Lorsque la fête du Travail tombe un dimanche, il y a toujours cette impression de manque à gagner. De manière générale, un jour férié n’est jamais autant savouré que lorsqu’il tombe sur une journée de travail. Si possible celle où l’on commence tôt et fini très tard.
Au blues du dimanche, il faut donc rajouter ce jour férié qui n’augmentera pas la durée du week-end. Pas plus qu’il ne nous permettra d’être doublement reposés pour affronter le lundi matin. Mais ce concept de repos, qu’il soit forcé ou imposé par les conventions sociales, j’ai décidé de ne pas l’appliquer au domaine de l’écriture. C’est ainsi que le mois dernier j’ai pu fêter les deux ans de ma routine d’écriture. Deux années à écrire chaque jour un minimum de 1500 mots et dont voici les dernières avancées.
Semaine 13 – du lundi 28/03 au dimanche 03/04: 10584 mots
Semaine 14 – du lundi 04/04 au dimanche 10/04: 10588 mots
Semaine 15 – du lundi 11/04 au dimanche 17/04: 10583 mots
Semaine 16 – du lundi 18/04 au dimanche 24/04: 10598 mots
Semaine 17 – du lundi 25/04 au dimanche 01/05: 10563 mots
Qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, j’ai écrit chaque jour depuis le 13 avril 2020.
Que je sois triste, démotivé ou fatigué, j’ai écrit chaque jour depuis le 13 avril 2020.
Qu’il s’agisse d’un jour férié, de mon anniversaire, de Noël ou des vacances, j’ai écrit chaque jour depuis le 13 avril 2020.
Pour quelqu’un qui est un adepte de la procrastination, je dois avouer que ça fait du bien de noter cette victoire noir sur blanc.
Pour autant, je ne me repose pas sur mes acquis et je n’ai pas non plus chômé ce mois dernier. En effet, j’ai repris la rédaction d’articles pour alimenter ma section blog, et j’ai aussi démarré un projet d’essai autour de ce que j’ai appris de l’écriture au cours des deux dernières années. Même si j’ignore encore comment cela va aboutir, j’ai suffisamment de matière pour partager mon vécu dans ce domaine.
Cette expérience, je l’ai aussi mise à profit à travers l’institut Yes I green pour qui j’ai écrit un article. Une collaboration pour mettre en avant cette enseigne arrageoise et les différentes prestations proposées au sein de ce temple du bien être. Par les temps qui courent, c’est typiquement le genre d’endroit pour se détendre. C’est un cocon dans le sens où l’on entre en étant une larve et l’on en ressort aussi léger qu’un papillon. J’espère atteindre cet état de plénitude un jour une fois mes objectifs de vie accomplis.
En attendant, j’ai le regard tourné vers l’avenir et je continue de gravir les échelons avec 720, 730 et 740 jours d’écriture non-stop à mon actif. Bientôt la moitié de cette centaine et fier du chemin parcouru jusqu’à présent. Garder ma motivation intacte est difficile, mais je ne suis pas encore à bout de souffle. La preuve, il m’en restait encore suffisamment pour souffler mes deux bougies et faire un voeu pour la suite de cette aventure. Je garde la flamme.

CINÉMA
Les adaptations de jeux vidéo n’ont jamais réellement convaincu les cinéphiles. Mais la saga vidéoludique Uncharted avait pour avantage de s’inspirer des plus grands blockbusters afin de proposer aux joueurs une expérience spectaculaire. Pour la première fois, il était possible de prendre part à l’action tout en gardant cette ambiance cinématographique devenue la marque de fabrique de la licence. La transposition du petit au grand écran aurait donc dû se faire sans encombre, et pourtant il aura fallu plus d’une dizaine d’années avant que ce film n’atteigne les salles obscures.
Un développement hell surement beaucoup plus riches en rebondissements dans les coulisses que ne l’est ce long-métrage, mais qu’importe. Les jeux de Naughty Dog n’ont jamais brillé par leurs intrigues alambiquées, et il en est de même ici. Le scénario pioche donc allègrement dans les quatre opus pour construire son histoire. Ce n’est donc pas une adaptation à proprement parler, mais plus une production librement inspirée des jeux. Tout comme ces derniers s’inspiraient librement des Indiana Jones et autres James Bond. Finalement, il y a une logique là-dedans.

