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Millionnaire

La richesse, autant que la réussite, est quelque chose d’entièrement subjectif. Pour mettre fin au suspense tout de suite: non, je n’ai pas gagné à la loterie. Ma situation financière n’a pas changé et pourtant, je me sens plus riche. Je ne suis pas devenu millionnaire entre temps donc, du moins pas en euros. Mais en mots. Plus précisément, 1 024 895 mots.

Il m’aura fallu 94 semaines pour en arriver là. 94 semaines depuis ce jour d’avril 2020 où j’ai commencé ma routine d’écriture. C’est à la fois beaucoup, et très peu. En effet, ce n’est qu’un chiffre officiel qui ne prend pas en compte le journaling auquel je m’adonne tous les jours depuis septembre 2019. Pas plus que je ne comptabilise bien d’autres projets ou manuscrits qui ont vu le jour avant ce rituel quotidien d’écriture, ou même pendant celui-ci. Je pourrais largement revoir ce chiffre à la hausse en le multipliant par trois, mais à quoi bon puisque cet exercice n’est pas une fin en soi.

C’est un moyen pour parvenir à réaliser mes projets littéraires. Pour cela, j’ai décidé de tout miser sur la régularité que me procure l’effet cumulé. Avec ou sans motivation, avec ou sans inspiration, j’ai fait en sorte que chaque jour compte et voici mes dernières avancées.

Semaine 52 – du lundi 27/12 au dimanche 02/01: 10545 mots

Semaine 01 – du lundi 03/01 au dimanche 09/01: 10620 mots

Semaine 02 – du lundi 10/01 au dimanche 16/01: 10563 mots

Semaine 03 – du lundi 17/01 au dimanche 23/01: 10588 mots

Semaine 04 – du lundi 24/01 au dimanche 30/01: 10587 mots

Et puisque l’on est dans les chiffres, durant ces dernières semaines, j’ai franchi le cap des 630, 640 et 650 jours d’écriture sans la moindre interruption. Je m’accroche comme je peux à cette habitude, même s’il suffirait de peu de choses pour tout faire vaciller.

L’abandon n’est jamais très loin et la procrastination se tient en embuscade à chacun de mes moments de faiblesse. Et plus j’avance, plus ils sont nombreux. Alors, même si je ne compte pas les heures passées à enchainer les phrases, je m’accroche comme je peux à des chiffres reflétant le nombre de jours et le nombre de mots. Je sais que je ne pourrais pas passer un million d’années à écrire, encore moins un million de jours, ni même un million d’heures, mais je sais déjà que je suis capable d’écrire plus d’un million de mots. Et ça, je ne suis pas sûr que tous les millionnaires en soient capables.

CINÉMA

Matrix: Ressurections et Spider-Man: no way home. La dernière fois que ces deux franchises se sont retrouvées en concurrence, c’était en 2002. Soit presque 20 ans. Cela n’a donc rien de surprenant à ce que ces blockbusters s’appuient sur ce sentiment de nostalgie pour leur nouvel opus respectif. Pour ma part, j’étais impatient de voir les deux pour différentes raisons. Cela ne m’a été possible qu’après les fêtes de fin d’année et lorsqu’il a fallu choisir lequel voir en premier, un dilemme s’est imposé à moi. Un choix au moins aussi cornélien que la pilule bleue ou la pilule rouge. 

En grand fan de Matrix, c’est naturellement ce nouvel épisode qui a eu ma préférence. Mais devais-je vraiment y aller en premier, ou garder le meilleur pour la fin? La question ne s’est plus vraiment posée lorsque je suis retourné dans mon nord natal pour passer Noël et Nouvel An en famille. C’est là-bas, dans mon petit cinéma de quartier que j’avais découvert le premier film. Plus tard, j’ai assisté à l’avant-première du deuxième volet dans ce même cinéma et j’ai séché bien des cours pour le revoir encore et encore, jusqu’à ce que le troisième sorte enfin.

J’ai donc profité de l’occasion pour perpétuer cette tradition avec ce quatrième volet. Ce rapport personnel a eu raison d’une salle dernier cri, pour profiter pleinement du film, afin de plutôt ramener cela à une expérience telle que celles que j’avais vécues durant mon adolescence.

Revenir là où tout a commencé, revenir dans la matrice.

Alors je suis revenu à l’endroit où tout a commencé. Dans ce petit cinéma de quartier, la matrice de ma cinéphile. Mais pour être tout à fait honnête, je ne suis pas sûr que j’aurais plus apprécié ce nouveau Matrix: ressurrections dans une salle avec un son et une image au top. Et pourtant, je voulais l’aimer ce film.

En bon fan, j’en avais décortiqué les bandes-annonces pour en extrapoler des théories, j’étais même allé revoir le premier film en Imax, puis les deux suivants chez moi. Les Animatrix y sont même passés afin d’avoir tous les éléments en main, mais malgré cela, la projection est loin de m’avoir laissé un souvenir mémorable. Mes attentes étaient peut-être démesurées et le temps me dira si cette première impression n’était qu’une illusion. En attendant, je n’ai pas retrouvé tout ce qui faisait l’essence même de Matrix. Et cela commence par une réalisation millimétrée.

Nous ne sommes pas dans le cas de figure d’un volet repris par un autre réalisateur, et pourtant cela en donne l’impression. Plus dans l’instantanée et moins dans la recherche du cadre parfait, la mise en scène de Lana Wachowski souffre clairement de l’absence de sa soeur Lily. Cette dernière a refusé de s’investir dans ce projet suite à la perte de leurs parents, et aussi un éloignement des studios qui avait bridé sa créativité. Une chose tout à fait compréhensible, mais dont Lana a décidé de faire une force en retournant à cet univers cyberpunk.

