« ALIENS VS PREDATOR: REQUIEM » VS PROCRASTINATION
L’accroche marketing pour le premier film affirmait haut et fort que peu importe le gagnant, nous serions tous perdants. Libre à chacun d’interpréter cela comme on veut selon si l’on a aimé ou détesté le film, toujours est-il qu’il s’est plutôt bien vendu. En tout cas suffisamment pour justifier une suite. Pour ma part, j’ai plutôt apprécié de voir cette confrontation entre ces deux monstres du cinéma même si le cinéphile en moi garde une certaine rancoeur vis-à-vis des projets qui n’ont pas pu voir le jour précisément à cause de celui-ci. Alien 5 bien sûr, mais aussi des films jugés comme faisant doublon avec la production Paul W. Anderson.
En tête de liste, Les montagnes hallucinées de Guillermo Del Toro s’est vu ranger dans un tiroir, car ce premier crossover y puisait déjà son inspiration dans l’oeuvre d’Edgar Allan Poe. Une décision hallucinante qui n’aura pas pour autant donné tort aux décisionnaires vu le succès de cette rencontre au sommet. À bien y regarder de plus près ce n’était pas la première fois que le cinéaste mexicain, depuis oscarisé, a eu à faire aux xénomorphes. Lors de la production de Mimic le studio lui avait imposé d’insuffler une ambiance à la Alien à l’encontre de ses intentions de départ. Là, c’est carrément l’annulation de son projet d’adaptation qui devait réunir Tom Cruise devant la caméra et James Cameron à la production.
Comme quoi, même eux, que l’on pourrait qualifier de dream team bankable, ne font pas le poids face aux deux mastodontes extraterrestres. Et c’est d’ailleurs ce qui leur manque puisque depuis Alien La résurrection, la 20th Century Fox a rompu cette tradition visant à mettre un cinéaste confirmé et à la patte affirmer à la tête de ces franchises. Une vision comme avait su l’insuffler à tour de rôle Ridley Scott, James Cameron, David Fincher et Jean-Pierre Jeunet. La venue d’un cinéaste de la trempe d’Anderson n’était pas forcément rassurante et celle des frères Strause pour prendre sa suite l’est encore moins.
Mais il serait ridicule d’attendre autre chose que ce qu’un titre aussi explicite pouvait laisser présager en termes de spectacle. En cela, nous n’avons pas été trompés sur la marchandise et c’est pour cette raison que cette confrontation conserve un certain capital sympathie. Le premier opus ne se prenait pas pour un film d’auteur tout en s’adressant aux fans des deux franchises. Et ces derniers n’étaient pas à négliger à l’époque puisqu’il est désormais monnaie courante de voir sur le web des affrontements entre des personnages de la pop culture n’ayant rien à voir entre eux juste à partir des images des films dont ils sont issus.
Ces montages, souvent sous la forme de trailer et quelquefois de court-métrage, se montrent la plupart du temps bien plus inventifs et attrayants que ce que proposent les studios. Au point parfois de faire un nombre de vues records ce qui est souvent un bon moyen pour savoir les tendances du public en termes d’attente. Mais ces champs / contre champs assez hasardeux, car issus de productions différentes ne vaudront jamais la réunion en un seul plan des combattants. Alien Vs Predator premier du nom s’était acquitté de cette tâche honorablement et il revient donc à Greg et Colin Strause d’organiser le match retour.
Comme pour l’intitulé de l’opus signé par James Cameron, l’Alien passe au pluriel. Ce n’est pas comme si cette race était déjà en surnombre dans le film précédent, mais passons puisque comme nous allons le voir, les xénomorphes sont loin d’être au centre de l’attention. En effet, l’apparition du titre de manière stylisée donne clairement une indication vers lequel des deux opposants va aller la préférence. En se basant sur le système de visée des Predators pour révéler le titre, on comprend alors très vite que l’histoire va privilégier leur mise en avant là où les Aliens avaient la part belle dans le premier film.
