce plan où le chevalier noir brandit un fumigène rouge tandis qu’il est suivi par une foule, et bien évidemment ce dernier plan à l’envers qui vient clore le trailer. Mais contrairement au premier aperçu l’année dernière, ici c’est l’action qui prédomine avec un Batman assez violent dans ses actes, et surtout suicidaire. Un état d’esprit que l’on retrouve dans son costume par balles qui lui permet d’avancer sans craindre les coups de feu. Par contre, je ne suis toujours pas convaincu par le masque qui est loin d’être mon gout, même si on l’imagine fait avec les moyens du bord et non dans un souci esthétique par Bruce Wayne. 

Cette version par Robert Pattinson promet d’être intéressante tout comme sa relation avec Catwoman, qui prend ici de l’importance contrairement à Gordon qui est relégué au second plan. Le Pingouin se révèle également un peu plus sous les traits d’un Colin Farrell, méconnaissable. Idem pour l’homme mystère que l’on ne voit toujours pas, ce qui est logique étant donné la nature du personnage, mais on sait d’emblée qu’il s’agit de l’acteur Paul Dano donc il n’y a pas vraiment lieu de garder la surprise. Enfin, Andy Serkis apparait comme un choix pertinent pour passer après Jeremy Irons dans le rôle Alfred. 

Mais là où ce majordome avait la charge de s’occuper d’un Bruce assez vieux en la personne de Ben Affleck, on revient ici aux premières années d’activité de l’homme chauve-souris. Un retour aux sources qui indique surtout un abandon en termes de design stylisé pour l’équipement de Batman. La chauve-souris qui orne le Bat-signal apparait ainsi comme sculptée dans les lamelles du projecteur ce qui est une excellente idée. Quant à la Batmobile qui avait toujours eu des designs aérodynamiques dans les précédentes adaptations cinématographiques, elle semble tout droit sortir d’un garage tenu par un membre de Fast and Furious.

Je n’avais pas été convaincu lorsqu’elle avait été révélée la première fois en photo, mais là je suis forcé d’admettre que dans le feu de l’action, elle s’intègre parfaitement à l’environnement en tant que véhicule purement fonctionnel. Et surtout destructeur. La musique de Michael Giachinno qui accompagne ce point d’orgue est vraiment incroyable, et je suis certain que le musicien sera renouvelé le thème de cette icône. Reste à Matt Reeves à imposer sa marque puisque beaucoup de plans rappellent encore bien trop le travail de Tim Burton et de Christopher Nolan sur le personnage. Mais sa filmographie a prouvé qu’il était capable d’imposer une imagerie forte pour illustrer des histoires portées par l’émotion.

Resident Evil

Retour de la franchise de zombie, qui avait été elle-même zombifiée par Paul Anderson et Milla Jovovitch. Outre les morts-vivants qui déambulent, on retrouve à peu de choses près un bestiaire similaire à celui du premier opus cinématographique. Même si les effets spéciaux ont l’air assez perfectibles, l’accent semble avoir été mis sur le gore contrairement à la première adaptation qui était assez propre. Ça n’en fera pas pour autant un film classé R, mais l’ambiance à l’air beaucoup plus proche des jeux vidéo éponymes.

Black phone

https://www.youtube.com/watch?v=gzEOaaFGMug

Faute de n’avoir pu donner suite aux aventures de Doctor Strange, qu’il avait initié, pour cause de différends artistiques, Scott Derrickson est revenu au genre de l’horreur pure. Un genre qu’il avait déjà exploré avec entre autres Sinister qui mettait en scène Ethan Hawkes, et qui est de nouveau présent ici en tant que kidnappeur d’enfants. L’histoire s’intéresse à la dernière prise en date de celui qui se fait passer pour une espèce de magicien au grand jour pour attirer ses proies dans ses filets. Pour autant, ses précédentes victimes seront elles aussi de la partie à travers le fameux téléphone noir du titre. Un moyen de communication qui pourtant ne fonctionne plus, mais qui est bien utile à Finney dans la cave où il est retenu captif. Ceux qui ont vécu cela avant lui feront entendre leurs voix fantomatiques à travers le combiné ce qui lui permettra de réussir là où ils ont échoué. À la vue des premières images, il y a une forte ambiance à la Stephen King qui se dégage. Et pour cause, il s’agit de l’adaptation d’une nouvelle de Joe Hill, qui n’est autre que le fils du maitre de l’épouvante. Avec un pitch aussi accrocheur, ce film pourrait bien être la surprise de ce début d’année prochaine. 

SOS fantômes

Après une suite / reboot féminin plutôt décevant, la franchise Ghostbuster choisit de s’orienter vers une forme de nostalgie pour revenir sur le devant de la scène. Et pour cela, il n’y avait rien de mieux que Jason Reitman pour succéder à son père Ivan Reitman, qui n’est autre que le réalisateur des deux premiers volets. On peut donc espérer une sorte de continuité et retrouver l’esprit des films originaux. De la célèbre voiture à la musique emblématique en passant par des easter eggs et la présence des membres fondateur, tous les ingrédients semblent réunis pour raviver de bons souvenirs. Et une petite ambiance Goonies à même l’air d’être au rendez-vous avec l’un des acteurs de la série Stranger Things. Pour ce qui est de la comédie, Chris Hemsworth cède sa place à un autre acteur de l’écurie Marvel en la personne de Paul Rudd. L’interprète d’Antman use d’un humour différent de celui du dieu du tonnerre, mais peut-être plus approprié à la licence. En tout cas, les premiers retours outre-Atlantique sont plutôt encourageants pour ce qui s’annonce le film idéal pour la période des fêtes de fin d’année.

Uncharted

Cette adaptation du célèbre jeu vidéo aura mis du temps à voir le jour. Et malgré ce délai plus que confortable pour développer l’univers de Naughty Dog, les premières images m’ont laissé un peu de marbre. Tom Holland nous est montré comme un futur Tom Cruise en faisant de lui un barman adapte des cocktails. Pas une mauvaise idée en soi puisque le personnage de Nathan ressemble de plus en plus à la star de Mission impossible. Il n’empêche que son image de Peter Parker lui colle tellement à la peau que j’ai eu du mal à l’imaginer en version jeune de Nathan Drake. Contrairement à Mark Walberg qui aurait été une bonne incarnation adulte, mais qui est ici présent sous les traits de son mentor Victor Sullivan. Préquelle aux jeux vidéo oblige, il ne porte pas la moustache, mais je suppose qu’il faudra s’attendre à des allusions. Et des incohérences puisque le troisième jeu introduisait déjà la première rencontre entre Nathan et Sullivan, et ce dernier arboré déjà cette pilosité faciale. La scène iconique de l’avion de Drake’s Deception est également présente, en espérant qu’elle soit au moins aussi impressionnante sans la manette entre les mains. Les acrobaties sont en tout cas assez fidèles, mais je n’ai pas retrouvé l’identité si particulière de Uncharted. Cela pourrait tout aussi bien être un autre titre que ça ne changerait rien. En attendant un nouveau trailer, je ne suis pas vraiment convaincu.

Buzz l’éclair 

Une première série animée centrée sur le personnage de Buzz l’éclair avait déjà vu le jour au début des années 2000, mais là c’est d’un tout autre niveau. Les premières images sur la musique de David Bowie donnent vraiment envie de se plonger dans cet univers de science-fiction. Ce qui est bizarre au demeurant, puisque l’on a découvert le célèbre cosmonaute sous la forme d’une figurine, et par extension d’un produit de merchandising. Or là, ce que l’on va voir d’une certaine manière, c’est le support d’origine du personnage, celui-là même dont Andy était fan et qui l’a poussé à acheter ce produit dérivé. En termes de design, on oublie donc le côté articulations apparentes, pour quelque chose de plus souple. La voix si emblématique de Buzz est également modifiée avec l’arrivée de Chris Evans. Finalement, c’est plutôt logique, le cosmonaute et Captain America partagent ce même sens de la justice et un idéalisme à toutes épreuves. Faute d’avoir un nouveau Toy Story pour redorer le blason de Pixar, le studio a fait preuve d’intelligence pour donner une seconde vie à cette franchise pour la propulser vers l’infini, et l’au-delà!

