Parmi le nombre incalculable de conseils à l’intention des écrivains en mal de productivité, il s’en trouve un assez atypique. Celui-ci consiste à écrire avec la police d’écriture Comic sans MS afin de libérer notre plume du poids de la perfection. Une technique qui a le mérite d’être efficace lorsque l’on a tendance à trop se relire ou tout simplement à avoir du mal à débuter. On pourrait l’assimiler à un effet désinhibant, à condition de bien veiller à retourner à une typographie plus classique une fois le travail accompli. Je me suis fait cette réflexion tandis que je parcourais les pages de mon site sans forcément mettre le doigt sur ce qui me dérangeait. Du moins jusqu’à ce que j’effectue une simple modification qui allait radicalement changer ma vision de cet espace de partage.
Il aura suffi d’un passage dans les tréfonds de WordPress afin de passer d’une police à une autre, pour que mon regard sur chaque paragraphe, chaque page, chaque article soit revu à la hausse. Pourtant, celle que j’avais à la base n’avait rien de particulièrement tape-à-l’œil ou de dérangeante. Elle était suffisamment sobre pour ne pas attirer l’attention, mais beaucoup trop neutre pour faire transparaitre une quelconque personnalité. Ce petit plus qui allait me permettre d’attirer l’attention de mes lecteurs, je l’ai donc trouvé. Pourtant, vous ne remarquerez probablement pas ce changement mineur, pas plus que l’uniformisation des couleurs, mais comme on dit: le diable est dans les détails.
Il reste encore beaucoup à faire pour parvenir au résultat que je désire, et c’est pourquoi d’autres modifications vont voir le jour dans les semaines et mois à venir. En attendant, je continue de jongler avec d’autres projets qui m’ont permis d’alimenter ma routine et dont voici les dernières avancées:
Semaine 44 – du lundi 01/11 au dimanche 07/11: 10557 mots
Semaine 45 – du lundi 08/11 au dimanche 14/11: 10588 mots
Semaine 46 – du lundi 15/11 au dimanche 21/11: 10548 mots
Semaine 47 – du lundi 22/11 au dimanche 28/11: 10597 mots
Sur mon chemin, j’y ai franchi les paliers des 570, 580 et 590 jours d’écriture sans la moindre interruption. Plus que quelques jours avant de pouvoir enfin planter mon drapeau au sommet de cette montagne de travail que représentent 600 jours à produire un quota de 1500 mots minimum.
Mais grâce à cette endurance, j’ai pu voir de nombreux projets aboutir, et d’autres profiter de cette impulsion pour voir le jour. À ce propos, le mois dernier, je me suis octroyé une petite récréation en réinterprétant à ma manière une histoire que j’ai toujours voulu raconter. Et qui existe déjà. Une façon de rendre hommage à un récit culte à mes yeux, en plus d’être fondateur dans ma cinéphilie, mais qui m’a aussi donné envie de raconter des histoires. Cet exercice d’imagination se poursuivra jusqu’à la fin de l’année tandis qu’en parallèle, la rédaction d’articles pour le blog fera son grand retour. Une condition nécessaire si je souhaite être aussi régulier dans mes publications, à l’image de ces deux dernières années.
À cela va donc s’ajouter un long travail de recherches approfondies afin d’être le plus exhaustif possible sur chaque oeuvre que j’ai choisi d’analyser. C’est contraignant et fastidieux, mais si c’est pour avoir ce genre de retours de la part de leurs créateurs, alors je signe tout de suite:
Derrière ce pseudonyme se cache le duo de réalisateur responsable de Blood Machines. Avoir attiré leur attention fut une véritable surprise, doublée d’une reconnaissance de mon travail. Une victoire qui m’encourage donc à mettre en avant certaines oeuvres méconnues ou à donner mon point de vue sur des productions plus grand public.
Ces dernières semaines ont d’ailleurs été riches en découvertes en tous genres. Qu’il s’agisse de comics, de séries télé, de films… J’ai englouti une quantité assez conséquente de pages, de mots, d’images et de pellicules, tellement que tout retranscrire dans ce seul article serait indigeste. J’ai donc décidé que j’allais faire leur compte rendu à travers plusieurs éditos. Celui-ci, celui du mois prochain et en début d’année. Une manière comme une autre de m’auto-réguler, mais aussi de donner de l’espace à chacune des oeuvres qui ont croisé ma route, et ça commence maintenant.
Cinéma
Les premiers retours faisaient état d’un film encore pire que Thor: le monde des ténèbres. Ayant beaucoup apprécié cette deuxième aventure du dieu du tonnerre, contrairement à bien des fans du MCU, je partais donc plutôt confiant pour découvrir Les éternels. Avec Shang Chi, c’est la seconde fois en 2021 que Marvel introduit de nouveaux personnages dans son univers en pleine expansion. Mais ce groupe de super-héros a beau s’inscrire dans la phase 4, leur histoire démarre bien avant le tout premier Iron Man. Et c’est peu de le dire puisqu’on les découvre aux prémisses de l’humanité et l’on va traverser les âges en leur compagnie. De la Mésopotamie à Bollywood, la réalisatrice Chloé Zhao donne à voir leur influence sur la race humaine, mais aussi leur discorde par rapport à leur mission sur Terre.
Alors bien sûr, depuis la fin de la phase 3 et le claquement de doigts de Thanos, le récit se doit d’expliquer pourquoi ce groupe n’a pas pris part au combat. C’est là l’un des inconvénients à avoir un univers connecté, il faut s’assurer de bien placer ses pions sur la chronologie afin que chaque absence soit justifiée. En l’occurrence, ici il s’agissait de l’ordre d’un Céleste nommé Arishem qui leur a ordonné d’agir que si les Déviants venaient à attaquer. Et bien sûr, c’est le cas au moment où prend place l’histoire. Celle-ci s’étale sur plus de 2h30, ce qui est long, mais nécessaire pour introduire la dizaine de protagonistes que sont Sersi, Ikaris, Théna, Ajak, Kingo, Sprite, Druig, Phastos, Makkari et Gilgamesh. Un sacré panel sans compter les personnages secondaires, mais qui sont amenés à prendre de l’importance par la suite.