Cette imagerie est toujours à l’ordre du jour, mais il y a cette impression de partir dans une autre direction artistique. Malgré cela, on ne peut pas reprocher à Lana Wachowski de dénaturer Matrix, puisque c’est elle qui en est à l’origine. Ou du moins, elle est la plus légitime à y faire des changements selon son bon vouloir. Malheureusement, ses partis pris n’ont pas fait l’unanimité chez moi. Que ce soit sur le fond ou sur la forme, Matrix Ressurections est un long-métrage, certes, inattendu, mais surtout hors sujet au regard de la trilogie originale. Au mieux, on peut le voir comme un hors série.

Ce quatrième opus se repose d’ailleurs beaucoup trop sur le premier sous la forme d’une mise en abime. Dans l’histoire qui nous est présentée, le film que nous connaissons n’est qu’un jeu vidéo et des images y sont disséminés tout au long des 2h30. Il n’y a rien de pire pour comparer les deux réalisations en temps réel, et donc le gouffre qui les sépare. Le long-métrage de 99 n’a pas pris une ride contrairement à Ressurections qui accuse déjà un certain retard technologique. À cela, il faut également compter sur des flashbacks, une narration dont avaient su se passer les volets précédents.

Ici, cela sert à nous conter les origines de ce nouveau Morpheus, un peu trop en détente à mon gout, ou encore à combler le temps qui s’est écoulé depuis la fin de Révolutions. Des informations qui auraient pu être distillées de bien des manières, dans des courts-métrages annexes par exemple, sans avoir à faire appel à ses retours en arrière intempestifs. On perd donc en efficacité en prenant des détours temporels, mais aussi géographiques. En effet, l’action dans la matrice avait la particularité d’être une copie de notre monde réel, tout en ayant une identité propre: Mega City.

Une ville fictive qui est ici remplacée par San Francisco en guise de terrain de jeu, mais pas que. Lorsque les protagonistes voyagent en utilisant les miroirs comme des portes (très bonne idée qui renouvelle les téléphones en tant que point de passage), on peut y voir un train en partance pour Pékin ou encore la tour Effeil. Ces détails de localisation ancrent un peu trop ce monde dans le nôtre, pour ce que l’on peut comprendre comme étant une nouvelle version de la matrice. C’est tellement similaire à notre réalité que même Keanu Reeves a un look pareil à celui qu’il arbore dans la vie de tous les jours.

J’ai eu du mal à y voir le retour de Thomas Anderson, qui est devenu une star du jeu vidéo. En cela, on peut dire qu’il exauce le voeu de Cypher de vouloir réintégrer la matrice tout en étant une personne importante. Du moins autant que puisse l’être un artiste dans l’industrie vidéoludique. C’est alors l’occasion de faire des références méta à Warner Bros, qui installe un peu plus ce monde virtuel dans notre réalité de spectateur, par l’intermédiaire du patron de Néo et qui n’est autre que le nouveau Smith. C’est à Jonathan Groff que revient la charge de succéder à Hugo Weaving et c’est celui qui s’en sort le mieux au casting. 

Malgré l’arc narratif de son personnage, d’abord au premier plan puis relégué au second, il insuffle au programme Smith un peu plus de légèreté tout en restant menaçant. Je ne pourrais pas en dire autant du Mérovingien, toujours incarné par Lambert Wilson, qui est de retour avec son lot d’insultes dont il a le secret. Là où il y avait une certaine classe à le voir déclamer ses injures dans Reloaded, ici il a perdu de sa superbe dans tous les sens du terme. Son apparition, de quelques minutes, n’a rien de si différente d’un ennemi des Power Rangers regardant ses sbires combattre à sa place. Navrant.

Par ailleurs, les scènes d’action sont plutôt mal gérées et aucune chorégraphie de combat ne reste en tête. C’est brouillon au possible et le montage, trop cut, n’aide pas à y voir clair. Pas plus que le recours aux ralentis qui ne font qu’accentuer le malaise des scènes qui en bénéficient. Même la musique ne sera d’aucun secours pour redonner de l’élan ou de la tension à ces moments censés être épiques. Seul le climax sort réellement du lot avec son mélange entre corps à corps, armes à feu, pouvoirs et course-poursuite. Dans cette seule séquence, il y a enfin une utilisation de la matrice à grande échelle.

Mais l’aspect qui s’en sort le mieux, c’est surtout le monde réel. Cet univers post-apocalyptique a bénéficié d’un meilleur traitement visuel et fourmille de concepts novateurs comme ces billes magnétiques qui s’assemblent pour matérialiser un programme. On retrouve une exploration des thématiques de l’animé Matriculé, présent sur l’anthologie Animatrix, avec cette relation entre humains et machines. Ces quelques qualités sont peu de choses en comparaison avec le résultat final. Celui-ci est parsemé d’interrogations (l’autre visage de Néo ou encore son reflet vieillissant), et donne l’impression d’éléments laissés à la libre interprétation.

Cela n’aurait pas été dérangeant s’il y avait eu des suites d’annoncées, dans le sens où ces mêmes points seraient passés pour des pistes amenées à être développées plus tard. En l’état, cela donne juste l’impression qu’il y a une quantité non négligeable de scènes coupées pour expliquer certains points de détail. Mais les trois scénaristes, que sont Lana Wachowski, Aleksandar Hemon et David Mitchell, ont préféré se concentrer sur l’idylle entre Néo et Trinity. Cette dernière est clairement l’héroïne de cette nouvelle histoire et il aurait été plus judicieux de la mettre au centre de l’intrigue, plutôt que de faire d’elle un vulgaire enjeu.