Ces deux références sont également au rendez-vous pour un résultat léger et divertissant. Mais malgré tout, il manque la vision d’un cinéaste affirmé derrière la caméra. Ici, il s’agit de Ruben Fleischer, connu pour Bienvenue à Zombieland et dernièrement pour le premier Venom. C’est donc loin d’être un expert en la matière pour ce qui est de mettre en scène l’action. Un réalisateur du calibre de Michael Bay aurait été bien plus adapté, surtout qu’il avait déjà dirigé Mark Wahlberg à trois reprises (No Pain No gain, Transformers 4 & 5).
L’acteur devait initialement joué le rôle de Nathan Drake avant l’arrivée de Tom Holland et la décision d’en faire une origin story. Il incarne finalement Sully, mentor du héros, et force est de constater qu’il y a une bonne alchimie entre eux. Un fait guère surprenant puisque dès lors qu’il est en tandem, que ce soit avec Bénédict Cumberbatch, Robert Downey Jr, Jon Favreau ou encore Jake Gyllengall, Tom Holland a du répondant. Même si son image de Peter Parker lui colle encore un peu à la peau, sa performance reste appréciable.

On sent d’ailleurs l’influence de Tom Cruise dans son personnage qui débute en tant que barman expert en cocktail, pour ensuite se muer en Ethan Hunt. Il faut dire qu’il y a de quoi faire de cette franchise son propre Mission impossible pour cette star montante. Si le succès est au rendez-vous. Pour l’heure, il est encore trop tôt pour le dire, mais c’est suffisant pour se faire un avis sur la qualité globale. Inutile d’avoir un recul de plusieurs mois pour dire qu’Uncharted manque de personnalité.
Visuellement, cela aurait pu être réalisé par n’importe quel yesman, même si j’avoue que la scène de l’avion tirée du troisième jeu est mise en boite avec rythme. Mais cette fidélité au matériau d’origine, accumulant les erreurs de chronologie au passage, s’applique beaucoup plus à l’aspect résolution d’énigmes. Ces phases sont déjà redondantes dans les jeux, mais alors dans le film je m’en suis senti complètement exclu. Voir les personnages cogités pour aller d’un point A à un point B est loin d’être palpitant.

Ces séquences auraient mérité d’être écourtées au profit d’un autre élément essentiel à la licence et qui est ici totalement absent: le fantastique. Car oui, c’est aussi ça Uncharted. C’est des monstres en tout genre, des civilisations oubliées, des reliques magiques… Ces éléments étaient toujours l’occasion de terminer les jeux en apothéose. Rien de tout ça ici donc, mais tout de même un climax sous la forme de bateaux pirates soulevés par des hélicoptères, abordage inclus.
Si le film emprunte beaucoup au jeu, alors le prochain jeu devrait en faire autant avec un niveau reprenant ce moment complètement délirant d’acrobatie. Ça et monsieur Moustache dont le potentiel comique est redoutable. Au final, c’est ce qui reste en mémoire une fois la scène post-générique passée. Le sentiment d’avoir vu un divertissement drôle, mais pas à ses dépends. L’humour contribue à donner un capital sympathie à ce Uncharted, et c’est déjà pas mal.
FILMS
Comme d’habitude, les sorties cinéma sont toujours l’occasion pour des chaines de rediffuser les précédents épisodes d’une franchise. Ce fut donc le cas avec Les animaux fantastiques: les crimes de Grindelwalt que j’ai revu à la hausse. Notamment avec une bonne scène d’introduction et un Johnny Depp loin de verser dans son habituel cabotinage. J’ai tout de même été servi en la matière par Jim Carrey et sa fabuleuse incarnation du Docteur Robotnik. Tellement que ce film mériterait de porter son nom plutôt que celui de Sonic.
D’ailleurs, la mascotte de chez Sega aurait surement gagné à être transposée directement en film d’animation plutôt qu’en live, surtout quand je vois le résultat de Alerte rouge. Ici, il n’est pas question d’un hérisson bleu, mais d’un panda roux, un animal en lequel se transforme la petite Mei dès qu’elle a des émotions fortes. J’en ai ressenti tout autant devant mon écran tant la mise en scène est énergique de bout en bout. Pixar ne m’avait pas autant surpris depuis Vice Versa, et là j’ai retrouvé cette inventivité mêlée de folie propre au célèbre studio.

