
Je rêve d’une fête du cinéma à l’image de celle de la musique. Un événement durant lequel amateurs comme professionnels se réuniraient autour d’un projet commun pour ensuite le projeter en plein air. Il pourrait s’agir d’un film à part entière, d’un court métrage ou juste d’une bande-annonce dans le style de Be kind, rewind. Tellement de talents ne demandent qu’à être révélés de cette façon, tellement de projets méritent d’être sous le feu des projecteurs.
Heureusement pour réparer cette injustice, YouTube existe. C’est une plate-forme qui permet une liberté d’expression doublée d’une certaine exposition. Pour peu que l’on parvienne à susciter le buzz. Nombre d’artistes ont émergé en sortant du circuit traditionnel qu’est le cinéma, et c’est pourquoi j’ai eu envie de mettre en avant des créateurs de contenu qui célèbrent eux aussi le septième art, à leur manière.
Dans cette catégorie, j’ai d’emblée écarté le trio qui dominent le YouTube game et que sont Le fossoyeur de films, In the panda et Durendal. Inutile de les présenter si l’on s’intéresse au cinéma. À la place, j’ai préféré mettre en avant d’autres chaines qui méritent elles aussi d’accéder à cette renommée. Au programme pour ces quatre jours de festivités, du dimanche 03 juillet au mercredi 06 juillet, j’ai donc sélectionné quatre youtubeurs.

C’est à l’occasion d’une FAQ que j’ai découvert le pourquoi du comment de ce nom. Dans le langage cinématographique, un intercut, c’est ce qu’il y a entre les plans. Comme de petits inserts. Et avec ces analyses très poussées, ce youtubeur lit littéralement entre les lignes à chacune de ses prises de parole. Sa particularité, c’est de prendre une oeuvre et d’en proposer toute une sélection bien meilleure, ou pire, dans le même style. Ce format s’appelle C’est comme le vrai, mais en mieux /, mais en moins bien, et c’est une véritable mine d’information pour quiconque souhaite agrandir sa culture. Moi-même, j’ai pu étoffer mon bagage grâce à ses recommandations glaner ça et là. Il fait également preuve d’un incroyable travail de recherches pour les vidéos de la catégorie Et si… qui retracent le developpement hell d’un film qui a vu le jour, mais pas sous la forme sous laquelle il était prévu au départ.

À dire vrai, j’étais persuadé que cette chaine s’appelait TABS. Mais non, c’est juste l’un des formats, avec Split et Vidéostore, mais c’est surtout le plus représentatif de Tales from the click. Le principe est simple: un plan fixe donnant sur un bureau, et une voix off qui abreuve d’anecdotes l’auditoire que nous sommes. Dans la grande majorité des cas, chaque vidéo se concentre sur un acteur ou une actrice, mais il y a aussi quelques chanteurs ou auteurs dans le lot. C’est donc l’occasion de retracer le parcours de ces stars en une dizaine de minutes. Les informations sont synthétisées au maximum pour un tour d’horizon complet.
LE CINÉ-CLUB DE MONSIEUR BOBINE

Contrairement à son intitulé, il ne s’agit pas ici d’un seul youtubeur derrière le pseudo de Monsieur Bobine, mais bien d’un collectif. Cet envers du décor, je l’ai découvert en me procurant leur essai sur Matrix qui est complémentaire à leur vidéo sur le sujet. C’est là une équipe de passionnés dont je me sens très proche, car on partage les mêmes références, et j’ai l’impression que l’on est de la même génération, ne serait-ce que pour la découverte du film des Wachowski au cinéma. Ce n’est pas pour autant quelque chose qui m’a influencé puisque j’ai découvert leur travail bien avant de savoir ces gouts que l’on avait en commun. J’ai d’abord été attiré par ce personnage cartoonesque, digne de Monsieur ADN dans Jurassic Park, et par la pertinence de ses propos lorsqu’il s’agissait de mettre en lumière un film, une saga, un réalisateur ou une filmographie.
S’il y en a bien un, parmi les innombrables critiques de cinéma autoproclamés, qui fait preuve de positivité, c’est bien lui. La bienveillance ressort de chacun des sujets qu’il décide de traiter tout simplement parce qu’il ne se base pas sur l’actualité. Du moins, pas directement. Cette chaine se centre avant tout sur les gouts de celui qui se présente face caméra derrière un fond noir. C’est sobre, mais efficace. Sa diction, quant à elle, révèle quelqu’un de passionner qui a pris le temps de digérer une oeuvre, d’avoir le recul nécessaire pour en parler. Et la défendre. Il est l’image du mantra qu’il répète pour clôturer chacune de ses vidéos: n’oubliez pas, aimez les films que vous aimez.

Avant de mettre en avant cette sélection, j’ai hésité avec d’autres créateurs de contenu que j’adore aussi. Parmi eux, il y avait La théorie de Graham mais, bien que régulières, les théories en question sont un peu trop espacées à mon gout. Écran large faisait également partie de mes hésitations, avant de statuer sur le fait que leurs articles sont bien plus poussés que leurs vidéos. Ces dernières ne sont là qu’en complément. Enfin, le Nexus 6 aurait également pu apparaitre dans cette liste, mais leur attrait pour la science-fiction s’étend bien au-delà du cinéma.
Bien entendu, leur absence n’enlève rien au talent de ces passionnés qui participent à proposer du contenu de qualité sur le septième art. Idem pour ceux que j’ai mentionnés en introduction et que l’on ne présente plus. En tout cas, c’est vers toutes ces chaines que je me tourne à l’issue d’une projection. C’est vers toutes ces cinéphiles que je vais me tourner à l’issue de la fête du cinéma. Même si les avis diffèrent, il est toujours agréable de voir comment d’autres personnes ont interprété une même oeuvre. C’est ça aussi la beauté du cinéma, le partage.