C’est notamment le cas pour Kit Harringthon qui est amené à revenir dans les parages. Mais contrairement à ce personnage, Les éternels n’ont pas pu être introduits dans un autre métrage pour faciliter la connaissance de ces nouveaux venus auprès du public. Il manque également une sorte de parrain pour porter le film, un peu comme avait pu le faire Tony Stark avec Peter Parker. Mis à part le background mentionnant Thanos, ce long-métrage pourrait tout aussi bien être détaché de l’univers bâti par Kevin Feige. Ce détachement de la continuité se fait également par une réalisation qui troque en grande partie les fonds verts pour des décors naturels. Un changement que l’on doit à l’oscarisée Chloé Zhao tout droit venue du cinéma indépendant. Elle fait ici un sacré grand écart par rapport à sa filmographie, sans compter qu’elle va puiser son inspiration chez la concurrence.
En effet, les prouesses des Éternels (mention spéciale pour la super-vitesse) rappellent fortement la manière dont Zack Snyder a mis en scène les super-héros de chez DC Comics. Et comme ce dernier avec son Director’s cut de Justice League, elle aurait du découper son film en chapitre. Voir même à en faire une série tellement l’intrigue est dense. Le format épisodique sur Disney + aurait assurément mieux convenu pour permettre à l’ensemble de se développer au rythme des différents flashbacks. Et il y en a beaucoup pour situer où se trouve chaque Éternel depuis leur séparation jusqu’à leurs retrouvailles pour faire front contre une menace commune. C’est donc les Deviants qui ont le rôle d’antagonistes, du moins en apparence. La leur n’est pas forcément mémorable, mais suffisamment unique pour permettre au film d’avoir une identité propre.
Il y a là des designs que l’on ne retrouvera pas ailleurs et qui donnent lieu à des affrontements souvent homériques. Malheureusement, il manque une musique vraiment épique pour emporter les images à un niveau supérieur. Aucun thème ne reste vraiment en tête, ce qui est assez rare dans le MCU. L’humour a également été revu à la baisse par rapport aux autres productions qui avaient la blague facile. Ici, lorsque le ton se fait plus léger, on sent que le trait est quelque peu forcé ce qui risque d’être problématique lorsqu’il va falloir interagir avec les autres héros de chez Marvel. On peut d’ailleurs avoir un aperçu de cette future interaction par l’intermédiaire d’une scène post-générique où l’ambiance est loin d’être aussi pesante que les 2h37 qui ont succédé.
À voir donc ce que cela donnera avec des projets de plus grandes envergures. Et tout comme Les éternels avait dû gérer les répercussions du claquement de doigts de Thanos, les films suivants vont devoir s’expliquer suite au climax impressionnant de cette histoire. Où était Doctor Strange, Spider-man…? Quelle que soit la raison, il faudra y faire allusion tant le cataclysme qui s’est produit n’est non seulement pas passé inaperçu, mais a changé la face de la planète pour toujours. Et donc du terrain de jeu du Marvel Cinematic Universe. En tout cas, ce qui est sûr c’est que ce 26ème film offre de la diversité, autant par son casting éclectique que dans sa proposition de science-fiction cosmogonique. Il y a là un fort potentiel pour explorer les origines de la maison des idées.
Bons plans et astuces
Faute d’avoir un calendrier de l’avent rempli de chocolats à déguster, le mien sera virtuel. Et le votre aussi, peut-être. En effet, Izneo propose de venir télécharger le premier tome d’une bande dessinée chaque jour jusqu’au 25. L’occasion d’alimenter une bibliothèque numérique en découvrant de nouveaux titres sélectionnés pour l’occasion. Chaque BD est disponible durant une période de 24 heures avant de laisser sa place à la suivante. Bien sûr, la démarche derrière cette opération est de poursuivre les séries commençaient en achetant les autres tomes, mais rien ne nous y engage.
Pour ma part, je serai donc au rendez-vous.
Films
Lors du compte-rendu du mois dernier dans cette même catégorie, j’ai pris conscience de ma consommation excessive. J’ai moi-même eu une sorte d’overdose lors de la phase d’écriture pour retranscrire la vingtaine de productions que j’avais pu voir en l’espace d’une trentaine de jour (sans compter les séries télé, les comics et j’en passe). C’est pourquoi j’ai décidé de revoir à la baisse le nombre de films que j’ingurgite, que ce soit pour redonner à ces moments l’importance et l’attention que je leur accorde, ou pour laisser plus de place à d’autres activités comme la lecture, les jeux vidéo… En divisant par 3 mon visionnage de longs-métrages, rien qu’en abandonnant les rediffusions de films déjà vus 100 fois, j’ai aussi réduit mes chances de tomber sur une véritable perle comme c’est le cas ce mois-ci.
Pas de coup de coeur donc, mais des productions qui oscillent entre le mauvais et le très sympathique, mais toujours avec une bonne dose de divertissement comme je les aime. Monster Hunter fait partie des plus faibles de la fournée. Réalisé par Paul WS Anderson, qui signe ici une nouvelle adaptation vidéoludique après la saga Resident Evil, ce n’est guère plus glorieux. Mais contrairement aux zombies de chez Capcom, je n’avais jamais joué à Monster Hunter ce qui m’a permis d’apprécier un minimum cette histoire. Je me garderais donc bien de faire des comparaisons entre les deux médias pour juger le film pour ce qu’il est. Milla Jovovitch, la femme du réalisateur, est une fois de plus au centre de cette intrigue qui la transporte dans un monde désertique et en proie à des créatures.
Cette héroïne croisera sur son chemin un autochtone expert dans l’art de la chasse. Ils mettront leur savoir en commun pour survivre sur ces terres arides et dangereuses, car le moindre déplacement alerte le monstre sous la surface. Dans le feu de l’action, et même s’il y a tout un bestiaire avec bien d’autres particularités, cela ressemble donc beaucoup à Dune et ses vers de sable. J’ai eu ce même sentiment avec Tremors, une série B qui exploite plutôt bien son sujet. Sorte de western contemporain où des vers s’attaquent aux habitants d’une petite bourgade paumée. Kevin Bacon fait partie des effectifs pour combattre ces monstres qui sont basés sur les mêmes caractéristiques que les fameux « Shai-Hulud » inventés par Frank Herbert dans son épopée galactique.