Cela aurait pu se faire à travers une origin story de son personnage jusqu’à sa rencontre avec Morpheus. Quoi qu’il en soit, il y avait surement mieux pour revenir à cette franchise: une préquelle, une suite avec des personnages inédits, un nouvel élu, explorer les 6 autres matrices, le code jaune… La trilogie avait laissé suffisamment de pistes à explorer pour alimenter bien des films. Et maintenant que Lana Wachowski a donné sa vision de l’avenir de Matrix, peut-être que sa soeur, Lily Wachowski viendra en faire de même. Lorsqu’elle aura fait son deuil. Et nous aussi.

Il va falloir du temps pour digérer des fautes de gout comme cet ultime plan, copié-collé sur celui de Jupiter Ascending, ou encore cette scène post-générique assez gênante. Elle enfonce un peu plus le film dans sa médiocrité en se faisant une critique du système hollywoodien. Marvel Studios est particulièrement visé tout au long du discours méta et pourtant, j’ai pris beaucoup plus de plaisir devant Spider-Man: no way home. C’était d’autant plus un exploit que j’ai réussi à esquiver les spoilers, sur ce troisième volet de l’homme-araignée, aussi bien que Néo évitent les balles.

La comparaison n’a rien de gratuite puisque les deux films entretiennent des points communs assez flagrants. Pire encore, No way home réussi souvent là où Ressurections s’est planté. Déjà, Trinity / Néo et Peter / MJ, même combat. Ces deux couples sont des âmes soeurs devant lutter pour se retrouver face à un monde qui fait tout pour les séparer. Cela se manifeste d’un côté par Thomas Anderson qui est devenu célèbre en devenant une star dans le domaine du jeu vidéo tandis que Peter est victime d’une médiatisation planétaire suite à un coup monté fomenter par Mystério.

Tous deux sont donc des visages connus aux yeux de la population et d’une manière ou d’une autre, cela va créer des crises identitaires chez eux. Pour sa part, Thomas Anderson vit dans un monde où il a oublié qu’il est Néo, tandis que Peter Parker fait son possible pour modifier la réalité afin que l’on oublie son identité secrète. Leur parcours est donc à la fois similaire et inversé, et cela ne va pas être sans conséquences dans le cas de Spider-Man. En effet, il va devoir faire face à des ennemis venus de dimensions alternatives, plus précisément de la trilogie de Sam Raimi et du diptyque de Marc Web.

Mais malgré ce fan service de tous les instants, Marvel ne tombe jamais dans le piège de la citation. Ainsi, contrairement à Matrix Ressurections, No way home n’utilise pas une seule image des anciens films dédiés à Spidey. Aucun extrait ne figure au montage pour appuyer telle scène ou tel moment. La narration à l’intelligence de faire confiance aux spectateurs qui auront préalablement fait leur devoir avant de s’investir dans cette nouvelle aventure. Et si ce n’est pas le cas, le long-métrage de Jon Watt se suffit à lui-même et donne envie de s’intéresser à ces anciennes itérations du personnage.

Tobey Maguire et Andrew Garfield sont donc de retour avec leur background respectif. De ce fait, No Way Home prend des allures de Spider-Man 4 qui avait été annulé à l’époque, tout comme The Amazing Spider-Man 3. Revoir ces deux incarnations de Peter, très différentes, est un véritable plaisir, qui plus est décuplé par des références rendant hommage à leur performance. Ce film, axé autour du thème de la rédemption, est donc l’occasion pour eux de réparer leurs erreurs ou de faire face à leurs actes manqués. 

Ce sont leurs ennemis qui en ont fait les frais et c’est donc riches de cet enseignement qu’ils vont aider le Peter du MCU en faisant office de mentors. Ils ne seront pas trop de trois pour contrer le docteur Octopus, Electro, l’homme sable, le lézard et le Bouffon vert. Tous ont en commun la connaissance de l’identité secrète de Parker, mais surtout de ne pas avoir survécu à leur affrontement avec Spidey. Une raison suffisante pour ne pas retourner dans leur dimension d’origine où une mort certaine les attend. Un nombre assez conséquent de menaces, certes, mais les scénaristes n’étaient pas à un près pour enfin former les Sinister six.

Mysterio était tout désigné pour occuper cette dernière place, après tout, c’était lui qui avait introduit le concept du multivers même si tout n’était qu’illusion. Jake Gyllenhall aurait pu à nouveau tromper son monde en étant une nouvelle incarnation de l’homme-araignée, en référence aux rumeurs le voyant dans le rôle à l’époque de Spider-Man 2. Et si ce n’était pas le Mysterio du MCU, alors pourquoi ne pas donner enfin vie à la version que Sam Raimi avait teasé durant trois films avec des caméos de Bruce Campbell dans le rôle? Bien sûr, tout cela dépend du bon vouloir des acteurs et il n’y avait que l’embarras du choix pour compléter l’équipe entre le Scorpion qui attend son heure depuis Homecoming, ou une menace totalement inédite venue d’une dimension encore inexplorée par des films. 

On se consolera avec Venom qui fait donc office de sixième larron même s’il ne prend pas part à l’action. Ou à l’intrigue. Une occasion manquée, pourtant servie sur un plateau, qui aurait peut-être été difficile à gérer tant certains personnages sont survolés. Ils ont au moins le mérite d’être présents comme Matt Murdock qui officialise le lien avec les séries Netflix après le Caïd dans Hawkeye. Cette profusion de personnages peut être vue comme du fan service, mais c’est là l’esprit des comics. Des héros apparaissent pour prêter main forte à un autre le temps de quelques planches, puis disparaissent aussitôt.