Films

Il y a peu de films que je considère comme étant parfait, ou qui se rapprochent d’une forme de perfection selon mes standards. Et parmi les rediffusions du mois dernier, j’ai pu en revoir deux d’entre eux. Steven Spielberg y apparait à chaque fois au générique en tant que producteur et je ne pense pas que cela soit une coïncidence. Pour autant, cela n’enlève rien au mérite des cinéastes qui sont derrière Men in black et Retour vers le futur. Le premier est une sorte de croisement entre Bad Boys et Independance Day, qui est donc dans la continuité de la filmographie de Will Smith. Un acteur essentiel à la saga et dont l’absence s’est largement fait ressentir dans MIB International. D’ailleurs, maintenant que l’on a une vue d’ensemble sur la franchise, il est amusant de constater que l’on pouvait déjà voir les prémisses du duo qu’allait former Chris Hemsworth et Tessa Thompson dans l’épilogue du premier film.

Daté de 97, il n’a pas pris une ride grâce à la réalisation de Barry Sonnenfeld, toujours aussi efficace. Celle de Robert Zemeckis est également un modèle de fluidité pour suivre les aventures de Marty à travers le temps. La famille McFly prendra plus d’importance avec Retour vers le futur 2 tandis que la ville de Hill Valley sera au centre des événements du troisième opus. J’avoue avoir moins d’affinités avec Retour vers le futur 3, mais j’ai pu constater à quel point celui-ci boucler la boucle de ce paradoxe de manière très satisfaisante. Et puis, il y a aussi le côté western combiné avec un autre genre qui me plait toujours beaucoup et dont se revendique également Priest. Un film très sous-estimé qui s’ouvre sur une scène animée de Genndy Tartakosky qui nous explique cet univers semblable à Vampire Hunter D saupoudré de Judge Dredd.

Loin d’être un chef d’oeuvre dans le registre de l’action / horreur, mais toujours mieux que Venom. Il n’y a pas grand-chose à retirer de cette adaptation des comics et le revoir une fois de plus n’a fait que mettre en avant ses défauts. Ainsi, outre Eddie Brock, on suit par intermittence une personne qui marche à l’autre bout de la planète, tout en veillant à refiler le parasite à une autre personne, jusqu’à arriver enfin à destination pour le combat final. L’adaptation de Constantine avait déjà prouvé que ce type de sous-intrigue n’était pas vraiment concluant. Malgré tout, il y reste les motivations du méchant, calqué sur Elon Musk, qui restent valables en ce qui concerne le fait d’opérer une symbiose avec ces entités pour pouvoir ensuite vivre sur leur planète et quitter la nôtre à l’agonie. En tout cas, c’est plus original que d’en faire une arme comme s’obstine à le faire Weyland dans la saga Alien.

L’antagoniste a donc au moins le mérite d’être plus intéressant que le héros en titre. Ce dernier n’est rien qu’un ersatz de The Mask et en prime, va même jusqu’à nous gratifier d’un « Splendide! ». Tom Hardy y fait son show sans aucun scrupule au détriment de l’intrigue, une critique que l’on pourrait aussi reprocher à Ryan Reynolds sur Green Lantern. L’aspect cosmique de ce comics a ici été remplacé par du comique en toutes circonstances. La mythologie voit donc son potentiel complètement gâché en étant survolé avec mépris. Toutefois, parmi ce florilège de rediffusion, il y a deux films qui ont utilisé à bon escient leur background comme Spectre qui sert à lier les précédents épisodes. John Wick 2 a lui aussi étendu ce monde de tueurs à gages, mais je ne m’éterniserai pas dessus puisque j’ai déjà dit tout le bien que j’en pensais dans une analyse à retrouver ici.

Par contre, il y a un que j’adorerais décortiquer depuis que je l’ai découvert: Get out. C’est une véritable leçon de cinéma pour Jordan Peele qui signe ici son premier film en tant que réalisateur. Sorte de mélange improbable entre Mon beau-père et moi et de Funny Game, le cinéaste y inverse les clichés chers au cinéma d’horreur et qui voient le black du groupe faire partie des premières victimes. Pire que ça, il a réussi à rendre effrayant une simple cuillère dans une tasse: un exploit. Comme quoi, il ne faut pas grand-chose pour mettre une personne à terre, et encore moins en faisant appel au gigantisme des cités mouvantes de The Mortal Engines. Malgré les efforts déployés, il est parfois difficile de se faire une idée de l’échelle d’un bâtiment par rapport à un autre. Sans compter que ces villes n’ont aucune raison valable pour justifier qu’elles se déplacent en permanence.

Alors oui, c’est beau, l’imagerie à la Bioshock Infinite est magnifique, mais il y a trop de designs d’origines différentes (j’ai notamment pensé A la croisée des mondes à certains moments) pour s’y retrouver dans ce Mad Max. Avec 2 heures au compteur, cette fresque est trop courte pour installer un univers, présenter des personnages et les diverses castes auxquelles ils appartiennent, éprouver de l’empathie pour une héroïne balafrée, mettre en scène une bataille épique pour le climax… Pourtant l’histoire essaye de prendre les devants en utilisant le logo Universal pour faire office de background, avec une voix off de rigueur bien sûr, mais cette entreprise est aussi vouée à l’échec que ne pouvait l’être John Carter en son temps, sans être aussi bien.

La faute à un scénario qui enchaine beaucoup trop vite les événements, alors qu’il y a tout de même Peter Jackson à l’écriture. On parle d’un mec qui arrive à tirer 3 films d’un seul bouquin donc c’est plutôt surprenant de sa part. Il officie également en tant que producteur et révélateur d’un nouveau poulain en la personne de Christian Rivers. Sa réalisation impressionne, notamment dans une scène de course-poursuite dans une cité alors en plein démantèlement. J’y ai vu des réminiscences de Star Wars: l’attaque des clones avec l’usine de fabrication de droïdes qui avait aussi des airs de jeu vidéo. Dans le même registre des adaptations littéraires, Da Vinci Code était quant à lui plus orienté vers le jeu de piste. Mais ce n’est pas mieux au niveau de la caractérisation des personnages inventés par Dan Brown.

La claustrophobie de Robert Langdon y est un peu trop exacerbée dans cette histoire proche de Benjamin Gates, sans le côté fun, au point que Tom Hawks arbore la même coiffure que Nicolas Cage. L’acteur fait peine à voir, lui qui a gagné un oscar, on dirait qu’il fait son possible pour se mettre au niveau des acteurs français qui hantent ce film. Visiblement, cette production américaine n’est pas allée piocher dans les meilleurs comédiens hexagonaux, il n’y a qu’à regarder La haine pour s’en convaincre. Précédé par sa réputation de film culte, je ne l’avais jamais vu jusqu’à présent en partie à cause de ça, et ce fut une véritable claque. Dans un noir et blanc très manichéen, et à la fois tout en nuance, on y assiste à de véritables performances d’acteur mises en valeur par des cadrages ultra-soignés.

Matthieu Kassovitz y délivre un travail remarquable, autant sur l’image que sur le son. Ainsi, cela donne des dialogues plus audibles lorsque des personnages parlent en arrière-plan par rapport à ceux se trouvant au premier. Il en ressort une satire sociale qui reste encore d’actualité même 25 ans plus tard. Ce problème avec les armes à feu, je l’ai également retrouvé dans The Hunt, mais cette fois-ci sous couvert de divertissement. Ecrit par Damon Lindelof, qui a l’art de politiser ses scénarios, notamment avec la série Watchmen, ici cette facette est un peu moins visible que d’habitude. Bien sûr, la thématique du port d’arme et de donner la chasse à d’autres classes sociales peut être intellectualisés de bien des manières, mais c’est le spectacle qui domine en grande partie.

L’écriture de Lindelof a même une touche très Tarantinesque dans les dialogues, l’ambiance, l’héroïne, le combat de fin… Le célèbre cinéaste aurait pu tout aussi bien réaliser cette bobine particulièrement violente. Ce même constat pourrait s’appliquer à Vivarium que l’on pourrait croire réaliser par Jaco Van Dormael tant l’esthétique évoque son Mr Nobody. Mais cela serait enlevé le mérite à Lorcan Finnegan qui créait ici une atmosphère digne d’un épisode de la 4ème dimension. Tous les pavillons qui servent de décors à l’histoire sont une certaine idée de l’enfer, comme on peut le voir dans American Horror Story ou dans Angel. Derrière cette imagerie très propre et copiée / collée d’une maison à une autre, le couple au centre de l’attention subi un véritable calvaire. 