Ici, on reste sur quelque chose de très terre à terre mais efficace de bout en bout. Les années 90 étaient décidément le bon vieux temps où les impératifs étaient de faire un bon film, sans forcément plus de prétention. En choisissant de situer son intrigue rétrospectivement avant cette décennie, Wonder Woman 84 n’en est pas pour autant meilleur. Cette suite l’est déjà plus que le film original, qui n’était qu’un flashback géant, mais il y a encore du chemin à faire avant d’offrir à l’amazone un récit à sa hauteur. Pourtant, la plupart des reproches que je pouvais faire à Wonder Woman premier du nom on ici était balayé grâce à la réalisation de Patty Jenkins qui s’affirme enfin. C’est notamment visible lors d’une scène d’ouverture très impressionnante basée sur une série d’épreuves.
Les scènes d’action sont également beaucoup mieux gérées, sans pour autant susciter de réelles émotions. La faute à un scénario insipide dont les motivations du méchant sans parfois flous. À la rigueur, j’aurais préféré que le film se situe lors de la Seconde Guerre mondiale, afin de créer une continuité avec le premier opus, pour enfin clore cette trilogie avec un hypothétique troisième conflit à notre époque. Nous n’avons d’ailleurs jamais son point de vue sur les horreurs perpétrées par Hitler, ni même si elle a essayé de s’y opposer. Le retour de Steve Trevor était tout désigné pour délivrer ce genre d’information en guise de rétrospective de ce qu’il a manqué depuis sa mort dans le premier volet. Néanmoins, leur alchimie fonctionne toujours aussi bien grâce à une situation inversée par rapport à leur rencontre initiale.
Là, c’est Gal Gadot, toujours impeccable dans le rôle, qui est chargé d’apprendre à Chris Pine les coutumes de cette nouvelle époque dans laquelle il vient d’atterrir. On passe donc par la fameuse case du choc des cultures que l’on a déjà vu 100 fois, mais qui ici s’inscrit dans les années 80. Une période qui a également vu naitre les premières aventures de Superman au cinéma et dont la réalisatrice semble s’être beaucoup inspirée en ce qui concerne l’ambiance générale. Mais cela n’est guère suffisant pour relever le niveau. L’armure dorée, Cheeta en guise de némésis, l’avion invisible… Rien de tout ça ne permet de passer outre un scénario bancal où les événements s’enchainent maladroitement. Un peu comme cette transition avec l’oeuvre suivante.
En effet, de 84 on passe à 1408, mais pas l’année, la chambre. Adapté d’une nouvelle de Stephen King, Chambre 1408 se veut être un huis clos dans le style de la saison 5 d’American Horror Story, très justement intitulé Hotel. Même si le maitre de l’horreur est à l’origine de cette histoire, elle n’est toutefois pas aussi terrifiante que la série anthologique de Ryan Murphy et Brad Falchuk. On retrouve néanmoins les clichés récurrents chers à l’auteur avec un personnage qui est un écrivain désabusé avec un penchant pour l’alcool et cynique à souhait. Les siens vont d’ailleurs prendre vie d’une manière ou d’une autre entre les murs de sa chambre d’hôtel. Même s’il ne révolutionne pas le genre de l’épouvante, ce long-métrage fait preuve d’une certaine inventivité pour tenir en haleine dans un espace aussi restreint et limité.
À l’opposé, dans Happy Birthdead, c’est plus le temps qui sert de cadre à l’intrigue. Comme l’avait fait Edge of tomorrow pour renouveler le genre du film d’invasion extraterrestre, ici c’est le slasher qui utilise la boucle temporelle et toutes les impressions de déjà vu qui vont avec. C’est ce qui arrive à Tree, une étudiante qui se fait assassiner le jour de son anniversaire. Son agresseur quant à lui dissimulera son identité sous un masque représentant une tête de bébé. Une figure terrifiante qui colle assez bien à la thématique du jour d’une naissance, en plus de relever le défi de proposer autre chose que la mythique Ghost face. Chaque apparition fait donc son petit effet, tout comme les innombrables morts qui font de cette production un croisement improbable entre Un jour sans fin et Destination finale.
Suite à cette bonne surprise, j’ai enchainé avec le bien nommé Happy Birthdead 2 you. Un titre original, à l’image de son concept qui est cette fois-ci beaucoup plus exploité au point de mettre le côté horreur en retrait. Le voyage dans le temps y est central puisque l’histoire va jusqu’à revisiter le premier film comme avait pu le faire Retour vers le futur 2 en son temps. Un parti pris risqué pour ceux qui ont aimé l’original pour son aspect horreur et non science-fiction. Le genre est exploité dès la scène d’introduction qui reprend l’épilogue du premier film, mais d’un autre point de vue. Cependant, Tree revient assez vite au centre des événements qui vont l’amener à découvrir le pourquoi du comment de cette boucle temporelle.
Mais qui dit voyage dans le temps dit également paradoxe, et le film n’échappe pas à certaines incohérences avec des intrigues qui ne trouvent aucune résolution. Ou alors peut-être dans un éventuel troisième volet qui apportera un éclairage supplémentaire sur cet opus, comme a pu le faire celui-ci avec le précédent. Mais le film fait clairement sentir que ce n’est pas sa priorité par le biais d’une bonne dose d’humour qui le rapproche un peu plus du film de Bill Murray, et de son jour de la marmotte, que d’un film d’horreur. C’est notamment le cas à travers les morts volontaires que s’inflige l’héroïne afin de revenir à son point de départ. Mais lorsqu’il s’agit de mise à mort, il est impossible de ne pas évoquer Mortal Kombat.
Cette catégorie a débuté avec un film de Paul WS Anderson, l’homme qui a porté pour la première fois le jeu vidéo à l’écran, et il était donc logique de la clore avec sa nouvelle adaptation. Cette dernière est à la fois fidèle à son média d’origine et frustrante dans sa manière de ne pas donner au spectateur ce qu’il est venu chercher. En effet, le Mortal Kombat du titre n’aura jamais lieu malgré les affrontements à la chaine. On sent là une volonté de vouloir capitaliser sur une trilogie en gardant ce tournoi pour le grand final. C’est bien dommage, car le film de 95 avait au moins pour lui de donner corps à ce concept de combat ayant pour enjeux notre monde. Là, on est dans une sorte de phase de recrutement et surtout de teasing, mais à trop retenir ses coups le long-métrage se prive d’un spectacle qui aurait pu être dément.