Spider-Man: no way home s’intègre donc dans la veine de son matériau d’origine pour le retranscrire sur grand écran. C’est une véritable attraction filmique de tous les instants avec son lot de rebondissements, de frissons et de vertiges. Doctor Strange participe à ses sensations fortes grâce à sa magie et la dimension miroir, sans pour autant voler la vedette à Tom Holland. Il en est de même pour Tobey Maguire et Andrew Garfield qui, malgré leur présence, n’ont pas un temps d’écran suffisamment conséquent pour empiéter sur l’arc narratif du Peter du MCU. Ils font office de renforts de luxe dans ce crossover.

Toutefois, les séquences qui mettent en scène ce trio de tisseur de toiles auraient mérité plus de clarté. Dans le feu de l’action, on a parfois du mal à les différencier, au point de donner l’impression d’être dans une partie de jeu vidéo en multi-joueurs où chacun des participants aurait choisi le même personnage, mais avec un skin légèrement différent. La confusion peut parfois se faire ressentir lors des ballets aériens qui auraient gagné à être mieux coordonné avec le fameux spider-sens. Bien que perfectible, cette première réunion du genre reste de l’inédit auquel aucun fan film n’a pu nous préparer.

Chaque fan avait fantasmé son No way home dans son coin et pour ma part j’avais imaginé un combat à six contre six en rajoutant Spider-Gwen sous les traits d’Emma Stones, Spider-Man 2099 ou encore Miles Morales. Ce dernier est tout de même cité indirectement et j’étais même allé encore plus loin dans mon délire en incorporant des personnages d’Into the Spider-verse. Ma réflexion était de partir du postulat que des réalités alternatives étaient sous forme de cartoon pour une rencontre dans la lignée de Qui veut la peau de Roger Rabitt?, Space Jam ou Last Action Hero.

Le MCU n’est pas encore prêt pour ce genre de trip psychédélique qui défit les lois de la suspension d’incrédulité. Il n’empêche que No way home à combler certaines de mes attentes au-delà de mes espérances. À une époque où il est de plus en plus difficile de gérer les emplois du temps d’acteurs appartenant à un même univers partagé, c’est une prouesse d’avoir réussi à réunir un casting venu d’horizons différents pour une aventure commune. Et plus encore d’avoir convaincu Tobey Maguire, pour qui Spider-Man 3 s’était mal passé et Spider-Man 4 annulé, et Andrew Garfield, privé de The Amazing Spider-Man 3 à cause du MCU. Pas rancunier.

Malgré les reboots successifs les excluant du rôle phare, ils n’ont jamais oublié la leçon apprise sur ces blockbusters: 

Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. 

Malgré les années, ils n’ont pas perdu ce sens des responsabilités et ont répondu à l’appel d’une histoire qui les relègue au second plan. Une humilité totalement raccord avec la personnalité de Peter Parker. Celui de Tom Holland prend un nouveau tournant maintenant que sa trilogie est achevée, et j’ai hâte de voir ce que l’avenir lui réserve. 

FILMS

La seule fois où j’ai vu un personnage se lancer dans un combat contre un requin, c’était dans le téléfilm Batman de 66. Adam West tentait alors de faire lâcher prise à un carnassier qui s’était agrippé à son échelle, elle-même reliée à un hélicoptère survolant l’océan. J’étais alors persuadé que cette seule scène, summum du ridicule, m’avait préparé à Sharknado. Il faut croire que non lorsque j’ai enfin franchi le cap avec le premier volet. Basé sur un véritable phénomène météorologique qui voit des poissons propulsés hors de leur habitat naturel, sous l’effet d’une tornade, pour rejoindre les terres, ici c’est une version cauchemardesque qui en est proposée.

C’est donc toute une flopée de requins, surement tout ce que peut contenir l’océan au regard de leur nombre démentiel, qui s’abat sur Los Angeles. Un délire complètement assumé par le manque de moyen, mais je ne suis pas sûr que le rendu en eu était meilleur si le budget avait été au rendez-vous. Une blague reste une blague, et celle-ci est plutôt drôle au point de faire penser à du Evil Dead par moment. L’utilisation d’une tronçonneuse ne doit pas y être pour rien dans cette impression. Les acteurs has been ne font rien pour tirer le niveau vers le haut, mais ils ont au moins le mérite de croire avec conviction à ce fléau.

Quitte à choisir et dans un même genre, je préfère encore Piranha 3D de Alexandre Aja, bien plus poussif dans la connerie. On reste dans le domaine marin, mais dans un tout autre registre, avec Lilo et Stitch. Derrière ce duo se cache une enfant vivant à Hawaii qui va rencontrer un extraterrestre échoué sur sa planète. Petit détail qui à son importance, cette petite bestiole toute mignonne, croisement entre un Mogwai et Baby Yoda, se révèle être un Alien fugitif. Condamné pour le simple fait d’exister, son créateur en a fait une arme de destruction et pour cela, il doit disparaitre. Ce qu’il fera en prenant la fuite sur Terre.

Paradoxalement, c’est surtout toute cette partie dans cet environnement extraterrestre que j’ai beaucoup aimé. Les designs futuristes y sont vraiment sympas, et quitter ces visuels pour les plages plus communes d’Hawaii aura fait baisser mon attention. J’ai eu du mal à m’attacher aux personnages, mais quelques éléments auront réussi à m’attirer l’oeil comme des photos ou des scènes de films intégrées dans l’animation. Certains plans sont aussi parfois sous l’influence de Miyazaki, notamment dans le rendu des décors. Des touches de fantaisie qui donne une identité à ce énième Disney.