Ils sont comme prisonniers de la routine d’une vie d’adulte, contraints de devoir élever un enfant qui n’est pas le leur s’ils souhaitent trouver une échappatoire. Un postulat de départ super intriguant, mais au fur et à mesure que l’intrigue se développe, on sent que rien de plausible ne pourra expliquer le pourquoi du comment de cet endroit. La fin viendra me donner raison quant à la nature abstraite de Vivarium. Pire encore, une fois achevée, l’histoire n’offre aucune piste de réflexion sur laquelle s’appuyer pour extrapoler des théories. Parmi la liste d’explications potentielles, il y aurait pu y avoir d’autres éléments tout aussi fantastiques (robots, extraterrestres…) que cela n’aurait absolument rien changé. À la rigueur, j’aurais même accepté de la magie en guise de réponse pour donner du sens à tout ça, à l’instar de Wandavision qui avait ce type de résolution, mais là rien n’y fait.

À partir du moment où toutes les justifications sont possibles… il n’y en a aucune de valable. C’est aussi simple que ça. Cela n’enlève rien à l’atmosphère qui se dégage de chaque plan et participe à créer cette énigme cinématographique. Plastiquement un peu moins abouti, mais beaucoup plus compréhensible, Mandy est lui aussi un trip psychédélique tout droit sorti de l’esprit tordu de Panos Cosmatos. Si son nom peut paraitre inconnu au plus grand nombre, c’est parce qu’il n’est, à l’heure actuelle, l’auteur que de deux films dont les sorties sont séparées de presque une décennie. Autant dire que ce n’est pas quelqu’un de très prolifique, mais lorsque l’on voit le résultat, celui-ci est à nul autre pareil. Pour donner un ordre d’idée, on dirait du Nicolas Winding Refn qui adapte du Lovecraft avec un soupçon de Stephen King.

Porté par un Nicolas Cage dont la carrière aligne de plus en plus les projets aussi bizarroïdes que celui-ci, l’histoire le met au centre d’un revenge movie pas comme les autres. Sur sa route, il croisera des êtres surnaturels, potentiellement échappés de Twin Peaks, et le tout culminera avec un combat de tronçonneuse filmé comme s’il s’agissait de sabres de samouraï. Un délire fantasmé dont les cadrages sont savamment composés grâce à la lumière qui a bénéficié d’un soin tout particulier. De plus, les plans sont rehaussés d’un filtre mauve qui accentue un peu plus le délire horreur cosmique. Et comme si ce n’était pas assez, le montage est entrecoupé par des titres de chapitre qui apparaissent de manière stylisée, ainsi que par des séquences animées.

Une fois le visionnage terminé, j’ai immédiatement su que j’étais en présence d’un film d’auteur complètement perché, mais intègre. Une vision jusqu’au-boutiste qui m’a furieusement donné envie de découvrir le premier film de ce cinéaste dont le titre annonce un résultat tout aussi poétique: Beyond the black Rainbow. Et puisqu’il est question de face sombre, celle de Noël a été pas mal égratignée par Krampus. Sorte de version maléfique de Saint-Nicolas, on pourrait dire qu’il s’occupe de punir les enfants qui n’ont pas été sages. À l’image de L’étrange Noël de Mr Jack, c’est comme si Halloween s’était invitée dans la nuit du 24 au 25 décembre pour ce film d’horreur. Celui-ci débute pourtant dans une ambiance bonne enfant pareille à Maman j’ai raté l’avion, puis les choses dégénèrent assez vite.

Mais ce ne fut pas aussi radical que je l’espérais. Je m’attendais à un pur film de monstres, mais finalement, l’histoire reste assez sage sur ce registre. En cela, on est plus proche de Chair de poule que d’un Freddy lors des moments de terreur. Le frisson est tout de même au rendez-vous, mais j’en ressors avec la sensation que ce long-métrage n’est pas sorti à la bonne époque. Je pense qu’il m’aurait beaucoup plus si j’avais été gamin, comme cela avait pu être le cas avec les Gremlins. Les années 80 regorgent de ce genre d’histoire et elle y aurait eu parfaitement sa place. Malgré tout, j’ai plutôt apprécié l’ensemble qui compte également une séquence animée assez bien exécutée. Quant à la conclusion, c’est toute l’imagerie de Noël qui est utilisée à bon escient entre les mains de Krampus.

Mais ce n’était là qu’un avant-gout de Noël puisqu’octobre est surtout connu pour Halloween. Et même si personne n’est venu toquer à ma porte pour me réclamer des bonbons, l’occasion était trop belle pour me mettre dans le thème avec Knock Knock. Sorte de Funny Game au féminin par le réalisateur de Hostel, dont je suis loin d’être fan, la présence de Keanu Reeves au casting ne changera rien à cette déception. Pourtant l’acteur partage pas mal de points communs avec son personnage, à commencer par le fait qu’il ait déjà eu une intrusion chez lui. Une fan qui s’était introduite à son domicile en pleine nuit et que l’on pourrait rapprocher de cette histoire en multipliant la menace par deux. Là, c’est Lorenza Izzo et Ana de Armas qui usent de leur innocence pour essayer de corrompre leur proie.

Hormis le fait qu’il soit père de famille à l’écran, Keanu Reeves joue ici son propre rôle en tant que bon samaritain et homme modèle. Mais le fait qu’il soit seul à son domicile en charmante compagnie va faire qu’il va vite céder à ses pulsions. Les mains flottantes que l’on peut voir lorsque l’acteur se prête au jeu des photos en charmante compagnie se transforment alors en attouchements bien réels. Tout ceci est consenti, mais sera retenu contre lui lorsque les deux femmes se transformeront en tortionnaires. De coup d’un soir, la soirée s’éternisera avec des coups et blessures sur leur victime. Ce qui aurait pu être un thriller psychologique plutôt malin devient alors un déferlement de violence gratuite dont on ne comprend pas trop les raisons. 

Rien ne justifie ce que font ces deux femmes, que l’on croirait sorties d’Orange mécanique, pas même l’écriture du personnage de Keanu Reeves. En effet, il est peu crédible d’avoir fait de ce protagoniste un ancien DJ reconverti en architecte. Outre ce background très particulier, on sent que l’acteur n’est pas à sa place dans ce récit. Il n’a pas l’habitude d’être à la merci de quelqu’un d’autre, sa filmographie est là pour prouver qu’il est souvent en position de force, et c’est avec Knock Knock que l’on peut assister aux limites de son jeu d’acteur qui sort de son registre habituel. Avec tout le respect que j’ai pour la star, c’est une véritable horreur, et s’il fallait une justification pour faire partie de ce genre codifié, ça serait malheureusement celle-ci. Loin d’être satisfait, et à mesure qu’Halloween approchait, j’ai donc continué sur ma lancée horrifique en plongeant dans Underwater

Troisième film de William Eubank, dont j’avais adoré The signal, on retrouve ici son style dans une certaine mesure, surtout lors des scènes de ralenti dont il a le secret. Pour autant, le récit ne perd pas son temps est va même jusqu’à s’accélérer dans les premières minutes en voyant les problèmes débarqués avant même de présenter ses personnages. Cela pourrait paraitre précipiter, mais c’est une bonne chose étant donné la faible durée du film. Toutefois, malgré l’urgence de la situation à laquelle sont confrontés les différents membres de cette station sous-marine, il y a quelques problèmes de rythme. Cette impression de flottement par moment reste toutefois utile afin de s’attarder sur les différentes personnalités qui cherchent à remonter à la surface. En tête, Vincent Cassel, mais aussi Kristen Stewart dans la peau d’une Ripley moderne. Car oui, il y a des monstres dans les parages.

L’inspiration à Alien, mais aussi Aliens pour l’esprit de groupe, est évidente. La Tian Company, pour laquelle tout cet équipage officie, est pareille à la Weyland Company qui avait été introduite dans la suite réalisée par James Cameron. Lui qui avait aussi réalisé Abyss, Underwater se révèle être le digne héritier de son travail et de sa passion pour les fonds marins. D’ailleurs, les scènes aquatiques sont extrêmement bien réalisées et le design des combinaisons, qui permettent aux personnages de sortir dans cet environnement hostile, ont un bon rendu en mouvement. Ce qui est plutôt utile pour échapper au monstre, d’abord au singulier, puis au pluriel. Toutefois, cette menace n’est pas suffisamment visible, car trop rapide dans l’ombre, pour susciter l’engouement. Même si l’on dit qu’il est préférable de garder une part de mystère, il est parfois bénéfique de lâcher un peu de lest.