Clairement accès sur ce chasseur hors pair, on se demande alors s’il n’aurait pas été plus judicieux d’inverser l’ordre des combattants pour une fois: Predator Vs Alien. Cela aurait été une façon de jouer avec le spectateur tout en affichant clairement les intentions du film dès son titre. Quoi qu’il en soit, cette mise en avant du Predator se traduit par une utilisation du personnage plus en accord avec la mythologie dont il est issu. Un respect notamment dans sa façon de se déplacer ou sa gestuelle qui est beaucoup plus proche des films originaux. Ces derniers sont également cités à travers une scène de chirurgie extraterrestre ou encore un crâne d’Alien qui est scalpé et destiné à rejoindre une salle des trophées.

Le voir dans la faune et la flore d’une forêt puis dans un environnement urbain doivent également y être pour quelque chose dans ce sentiment de cohérence. En effet, cette forêt n’est pas sans rappelée la végétation luxuriante du film de John McTiernan tandis que la petite bourgade typique où se déplacera l’action évoque le Los Angeles de Predator 2, toutes proportions gardées. Ces décors concourent à garder une continuité dans le terrain de chasse là où le premier crossover avait mis à mal cet aspect non moins important.
Le choix d’une pyramide en plein arctique avait été fait consciemment et consciencieusement pour ne pas créer d’erreurs dans la chronologie des deux franchises. Préquelle à Alien et suite à Predator, Paul W. Anderson avait coupé la poire en deux en situant son intrigue à l’écart de la civilisation afin de ne pas rentrer en contradiction avec le fait que les Aliens n’étaient jamais venus sur Terre. Un choix sensé que ne réitère pas ce second opus en venant poser des problèmes de chronologie avec la saga initiée par Ridley Scott. Dans l’espace personne ne vous entendra crier, par contre sur Terre oui et les fans sont là pour rager devant ce problème qui entre en contradiction avec la timeline des Alien.

Il y avait pourtant une solution pour emmener l’intrigue vers d’autres horizons et le scénario en donne un aperçu. En effet, ce diptyque m’a donné à voir par deux fois, chacun à travers une courte séquence, les films que j’aurais voulu voir plutôt que celui qui est arrivé sur les écrans. Pour le premier, il s’agissait de ce flashback à l’époque des Mayas que j’aurais adoré voir s’étendre sur tout un long-métrage. Pour le second, il s’agit d’un aperçu de la planète des Predators où l’on peut voir l’un d’entre eux s’équiper avant de rejoindre la Terre. La réponse à cette problématique aurait donc été de laisser le vaisseau, qui s’est finalement crashé sur Terre, arrivé à destination avec à son bord la nouvelle attraction du film: le Predalien.
Cela aurait été l’occasion d’explorer plus en profondeur la richesse de cette mythologie en plus d’être un vivier assez fourni d’hôtes pour ce nouvel ennemi. En lieu et place, ce métisse d’Alien et de Predator devra donc s’épanouir dans une petite ville comme il en existe tant aux États-Unis. E.T. l’extraterrestre avait élu domicile dans ce genre de banlieue pavillonnaire et en digne héritier de Spielberg, Abrams en avait fait de même pour sa créature dans Super 8. C’est en quelque sorte le théâtre idéal pour de la science-fiction bon enfant, ce qui n’est pas le cas ici. C’est loin d’être le terrain rêvé pour dévoiler cette combinaison inédite, mais tout comme Cameron avait pu le faire en introduisant la reine Alien, ce modèle de Xénomorphe apporte une nouvelle pierre à une mythologie déjà bien fournie.