Cela faisait un certain temps qu’ils se reposaient un peu trop sur leurs acquis, à mon gout. J’ai vu ce dernier long-métrage comme le résultat d’une explosion de créativité après des années de frustration et de produits formatés. C’est tellement dynamique que l’on en ressort épuisé par cette tornade cinématographique, mais content d’avoir pu voir un dessin animé aussi décomplexer à tous les niveaux. Une adaptation en jeu vidéo pourrait même permettre d’aller encore plus loin tellement le personnage de Mei est une boule d’énergie difficile à canaliser le temps d’une heure et demie.
Au-delà de cette exclusivité Disney +, je me suis aventuré un peu plus dans les méandres de la plate-forme et j’y ai découvert Max Payne. Adaptation du jeu vidéo éponyme auquel je n’ai jamais joué, mais dont j’ai beaucoup entendu parler, j’ai trouvé le résultat loin d’être mauvais. Mark Wahlberg qui incarne le rôle-titre dans ce qui est sa première participation à une adaptation vidéoludique avant Uncharted. L’acteur y évolue dans une ambiance à mi-chemin entre Constantine, pour le côté visions démoniaques, et Sin City pour l’environnement urbain.

Ce mélange fonctionne plutôt bien, surtout grâce à la mise en scène de John Moore qui reste classique, donc efficace. Ce réalisateur n’a rien de notable à son actif, mais il a le mérite de ne pas avoir cédé à ces montages épileptiques que l’on peut voir de nos jours. Même si certains décors sont un peu trop propres et lisses, les plans respirent et c’est une notion qui a tendance à se perdre dans le cinéma actuel. Enfin, si l’on fait abstraction du fait qu’à la base il s’agit d’une adaptation de jeu vidéo, c’était plutôt un honnête divertissement.
Toujours sur Disney +, je me suis enfoncé un peu plus profondément dans ce catalogue pour redécouvrir Clones. J’en avais gardé le souvenir d’un nanar et ce fut finalement moins pire que ce dont je me rappelais. L’annonce récente de la retraite de Bruce Willis n’y est pas pour rien dans ce revisionnage loin de refléter le haut du panier de sa filmographie. Malgré tout, ce film de science-fiction, adapté du comics Surrogates, a un point de départ plutôt intéressant avec son concept à la Avatar avant l’heure. Sauf qu’ici il est question de robot à notre effigie en guise d’interface avec le monde réel.

C’est Jonathan Mostow qui se charge de mettre en images cet avenir peuplé de machines à notre service, après avoir mis en scène le soulèvement des machines dans Terminator 3. Il y a donc une forme de continuité dans son travail ainsi qu’une certaine constance dans sa manière à livrer des productions déjà datées au moment de leur sortie. En effet, presque tout sonne faux dans Clones, des décors aux effets spéciaux loin d’avoir bénéficié d’une direction artistique à la hauteur. Même le potentiel de l’histoire est sous-exploité malgré des pistes intéressantes à explorer.
Pourtant, il y a cette espèce de charme qui agit, celui des films sans prétention qui se laisse regarder. Clones en fait partis malgré son titre trompeur, puisqu’il n’est absolument pas question de génétique. D’ailleurs, il est amusant de constater que le créateur des robots est le même acteur, James Cromwell, que celui dans I Robot avec Will Smith. Et puisque j’évoque ce dernier ainsi que les clones, j’ai également pu découvrir Gemini Man. La superstar, qui incarne un tueur à gages, se retrouve confrontée à son double rajeuni qui a pour mission de l’éliminer.