Malgré cette volonté à ne pas vouloir dévoiler le design de cette créature, le cinéaste fera tout de même un effort à la fin afin de terminer sur une sorte d’apothéose. Une manière de satisfaire le public, mais qui donne une autre dimension, littéralement, à cette production qui démarrait comme une simple série B. À titre de comparaison, cela aurait pu être The trench, le fameux spin-off d’Aquaman qui avait été annoncé. Toujours est-il que ce film a largement contribué à relever le niveau de trouillomètre jusqu’au week-end d’Halloween, et le visionnage d’Hérédité. Nombre de productions se sont comparées à L’exorciste afin d’attirer l’attention du public, mais pour le coup c’est assez justifié ici. Mais ce qu’il y a de vraiment terrifiant, c’est qu’il s’agit ici d’un premier film. Ari Aster signe ici un coup de maitre et m’a rappelé James Wan dans sa manière de filmer.

Mais il ne s’agit pas ici du même type de cinéma, moins sensationnel, mais tout aussi époustouflant. Sa réalisation, d’une finesse à toute épreuve, permet de faire grimper la tension jusqu’à une fin qui est une accumulation d’images dérangeantes. On se sent alors tout petit devant Hérédité, déjà pour pouvoir se cacher dans les moindres recoins, mais aussi face au talent de son réalisateur. Il a tout d’un futur grand, il maitrise sa caméra jusque dans les effets de transition entre des maquettes, que confectionne le personnage principal, et les décors auxquels elles se rapportent. Impossible de ne pas penser au musée des miniatures à Lyon, tout comme il est impossible de ne pas reconnaitre dans ce film une oeuvre apte à être exposée. Pas aux yeux de tous, tant son contenu est souvent malsain, mais pour son importance dans l’histoire du cinéma.

Hérédité est bien le digne héritier de L’exorciste en devenant celui de cette génération. J’aurais pu m’arrêter là, mais j’ai décidé de conclure ces festivités horrifiques avec The empty man. Premier film tout aussi réussi que le précédent et qui démontre d’une totale maitrise de la part de son auteur, David Prior y livre un récit intriguant. Sur la promesse d’une légende urbaine, l’histoire s’écarte assez vite du teen movie qui m’avait été vendu, pour dériver vers une enquête autour d’une secte. Moi qui m’attendais à quelque chose dans la lignée de Candy Man, finalement c’est bien plus que ça. Et c’est surtout bien meilleur. Déjà visuellement, The empty man est aidé par un montage qui prend son temps et laisse respirer des cadres toujours très propres. Une réalisation classique qui use souvent de plans fixes, de symétries et d’une grande profondeur de champ, mais qui s’avère extrêmement efficace pour poser une ambiance.

L’histoire qui nous est contée en ressort grandie, et ce malgré les complications qu’il y a eu dans les coulisses. Je ne rentrerai pas dans les détails, mais cela tient presque du miracle d’avoir cette production sous une forme aussi aboutie. Tellement, qu’il fait son entrée dans mon top 3 des films du mois. À la deuxième place se trouve un film complètement à l’opposé à tous les niveaux, sauf en ce qui concerne la qualité: Hardcore Henry. Ce long-métrage d’à peine plus 1h30 repousse les limites de ce qu’il est possible d’accomplir en termes de réalisation. Et je ne parle même pas de caméra à l’épaule, mais d’un objectif fixé sur le visage d’un cascadeur. Oui, parce qu’avec un tel degré d’action, on ne peut pas parler d’acteur, sans compter que l’on ne voit jamais le visage de ce fameux Henry. On n’entend pas non plus sa voix ce qui rappelle immédiatement Gordon Freeman dans Half-Life

La comparaison n’a rien de gratuite puisque du début à la fin, on a l’impression d’assister au let’s play d’un jeu vidéo en vue subjective. Plus précisément, cela se rapproche des montages au format film que font des gamers afin de retracer l’histoire d’un jeu de manière succincte. Cette source d’inspiration vidéoludique est citée abondamment avec les mécaniques propres aux Doom-like. Les plus cultes d’entre eux, tels que Bioshock, ont prouvé qu’il était possible de faire une narration limpide depuis ce point de vue à la première personne. On suit donc Henry, littéralement dans le feu de l’action face à Arkan, un méchant au physique de George McFly avec des pouvoirs télékinésiques. Dans sa quête pour retrouver sa femme, il sera aidé par Jimmy et ses doubles, tous interprétés par Sharlto Copley.

Cette histoire, sorte de croisement entre Shoot’em up et Bloodshot, ne brille par son originalité, mais c’est dans son exécution qu’elle s’avère brillante. Passé un générique plutôt cool, on vit l’histoire à travers les yeux d’Henry comme s’il portait une caméra cachée. Ce n’est pas pour autant que l’on aura le droit à un plan séquence de bout en bout à l’image de 1917, le montage coupe à certains endroits afin de gagner encore plus en efficacité. Mais il y a suffisamment de segments entiers pour se rendre compte à quel point cela a dû être chorégraphie dans les moindres détails pour parvenir à ce résultat. Je pense notamment à une course-poursuite très impressionnante que l’on vit aux premières loges. On s’y croirait vraiment, tout comme les séquences de parkour qui donne le vertige grâce au côté artisanal de cette production à faible budget.

Le système D a donc été de rigueur pour donner vie aux nombreuses idées qui parsèment ce film. Pourtant, a bien y regardé et d’un point de vue extérieur, les mêmes scènes avec une réalisation classique auraient accouchées d’un nanar, au mieux de quelque chose de correct. Mais ce choix si particulier, que l’on pourrait rapprocher du found footage, fait toute la différence. Sans le côté reportage en immersion inhérent au genre, on est plus proche de la célèbre Shaky cam popularisée par Sam Raimi sur Evil Dead. C’est d’ailleurs tout aussi gore et cartoon dans son approche de la violence. C’est typiquement le type de production survolté qu’aurait pu réaliser le duo Mark Neveldine / Brian Taylor, experts lorsqu’il s’agit de faire appel à la débrouille comme en atteste les making-of de leurs films.

Il est tentant d’attribuer le mérite d’Hardcore Henry à un cinéaste chevronné, étant donné l’expérience qu’a dû nécessiter un tel tournage, mais il n’en est rien. Ilia Naïchouller est à la base le chanteur et guitariste du groupe de rock russe Biting Elbows dont il réalise aussi les clips. C’est avec ces derniers, et plus précisément Bad Motherfucker, qu’il utilisera ce système de go pro et qui donnera naissance à cette version longue. Avec Edge of tomorrow, ce film va donc rejoindre la catégorie de ce que je considère comme étant les meilleures adaptations de jeux vidéo, sans en être un à la base. Et ça aurait pu être suffisant pour être mon coup de coeur du mois si le scénario avait été un peu moins autocentré. En choisissant de se focaliser uniquement sur son héros, obligatoire en optant pour le concept du FPS, les autres personnages dépendent de leurs rencontres avec Henry pour se développer.

Il y a bien ce petit comics en annexe, Hardcore Akan, mais ce n’est guère suffisant. Cette origin story aurait mérité à être intégrée, d’une manière ou d’une autre, à la narration afin d’étoffer ce bad guy assez atypique. C’est donc pour ces raisons que Hardcore Henry n’accède pas à la première place du podium. Cette combinaison entre une réalisation audacieuse et un scénario inventif, je l’ai trouvée avec Upgrade. C’est après avoir découvert Invisible man que j’ai eu envie de m’intéresser à son réalisateur Leigh Whannel. J’ai vu en lui l’un des futurs grands à suivre et ce deuxième film de sa filmographie me confirme qu’il fait partie des cinéastes sur lesquels il faudra compter dans les prochaines années. Son style est tellement identifiable que j’ai même eu l’impression qu’Upgrade et Invisible man partageaient le même univers.

Un monde où la technologie a atteint une telle avancée qu’il est devenu courant pour les humains de voir cela empiéter sur leurs propres corps. Grey Nate lui n’a pas encore cédé à la tentation, du moins pas par nécessité, il y est même plutôt réfractaire jusqu’à qu’un richissime inventeur lui propose de lui greffer une puce lui permettant de remarcher suite à un accident. Ce n’est pas pour autant ce qui a causé sa paraplégie, mais plus le guet-apens dans lequel il s’est retrouvé et qui a provoqué la mort de sa femme. Bien décidé à retrouver les auteurs de son meurtre et à la venger, il va utiliser les ressources de cette intelligence artificielle avec qui il cohabite de manière corporelle, pour mener l’enquête tout en veillant à rester dans sa chaise roulante aux yeux du monde.