Petit plus non négligeable: il n’y a pas de passage en mode comédie musicale. Une entorse à un cahier des charges bien rodé qui fait plaisir à voir, même si l’on est encore à des lieux d’un film comme E.T. dans la même thématique. Par contre, s’il y en a un qui ne se lasse pas d’utiliser les mêmes recettes, c’est bien Luc Besson. Anna, dernier film en date du réalisateur, était précédé d’une réputation assez désastreuse depuis sa sortie en salle. C’est donc sans grandes convictions que je l’ai découvert et je dois avouer que c’était moins pire que ce à quoi je m’attendais.

Bien sûr, on retrouve la même formule que le cinéaste utilise depuis des années, mais avec l’expérience en plus. Si l’histoire a donc déjà été vue bien des fois, qui plus est dans sa propre filmographie (Léon et Nikita), la réalisation est un cran au-dessus de ce que pourrait proposer un simple exécutant sur ce type de film. Pas de quoi le rendre mémorable, mais tout à fait capable de rivaliser avec d’autres productions qui boxent dans la même catégorie. Mention spéciale pour le casting qui réunit tout de même Cillian Murphy, Luke Evans et Ellen Mirren pour donner la réplique à Sasha Luss, dont c’est la deuxième collaboration avec Besson après Valérian et la cité des mille planètes.

Le seul vrai reproche que l’on pourrait faire à Anna, à part son manque d’ambition, réside dans sa structure faite d’allées et de retour incessants dans l’intrigue. Une fois que l’on a compris ce principe de poupées russes, les rebondissements deviennent un peu plus prévisibles à chaque fois. Même si l’on en ignore la nature, on se doute alors qu’un nouveau retournement de situation va venir changer la donne. Pour un procédé narratif censé apporter de la surprise, cela ne fonctionne donc qu’à moitié. De plus, les codes de ce cinéma ayant déjà été exploré par Luc Besson dans Nikita et Léon, j’aurais apprécié des références dans ce sens afin de former un tout, et non un film de plus. Car en l’état, c’est ce que cela représente.

SÉRIES

Plus que les 4400 personnes de la série éponyme, et moins que les 50% de la population suite au claquement de doigts de Thanos à l’issue d’Avengers Infinity War, The Leftovers penche définitivement plus vers l’intimiste que le spectaculaire. Dans le parcours de Damon Lindelof, son créateur, cette série se révèle être l’antithèse de Lost. Là où cette dernière s’intéressait aux disparus, ici c’est ceux qui restent qui sont au premier plan de l’intrigue. Pour autant, tout ce qui donne envie de regarder cette première saison, c’est-à-dire son pitch basé sur les 2% de la population disparus, n’est absolument pas exploité. Ce n’est qu’un background pour ceux qui doivent vivre avec l’absence de leur entourage.

Il y a donc une forme de frustration à enchainer les épisodes, et je dois bien avouer que ce n’est pas la première fois que je donne sa chance à The Leftovers, avant de me résigner une bonne fois pour toutes à enchainer les 3 saisons d’affiler. S’agissant de Damon Lindelof au poste de Showrunner, qui m’avait captivé avec Lost et époustouflé avec Watchmen, je partais donc avec un minimum de confiance quant au fait que la série allait prendre son envol au-delà de son pilote. J’avais eu le même ressenti avec le crash des survivants du vol Océanic 815 et je me suis félicité d’avoir persévérer, là je ne pourrais pas en dire autant.

Pourtant, cette série avait tout pour s’adresser aux fans de Lost, dont je fais partie, qui ont été désemparés lorsque la série s’est terminée. D’une certaine manière, et sous couvert de métaphore, c’est d’eux que The Leftovers parle. De la fin d’une oeuvre qui a regroupé des individus en une communauté et qui maintenant n’existe plus. Lost a disparu après 6 saisons pour laisser un grand vide dans la vie de ceux qui étaient au rendez-vous chaque semaine. Maintenant, il faut apprendre à vivre avec. Ou plutôt sans. Mais même en prenant les choses sous cet angle, cette série n’a jamais vraiment réussi à me faire adhérer à son propos. 

La faute à un mystère qui n’est jamais réellement abordé frontalement. Le récit se propose d’en survoler les conséquences à travers des personnages qui vont se croiser avant que l’on ne découvre leur connexion. Il est courant de dire que le monde est petit lorsque l’on assiste à des rencontres fortuites entre différents protagonistes, mais avec 2% de la population en moins, ce phénomène de proximité est encore plus flagrant ici. Et qui plus est dans la petite bourgade de Mapleton où les habitants se connaissent en grande partie.

C’est Kevin Garvey, shérif de la ville incarné par Justin Theroux, qui va se charger de faire le lien entre eux, mais surtout de faire régner l’ordre face à une secte qui a élu domicile en ville: les coupables survivants. Ces derniers sont l’illustration parfaite de la rétention d’informations qui régit The Leftovers puisqu’il y a là toute une galerie de personnages mutiques en toutes circonstances. C’est donc bien inutile de leur demander de garder le silence pour le chef des forces de l’ordre, complètement impuissant pour protéger ses concitoyens, mais aussi pour les protéger d’eux-mêmes. Sans compter que Kevin n’est pas non plus un modèle de santé mentale.

À cela, il faut également ajouter une seconde secte dans une intrigue parallèle un peu plus faiblarde, en plus de faire doublon dans cette thématique. Au moins, les disciples qui vouent un culte à leur leader, un dénommé Wayne, ont le droit de s’exprimer sans pour autant que cela ne clarifie l’intrigue. En effet, la série cultive tellement les non-dits que cela en devient très abstrait. Toutefois, l’avant-dernier épisode, sur les 10 que compte la première saison, apparaitra comme une délivrance avec son lot de révélations par rapport aux motivations de chacun. La série se déroulant trois ans plus tard après la disparition soudaine, ce flashback se situant juste avant cet événement fait office de bouffée d’air frais.