Mais la violence est tout de même au rendez-vous avec des fatalities très graphiques. Le gore est donc présent dans une certaine mesure et les répliques du jeu vidéo ont été conservées en version originale. Pour ma part, je l’ai visionné en VF et ce changement de langue a de quoi mettre de l’ambiance, plus que cela ne sort du contexte. Au mieux, cela prête à sourire tout comme le personnage de Kano dont l’humour transpire à travers chacune de ses répliques. Cela n’empêche pas cette nouvelle version de Mortal Kombat de se prendre au sérieux. Dès les premières minutes, le récit adopte une entrée en matière loin d’être accessible pour les amateurs du jeu: entièrement sous-titré et prenant part dans un japon féodal.
On est donc loin de l’imagerie mystique véhiculée par la franchise, mais nécessaire pour ancrer l’histoire dans quelque chose de plus tangible. Au contraire, la mythologie est sous-exploitée malgré quelques scènes sur Outworld. J’aurais aimé en voir plus et entrer de plain-pied dans cet univers fantastique. Mais ce n’est pas forcément un mal étant donné la qualité des CGI souvent perfectibles pour représenter ce monde et ses habitants. On dirait que l’équipe des effets spéciaux s’est essentiellement concentrée sur Sub-zéro et Scorpion, et cela vaut aussi pour les scénaristes. Pour preuve, certains combats n’ont parfois aucun sens d’un point de vue émotionnel. Jax en est l’exemple le plus flagrant lorsqu’il dit qu’il a un compte à régler avec Reiko pour le combat final, alors que c’est tout de même Sub-zéro qui lui a brisé les bras.
Du coup, cela fait surement allusion à une connexion entre les deux personnages dans les jeux vidéo, mais en attendant le film ne nous montre rien de tel. Peut-être que cette rivalité nous est montrée lors d’une scène coupée et si c’est le cas, elles doivent être nombreuses. En effet, après une première moitié qui prenait son temps pour installer son ambiance, le montage se fait plus bizarre à mi-chemin avec des combats rushés au possible. L’écriture des personnages souffre alors grandement de ce changement de rythme avec un Raiden qui semble n’intervenir que lorsque ça l’arrange. Pratique en guise de deus ex machina.
Malgré tout, Mortal Kombat reste sacrément divertissant mais aurait pu l’être encore plus avec James Wan à la réalisation. Il n’est présent ici qu’en qualité de producteur, mais son savoir-faire derrière la caméra dans le domaine de l’horreur et du blockbuster était la combinaison idéale pour une fatality d’exception.
Trailers
• Morbius
À l’origine, le personnage aurait dû avoir une première incarnation dans Blade 2 après une brève apparition dans une scène coupée du premier film. Guillermo Del Toro aurait donc pu être le premier à lui donner vie, autant qu’un vampire puisse l’être, mais Marvel en a décidé autrement à l’époque. Presque 20 ans plus tard, c’est finalement à Daniel Espinosa que revient la charge de transposer à l’écran Morbius sous les traits de Jared Leto. Après avoir incarné le Joker dans Suicide Squad, il quitte DC pour Marvel mais n’incarne pas pour autant un super-héros. Et c’est bien le problème avec ce type de film qui se charge de faire passer des badguys pour des anti-héros en leur trouvant des circonstances atténuantes. Pire encore, ce trailer ne révèle aucun antagoniste à lui opposer en guise de menace. Rétrospectivement, même la bande-annonce de Venom, auquel il est fait référence de manière humoristique, laissait entrapercevoir un ennemi à affronter. Là, Morbius semble tout puissant ce qui ne représente guère d’intérêt.
Reste donc la réalisation qui n’annonce rien d’aussi catastrophique que les aventures du symbiote, mais ça sera le montage du film qui permettra d’en juger. Si je me fie à Life: origine inconnue, qui est le seul long-métrage que j’ai pu voir du cinéaste, alors il est possible d’avoir une mise en scène assez élaborée. Mais on ne va pas se mentir, mon attrait pour cette production n’a d’égale que la promesse de son ouverture sur le multivers du MCU. Comme lors de la première bande-annonce, on peut y voir Michael Keaton reprendre son rôle de Vautour qu’il avait dans Homecoming. Une présence au casting qui a de quoi intriguer, tout comme les références aux Spiderman de Sam Rami mais aussi à celui de Marc Webb. Avec un peu de chance, peut-être verra-t-on enfin Morbius évolué aux côtés du nouveau Blade que Marvel est en train de préparer…
• Spiderman: no way home
Aussi attendue que la première bande-annonce, celle-ci développe un peu plus la notion de multivers. C’est l’occasion de voir un peu mieux les visiteurs de ces réalités alternatives comme le Docteur Octopus qui semble récupérer la nanotechnologie du costume de Peter. Une subtilisation qui pourrait autant expliquer le revirement d’Otto Octavius dans bon camp, mais aussi introduire le nouveau costume noir de Spiderman qui est lié à la magie de Strange. Un upgrade qui ne sera pas de trop pour combattre Electro, avec un nouveau look, l’homme sable, le lézard et le bouffon vert. Les paris sont lancés quant à savoir qui sera le dernier membre de ces Sinister Six!
Par contre, ceux concernant la présence de Tobey Maguire et Andrew Garfield sont clos. En effet, pas mal de plans sont étrangement vides, ce qui permet de spéculer sur une retouche de la part de Marvel pour préserver LA surprise… qui n’en est plus vraiment une. Pour preuve, ce plan, dans le trailer brésilien, où le lézard réagit à un coup porté par un personnage invisible. Il y a suffisamment de place à l’écran dans la composition du cadre pour rajouter bien d’autres personnages. Mais aussi claire que la première bande-annonce avait annoncé l’arrivée d’Octopus, du bouffon et des autres antagonistes, que l’on a pu découvrir un peu plus en détail ici, celle-ci s’achève sur quelque chose qui sera amené à être dévoilé dans l’ultime trailer. À n’en pas douter, il s’agira de la venue des autres Spider-Men.