De ce postulat de base assez simple, le scénariste et réalisateur Leigh Whannel va en tirer un récit haletant. Même si le déroulement est assez prévisible, le monde qui y est dépeint est suffisamment original pour retenir l’attention. C’est un environnement dans lequel des mercenaires ont un fusil dans le bras, et s’injectent les balles dans le biceps pour recharger, ou encore des nanorobots qui sont relâchés par le biais d’un simple éternuement pour tuer leur cible de l’intérieur. C’est ce genre d’individus auxquels sera confronté Nate, mais il sera aidé par l’IA à qui il laissera le contrôle de son corps pour le sortir de ces mauvais pas. En effet, grâce à cette sorte d’assistant personnel, la victime qu’il était va se transformer en expert en arts martiaux, maniement des armes…

Des compétences sur lesquelles il va souvent choisir de fermer les yeux, laissant son corps exécuté des mouvements, et ses suspects, comme s’il n’était qu’une marionnette. On retrouve là le même type de gestuelle que l’on avait pu voir dans Venom et qui était sorti la même année, en 2018. La cohabitation n’est pas pour autant plus simple qu’avec un parasite, au contraire, on ressent encore plus le fait que le personnage ne soit que le passager d’un véhicule dont il a perdu le contrôle. Cette sensation de schizophrénie est parfaitement retranscrite grâce aux mouvements de la caméra qui suit l’action comme s’il s’agissait d’un objectif fixé sur l’acteur. J’avais découvert cette mise en scène dans Invisible man et je suis vraiment ravie de la retrouver ici comme faisant partie intégrante du cinéma de Leigh Whannel.

Et comme pour sa revisite de l’homme invisible, le cinéaste n’a pas son pareil pour offrir des conclusions surprenantes. Si le déroulement du film est assez prévisible dans son ensemble, l’ultime rebondissement viendra remettre en perspective tout ce qui s’est passé précédemment. De quoi revoir Upgrade d’un oeil nouveau, mais surtout pour m’intéresser encore plus à son créateur qui est à l’origine des scénarios des Saw et des Insidious avec son compère James Wan, mais qui a aussi une carrière d’acteur pour avoir jouer dans Matrix Reloaded ou dernièrement dans Aquaman. Plutôt atypique et surtout éclectique comme choix. Ça fait la deuxième fois qu’un film de Leigh Whannel s’accapare la première position de ce classement, j’ai donc tout intérêt à prêter attention à son actualité…

Séries

Parfois, la réalité et l’imaginaire se synchronisent pour nous donner un aperçu de ce qu’il pourrait se passer si nous vivions dans un monde de fiction. C’est ce qui est arrivé lorsque la panne de plusieurs heures qui a touché Facebook et Instagram s’est produite, tandis que je venais de terminer la troisième saison de Westworld. Il y était notamment question, entre autres, de notre dépendance aux réseaux sociaux, et par extension aux algorithmes qui gouvernent nos vies. Même s’il faudrait être sacrément ignorant pour ne pas s’en rendre compte, cette coïncidence n’a fait que confirmer l’adage qui veut que la science-fiction soit le reflet de notre société actuelle.

Une série qui est donc complètement dans l’air du temps depuis ses débuts, et plus encore depuis que l’on a enfin découvert à quoi ressemble la planète en dehors du parc. Un endroit qui n’est pas si différent du nôtre, surtout en utilisant une majorité de décors réels contrairement aux apparences. Ce n’est pas vraiment ce à quoi je m’attendais puisqu’à de nombreuses reprises au cours des 2 premières saisons, des dialogues nous ont indiqué un monde tellement sur le déclin que cette tranche aisée de la population préférée se réfugier à Westworld. On est donc loin d’une imagerie à la Blade Runner et c’est tant mieux, car cela confère à la création de Jonathan Nolan et Lisa Joy une identité propre.

Bien sûr, il y a tout de même des références, plus ou moins appuyées comme Matrix ou Ghost in the shell, mais globalement Westworld parvient à s’émanciper de ses sources d’inspiration pour proposer de la nouveauté. Tellement que cette saison 3 met de la distance avec les 2 autres qui l’ont précédé. En effet, on ne revient qu’en de rares occasions dans le parc pour vraiment explorer ce nouveau territoire. Ça sera l’occasion pour introduire de nouveaux personnages comme Caleb incarné par Aaron Paul que l’on avait déjà pu voir dans Breaking Bad. Il croisera la route de Dolores qui s’est échappée du parc et qui l’embrigadera dans sa quête pour renverser le système.

Face à eux, Vincent Cassel se fera force d’opposition et ira même jusqu’à s’adjoindre les services de Maeve, que l’on retrouve dans un premier temps à Warworld. Après Shogun World, c’est donc une nouvelle section que l’on découvre et qui est consacrée à la Seconde Guerre mondiale. Le monde virtuel sera également à l’honneur depuis son introduction en fin de saison 2 et qui compose ici de nombreuses scènes reconnaissables à leur format 16/9. Mis à part cet autre niveau de lecture, cette saison est plutôt linéaire dans son déroulement. Même si quelques flashbacks viennent s’intercaler entre certaines séquences, on est loin du niveau de complexité propre aux saisons précédentes.

Le récit se déroule donc d’une manière assez limpide sur fond d’intelligence artificielle gouvernant nos moindres faits et gestes à notre insu. Construite et contrôlée par Serac sous la forme d’un immense globe, cela se traduira visuellement par une sorte d’éclipse en négatif pour nous avertir des points de divergence dans la population. Ceux qui ne rentrent pas dans le rang, dans le sens où ils sont imprévisibles, sont ce qui va permettre à une sorte de rébellion de se mettre en place. De par sa nature chaotique, surtout depuis qu’il a tué sa propre fille, l’homme en noir sera également de la partie sans pour autant prendre part au mouvement. Électron libre parmi les électrons libres, William verra son arc narratif mis à rude épreuve jusque dans une scène post-générique riche en surprises.

Plus compréhensible et intrigante que celle qui concluait la saison 2, ce qui la précède n’est pas pour autant synonyme d’apothéose. Déjà parce qu’il y aura une quatrième saison, mais aussi parce que le couple derrière Westworld ne semble jamais avoir réussi à conclure correctement ses intrigues. En ayant plusieurs personnages à gérer, l’épisode final s’étend bien après l’affrontement tant attendu, pour donner un semblant de conclusion à chacun d’entre eux. À chaque fois que l’on pense qu’il s’agit du bon moment pour couper, la scène suivante s’enchaine et ainsi de suite. De plus, ce huitième épisode ne fait jamais preuve de démesure là où le reste de la saison avait élevé le niveau avec des robots géants, des explosions, des courses-poursuites et même un épisode spécial sous psychotropes!

La série prend donc des risques en s’éloignant de son ambiance western, déjà amorcée avec les samouraïs, en plus de se renouveler avec ce territoire inexploré. Ainsi, hormis les personnages, l’imagerie de Westworld n’a plus grand-chose à voir avec ce qu’elle était au départ. Même si j’adorais cet environnement rocailleux et ces paysages désertiques mélangés à de la haute technologie, je suis content de voir que la série arrive à exploiter son concept au-delà du postulat de base du film de Michael Crichton. Elle le transcende même sur tous les aspects grâce aux nombreuses heures de programme à son actif. Toutefois, cette dernière fournée compte deux épisodes de moins par rapport au standard qui avait été établi.

Un total de 8 épisodes d’une heure donc, voir un peu plus pour le dernier, mais tellement dense en termes d’intrigues et riches en révélations que l’on croirait assister au double en termes de durée. J’ai eu le même ressenti pour Fleming: l’homme qui voulait être James Bond, qui comptabilisait moitié moins d’épisodes pour finalement se révéler aussi long, mais pas pour les mêmes raisons. La faute à un personnage détestable en tous points, mais avec la sortie du 25ème épisode de 007, l’opportunité était trop belle pour faire connaissance avec l’homme derrière le mythe. C’était surtout l’occasion de se rendre compte que l’auteur et sa création partagent de nombreux points communs, et pas forcément des qualités.