Cela ne relève pas pour autant le niveau de l’ensemble et je n’ai pu m’empêcher d’y voir là un gâchis au regard du concept d’origine. Pire encore, la série laisse entrevoir ce qu’elle aurait pu être à travers certains dialogues, bien plus passionnants que ce qui nous ait donné de voir. Ainsi, il est dommage de ne pas avoir mis en situation cette hypothèse d’une personne qui aurait profité de la disparition des 2% pour commettre un ou des meurtres dans ce sillage. Il y a juste une allusion qui y ait faite sur le ton de la rigolade, et puis c’est tout. Personnellement, ce n’est pas mon type d’humour.

Si Damon Lindelof voulait déjouer les attentes des spectateurs par rapport à son travail sur Lost, alors c’est plutôt réussi. Mais rétrospectivement, on peut aussi y voir des allusions à l’univers de Watchmen avec lequel il allait enchainer après The Leftovers: smiley sur un téléphone portable, marque sur le front comme le docteur Manhattan… Même l’actrice Regina King, qu’il castera plus tard dans le rôle d’Angela Abar pour sa version de l’oeuvre d’Alan Moore, intègre la distribution dès la saison 2. Mais là où la première saison était une adaptation du roman de Tom Perrota, Les disparus de Mapleton, la suite en est un prolongement totalement inédit. Et inattendu.

D’entrée de jeu, cette nouvelle fournée de 10 épisodes déstabilise avec son introduction à la préhistoire et un nouveau générique digne d’une sitcom. C’est simple, on a alors l’impression de regarder une autre série. Cette sensation est appuyée par une délocalisation de l’intrigue qui se poursuit dans une ville du nom de Miracle, un lieu qui a été épargné par les disparitions contrairement au reste de la planète. Les habitants essayent donc de préserver ce paradis sur terre des menaces extérieures. Kevin Garvey et sa famille recomposée vont tout de même réussir à y élire domicile avec leur lot de problèmes.

Ils vont rejoindre sur place le pasteur Matt, qui a réussi à se faire une place de choix à Miracle, sans pour autant en faire de même dans l’intrigue. En effet, à chaque fois qu’un épisode se centre sur sa personne, c’est pour arriver à la même finalité. Dans la saison 1, suite à des retards de paiement, il lui fallait de l’argent pour sauver son église ce qui l’a amené à tout un tas de péripéties jusqu’à revenir au statu quo. Sur ce même schéma, ici Matt doit réunir une certaine somme afin de pouvoir rentrer en fraude à Miracle, dont il a été expulsé par un concours de circonstances, sans que cela n’aboutisse.

J’ai conscience que ces épisodes sont là pour mettre à l’épreuve sa croyance et sa bonté envers les autres, mais cela n’a fait qu’attiser mon impatience en tant que spectateur. Heureusement qu’à côté certains personnages prennent un peu plus d’importance, comme Megan Abbott, incarné par Liv Tyler, qui se voit monter en grade dans la secte des Coupables survivants suite à la disparition de leur leader. Cette fameuse Patti sera d’ailleurs beaucoup plus loquace de sa mort que de son vivant puisqu’elle va hanter Kevin, déjà en proie à pas mal de problèmes psychologiques.

L’ancien shérif va devoir expérimenter ce qui a valu à son propre père de finir en hôpital psychiatrique. Le doute subsiste alors quant à l’origine de ce mal, qui pourrait être héréditaire, jusqu’à ce que la série opère un tournant radical. Déjà qu’en temps normal les épisodes sont bizarres, mais ce huitième épisode s’impose comme le nouveau modèle de ce que l’on verra dans la troisième saison. Le mysticisme prend alors une place beaucoup plus importante pour embrasser une ambiance à la Twin Peaks comme l’affectionne tant Damon Lindelof.

On navigue donc entre la vie et la mort, le rêve et la réalité, les flashbacks et les flashforwards. En effet, comme pour la saison 2, ce troisième et dernier acte s’ouvre sur un événement antérieur à la série avant de clore ce premier épisode, sur huit, par un bond dans l’avenir. Une narration éclatée qui s’intéresse surtout à Nora, dont l’arc narratif va dans le sens du spectateur en quête de réponse que je suis. C’est le personnage qui met le plus de coeur à l’ouvrage à mener l’enquête sur le Ravissement, quand d’autres s’occupent de leur crise existentielle. 

À ce propos, il aurait été plus judicieux de garder Kevin mort à l’issue de la saison 2 afin qu’il puisse hanter Nora, à la manière dont il l’avait été lui-même par le fantôme de Patti. Il conserve donc sa place de personnage central, et plus encore en jouant un double rôle dans un univers fantasmagorique. On est donc loin du point de départ de la série, un drame humain avec une ambiance à la Richard Kelly, et plus proche de la saison 4 de Mr Robot. Malgré cette approche conceptuelle, et compte tenu de l’aura de culte qui entoure The Leftovers, je dois faire partie des 2% des téléspectateurs qui n’ont pas apprécié cette histoire à sa juste valeur.

TRAILERS

Moon Knight

Après avoir incarné Apocalypse dans le semi-reboot des X-men et donné de la voix pour un caméo dans Spider-Man into the Spider-verse, on peut dire qu’Oscar Isaac n’est pas étranger à l’univers Marvel. Il ajoute donc le personnage de Moon Knight, sorte de Batman de la maison des idées, à son palmarès le temps d’une série. Celle-ci s’étalera sur 6 épisodes pour introduire ce nouveau venu dans un univers partagé déjà bien fourni. Mais Moon Knight a au moins pour lui d’amener avec lui toute une ambiance assez sombre, autant que puisse l’être les productions Marvel.