En somme, il s’agit de la réplique que l’on peut entendre de la bouche du personnage de Tim Roth dans L’incroyable Hulk:
Si je pouvais mettre ce que je suis dans le corps que j’avais il y a 10 ans, même moi je n’oserais pas m’affronter.
mais étalée sur deux heures. Du coup, l’histoire n’est pas très consistante. La charge revient donc à Ang Lee de susciter l’intérêt avec sa réalisation et ses expérimentations en tout genre. Outre des changements de format de l’image (une fantaisie qu’il avait déjà utilisée dans Hulk, pas celui auquel je faisais référence un peu plus haut et qui est un reboot dans le cadre du MCU), le cinéaste a utilisé des caméras filmant à 120 images secondes ce qui fait son petit effet à l’écran. Surtout lorsqu’il s’agit de mettre en scène une séquence d’action à moto pour suivre le mouvement et la cadence: impressionnant.
Les décors colorés sont également là pour faire office de distraction visuelle tant le scénario n’offre rien de nouveau. La forme prédomine donc sur le fond, avec en tête le rajeunissement numérique de Will Smith. Le résultat est saisissant, sauf lorsque la caméra s’attarde un peu trop sur son visage. Cela a eu pour effet de me faire sortir du film et me faire entrer en pleine vallée dérangeante. C’est d’autant plus regrettable que l’application Faceapp permet d’avoir de biens meilleurs résultats. Ce n’est donc pas la claque tant attendue à ce niveau-là, et pourtant Will Smith s’y connait en gifle comme on a pu le constater lors de sa sortie de route aux Oscars.
SÉRIES
Entre autres conseil d’écriture et métaphore sur le sujet, Stephen King a dit qu’une histoire était comparable à un fil que l’on tirait pour savoir ce qu’il y avait à l’autre bout. Dominique Rocher et Éric Forestier ont dû prendre cette image au pied de la lettre pour en faire le pitch de leur mini-série La corde. Du moins, dans leur travail d’adaptation puisqu’à l’origine il s’agit d’un roman de l’auteur allemand Stefán Aus Dem Siepen. Mais la référence à Stephen King reste tout de même valable puisque c’est typiquement le genre de nouvelles qu’aurait pu écrire le maitre de l’épouvante.

Le point de départ, digne d’un épisode de La quatrième dimension, est donc d’une grande simplicité: un groupe de scientifiques isolé en Norvège découvre une corde dans les bois proches de leur observatoire. Cette fameuse corde devient alors le fil directeur, littéralement, à ceci près qu’elle semble ne pas finir. Une randonnée va donc être improvisée pour tenter de découvrir ce qu’il se cache à son extrémité. C’est là un postulat de base très intrigant, mais qui peut vite devenir potentiellement très chiant à suivre. Fort heureusement, cette mini-série ne s’étale pas au-delà de trois épisodes d’une cinquantaine de minutes.
Que ce soit pour garder intacte l’efficacité de son concept, ou par manque d’idées pour développer ce récit sur le long terme, la série ne tire pas sur la corde qu’elle met en scène. À ce propos, on ne pas dire que la production ait dû investir des millions pour mettre en image cette fiction. Il n’y a pas besoin de grand-chose: une corde, une forêt et des personnages qui veulent savoir jusqu’où cela les mène. Exactement comme les spectateurs. La corde devient alors l’exemple le plus parlant pour illustrer le fait que les idées les plus simples sont souvent les meilleures.
Difficile dès lors de ne pas se prendre au jeu et d’imaginer toute sorte de théories à propos de cette corde. Mais l’inconvénient avec ce genre de concept intriguant, c’est que l’on ne peut s’empêcher de spéculer et le cas échéant, d’avoir des réponses meilleures que celles qui seront proposées. C’est là que le format en trois épisodes prend tout son sens et empêche le public de prendre trop d’avance. Une donnée dont avait souffert la série Lost et dont La corde se réclame avec de nombreux points communs à son actif.