Séries
Il y a des histoires que l’on imagine sans peine se voir transposer sur le petit écran. Rien que leur univers foisonnant est une invitation à se voir développer sur plusieurs saisons. Puis, il y a les autres. Ces oeuvres à qui l’on n’a rien demandé, mais qui occupent un temps d’antenne non négligeable avec pour seul prétexte de capitaliser sur un succès d’antan. Une nuit en enfer fait partie de cette catégorie où il est permis de se demander qu’elle est la démarche artistique derrière un tel projet. Si réunion il y a eu pour valider la mise en chantier d’une série tirée de ce film, alors j’aimerais y avoir assisté pour en entendre les arguments. Aussi culte que soit ce long-métrage de Robert Rodriguez, peut-être son meilleur avec The Faculty, il n’y a pas grand-chose qui puisse justifier une adaptation au format sériel.
Visiblement, les personnes derrière ce projet ont dû en arriver à la même conclusion au regard du résultat. Et ce n’est rien de le dire, car il ne s’agit, ni plus ni moins, que de la trame du film original, mais étalée sur 10 épisodes. À titre d’exemple, le pilote prend 45 minutes pour refaire les 5 minutes de la scène d’ouverture, mais en moins bien. Sur le même schéma, chaque scène est ainsi pressée jusqu’à la dernière goutte pour tenir le temps d’un épisode. En plus d’être ralentie au maximum, la narration ne cesse de revenir en arrière à coup de flashbacks pour s’intéresser à un personnage en particulier à chaque fois. Ce qui n’était donc que des figurants dans un coin de l’écran ou des personnages secondaires, ont donc une présence plus accrue.
Mais même en leur octroyant un passif, les acteurs peinent à donner de l’épaisseur à leurs rôles. Sur ce même procédé, la série profite de toutes les zones d’ombre du scénario original signé par Quentin Tarantino, en y voyant un prétexte pour s’y engouffrer là où cela participer à la fluidité du film. Trop lent pour être réellement haletant, l’arrivée à l’emblématique Titty Twister ne se fera qu’en milieu de saison. Avant cela, il aura fallu passer par une exposition laborieuse, heureusement ponctuée de quelques bonnes idées. Ces dernières tournent principalement autour de la mythologie des vampires qui se base cette fois-ci sur les serpents, et non des chauves-souris comme le veut la légende.
Une nouveauté qui donne son identité à la série et qui entraine avec elle son lot de changements en ce qui concerne les aptitudes des suceurs de sang. Outre le fait que les croix n’aient plus tellement d’influence sur ces créatures, tout comme le soleil lors de certaines scènes, ils sont désormais capables de changer d’apparence, à l’image des serpents qui muent pour se défaire de leur ancienne peau. Toutefois, cela n’a rien d’aussi graphique et se traduit juste par un morphing, mais ça a le mérite de renouveler une iconographie désuète. En tout cas, il n’y a là rien qui n’aurait pu être exploré dans un autre opus d’Une nuit en enfer plutôt que sur ce format. Car oui, le long-métrage de 1996 aura engendré deux suites, tout aussi mauvaises que cette série.
L’un des acteurs ayant participé au deuxième opus, sous-titré Le prix du sang, est de retour au casting… Dans un rôle complètement différent de celui qu’il tenait! Rien qu’avec un tel détail, on ne peut pas dire que la cohérence faisait partie des priorités. Robert Patrick devient donc le pasteur Jacob Fuller et croisera la route des frères Gecko. Bien évidemment, George Clooney et Quentin Tarantino ne reforment pas leur tandem et les acteurs choisis pour les remplacer sont condamnés à les singer. D.J. Cotrona et Zane Holtz sont non seulement loin d’être aussi charismatiques, mais ils sont voués à ne pas pouvoir laisser exprimer leurs jeux d’acteur, sous peine de ne plus être en accord avec l’oeuvre d’origine.
Ritchie est donc toujours aussi malade mentalement, mais cette fois-ci, ce diagnostic trouve une origine dans une sorte de connexion avec une femme vampire. Mais en voulant explorer cette piste scénaristique en guise de fil rouge, on perd l’essence même du personnage qu’avait incarné Tarantino. Il n’était juste qu’un type instable et capable de partir en vrille à tous moments. Le fait de justifier son comportement par une force extérieure, et non son mal-être intérieur, dénature complètement l’ainé des frères Gueko. En offrant des circonstances atténuantes à ses pulsions meurtrières et sexuelles, dont il est l’esclave dans le film, on perd le côté imprévisible de Ritchie. Mais ces circonstances atténuantes pour le personnage ne peuvent s’appliquer à l’ensemble de la série.
La présence de Robert Rodriguez à la réalisation du premier épisode ne donne pas plus de légitimité à l’existence de ce show. Son investissement n’est en rien un gage de qualité artistique, pas plus que financier puisque le budget ne semble pas voler très haut. Pourtant, l’imagerie n’a rien d’exigeante, mais on sent qu’aucun effort n’a été fait pour rehausser l’ensemble. Les petits easter eggs disséminés çà et là à l’univers étendu de Tarantino ne viendront pas susciter le moindre intérêt. Pourtant, il y avait des références plus intéressantes à faire, ne serait-ce qu’avec l’aspect vestimentaire du duo. En costard / cravate, la connexion avec Reservoir Dogs était assez simple en faisant des frangins d’anciens membres de cette bande de braqueurs.
Celle qu’ils constitueront au fil de leur rencontre sera loin d’être aussi éclectique. Seul le traitement de Sex Machine parvient à susciter la surprise au point d’avoir envie de voir un spin-off centré sur lui. Il y a là un potentiel pour une histoire dans la lignée de Ash Vs Evil Dead, ce que j’espérais déjà voir avec cette adaptation prévisible en tout point pour qui connait Une nuit en enfer. C’est donc bien peu de choses et s’il fallait trouver une qualité à ces 10 épisodes, ça serait de donner envie de revoir le film d’origine. Encore. Je l’ai tellement vu qu’il m’a été assez facile de dire là où l’intrigue prenait des libertés par rapport à celle de base avec l’ajout du second du Texas ranger, ou encore la fin qui prend une autre direction.