On y découvre donc ce Predalien qui a la particularité de pouvoir inséminer des femmes enceintes afin que leurs progénitures puissent servir de nourriture à la sienne avant de s’extraire par le bon vieux coup du chestbuster. Malheureusement, ses rejetons sont loin d’avoir hérité de la bouille d’amour de leur père. Une incohérence de plus alors qu’à partir d’Alien 3 il avait été instauré le fait que le parasite tirait parti des particularités de son hôte. On se retrouve donc avec une portée d’Aliens standards là où le Predalien est bien muni des mandibules caractéristiques des Predators. Il est d’ailleurs dommage de ne pas avoir poussé le concept jusqu’à lui intégrer une sorte de camouflage optique. Celui des Predators est lié à leur technologie et non à une capacité particulière, mais cela aurait pu être sympa de le justifier par un trompe-l’œil comme celui des caméléons.
En l’état, ce n’est donc qu’un Alien au design différent, certes plutôt sympa, mais se limitant à la gueule du monstre. Le reste du corps est dans la lignée de ce que l’on a déjà pu voir sans plus d’extravagance. Et sans plus de visibilité non plus puisque la mise en scène s’arrange pour constamment garder dans l’ombre ces créatures. Alors oui, l’adage veut que moins on en montre et plus on a envie d’en voir, mais cette règle s’applique surtout pour le hors champs. Et pour les films voulant faire monter la tension de manière crescendo. Là, on est dans le registre de l’action comme le suppose le titre et on assiste à la plupart des événements de manière frontale sans pour autant que l’on puisse admirer les monstres dans leur intégralité.
Derrière ce parti pris se dissimule en faite un cache-misère servant à pallier un manque de budget. Cette suite s’est vue octroyer la somme de 40 millions de dollars contre 60 millions pour l’original. Avec cette enveloppe, il n’y a pas de quoi mettre en valeur ces deux monstres sacrés du cinéma. Cette contrainte, le scénario semble en être conscient en réduisant l’échelle de ses décors en leur donnant une taille humaine, loin de la grandiloquence d’une pyramide enfouie sous la glace. En ayant pour cadre des décors jamais vus dans l’une ou l’autre franchise, car trop communs, ce film prend le risque de créer une cassure visuelle. Du moins quand on y voit quelque chose.
Le scénariste Shane Salerno construit ainsi son intrigue autour de rebondissements lui permettant de faciliter sa mise en image. Pour exemple, au détour d’une scène d’action dans la centrale électrique alimentant la ville, celle-ci se voit plonger dans le noir jusqu’à la fin. Une façon économique de garder les choses dans l’ombre et en toute logique la réalisation s’adapte à cette feuille de route en suivant la même direction. Derrière la caméra, les frères Strause réalisent ici leur premier film, mais ils ont surtout été choisis grâce à leur carrière dans le monde des effets spéciaux. Une expérience qu’ils vont mettre à profit pour contourner le manque de moyens par de petites astuces.
Les frangins passent donc par le filtre des différentes visions du casque du Predator pour mettre en image des décors à l’ampleur toute relative et des trucages ne leur permettant pas d’avoir tout le temps recourent aux images de synthèse. Avec cette vue subjective en mode infrarouge ou thermique, on a parfois l’impression d’avoir un style visuel tiré de peintures abstraites, mais c’est loin d’être une mauvaise idée en plus d’être une dépense du budget de manière intelligente dans le style des founds footages. L’armée, qui inévitablement viendra prendre part à l’intrigue, bénéficie elle aussi de ce subterfuge à grand renfort de vision nocturne.
C’est toujours mieux que l’habituelle caméra à l’épaule ou les éclairages défaillants même si le duo ne se prive pas non plus pour recourir à ce genre d’artifices. L’image est donc assez sombre, ce qui est symptomatique des films à petit budget, mais ce dernier inconvénient à l’avantage de pouvoir se permettre d’instaurer une ambiance noire et violente. Lors d’une partie de chasse avec son père, un enfant trouve ainsi la mort dès le début d’une manière plutôt gore et ce ne sera que le premier d’une longue série. Faire mourir une certaine tranche d’âge au cinéma permet toujours d’envoyer un message au spectateur quant à la nature de ce qu’il s’apprête à voir et de la limite que le film va s’autoriser à franchir.