La ressemblance la plus flagrante reste l’épisode 9 de la première saison qui était centré sur Sayid et voyait l’ancien soldat trouver un câble sur la plage avant de le suivre jusque dans la jungle. Entre autres similitudes avec la co-création de JJ Abrams et de Damon Lindelof, on retrouve également un groupe de personnages qui mystifient un lieu, ou ici un objet en l’occurrence. Ils en parlent entre eux comme s’il s’agissait d’une personne à part entière au point de devenir un objet de discorde. Comme pour l’ile, il y a ceux qui veulent continuer à suivre la corde, et d’autres qui préfèrent faire marche arrière.
Ces derniers sont persuadés de perdre leur temps et paradoxalement, ce n’est pas tout à fait faux. En effet, une désynchronisation se fait ressentir entre ceux qui se sont aventurés dans les bois, et pour qui il ne s’est passé que quelques heures, voire quelques jours, et ceux qui sont à leur recherche depuis des semaines. Les repères temporels sont ainsi brouillés exactement comme les survivants du vol Océanic 815, de la même manière que ces randonneurs improvisés peuvent guérir plus vite au contact de la corde, mais aussi converser avec des morts.

Des particularités qui confèrent à cet objet un lien mystique avec ceux qui décident d’en percer le mystère. Cette volonté propre dont la corde semble dotée, la mise en scène ne la met pas particulièrement en avant. Les personnages priment sur le reste et venant de la part du réalisateur de La nuit a dévoré le monde, ce n’est guère surprenant. Ce huis clos avec des zombies mettait déjà en scène un nombre restreint de protagonistes pour se concentrer sur leurs réactions face à un événement perturbateur.
Bien que ce soit ce groupe qui donne cette aura surnaturelle à cet objet, de par l’importance qu’ils y attachent, j’aurais préféré un peu plus de verticalité dans la progression. Le terrain n’est jamais propice à une session d’escalade ou d’un mont à gravir grâce à la corde en question, et c’est bien dommage. Le cheminement en devient donc linéaire jusqu’à la révélation finale. C’est là que le faible nombre d’épisodes devient une force puisqu’en tant que spectateur, l’investissement aura été suffisamment de courte durée pour que la conclusion ne soit pas une source de déception.

En cela, cette histoire est la représentation parfaite de la citation qui dit que le voyage est plus important que la destination. C’est une notion que les personnages vont apprendre au fur et à mesure de leur marche. La même question revient d’ailleurs à plusieurs reprises: pourquoi continuer? Il n’y a pas de réponse, car c’est un périple qui les mène à la découverte d’eux-mêmes, et non de ce qu’il y a au bout de cette corde. La série nous enseigne alors que parfois, il vaut mieux laisser partir certaines choses que de les retenir. Cette pensée s’illustre souvent par une corde que l’on tient fermement, et qui nous brule si l’on résiste.
JEU VIDÉO

À l’opposé des mondes ouverts où l’on peut s’aventurer dans de grands espaces, il n’y a rien de plus dirigiste qu’un rail shooter. Notre marge de manœuvre se limite alors à viser et tirer sur des cibles aux quatre coins de l’écran. Idéal pour décompresser entre deux jeux plus exigeants, mais surtout lorsque l’on a le matériel approprié. C’est ce que propose Rez Infinite sur Playstation 4 par l’intermédiaire d’un casque VR. N’étant pas équipé en la matière, j’ai donc pris part à cette aventure à l’ancienne, manette en mains et poche de glace pour les articulations.
D’emblée, tout rail shooter qu’il soit, Rez Infinite donne surtout l’impression d’avoir pris un rail de coke. En effet, le personnage que l’on incarne plane dans des décors tout ce qu’il y a de plus virtuel puisqu’il est lui-même un programme. L’identité graphique est donc très proche de Tron ou du film Le cobaye, en plus de proposer des environnements très variés sur le même thème. L’ambiance n’est pas seulement visuelle, elle est aussi sonore avec une bande son électro qui donne la sensation d’être à une rave party.