Une trahison nécessaire afin de pouvoir mener à une deuxième saison que je n’ai pas forcément envie de regarder. Même s’il y a une curiosité malsaine à voir où va aller l’histoire avec ces personnages qui n’ont pas connu de suite, puisque les volets suivants du film s’intéressaient à d’autres protagonistes. En toute logique, la saison 2 devrait donc offrir de l’inédit puisque tout ce qui faisait le premier opus a été épuisé par cette relecture. Dans tous les sens du terme. En tout cas, on ne peut pas dire qu’Une nuit en enfer se prêter particulièrement à cet exercice d’exploration de son univers, contrairement à Tron Uprising qui est une oeuvre hautement sous-estimée.
À la fois suite du film original et préquelle de Tron Legacy, en faisant le pont entre ces deux oeuvres sous la forme d’une série animée, l’histoire prend place uniquement dans l’environnement virtuel. Au rythme de 19 épisodes d’une vingtaine de minutes chacun, on replonge donc dans La grille sous le règne de Clu. Plus précisément, l’histoire s’intéresse à Beck, un nouveau personnage qui va devenir le disciple de Tron pour mener la révolte. Il y a d’ailleurs un côté très Batman Beyond dans le rapport, outre ce monde futuriste, entre élève et maître, avec l’héritage que cela implique de porter le costume de Tron pour poursuivre la lutte.
Et comme Terry McGinnis, le jeune héros à un quotidien similaire, tiraillé entre les sorties en boite avec ses amis et les missions dont il doit s’acquitter. Il sera alors connu sous le nom de Renégat auprès de la population et ce n’est rien de moins qu’Elijah Wood qui lui prête sa voix. D’autres grands noms comme Lance Henriksen, Mandy Moore ou Kate Mara sont également au casting vocal pour donner vie à cet univers. Pour l’occasion, Olivia Wilde reprend le rôle de Quora qu’elle tenait dans le film de Joseph Kosinski. Lorsqu’on la croise dans le récit, elle n’a pas encore croisé le chemin de Flynn, mais cela n’empêche pas de voir ce dernier.
C’est notamment le cas lors d’une scène qui réinterprète une séquence flashback de Tron Legacy qui voyait le début de la rébellion de Clu. Pour une raison que j’ignore, cette reproduction en version animée voit Tron vêtu d’une combinaison blanche, là où elle est noire en live. Aucune explication ne sera donnée sur ce nouveau choix esthétique et qui sera le design définitif que l’on verra tout au long de la série. D’un point de vue visuel, ce choix reste cohérent puisqu’il permet de faire ressortir ce héros évoluant dans un environnement sombre. Une palette de couleurs monochromes donc, qui sera rehaussée par les néons et autres effets lumineux chers à l’identité graphique de Tron.
Les décors de ce monde numérique sont tout en lignes de fuite et dessinent des designs minimalistes au possible. Il en est de même pour les véhicules dépourvus de fioritures ainsi que les nouveaux modèles conçus pour la série. Chacun de ces ajouts s’inscrit parfaitement dans la logique de cet univers, en plus de bénéficier d’une mise en image pour en démontrer la logique. Je pense notamment à une séquence mettant en scène deux trains qui se croisent sur la même voie, avant que l’un ne se retourne pour aller sous les rails et laisser passer l’autre, avant de revenir à l’endroit. C’est ce genre de détails qui participent à rendre crédible le fonctionnement d’un monde, aussi imaginaire soit-il.
Celui-ci reposant sur les bases de l’informatique, on retrouve de petits clins d’oeil à cette source d’inspiration. En tout cas, ça ne parlera qu’à ceux qui ont vu l’émergence de cette technologie avec un graffiti qui se développe en un réseau de canalisations comme sur un économiseur d’écran de Windows 98. Les programmes, tels que sont définis les protagonistes, bénéficient aussi de cette esthétique parfois vintage avec des circuits imprimés en guise de tatouage. Mais c’est surtout leur morphologie qui interpelle et qui n’est pas sans rappeler le style de Peter Chung. Tout en longueur et filiforme, cela donne un côté élancé à chaque mouvement.
L’animation qui en résulte est d’une fluidité à toute épreuve, en plus d’être combinée avec une réalisation qui met en valeur cet élément central. Mais la mise en scène s’applique aussi à reproduire des plans de Tron: l’héritage afin de s’inscrire dans cette même continuité, tout en développant ce langage visuel tout en symétries et perspectives. Mais l’identité de Tron ne serait pas totalement respectée s’il n’y avait pas toute cette ambiance sonore électronique. Et quel plaisir de retrouver cette bande-son iconique ainsi que ce sound design si particulier lorsqu’un disque de combat est dégainé.
Un bruit reconnaissable entre mille, exactement comme peut l’être le bourdonnement d’un sabre laser. Une comparaison qui est loin d’être gratuite puisque cette série animée est à Tron ce que Clone Wars de Tartakovsky est à Star Wars. Un petit bijou d’animation qui apporte sa pierre à l’édifice avec ses trouvailles (visuel comme scénaristique: on sait enfin ce qu’il se passe lorsqu’un programme perd son disque d’identification), mais qui malheureusement n’a pas été renouvelé pour une autre fournée d’épisodes. Comme quoi, il n’y a pas vraiment de justice et j’échangerais sans aucune hésitation les 3 saisons d’Une nuit en enfer pour une seule de plus de Uprising.
Comics
Il y a de cela quelques mois, j’ai entrepris une relecture des 5 premiers tomes de Saga. Une décision motivée, non pas par le plaisir de me replonger dans cet univers, mais pour statuer sur le sort que j’allais réserver sur les volumes que j’avais en ma possession. En effet, lorsque l’on collectionne les comics comme je le fais, il vient un temps où la place vient à manquer. Saga s’est donc vite imposé dans la pile de bandes-dessinées dont l’avenir sur mes étagères était incertain. Néanmoins, j’y ai vu le moment idéal pour refaire connaissance avec les personnages de Marko et Alana puisque leurs aventures sont actuellement en pause. N’ayant plus la contrainte d’attendre entre chaque parution en librairie, et sur la promesse de pouvoir louer tous les tomes suivants, j’ai donc redécouvert l’oeuvre de Brian K. Vaughan.