En guise de proies potentielles, nous avons donc une femme soldat de retour du front, deux frères dont un sortie de prison et autre qui attire les problèmes,… Nous sommes vraiment aux antipodes de ce à quoi les deux sagas nous avaient habitués en termes de profil de personnages. Contrairement à des commandos armés ou encore des scientifiques, nous sommes ici en présence d’humains ne sachant rien de la situation à laquelle ils se trouvent mêler contre leur gré. Et comme les Predators et les Aliens n’ont plus besoin d’être présentés, une période d’exposition est nécessaire afin de cerner au mieux leurs personnalités respectives.
Dans cet affrontement entre ces deux forces de la nature, ils ne sont là que pour servir d’identification au public. Entre le prédateur et sa proie, ils sont réduits à des appâts à défaut de pouvoir faire office d’arbitres. C’était déjà le problème du premier film et une fois encore, il manque un personnage au moins aussi imposant dans le camp des humains. Arnold Schwarzenegger ou Sigourney Weaver avaient au moins le mérite de dégager un certain charisme là où cette brochette de comédiens peine à sortir du lot une fois en face de ces monstres. Et lorsque l’on voit comment se déroule la narration, on se dit que l’histoire aurait eu tout intérêt à se passer des êtres humains pour se concentrer sur la promesse du titre.
Le Predator a beau faire preuve de mutisme entre deux grognements, le développement de l’histoire reste parfaitement compréhensible grâce à de petites trouvailles. Je pense notamment au casque d’un Predator qui sert de boite noire à celui que l’on va suivre au cours de l’aventure. C’est simple, mais efficace. Cela aurait pu tout aussi bien être un film muet que cette production en serait sortie grandie. Peut-être pas au point d’en faire un film d’auteur, mais il aurait bénéficié alors d’une vision unique. Littéralement. En lieu et place, il faut donc faire avec des protagonistes qui n’apportent rien à l’intrigue si ce n’est de donner leur corps à la science qu’est celle du charcutage. Une modeste contribution qui implique de passer par des scènes de présentation.
Ces passages dans le quotidien des habitants prennent beaucoup de place pour au final ne les faire intervenir que de manière sporadique sur une heure et demie. Ils ne sont là que pour avoir un point de vue humain sur les événements afin de créer un lien émotionnel avec le spectateur. Tout ceci bouffe pas mal de temps d’écran pour pas grand-chose à défaut de servir de repas aux xénomorphes. Cette catégorie sociale va même jusqu’à faire plonger l’histoire dans le slasher pour adolescent grâce à la présence glaçante du Predator. Tous les codes du film d’horreur sont réunis pour lorgner vers ce genre si le concept avait été poussé jusqu’au bout.
Lorsque l’on voit dans les comic-books le nombre de crossovers ayant eu pour adversaire le Predator, on se dit que celui-ci est tout à fait capable de s’émanciper de la science-fiction pure et dure pour allait vers l’horreur. Ainsi le casque de l’extraterrestre aurait pu être aussi iconique que le masque de Jason Voorhees. Après tout, ce dernier était déjà allé sur le terrain du Predator en allant dans l’espace à l’occasion de Jason X, avant de se lancer dans un crossover contre Freddy Kruger, alors pourquoi pas l’inverse. C’est le genre de considération et de réflexion dont on se passerait bien, mais qui donne souvent lieu à des longs-métrages qui voient le jour.
Ici point de machette en guise d’ustensile, mais des griffes et tout un tas d’autres jouets dans l’arsenal de ce chasseur de têtes. Le traditionnel canon énergétique vissé sur l’épaule, la lance qui se rétracte, le disque tranchant, mais aussi des ajouts comme des grilles laser utilisées afin de débusquer l’ennemi dans les égouts de la ville. Un lieu qui reflète d’une certaine façon là où en sont les deux licences à l’époque puisque cet opus signera la mise en sommeil de leurs présences sur les écrans. James Cameron l’avait prédit lors de la mise en chantier de cette première réunion et cela n’aura fait que lui donner raison puisqu’il faudra attendre 2012 avant de revoir l’Alien dans Prometheus.