Ainsi, même si l’on n’échappe pas aux blagues habituelles qui ponctuent les bandes-annonces, cette dernière se clôt par une avalanche de coups dans la lignée du The Batman de Matt Reeves. Voilà qui promet quelque chose de peut-être plus proche du Daredevil de chez Netflix. Tout de blanc vêtu, et avec des bandelettes dans le style des momies, Moon Knight n’en est pas pour autant plus vertueux. D’ailleurs, j’ai de grandes attentes concernant la mythologie égyptienne, et tout le folklore qui va avec, bien trop rare à l’écran. Ethan Hawke l’est tout autant, et sa présence ici annonce un projet peut-être moins convenu que prévu. 

Très sélectif dans ses rôles, Gaspard Ulliel l’est tout autant et si la série ne sera surement pas aussi sombre qu’elle n’en a l’air, elle aura au moins la lourde responsabilité de sa performance posthume. L’acteur récemment décédé y incarnera un proche de Mark Spector, alter ego de Moon Knight. Le spectre du comédien français hantera la production à coup sûr et compte tenu de la thématique de la série, cela risque de lui donner une aura très particulière. Même s’il n’apparait pas dans ces premières images, celles-ci laissent augurer de quelque chose d’assez soigné. Et très référencé aussi.

Pour preuve cette chambre que l’on peut voir dans Doctor Sleep, plutôt cohérent pour traiter la thématique du sommeil. Celle de la schizophrénie dont souffre le personnage semble, quant à elle, aller puiser chez Fight club. Au regard de l’interprétation d’Oscar Isaac, l’acteur à l’air de s’être amusé pour ce qui sera la toute première incarnation de Moon Knight à l’écran.

COMICS

Trois super-héros. Trois époques. Trois moments charnières de leur vie. La trinité de chez DC Comics est à l’honneur avec bien entendu l’inévitable homme chauve-souris. Mon gars sûr. Pourtant ce Batman: No man’s land, tome 2 n’est pas forcément celui qui m’a le plus passionné. Dans la continuité du premier, ce recueil contient une quinzaine de chapitres, chacun se concentrant sur un personnage ou une situation en particulier tandis que Gotham est toujours en ruines. Ainsi, Alfred ouvre les festivités en nous contant les événements précédents et annonce le retour du Dark Knight dans la cité.

Cela ne veut pas dire pour autant que sa présence sera mise en avant. Au contraire, il est plus question de la Bat-family avec les errements de Harold, que j’avais découvert dans Silence, ou encore Azrael qui prend une part importante au récit. Superman, puis la Justice League et la Young Justice, viendront également prêter main forte en dehors de leur juridiction. Car oui, Gotham est avant tout le territoire du chevalier noir et c’est à lui que revient la responsabilité de remettre de l’ordre dans ce chaos. Naturellement, c’est aussi à lui que reviendront les chapitres les plus intéressants.

Bien sûr, le Joker et bien d’autres méchants sont de la partie pour se livrer à des guerres de territoire, mais le concept révèle tout son potentiel lorsqu’il se concentre sur la survie des Gothamiens. Cet instinct se manifeste par des comportements en proie au désespoir et allants jusqu’à compromettre leurs principes afin de quitter cet enfer. C’est ainsi qu’un homme attire l’attention de Batman en se faisant passer pour un meurtrier, persuader alors que le héros l’enverra à la prison de Blackgate où il sera enfin en sécurité avec un toit et de la nourriture. Mais tout est loin d’être aussi simple.

Cette détresse n’est pas seulement choquante pour le lecteur, elle l’est aussi pour Bruce Wayne qui contrairement aux apparences se sent complètement dépasser par la situation. S’en suivra alors une magnifique anecdote sur son père et narrée par Alfred qui fut à son service. C’est là vraiment le coeur de ce deuxième tome qui touche à la psyché humaine, loin des combats et autres super vilains. On quitte un monde post-apocalyptique pour un autre, à plus grande échelle puisque dépassant les frontières de Gotham pour s’étendre au monde, avec Wonder Woman: Dead Earth.

Se situant dans un avenir lointain, et surtout hors de la continuité principale de DC Comics, Diana Prince se réveille de son sommeil cryogénique dans la Batcave. Le maitre des lieux n’est pas pour autant présent pour l’accueillir puisque son squelette git dans une pièce du manoir. C’est dans ce lieu qu’elle fera la connaissance d’un groupe d’humains tentant de survivre par tous les moyens. Elle se joindra alors à leur groupe pour faire face à des créatures mutantes dont l’origine sera l’objet de révélations. C’est sur ce postulat assez simple que l’auteur Daniel Warren Johnson construira une intrigue s’étalant sur quatre chapitres.

L’artiste assurera également la partie graphique avec un style assez vif et fluide lors des séquences d’action. Ces moments de débauches visuelles s’étalent souvent sur des doubles pages afin d’en prendre toute la démesure. C’est magnifique de bout en bout, et la colorisation de Mike Spicer donne un cachet très éclatant avec une gamme de couleurs qui tranche radicalement avec cet univers sombre. Que ce soit sur le fond ou sur la forme, ce one shot se rapproche beaucoup de Batman Last Knight on Earth qui se proposait aussi d’explorer un futur hypothétique, mais non moins étonnant.