Ma lecture des numéros 1 à 5, dont mes impressions sont à retrouver ici, s’en est retrouvée plus digeste. En toute logique, j’ai donc eu envie de poursuivre avec les volumes suivants et après un petit temps d’attente, j’ai enfin pu enchainer avec Saga tome 6, 7, 8 et 9. Pour ma part, je trouve que c’est un rythme qui convient plutôt bien à cet univers si atypique pour en suivre les événements. Pourtant, l’histoire n’a absolument rien de complexe, mais disons qu’il se passe tellement de choses que cela peut vite devenir lassant de remettre chaque chose dans son contexte. Une chose dont j’ai dû néanmoins m’acquitter entre le cinquième et le sixième tome, avant que ce dernier ne soit enfin disponible à la location. Et pour tout dire, ce retour ne s’annonçait pas dans les meilleures conditions.
L’histoire reprend avec cette impression de surplace que j’avais détestée, et qui m’avait frustrée lorsque l’on connait la richesse des mondes environnants. Hazel, qui grandit assez vite dans ce tome, est dans une école à l’imagerie bien fade. Ce n’est que lorsque ses parents se lancent à sa recherche que le récit dispose d’un second souffle. Le retour d’Isabel le fantôme est également à noter dans les points positifs et le sort est enfin levé concernant les 2 journalistes à propos des informations qu’ils détenaient, et qu’ils ne pouvaient révéler. Jusqu’à présent donc. Leurs investigations vont permettre à l’intrigue de voyager un peu et le temps de quelques cases, de découvrir un concept plutôt cool: des fleurs qui poussent là où le sang a été versé.
Comme à son habitude, Vaughan ne s’attardera pas sur cette idée originale pour la reléguer au second plan. Ce genre de concept inventif fait partie du charme de Saga, de son lore plus précisément, mais les personnages restent la priorité de l’auteur. Qu’il s’agisse d’anciens, avec le retour du chasseur de prime Le testament dans des proportions un peu plus bouffies, ou l’annonce de nouveaux lorsque l’on apprend qu’Alana est enceinte de son deuxième enfant, on peut dire que le scénariste sait ménager ses effets de surprises. Mon engouement pour Saga étant de nouveau intact suite à cet impressionnant cliffhanger, j’ai immédiatement ouvert le septième tome pour en découvrir la teneur.
Cette petite famille, qui ne va pas tarder à s’agrandir, fait la rencontre avec une communauté de furet sur une comète. Il y en a même un en particulier qui fait son entrée dans la vie d’Hazel, là où un membre de son entourage proche disparait en faisant une mauvaise rencontre. Symbolisé par un chasseur de prime à deux têtes du nom de La marche, ce nouveau venu ne sera pas la seule menace sur laquelle il faudra compter. Le temps le sera aussi, compté, puisque la comète ne va pas tarder à entrer en collision avec une espèce de géant errant dans l’espace. Tout aussi imposant qu’il soit, il a néanmoins la forme d’un enfant recroquevillé sur lui-même et où gravite une ceinture d’astéroïdes autour de son crâne comme s’il s’agissait d’un ange.
Il ne fallait pas moins d’une double page pour illustrer cette forme de vie, et de se rendre compte à quel point Fiona Staples est à son sommet sur la partie graphique. Mais ce gigantisme dont elle use pour en mettre plein la vue, la dessinatrice sait aussi le mettre en retrait lorsque la sobriété l’impose. Ainsi, c’est une succession de pages noires que l’on feuillette dans la dernière ligne droite. Une manière de faire comprendre qu’une tragédie est en train de se produire sans faire appel à une narration visuelle. Juste des mots d’Hazel, toujours au poste de narratrice, qui nous gratifie d’une superbe tirade sur les relations qui n’ont jamais eu l’occasion de se concrétiser et comme étant les plus belles qui soit.
Une conclusion poétique, peut-être la plus belle de ce que Saga a pu proposer, mais qui ne pouvait rester sans suite. Pour autant, le huitième tome prend d’abord son temps pour revenir sur les différents événements qui ont ponctué l’aventure depuis le début. En tant que figure fondatrice des comics, Stan Lee avait dit que chaque numéro était un potentiel point d’entrée pour de nouveaux lecteurs, et là on a enfin le droit à une sorte de mini résumé en quelques planches avant de reprendre le cours du récit: la perte du deuxième enfant d’Alana et l’avortement nécessaire si elle compte survivre. Un postulat de départ qui plante le décor dans une ambiance western à la recherche d’une personne pouvant pratiquer l’opération en toute discrétion.
Bien évidemment, ça ne sera pas le cas. Leur présence va attirer l’attention, et ça ne sera pas de la faute de ce zèbre aux rayures arc-en-ciel que chevauche Alana. Des excentricités de la sorte, il y en a à la pelle dans ce huitième volume qui s’impose comme étant le meilleur du lot. Fiona Staples donne vie à un concentré de concepts tous plus farfelus les uns que les autres. Ça commence avec ce qui est décrit comme étant des « crotteux », des monstres à base d’excréments qui prennent l’apparence de leur propriétaire et s’attaquent à ceux qui les ont rejetés. Ce qui aurait pu littéralement être une idée de merde s’intègre parfaitement dans cette aventure hors norme.
Surtout que ce n’est jamais gratuit, car dans ce cas précis, cela permet à Alana de révéler des pouvoirs dont elle ne soupçonnait même pas l’existence. Et pour cause, ils sont dus à sa fausse couche puisque comme Hazel, son frère était lui aussi pourvu de facultés magiques héritées de Marko. Il nous sera tout de même offert la possibilité de faire sa connaissance, toujours par le biais d’Alana qui inconsciemment matérialisera son enfant. Son bonheur ne sera que de courte durée mais offrira un beau moment entre une soeur et son frère imaginaire à qui elle chante une berceuse. Un sommet de poésie qui sera interrompu lorsque l’intrigue se focalisera sur Le testament, qui d’ailleurs s’appelle Billy, ne fait plus partie de l’ordre des chasseurs de prime et est captif d’un diplomate qui souhaite se venger de lui.