Le Predator est celui qui a été le moins malmené dans ce crossover et aura eu le droit à un troisième opus à sa saga beaucoup plus tôt, en 2010, avec Predators. Ce pluriel est bien évidemment une référence à Aliens comme si les deux franchises n’arrivaient pas à faire l’une sans l’autre. Ou plutôt comme si elles n’arrivaient pas à s’affranchir de cet âge d’or du temps où de grands cinéastes avaient contribué à les façonner. Pourtant ce diptyque que les fans ont tendance à voir comme des opus hors continuité, tout comme les réalisateurs qui ont été attachés à ces sagas avant cette rencontre (notamment Ridley Scott qui aurait surement préféré faire un crossover avec Blade Runner), a pourtant apporté une certaine fraicheur.
En l’opposant à l’Alien, le Predator y a trouvé un adversaire de taille et vice versa. De par leur nature impliquant toute une civilisation derrière eux, ils restent des éléments sacrifiables auxquels d’autres viendront prendre le relais. Ces deux films en sont l’exemple, sacrifiés sur l’autel d’une marque hollywoodienne. Tout comme les scientifiques qui s’évertuent, épisode après épisode, à dresser des Aliens pour en faire des armes de destruction massive sans en tirer les leçons de leurs erreurs, il en est de même pour les producteurs. Ils ont voulu domestiquer les Aliens et les Predators pour les formater et les produire en série. Ils ont voulu les vendre dans une offre au rabais un jour de solde en proposant deux marques pour le prix d’une.
Cela fonctionne jusqu’à un certain point et en s’octroyant les services du roi des Fatalities sans la moindre trace de sang et des zombies tout aussi propres sur eux, ce n’était le meilleur choix pour initier une saga. À l’époque, chaque film Alien a vu à sa barre un cinéaste plutôt jeune, mais prometteur dont il s’agissait de leur première expérience. Ridley Scott n’avait tourné que Les duellistes, James Cameron venait de terminer Terminator, David Fincher n’avait rien à son actif mis à part des clips et Jean-Pierre Jeunet n’avait co-réalisé que deux films. Même constat du côté de John McTiernan lorsqu’il oeuvre sur Predator alors qu’il n’a réalisé qu’un seul film et Stephen Hopkins pour la suite après deux longs-métrages.
Lorsqu’il est engagé sur ce crossover, Anderson a derrière lui plus de cinq films qui permettent de juger de son talent et surtout de ses défauts. Ce choix aura donc été fait en toute conscience par la production jusqu’à ce qu’ils reviennent à cette tradition. En effet, comme pour les suites de Mortal Kombat et Resident Evil, Paul Anderson passe la main pour ce second volet, mais sa marque de fabrique est toujours bien présente. Elle l’était déjà sur le premier opus lorsque le cinéaste recyclait le schéma narratif du premier Resident Evil qui, pour rappel, voyait un groupe de personnes descendre dans un laboratoire sous-terrain, le Hive, et se confronter à des monstres allant du simple zombie aux expérimentations les plus bizarres. Jusque dans ses tics visuels à base d’hologrammes, Alien Vs Predator avait suivi ce même cheminement en envoyant ces personnages dans une pyramide enfouie à plusieurs centaines de mètres de profondeur sous la glace pour ensuite être pris entre deux feux avec les antagonistes du titre.