C’est d’autant plus le cas lorsque l’on perd des points de vie et où notre personnage se trouve réduit à l’état d’une boule à facettes, accentuant encore plus l’atmosphère boite de nuit. Avec le casque VR et les gâchettes pour viser, il est d’ailleurs surement possible de mimer des mouvements de danse d’un point de vue extérieur. Vue de l’intérieur, la manette ajoute une difficulté supplémentaire au maniement lorsque l’on mitraille frénétiquement les boutons. Bien que le jeu soit fait pour un joueur, je recommande d’être à deux pour pouvoir se relayer.
En effet, les niveaux sont hypnotiques et donc par conséquent cligner des yeux est à éviter. C’est pourquoi il est toujours bon de décrocher le temps qu’un deuxième joueur prenne le relai. De plus, en tant que spectateur, cela permet d’admirer les décors sans pression, chose qu’il est quasiment impossible de faire avec plusieurs cibles à verrouiller en même temps. Les paysages sont pour la plupart en représentation fil de fer, mais malgré ce parti pris esthétique, l’ambiance y est différente d’une zone à une autre: de l’Égypte à des designs sortis tout droit du jeu de course futuriste Wipeout dans le dernier niveau.

En cela, Rez Infinite attise la frustration de ne pouvoir arpenter le reste du décor à sa guise. Il met également à l’épreuve nos réflexes, surtout en l’absence de checkpoint régulier. On progresse donc en apprenant de nos erreurs et en devenant toujours plus vif. Mais personne n’est à l’abri d’une crise de nerfs. Ou d’une crise d’épilepsie. Pour ma part, j’ai aimé évoluer dans cet univers virtuel, avec modération. C’est de l’arcade à l’état pur, un défouloir occasionnel plus qu’un jeu dans lequel s’immerger.
DOCUMENTAIRE
La série Friends avait eu droit à une réunion pour attirer les abonnés sur la plate-forme HBO Max, et cette dernière a réitéré l’expérience avec le casting d’Harry Potter. Intitulé Harry Potter: retour à Poudlard, ces retrouvailles se passent 20 ans après la sortie du premier film de la franchise. Le sentiment de nostalgie est donc bien présent et donne envie de revoir la saga au grand complet rien qu’en entendant la bande originale.

Les acteurs évoluent de nouveau dans les décors emblématiques qui les ont vus grandir pour nous gratifier de secrets de tournage. Bien sûr, cette rétrospective se concentre surtout sur le trio de tête que sont Emma Watson, Rupert Grint et Daniel Radcliffe. Impossible de s’attarder sur l’ensemble de l’équipe durant l’heure quarante-deux consacrée à cette réunion des anciens élèves de Poudlard, et c’est bien dommage. Je pense notamment à Matthew Lewis, alias Neville Londubat, qui a subi une transformation physique assez impressionnante.
Autre absence regrettable, celle de J.K. Rowling qui pourrait faire office de directrice de l’école et qui n’est visible qu’à travers des images d’archives. La faute à des propos qu’a tenus l’autrice et qui l’ont blacklisté du propre univers qu’elle a créé. Mais quitte à revoir celle sans qui rien de tout cela ne serait possible, je conseille vivement le documentaire Une année dans la vie de J.K. Rowling présent dans les bonus de Harry Potter et le prince de sang-mêlé. On y suit l’écrivaine lors de la rédaction du dernier tome de la saga jusqu’à sa publication.
Ce regard empreint de nostalgie vers le passé, d’autres ont décidé de le tourner vers l’avenir. C’est notamment le cas pour un autre artiste dont le titre du documentaire autour de sa personne était plutôt aux antipodes: Enki Bilal: souvenirs du futur. Le dessinateur et scénariste y dévoile son processus de création à travers l’un des tomes de sa dernière série en date intitulée Bug. L’occasion de se rendre compte à quel point l’illustrateur possède un style identifiable entre tous.