C’est là que, d’une certaine façon, Brian K. Vaughan cède à une forme de facilité scénaristique. En effet, on assiste au revisionnage des souvenirs du prisonnier sur une télé afin de trouver la personne à qui il a fait du tort. Il se trouve qu’il s’agit là d’un personnage rencontré brièvement dans le premier tome, plus précisément sur Sextillon, lorsque Le testament était venu libérer Sophie de sa maison close, et qui maintenant est aux côtés de Gwendolyn, l’ex de Marko. Si je cite tous ces personnages et leur filiation, ce n’est pas dans le but d’embrouiller mais bien de montrer que lorsque l’auteur n’arrive plus à avancer avec ces principaux protagonistes, il s’en va récupérer un figurant pour le mettre sur le devant de la scène.
Ce bref retour en arrière, pour y piocher un élément sans intérêt, lui permet de nourrir son intrigue comme s’il était à court de rebondissements. Aussi, il faut avouer que certains personnages ont du mal à se montrer intéressants, notamment le Prince robot 4 qui est amoureux d’Alana au point de vouloir lui faire un enfant, avant de jeter son dévolu sur un nouveau venu dans le groupe. Les deux journalistes et Ghus ne sont pas mieux servis en termes de développement, et je retiendrais surtout la chasse à laquelle ils s’adonnent pour se nourrir. Leur proie est une créature invisible, sauf lorsqu’elle meurt. Encore une idée visuelle cool à mettre au crédit de Vaughan, même s’il ne l’exploitera que le temps de quelques planches avant de conclure sur la réunion de tous les personnages.
Ce qui était le moment idéal pour marquer une pause, correspondant à la moitié de Saga tel que voulu par Vaughan et connu sous le nom de Compendium One, est finalement prolongé. Ce neuvième tome qui court jusqu’au numéro 54, pour une série qui en comptera donc 108 au total, retourne à ce surplace qui m’avait tant frustré. Ainsi, le groupe reste au même endroit, sorte de fête foraine aux abords d’une plage, tandis que le diplomate et Le testament à sa solde accostent sur cette même planète dans l’océan le plus proche, vaisseau en forme de méduse oblige. Et surmonté d’une villa à son sommet de surcroit. Une créativité toujours aussi surprenante mais dont ce sera ici le seul vestige, comme c’est bien souvent le cas lorsque les personnages décident de faire une escale prolongée au même endroit.
Tout le monde vaque à ses occupations entre Marko qui a écrit un livre en secret, les journalistes qui proposent à son couple de raconter leur histoire en échange d’un changement d’identité, la fraternité qui s’instaure entre le fils du Prince robot et Hazel… Il n’y a rien de vraiment palpitant à suivre, jusqu’à ce que l’un des leurs s’éloigne du campement. S’organise alors une battue pour le retrouver, et qui entrainera la rencontre avec les deux chasseurs de prime. Un peu plus tôt, le Diplomate dira d’ailleurs au Testament une chose intéressante, reflétant l’écriture de Vaughan. En somme, il reproche à sa proie d’avoir tué ce qu’il considère comme étant un figurant dans son odyssée. C’est là toute la substance de Saga dont l’histoire fait en sorte que chaque personnage compte, même dans un arrière-plan ou une victime collatérale.
Mais ce neuvième tome se conclut surtout par la mort de l’un des protagonistes principaux. Un cliffhanger que l’on ne pourra juger que s’il est assumé jusqu’au bout lorsque viendra la publication des tomes suivants. Je pense d’ailleurs que j’attendrais la fin de cette seconde partie, soit le 18ème tome, pour pouvoir lire l’intégrale d’une traite. Et accessoirement revenir depuis le début afin d’avoir tous les éléments en tête. Si Saga arrive bel et bien à se passer de ce personnage fondateur pour la suite de ses aventures, alors ce titre se détachera des comics mainstream où un héros ne reste jamais mort bien longtemps.
Mes attentes pour le mois qui débute
Cette dernière ligne droite avant 2022 risque de passer bien vite avec pas mal de choses au programme. Autant ce mois de décembre va se terminer avec les fêtes de Noël et du réveillon du Nouvel An, en ce qui me concerne il va aussi commencer avec mon anniversaire. Ce n’est pas forcément un événement que j’ai à coeur de célébrer, mais ça reste une bonne occasion pour faire le point sur le chemin parcouru. À mesure que le temps passe, je ressens moins cette sensation de malêtre dans le fait de prendre de l’âge, car je sais que j’avance dans la bonne direction. Par ça, je fais bien entendu allusion à mon orientation professionnelle et mes différents projets autour de l’écriture.
Ensuite, quelques jours plus tard, je serai au rendez-vous pour la fête des Lumières à Lyon. Si elle n’est pas annulée compte tenu des chiffres de l’épidémie qui repartent à la hausse. Idem pour le marché de Noël dont j’espère bien déambuler dans les allées pour découvrir les stands des artisans, mais aussi pour me restaurer. Enfin, la mi-décembre verra mon retour dans mon nord natal pour passer les fêtes auprès de ma famille. J’ai hâte de les retrouver pour me ressourcer avant d’entamer une nouvelle année qui s’annonce encore plus riche que les précédentes. Et avec tous mes projets, je sais déjà quel voeu je vais faire lorsque viendra le moment de souffler mes bougies pour la seconde fois, mais en famille.
Entre-temps, le cinéma m’aura offert ses dernières sorties avec SOS fantômes puis Spider-Man: no way home et enfin Matrix Resurrections. Le meilleur pour la fin. Inutile de préciser qu’une rétrospective de la trilogie est d’ores et déjà à l’ordre du jour avant de savourer ce dernier film dans les meilleures conditions qui soient. Il ne se passe pas une année sans que je ne revoie le long-métrage original, et savoir qu’il comptera un opus de plus me remplit de joie. Le retour de Néo et de Trinity ne sera pas de trop pour m’aider à faire le bilan de 2021, une introspection nécessaire afin définir mes nouvelles résolutions et poursuivre mes rêves en prenant la pilule rouge.






