Pour ce Requiem qui signe le chant du cygne, le scénariste ne s’inspire pas de l’adaptation de Resident Evil, mais plutôt de sa suite histoire de garder un semblant de cohérence dans le plagiat! Sous-titré Apocalypse, le deuxième volet écrit par Paul W. Anderson prenait place à Racoon City en proie aux flammes et suivait un groupe de survivants essayant de quitter la ville par tous les moyens avant qu’elle ne soit rasée de la carte. Sur leur route, des zombies bien sûr, mais aussi les Lickers et le Némésis. Ce dernier était le personnage de Matt qui s’était retrouvé infecter à l’issue du premier opus par un Licker tout comme ici c’est un Predator qui avait été infecté par un Alien pour devenir le Predalien.
Pour que cette copie soit totale, il aurait fallu que la survivante du premier Alien Vs Predator fasse son retour dans la suite tout comme Alice, mais il n’en est rien. Dommage, car pour le coup cette femme était beaucoup plus légitime de se confronter au Predalien suite au passé commun avec son hôte dans le premier film. Quoi qu’il en soit, le résultat à l’arrivée est identique avec la destruction de la ville. Mais là où la saga des morts-vivants a survécu à ce triste épisode pour s’étendre jusqu’au numéro six, celle-ci n’aura pas eu la même chance. Mais puisque nous sommes dans la même configuration que cette adaptation vidéoludique du célèbre survival horror, à partir de là on peut essayer d’extrapoler ce qu’aurait pu être le troisième opus.
Pour cela, pas de besoin d’être très attentif pour faire le rapprochement entre Umbrella Corporation et Weyland-Yutani: même combat. La fusion de cette dernière multinationale n’est pas encore actée dans ce second volet et la Yutani se voit intégrée d’une façon intelligente dans le canon de cette continuité. Comme si chacune de ces races extraterrestres avait une corporation cherchant à percer leurs secrets. Mais ce personnage inédit aurait mérité un arc narratif au moins aussi important que celui de Weyland dans le premier plutôt qu’un vulgaire caméo putassier. On peut dès lors imaginer que le troisième volet aurait vu la réunification de ces deux entités pour donner naissance à celle que l’on connait à travers la franchise Alien.
Mais bon, ce deuxième film a déjà eu du mal à se raccorder avec la fin du premier film alors autant laisser le troisième à notre imagination. En effet, pour ceux qui ont été attentifs à la scène d’ouverture et qui étaient persuadés qu’il s’agissait d’une récupération de l’épilogue du film précédent, il n’en est rien. Cela aurait été tellement plus simple pour éviter ce faux raccord avec un socle, sur lequel repose la dépouille du Predator contaminé, au design totalement différent et un arrière-plan avec une orientation de la planète Terre passant d’horizontale à la verticale. En faisant partie de la fournée des premiers plans, c’est vraiment dommage de commencer une histoire sur cette mauvaise impression.

Les suivants ne seront guère mieux en termes d’incohérence puisque dans sa traque, le Predator s’arrangera pour faire disparaitre, avec une sorte d’acide bleu, les corps inertes que les Aliens ont laissés derrière eux… Par contre, les victimes de ce chasseur seront affichées clairement à la vue de tous en les suspendant par les pieds à un arbre et écorchés vifs. Pour une référence aux deux films Predator, nous perdons donc en cohérence sur le récit qui se déroule sous nos yeux. La nature profonde et le modus operandi de ces deux monstres se retrouvent incompatibles lors de ces moments, car en quoi un corps mutilé avec sauvagerie serait-il moins choquant pour les humains qu’une perforation de l’abdomen?
Une question qui en appelle bien d’autres dans ce concours pour savoir qui fera le plus de morts. Quoi qu’il en soit, ce long-métrage rempli son cahier des charges en cochant les cases les unes après les autres, jusqu’en piochant dans les thèmes musicaux des franchises respectives, tout en y injectant du sang neuf, au sens propre comme au figuré. Tous ces ajouts, même s’ils ne sont pas exploités à leur juste valeur, font de cet épisode, certes mineur, un divertissement honnête qui trouve sa place au sein de cette grande mythologie.
« ALIENS VS PREDATOR: REQUIEM » WINS!