On retrouve l’attitude et la personnalité de l’agent secret britannique à travers Ian Fleming et ce qui est acceptable (ou en tout cas discutable) dans le cadre d’une oeuvre de fiction l’est beaucoup moins lorsque c’est tiré de faits réels. Avec pour toile de fond la Seconde Guerre mondiale, dans laquelle il se retrouve embrigader en tant qu’officier du renseignement naval, Fleming va puiser dans cette expérience pour façonner ce qui deviendra une icône mondiale. Il y injectera de son vécu, notamment à travers ses relations avec les femmes, toujours à la limite du consentement. Pour ne pas dire du viol pur et simple. Un homme loin d’être sympathique, mais reflet des mœurs de l’époque pas si lointaine et pourtant à des années lumières de ce que l’on pourrait tolérer de nos jours.

Son comportement vis-à-vis de la gent féminine est tout ce qu’il y a de plus choquant. Heureusement, le monde a bien changé depuis et même si cette image de femme fatale persiste dans la saga James Bond, on la retrouve en toute logique dans les fondations qui nous sont contées. L’actrice Lara Pulver y joue ce qui inspirera la Vesper du roman Casino Royale, sur lequel on peut voir Fleming travailler, mais trop similaire à son rôle dans la série Sherlock. Bien d’autres références viendront rappeler à quel point la fiction s’inspire de la réalité avec une chanson qui passe à la radio et que l’on pouvait entendre dans Skyfall, une ersatz de Moneypenny et j’en passe. Des sources d’inspiration légitimes dont héritera cette mini série et qui serviront d’exemples pour de récentes productions.

J’ai notamment pensé au film Tolkien qui partait sur le même principe de raconter la vie de l’auteur de la Terre du milieu tout en faisant des allusions à son oeuvre. Le contexte de guerre rajoute aux similitudes tout comme la série Pennyworth de chez DC, centrée sur le majordome de Bruce Wayne, qui partage cette élégance britannique mêlée d’espionnage. Une orientation qui est censée aboutir à la création du célèbre agent secret et cela s’est jouée à peu de choses. En effet, avant chacun des épisodes, on nous informe que des noms ont été modifiés, malgré la véracité des faits, et il y en a un de taille puisque si le frère de Fleming, lui aussi auteur, n’était pas intervenu, James Bond ne s’appellerait tout simplement pas James Bond.

Et Dominic Cooper n’est pas plus Ian Fleming, son interprétation de Howard Stark lui colle bien trop à la peau. Le faire évoluer à cette même époque qu’est la Seconde Guerre mondiale donne l’impression qu’il s’agit là du personnage qu’il incarne chez Marvel. Il est en quelques sortes victime de sa filmographie à tel point que j’ai pu retrouver sa version animée dès le premier épisode de la série What if…?. Dominic Cooper y double sa version animée qui administre le sérum du super soldat à l’agent Carter à la place de Steve Rogers. Ce dernier deviendra une sorte d’Iron Man semblable à la première armure qu’avait confectionné Tony pour s’échapper de la grotte afghane où il était retenu captif.

Le milliardaire / playboy / génie / philanthrope n’aura même pas le temps de repasser par cette case à l’occasion de l’épisode 6 puisqu’il sera sauvé par un certain Killmonger. Une association de personnages qui peut paraitre incongrue au premier abord, mais qui fait parfaitement sens une fois que l’histoire se développe. Celles-ci se déroulent sous le regard omniscient du Gardien, un être capable de voir les différentes timelines et dont on avait pu voir une version live dans les Gardiens de la galaxie vol.2 lors du caméo de Stan Lee. Et ce n’est pas pour rien si cette série fait suite à Loki qui introduisait le multivers dans le MCU. Le fait que ces 9 épisodes soient animés ne change rien quant à la légitimité, et surtout l’importance, dans cet univers ultra-connecté.

Au contraire, cela revient à voir cette série comme une animatique, plutôt poussé en termes de rendu j’en conviens, telle qu’il en existe dans le milieu du cinéma afin de prévisualiser une scène avant de la réaliser. Là, c’est un peu similaire, comme si les timelines que l’on découvrait n’avaient pas été validées pour prendre part à la continuité principale que l’on peut voir à travers les films et les séries de chair et d’os. Et d’effets numériques. Il y en a tellement qu’à plusieurs reprises je me suis fait la réflexion que Marvel devrait se lancer uniquement dans l’animation pour simplifier leurs productions. Avec ce procédé, plus besoin de fonds verts, mais cette série n’excelle pas seulement sur la forme, mais aussi sur le fond.

À la réalisation de Bryan Andrews, qui s’occupe de toute la première saison, il faut donc aussi compter sur une équipe de scénaristes qui s’est fait plaisir à détourner des éléments clés du MCU. Ainsi, sous leurs plumes T’Challa devient Starlord pour ce qui sera la dernière collaboration de Chadwick Boseman avant sa disparition, Thanos est loin d’être la menace que l’on a pu voir dans Infinity War, les Avengers meurent tous les uns après les autres dans des circonstances plutôt mystérieuses… Toutes ces histoires sont très différentes et il se passe tellement de choses en 25 minutes que l’on a souvent l’impression d’en voir le double. Excepté pour l’épisode 7 qui était plutôt dispensable, même si les dernières secondes rattrapent le niveau.

On pourrait même dire que le récit commence enfin là où il s’achève, avec l’apparition d’Ultron en possession des pierres d’infinités face à Thor qui vient de terminer une rave party à l’échelle planétaire. Un pitch qui est loin de vendre du rêve en comparaison de l’invasion de zombies directement tirée d’un comics de la maison des idées. Et ils en ont à revendre, des idées, tellement que je ne voyais pas trop quelle justification les scénaristes allaient trouver à propos de la zombification de la planète. Pour tout dire, les bandes-annonces m’avaient induit en erreur puisque je m’étais laissé dire que l’infection allait être du fait de Tony Stark après s’être fait inoculer l’antidote à son mal dans Iron man 2.

L’origine de cette apocalypse zombiesque s’avère bien plus subtile que ça, et surtout ancrée dans le MCU, avec l’utilisation de la dimension subatomique. Et le bestiaire de virus qui y fourmillent. C’est ce genre de petits détails à peine exploiter dans les films, qui font de l’univers Marvel un terrain de jeu idéal pour les auteurs. Chacun des 9 épisodes possède son propre ton et un petit quelque chose qui le rend attrayant. Le premier a pour lui d’ouvrir le bal et de découvrir le concept à travers l’arc narratif de Peggy Carter. On y voit même Crane rouge invoquer une créature tentaculaire que ne renierait pas Hellboy. Le deuxième est beaucoup plus axé sur le fan service avec des easter eggs en pagaille.

Le troisième et le quatrième épisode sont assez sombres avec l’assassinat des Avengers les uns après les autres, jusqu’à une révélation fracassante sur l’identité du coupable, suivie d’un récit mettant en scène une version pervertie de Doctor Strange. C’est d’une noirceur abyssale et les effets pyrotechniques n’apporteront pas pour autant une lueur d’espoir à l’ensemble. Le cinquième aurait pu être du même acabit avec son invasion de zombies, mais il contrebalance les deux précédents avec une bonne dose de fun à l’état pur. Le sixième reviendra quant à lui à quelque chose de plus sérieux en puisant directement dans les racines du MCU avec le sauvetage de Tony Stark par Erik Killmonger, l’empêchant ainsi de devenir Iron Man.

Ce dernier devrait sérieusement revoir son entourage, puisqu’entre Iron Monger qui tente de lui dérober sa technologie dans la continuité officielle, et Killmonger qui ici fait son possible pour le manipuler et parvenir à ses fins, il y a des noms qui ne trompent pas. C’est également l’occasion de croiser Ulysse Klaw pour une apparition qui n’a rien de gratuite puisqu’il est lui aussi un marchand d’armes. Et c’est ce que j’aime dans What if…?, les connexions entre des personnages qui ne se sont jamais rencontrés, mais qui auraient pu en d’autres circonstances. Mais même s’il y a toujours des choses à redire, jusque là, c’est un quasi sans faute. Puis vient le septième épisode qui est le plus faible de la fournée. Sorte de récréation avant de commencer à tout raccorder, même Captain Marvel s’avère aussi inutile que dans les films.