Ce documentaire revient également sur ses origines afin de mieux comprendre les obsessions qu’il exprime par le biais de la science-fiction. Mais ce moyen d’expression qu’est la bande-dessinée ne se limite pas aux frontières de la France puisque l’on peut voir Enki Bilal au centre d’une exposition à New-York autour de son oeuvre. Moi qui le connaissais surtout en tant que réalisateur avec le superbe Immortel, Ad Vitam, ce court documentaire m’a donné envie de me pencher un peu plus sur son travail dans le monde du neuvième art.
TRAILERS
Stranger things saison 4
Divisée en deux parties, cette quatrième saison de Stranger Things commence à préparer le terrain pour la fin. En effet, il a été annoncé que la cinquième serait la dernière de cette série exclusive à Netflix. On y retrouve donc la bande d’Hawkins au grand complet et qui a bien grandi depuis les événements de la saison 3. Cette dernière n’avait d’ailleurs pas été à la hauteur des deux premières, en partie à cause d’un antagoniste qui était une sorte de bouillie visuelle. Là, il en est tout autrement puisqu’un ennemi à l’apparence humanoïde, mais non moins typique de l’upside down, y est dévoilé. Son monologue en voix off ne laisse aucun doute quant à ses intentions et il sera accompagné des iconiques Démogorgons, mais aussi d’autres créatures volantes… Du reste, il y a cette symbolique autour de l’horloge qui revient à plusieurs reprises dans le trailer. Toujours concernant la temporalité, il faut également ajouter des séquences qui semblent tirées du temps où Eleven subissait des expériences. Il est plus probable qu’il s’agisse là de flashbacks plutôt que de voyage dans le temps, quoi qu’il en soit les réponses ne vont pas tarder avec la sortie du premier volume le 27 mai.
Thor: love and thunder
À l’issue d’Avengers Endgame, Thor avait rejoint les rangs des Gardiens de la galaxie. Finalement, quoi de plus normal tant Thor Ragnarok avait redéfini le dieu du tonnerre dans une tonalité qui concorde avec cette bande de losers héroïques. Ces derniers seront donc de la partie avec l’humour qu’on leur connait, même si pour ma part j’aurais préféré un film centré sur le comics des Asgardiens de la galaxie. Mais avec Taika Waititi à la barre, c’est déjà l’assurance de retrouver cette ambiance décontractée qui avait redynamisé le personnage. Et après être passé par la case obèse dans le dernier opus en date des Avengers, on retrouvera Chris Hemsworth plus bodybuildé que jamais dans ce qui s’annonce être une phase de remise en question. Thor souhaite passer à autre chose et ce passage de relai semble symboliser en fin de trailer par Jane Foster, qui est désormais la détentrice de Mjolnir. Pour l’occasion, Nathalie Portman est de retour dans le rôle, elle qui avait fait l’impasse sur le meilleur film de cette franchise, en espérant que sa présence ne plombe pas le récit comme ce fut le cas précédemment. Mais entre un passage à New Asgard et chez Zeus, il devrait y avoir de quoi faire pour assurer un minimum de dépaysement.
Le visiteur du futur
De web-série à blockbuster français, il aura fallu une dizaine d’années à François Descraques pour parvenir au Saint-Graal. Après quatre saisons, un roman et des bandes-dessinées, pour étendre son univers, le réalisateur est à la barre de son premier long-métrage. La hype autour du personnage du Visiteur du futur étant assez lointaine, à l’échelle du Net, Descraques a malheureusement dû compléter son casting avec des humoristes et des youtubeurs pour garantir une certaine attractivité. Arnaud Ducret et McFly et Carlito seront donc de l’aventure face à une armée de zombie et la police du temps. Outre le retour de Florent Dorin dans le role titre, on pourra également compter sur la présence du docteur Henry Castafolte et ça, c’est une bonne nouvelle.
Jurassic World: le monde d’après
Pour la première fois, et la dernière puisqu’il s’agit de la conclusion de cette trilogie, Jurassic World va enfin bien porter son titre. En effet, cette nouvelle bande-annonce propose de voir les dinosaures évoluer sur le continent et de les confronter à notre jungle urbaine. Un spectacle qui s’annonce riche en trouvailles visuelles comme ce ptérodactyle qui a fait son nid en haut d’un building. Les séquences d’action ont l’air tout aussi intéressantes puisque l’on s’affranchit des limites du parc. Pour autant, je ne pense pas qu’il faille s’attendre à long-métrage aussi intense que La planète des singes: suprématie, dans le genre transition avec une nouvelle espèce dominante, mais j’ai envie d’y croire. Les films mettant en scène des dinosaures sont bien trop rares alors je ne peux qu’être impatient de voir ce nouvel opus. Surtout, que la direction artistique à l’air d’avoir pris en compte les récentes découvertes comme quoi certains dinosaures avaient des plumes. De quoi renouveler des designs que l’on ne connait que trop bien. Du reste, le retour du casting d’origine fait plaisir à voir et Chris Pratt est égale à lui-même. J’ai hâte de voir le résultat sur grand écran.
COMICS
America got talent a non seulement eu une version française, intitulée La France a un incroyable talent, mais aussi une version comics super-héroïque. C’est le scénariste Jonathan Ross qui s’appuie sur cette célèbre émission pour la parodier jusque dans son titre: America got Powers. Éditée en deux tomes dans l’hexagone, cette critique de la société de consommation par le prisme des super-héros vaut aussi pour le public français. Pour autant, je ne suis pas sûr qu’il soit plus réceptif. Moi, je ne l’ai pas été.