On y parcourt des terres désolées et l’on voit ce qu’il advient des autres figures mythiques comme l’homme d’acier. Plus que rouillé, Superman repose dans sa forteresse dont la solitude s’étend désormais à Wonder Woman. L’amazone y éprouve même de la culpabilité lorsqu’elle se remémore leur affrontement qui n’a rien à envier à celui du comics Pour demain. Elle y puisera néanmoins la force nécessaire pour faire face à ses soeurs d’armes dans un dernier quart riche en action. Les circonstances d’une telle rencontre sont bien amenées par Daniel Warren Johnson qui conclut son récit par une fin ouverte. Et optimiste.

À l’opposé de cette fin à Wonder Woman, Max Landis nous conte les origines du célèbre Kryptonien dans Superman: American Alien. Accompagné par toute une flopée de dessinateurs (Tommy Lee Edwards, Francis Manapul, Jonathan Case, Nick Dragotta, Joëlle Jones, Jae Lee et Jock), l’auteur s’intéressera à différentes périodes de la vie de Clark Kent alors qu’il découvre ses pouvoirs. Il fera aussi son lot de rencontre à travers de courts récits entrecoupés d’ellipses. Si les premiers chapitres sont assez familiers pour quiconque connait les grandes lignes de la mythologie de Superman, le reste est assez surprenant.

Même en ayant suivi la série Smallville durant 10 saisons, et qui aura exploré en long, en large et en travers l’enfance puis l’adolescence du héros, il faut croire qu’il y avait encore quelques zones d’ombres à exploiter. Le scénariste, surtout connu pour avoir renouvelé le genre super-héroïque au cinéma avec Chronicles, donne une vision quasi-inédite du personnage que l’on connait tous. Chacune de ses actions sera ainsi remise en question, de manière directe ou indirecte, par les personnes qui vont croiser sa route. Car oui, le principal moyen de locomotion de Superman est le vol, mais il n’en reste pas moins terre à terre.

Il s’attirera ainsi les foudres de Bruce Wayne en ayant malencontreusement usurpé son identité le temps d’une soirée, et le fait d’évoluer dans les hautes sphères de la société attirera l’attention de sa némésis: Lex Luthor. Des moments qui vont participer à définir sa psychologie, mais à donner aussi un droit de réponse aux failles scénaristiques qui hantent le personnage depuis ses débuts. Ainsi, même s’il agit à visage découvert dans le civil comme dans le privé, avec une simple paire de lunettes pour donner le change, Clark se justifie auprès de ses proches en prétextant que la population de Metropolis est bien trop occupée à regarder le ciel que sa propre personne. Imparable.

Autre point d’accroche qui gagne en cohérence: sa popularité. Ici, cela se justifie par le fait de se faire voir le plus possible dans l’espoir où les ondes télé iraient dans l’espace pour que son peuple d’origine puisse les capter et vienne le retrouver. Cette justification cache un profond malaise pour un personnage d’ordinaire lumineux et optimiste. Cela rejoint d’ailleurs le récit de Geoff Johns, intitulé Superman Terre 1, dans lequel le héros avait un signal lumineux projeté dans le ciel, pareil à celui de Batman. Une trouvaille qui rentre en contradiction avec une autre, mise de côté pour l’occasion.

En effet, dans les pages annexes, outre des couvertures alternatives assez chouettes, se trouvent des annotations pour chacun des récits. Notamment un qui aurait dû conclure le recueil d’une bien meilleure manière que celui qui nous est proposé, et qui le voit s’opposer à Lobo. À la place, il était question de Jor El vivant les derniers instants de sa planète, à ceci près que son allure, telle qu’elle nous est décrite, était complètement extraterrestre. Un changement de taille pour la mythologie qui nous a toujours présenté les Kryptoniens comme similaires aux humains.

Kal El devait également avoir cet aspect, avant d’être placé dans sa capsule de survie et qu’un programme ne reformate son ADN afin de s’adapter à son nouvel habitat. Dommage de ne pas avoir conservé ce parti pris assez fort, mais Max Landis apporte déjà beaucoup de nouveautés et montre qu’il a parfaitement compris l’essence de Superman avec ce seul ouvrage. Superman American Alien s’impose d’ores et déjà comme un incontournable sur le personnage, pour tous ceux qui ne le connaissent pas, s’il y en a encore, mais surtout pour tous ceux qui sont persuadés d’en avoir fait le tour.

MES ATTENTES POUR LE MOIS QUI DÉBUTE

Le mois de janvier est déjà terminé et ceux qui n’ont pas réussi à tenir leurs résolutions devront vivre avec cet échec durant les 11 mois restants… Ou pas, car aujourd’hui c’est le Nouvel An chinois. Alors non, je ne me suis pas découvert des racines lointaines avec cette culture, mais tous les nouveaux commencements sont bons à prendre pour s’émanciper de l’effervescence qui entoure le premier janvier. 

Ainsi, c’est l’occasion de mettre de côté ce faux départ pour se donner une seconde chance. Mon intérêt soudain pour le Nouvel An chinois n’a rien de très sérieux, pas plus que l’astrologie, mais j’aime croire aux signes du destin, aux coïncidences. Et il se trouve que c’est le signe du tigre qui est à l’honneur. Mon signe. On ne voit que ce qui nous arrange dans ce genre de hasard et je troque donc volontiers mes rayures de zèbre pour celles, plus combattives, du tigre. 

Pour voir à travers l’oeil du tigre, c’est ici

Un camouflage idéal pour me fondre dans la jungle de l’auto-entrepreneuriat. J’ai encore à faire mes preuves dans ce domaine et j’espère avoir suffisamment le feu en moi pour y parvenir. Je vais en tout cas me donner les moyens de mes ambitions. J’y vois là une opportunité pour accomplir tout ce que j’envisage durant cette année charnière. Les prochains mois vont être difficiles, et croire en ma bonne étoile ne sera pas de trop.

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