Le huitième épisode signe un retour aux choses sérieuses dans un monde post-apocalyptique. Un cadre dans lequel évolue Hawkeye qui dispose d’un bras bionique pour tirer ses flèches et Black Widow qui finira par mettre la main sur le bouclier de Red Guardians. Ça ne sera pas de trop pour contrer l’armée d’Ultron pendant que celui-ci, muni des pierres d’infinité, affronte L’observateur dans un combat à la Dragon Ball Z sur fond de changements de réalités en guise de cadre à chaque mandale échangée. De quoi voir du paysage en une fraction de seconde tandis que le duo Natascha / Clint fait appel à Zola, devenu une intelligence artificielle tel que l’on peut le voir dans Winter Soldier, pour infecter le programme d’Ultron. Encore une fois, c’est là une idée qui fait sens et qui prouve que les scénaristes maitrisent leur sujet.

Ils en profitent même pour inverser certaines scènes comme celle du sacrifice de Natascha, ou encore l’épisode 9 qui voit la réunion de plusieurs héros de ce multivers immortalisé par le même travelling signature que dans le film Avengers. Ce final se révèle complètement explosif et permet de terminer cette saison en apothéose. Pour autant, cet espèce de crossover confirme qu’il ne s’agit pas là d’une série anthologique où chaque épisode est indépendant du précédent, mais bien d’une continuité à suivre en parallèle de la timeline du MCU. Et donc essentielle pour en comprendre les répercussions. 

Alors bien sûr, on se surprend à imaginer ses propres What if…?, mais c’est tout de même dommage, car il y avait là un moyen de mettre de côté pour un temps le poids de plus de 10 ans de productions pour faire venir un public qui ne voudrait pas s’y confronter. La saison 8 d’American Horror Story s’est retrouvée un peu dans ce même cas de figure lorsque je l’ai découverte. Elle avait à coeur de proposer des saisons indépendantes les unes des autres, tout en faisant allusion à ce qui avait été fait précédemment. Intitulée Apocalypse, cette saison sera surtout la rencontre entre la première, Murder House, et la troisième: Coven. À l’avènement de l’antéchrist viendront donc se joindre des sorcières et la fameuse maison hantée.

Une décision qui prive d’emblée cette huitième fournée de sa propre identité. Condamnée à se conformer aux codes visuels que ces saisons avaient instaurés sans avoir suffisamment de place pour créer les siens. C’est vraiment regrettable, car le peu qu’il nous ait permis de voir de ce monde en ruine, l’imagerie y est superbe. La brume, les silhouettes aux masques à gaz en forme de bec de corbeau, les cadrages sur des épaves, ce côté La colline à des yeux chez les infectés… Tout cela participe à donner une ambiance que j’aurais voulu voir tout au long des 10 épisodes. Hélas, on passe bien trop de temps à assister aux préparatifs de cette apocalypse que d’être plongé totalement dedans.

Mais c’est le propre d’American Horror Story que de proposer une narration tout en flashbacks, donc on ne peut pas vraiment parler de tromperie sur la marchandise. Et puis, ce n’est pas comme si la série s’aventurer souvent à l’extérieur, préférant rester dans ce bunker à la luminosité déprimante, mais bénéfique tellement les décors sont fades. Surtout comparé à la grandiloquence de Hotel. Dans ce dédale de couloirs, quand l’intrigue nous fait l’honneur de se situer durant cette fameuse apocalypse, on y croise donc l’homme au costume de latex noir ainsi que les fameuses sorcières dignes de Charmed. Leurs pendants masculins sont également de la partie en guise de nouveauté dans ce qui se révèle être une sorte de Poudlard pour garçons.

Et qui dit Poudlard, dit Voldemort. Un rôle qui aurait pu revenir à Cody Fern dont l’arc narratif est assez similaire à celui dont on ne doit pas prononcer le nom. Il incarne Michael Langdon qui, au fur et à mesure, se révèlera être le fils du diable. Jusque là, il n’y aurait rien eu de très surprenant si les scénaristes n’avaient pas décidé de lui adjoindre un androïde, sous les traits de sa mère, en guise de bras droit. La technologie et la magie font rarement bon ménage au sein d’une même production et ici, cet aparté dans la science-fiction, comme avait pu le faire Asylum avec les extraterrestres, a tendance à être hors sujet. Derrière cette création à la pointe de la technologie se cache un nouveau rôle pour Evan Peters qui cumule ici pas moins de 3 personnages.

Son aura d’acteur est même palpable au-delà de sa participation à AHS puisque l’intrigue incorpore également des éléments de sa propre filmographie, plus particulièrement X-men: days of future past. Ainsi la musique Time in a bottle se fait entendre et la mise en place d’un voyage dans le temps en guise de résolution évoque la manière dont les mutants s’y prennent pour éviter la fin du monde. Mais l’épilogue viendra rapidement rappeler tout le monde à l’ordre quant à l’aptitude des scénaristes à ne pas laisser les personnages s’en tirer. Dès lors, il est permis de se dire que l’on reverra certains d’entre eux dans de futures saisons. Après tout, même les sorcières qui avaient été condamnées à l’enfer, dans Coven ou Hotel, ont été ramenées pour les besoins de cette histoire.

D’ailleurs, cet enfer était très similaire à ce que l’on peut voir dans la série Angel, dans le sens où il s’agit de quelque chose de très commun et paisible en apparence. Une sorte de boucle, un peu comme dans le récit mythologique de Prométhée avec une punition bien moins imagée. Étonnant de la part d’une série qui ne s’est jamais privé pour multiplier les effusions de sang. Ces effets gores sont bien sûr au rendez-vous, mais ils sont moins mis en avant. Du moins, les circonstances et la thématique ne l’exigent pas ce qui est une bonne chose. Il n’y a rien de gratuit, mais il reste tout de même cette impression de céder à la facilité en connectant des saisons entre elles plus qu’avec de simples apparitions. Cette histoire aurait mérité un traitement plus indépendant afin d’en développer la mythologie. Sans être une mauvaise saison, c’est bien la première fois que je suis déçu par American Horror Story. Ou plutôt, que je ne suis pas surpris.

Comics

Parce qu’il est le héros le plus humain, malgré sa noirceur, je fais partie de ces gamins qui ont toujours voulu devenir Batman. Et puis, lorsque l’on grandit et que l’on comprend ce que cela implique, c’est à dire devenir orphelin et accessoirement hériter d’une grande fortune, on revoit vite ses ambitions à la baisse. Personnellement, sacrifié mes parents m’auraient plus couté humainement que cela ne m’aurait rapporté financièrement. Surtout qu’avec le nombre de milliardaires sur la planète, cela ne semble pas être qu’une question d’argent pour accéder au statut de chevalier noir. Il y a aussi la volonté de vouloir changer les choses et la mienne s’est vite contentée de collectionner tout ce qui se rapprochait de près ou de loin à l’homme chauve-souris, plutôt que de prendre une part active au changement.

Je me suis contenté de passer d’une lecture à une autre, suivant les aventures de ce personnage cher à mon coeur. Mais je savais que je n’étais pas le seul à avoir envisagé cette carrière de super-héros étant jeune, et il fallait bien qu’un jour ou l’autre un auteur s’empare de ce sujet. C’est Kurt Busiek qui a matérialisé cette envie à travers le comics Batman: créature de la nuit. Le scénariste avait déjà abordé un concept similaire avec Superman: identité secrète, où un enfant vivait dans un monde où l’homme d’acier n’était qu’un personnage fictif, mais se découvrait à son tour le pouvoir de voler. Ici c’est pareil, le Dark Knight n’existe qu’à travers les pages de bandes-dessinées mais sert d’autant plus d’exemples qu’il n’est qu’un humain sous son masque. Difficile donc de ne pas rapidement s’identifier à ce Bruce Wainwright.

La perte de ses parents permettra de mettre en place le reste de la trinité telle qu’on la connait avec d’un côté son Alfred de service, qui est ici un oncle de la famille, et le fameux commissaire Gordon. Ce dernier est d’ailleurs noir de peau, ce qui est une indication quant à la source d’inspiration du réalisateur Matt Reeves pour son film The Batman. De là à savoir s’il a pioché d’autres éléments de ce comics, ce n’est pas impossible puisque la démarche réaliste qu’il a instaurée pour son reboot se retrouve ici. D’une certaine manière puisque malgré la dimension très terre à terre, il est tout de même question d’une silhouette fantomatique en forme de chauve-souris. Cet esprit vengeur rappelle d’ailleurs le travail de Darwin Cooke sur Batman Ego.