Pourtant, le concept de télé-réalité était plutôt accrocheur et la collaboration avec Bryan Hitch au dessin augurait de bonnes choses. Le dessinateur m’avait épaté sur Ultimates, mais là il n’est clairement pas au maximum de ses capacités. Comme pour sa collaboration avec Mark Millar sur la réinvention des Avengers, l’illustrateur s’amuse ici aussi à reproduire des acteurs sans réelle conviction. Avec ou sans leur autorisation, David Tennant et Ed Harris se retrouvent donc mêlés à cette intrigue tout aussi passable.
Les planches peinent à faire illusion pour soutenir un récit qui n’exploite jamais vraiment à fond son concept de jeu télévisé. C’est essentiellement les coulisses qui sont traitées ainsi que le star-system et en cela, j’ai préféré l’approche de Superstar de Kurt Busiek sur un sujet similaire. Le point de départ à la Rising Stars et l’ambiance à la The boys n’auront donc pas suffi pour me faire adhérer à America got Powers. C’est d’autant plus regrettable qu’il y a là un vrai potentiel à explorer.
MES ATTENTES POUR LE MOIS QUI DÉBUTE
Parmi la multitude de séries que je suis en même temps, il y en a une qui ne va pas tarder à trouver sa conclusion: Moon Knight. Je ne cache pas que pour l’instant cette saison me laisse une impression mitigée et je redoute un peu le dernier épisode qui devra conclure pas mal d’intrigues en suspens. Rendez-vous donc mercredi prochain pour savoir comment tout cela va se résoudre. Ou ne pas se résoudre.
Le même jour, soit le 4 mai, et toujours chez Marvel Studios, sortira Doctor Strange in the multiverse of madness. Un film que j’attends autant pour le retour du sorcier suprême que pour celui de Sam Raimi à la réalisation. Je suis impatient de voir comment il s’est approprié le personnage et si son incursion dans le MCU n’a pas bridé sa mise en scène. Je compte donc le visionner assez vite pour éviter les spoilers au maximum. Et puis, la projection sera accessoirement accompagnée de la toute première bande-annonce d’Avatar: la voie de l’eau.

Je ne manquerais donc pas de débriefer tout ça dans l’édito du mois prochain. En attendant, j’ai de quoi faire aussi côté jeu vidéo avec Injustice: gods among us que j’ai recommencé en guise de transition avant un titre un peu plus exigeant. Toujours dans le domaine vidéoludique, mais cette fois-ci sous forme de littérature, j’ai également une lecture qui touche à sa fin et qui traite de la narration dans les jeux vidéo. Je reviendrai bien sûr dessus le moment voulu. C’est-à-dire d’ici quelques semaines.