Ici, son aspect est moins humanoïde, plus animal. C’est notamment visible lorsque l’on voit cette créature de profil, plus proche d’un dieu égyptien comme Anubis que d’un faciès humain. Il y a donc une vraie dimension surnaturelle qui plane au-dessus de cette histoire en apparence réaliste. Des scènes chez un psy tenteront de semer le trouble sur cette entité que Bruce voit, allant même jusqu’à donner des points de comparaison au lecteur. Ainsi, des références culturelles sont données comme La part des ténèbres de Stephen King. Un exemple judicieux et pour ma part, je rajouterais le jeu vidéo Beyond Two Souls pour être encore plus explicite quant à la nature de ce Batman fantomatique. En dire plus ne ferait que gâcher cette révélation que j’ai trouvée vraiment excellente.

Ce scénario puise dans la mythologie du chevalier noir pour mieux la réinventer. Kurt Busiek a livré un script étonnant, bien qu’un peu bavard dans la représentation des pensées de Bruce et son oncle, mais qui aurait mérité un illustrateur plus en adéquation avec son sujet. Il y a quelque chose de mystique que n’arrive pas à retranscrire Jean Paul Léon. Pourtant, son trait reste lisible en toutes circonstances, et l’artiste va même jusqu’à troquer son style graphique pour un autre en ouverture de chaque chapitre avec une couverture de comics vintage, sans pour autant réussir à captiver. Les cases sont, pour la plupart, figées dans leur écrin, l’impression de mouvement en est absente et par extension, la vie qu’elles contiennent. 

Ce défaut, très subjectif j’en conviens, ne m’a pour autant empêcher de m’immerger dans ce récit qui joue avec les codes qu’un fan de Batman ne connait que trop bien, et qui ne pourra donc qu’être surpris. Le one shot God Country en fait de même en se réappropriant des concepts et une imagerie déjà vus dans des contes et légendes, pour mieux les régurgiter dans une histoire originale. Ainsi, on assiste au mélange improbable entre Thor et Le magicien d’Oz. En effet, c’est à l’occasion d’une tempête en plein Texas que surgit une épée pas comme les autres. Et pour cause, elle répond au nom de Valofax et se présente comme le dieu des épées. Mais comme pour Mjolnir, le marteau du dieu du tonnerre, il faut s’en montrer digne pour pouvoir la brandir.

C’est entre les mains d’Emmett Quinlan qu’elle échouera en arrivant sur Terre, tout comme le démon qu’elle suivait et qu’elle tuera grâce à son nouveau porteur. Ce dernier n’a rien du héros tel que l’on s’attend à en trouver dans ce type d’histoire. Étant donné son âge avancé, il pourrait même faire office de mentor apte à léguer son savoir, s’il n’était pas victime d’Alzheimer. Une maladie qui va disparaitre dès lors que Quinlan aura entre ses mains Valofax et qui l’incitera à ne plus la lâcher, même lorsque son précédent propriétaire viendra la réclamer. C’est à partir de là que l’histoire s’ouvre sur un tout nouveau monde visuellement proche d’Asgard avec cette cité dérivant près d’un trou noir. Mais Quinlan devra aussi composer avec son fils qui a tout sacrifié pour s’occuper de lui, au détriment de sa femme et de sa fille.

Mais il va avoir l’occasion de se rattraper lorsque cette dernière va se faire kidnapper à l’occasion d’un assaut pour lui dérober Valofax. Se sentant responsable, Emmett va braver l’enfer pour la retrouver et se confronter à son ravisseur. L’envie est grande d’en savoir plus sur cet autre monde, que l’on va visiter sans trop s’y attarder, mais l’on comprend assez vite que l’intrigue se concentre essentiellement sur les personnages. Le genre du fantastique n’est qu’un prétexte pour parler de la complexité des rapports humains plutôt que de cet univers magique. Malgré cette mythologie qui s’étend un peu plus au gré des pages, celle-ci n’est pas destinée à se développer au-delà de cette histoire qui trouve sa fin dans le 6ème et dernier chapitre. 

Sous ses allures de fantasy, God Country est donc plus émotionnel que sensationnel. Les illustrations de Geoff Shaw, dont le style est proche de Sean Murphy, renforcent cette impression malgré certains design rappelant furieusement le comics Seven to eternity. Le niveau de détail qu’il injecte dans ses planches est suffisant lorsqu’il s’agit de dépeindre des paysages terrestres, mais bien loin de faire l’affaire en ce qui concerne des royaumes grandiloquents. C’est avec ce genre de différence que l’on voit vers quel aspect l’histoire va s’appuyer au détriment d’un autre. Pour ma part, le sentiment demeure quant au fait que Geoff Shaw n’était pas l’artiste idéal pour mettre en image cette histoire. J’aurais bien vu Jae Lee aux commandes, sa puissance visuelle aurait à coup sûr fait des merveilles.

Ce n’est là qu’une suggestion puisqu’en l’état, God Country est vraiment une très bonne surprise. Même l’histoire, qui n’a rien de vraiment exceptionnel, se permet un retournement de situation semblable à ce que l’on peut voir dans Les derniers Jedi et qui redistribue les cartes à mi-chemin. Pas de quoi remettre en question tout le récit, mais c’est le genre de rebondissement qui rend la lecture vraiment agréable. Je ne pourrais pas en dire autant du tome 1 de Isola qui confirme qu’il ne faut pas se fier aux apparences. Oui, les dessins sont magnifiques de bout en bout, Karl Kerschl a fait un travail incroyable. Son style n’est pas sans rappeler un dessin animé sur lequel on aurait fait des arrêts sur image. Ce rendu couplé au genre de l’Héroic Fantasy avec un sous-texte naturaliste évoque directement Princesse Mononoké, et plus globalement la filmographie d’Hayao Miyazaki.

Mais une fois que l’on a compris que ces planches étaient aussi belles que le récit était creux, il est de plus en plus difficile de passer outre. Il y avait pourtant du potentiel derrière la fuite de cette reine Olwyn transformée en tigre bleu et escortée par l’une de ses gardes: Rook. Cette dernière a pour mission de les amener jusqu’à Isola, une ile mystérieuse dont l’existence ne pourrait être qu’une légende. Un pitch intriguant qu’est loin de refléter ce premier tome et que le deuxième se devra de relever. Je n’ai tellement pas été convaincu qu’il faudra que je relise cette première partie avant de m’attaquer à la suite, ne serait-ce que pour le plaisir de revoir des illustrations et une colorisation aussi magnifique. Pour le reste, c’est tellement vide que je n’ai pas grand-chose à en dire. Mais loin de moi l’idée de vouloir descendre une oeuvre, il ne s’agit là que d’un début et j’ai bon espoir d’y voir plus clair lorsque j’en aurai une vision d’ensemble.

Mes attentes pour le mois qui débute

Je n’ai jamais été aussi proche de conclure un deal avec un client, alors on va dire que ma plus grande attente sera d’aller un peu plus loin dans ce processus. J’apprends au fur et à mesure que j’établis des contacts et on peut dire que les derniers en date m’ont été plus utiles pour tester ma réactivité. Ne me reste plus qu’à aller plus loin dans ce dialogue afin de saisir une opportunité de prouver ma valeur et me débarrasser de ce syndrome de l’imposteur. Je me sens un peu plus légitime chaque jour et un premier contrat ne pourra que m’encourager à persévérer.

Heureusement, de ce côté-là je partage ma vie avec une personne qui a toujours les bons mots pour me motiver. Ce mois-ci verra s’ajouter une année de plus pour notre couple et il me tarde de fêter ça. Dans un tout autre registre, j’ai entouré 2 dates dans mon calendrier. La première, c’est celle du 12 novembre où aura lieu le Disney + Day. Une journée qui sera surement riche en nouvelles annonces, et j’espère en trailers, pour Marvel et Star Wars. La seconde, c’est le 26 novembre pour le Black Friday. Je n’ai pas particulièrement d’achats en prévision, mais je dois avouer que depuis que j’ai eu mon problème de batterie sur mon Mac, j’ai envisagé de prendre un nouveau modèle dans les prochains mois. 

Tout est rentré dans l’ordre et cet investissement n’est plus dans mes projets, mais j’ai quand même envie de me renseigner sur les potentielles offres. Ça sera aussi l’occasion de commencer les cadeaux de Noël, même si j’espère quand même m’y prendre avant cette date assez tardive. Beaucoup plus proche dans le temps, ce mois de novembre sera surtout marqué par la sortie des Éternels dans les salles obscures. C’est tellement agréable de retrouver Marvel au cinéma de manière régulière. Je suis impatient de découvrir ce nouveau groupe de super-héros qui, d’après les premières critiques, semble diviser ceux qui ont déjà pu le découvrir…

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