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Les petites choses

Il y a les listes que l’on transforme en actions et il y a les actions que l’on transforme en listes. Ce sont deux choses à la fois similaires et pourtant très différentes à mes yeux. Le premier exemple évoque inévitablement l’éternelle to do list dont je suis un fervent connaisseur. J’en ai dressé au kilomètre et j’en ai parcouru autant en termes d’action pour effectuer les tâches que je m’étais fixé. Une fois atteint, je prends alors plaisir à barrer mes objectifs les uns après les autres avec une grande satisfaction. Mais parfois il y a des grains de sable qui viennent enrayer cette mécanique bien huilée et qui pourtant nous procure tout autant de satisfaction…

Ces choses qui se glissent entre les cases de votre emploi du temps comme un coup de fil que l’on attendait pas, la météo qui change et qui fait tomber à l’eau nos plans, la visite impromptue d’un ami, une sieste crapuleuse, un fou rire qui s’éternise et qui nous fait perdre le fil de ce que nous faisions, un nouveau plat qui nous fait sortir de notre routine, la découverte d’un film sur lequel on n’aurait rien misé… La liste est longue mais on peut appeler cela tout simplement des moments de vie. De l’ordre de l’imprévu et de la spontanéité, c’est cela que j’évoque lorsque je parle d’actions qui se transforment en listes.

Cela fait maintenant deux ans que je m’applique à repérer cette magie du quotidien qui prend souvent la forme d’une blague de mauvais gout, d’une chanson réinterprétée avec des paroles frôlant le politiquement correct ou encore d’une sortie en couple, pour les noter avec assiduité. Il m’arrive d’en zapper, soit parce que j’ai tellement profité de ce moment de complicité que j’en ai oublié de le noter, soit parce que c’est un délire qui serait bien trop complexe à résumer en quelques mots voir une phrase. Peu importe, l’important c’est que cela soit une chose positive et si possible avec la date du jour auquel l’événement s’est produit.

Une fois que j’en ai une liste assez conséquente, je m’évertue alors à retranscrire chacun de ces moments sur des Post-its que je plie en quatre pour ensuite les mettre dans un bocal. Au terme des 365 jours, ce dernier est alors prêt à être ouvert pour redécouvrir ce qui a constitué l’année précédente. C’est ce que j’ai fait durant ce mois de janvier et que je vais continuer à dépouiller comme des bulletins de vote tant il reste encore une grande quantité de ces petits papiers. Des instants de vie, des mini-trésors que je redécouvre avec du recul et dans le plus parfait désordre. Le but est d’en prendre un hasard comme on plonge la main dans un assortiment de bonbons et d’y repenser pour se replonger dans ce moment d’euphorie ou de bien être.

Comment j’en suis venu à faire cela? Je ne sais plus, cela m’a sans doute était inspiré par quelqu’un et la pratique est très répandue si l’on fait quelques recherches. Mais le plus important c’est pourquoi je fais ça? Pour ne pas oublier. Pour faire attention aux petites attentions. Pour chérir la chance d’être en vie. Pour me remonter le moral lorsqu’il est au plus bas. Pour prendre conscience du temps qui passe. Pour me rendre compte de la chance que j’ai. Les raisons sont multiples mais l’effet après avoir déplié l’un de ces petits papiers est toujours unique: un sourire. Et par les temps qui courent, c’est un luxe qu’il est précieux de préserver.

Je crois que cette pratique m’a grandement aidé à affronter 2020 en toute sérénité contrairement à beaucoup. L’exercice de dire trois choses positives avant d’aller me coucher aura également été bénéfique pour clore une journée parfois pas terrible. Même le Blue Monday du 18 janvier, supposé être le jour le plus déprimant de l’année, n’aura pas eu raison de moi. Pourtant on ne peut pas dire que les choses se soient arrangées avec un couvre-feu à 18 heures, la mutation du virus en différents variants… Des événements que j’ai d’ores et déjà choisi de ne pas retenir parmi les pense-bêtes destinés à rejoindre mon bocal.

Consciemment, j’avais occulté toute la négativité de l’année dernière et lorsque j’en ai commencé la rétrospective le mois dernier, cela m’a aidé à n’en garder que le meilleur. Néanmoins je n’ai pas échappé au fait qu’une année s’était écoulée depuis la découverte du virus en France. De quoi nous laisser le recul nécessaire pour mieux appréhender cette menace et pourtant nous ne cessons de reculer, de perdre du terrain. Est-ce dans le but de rattraper ce retard que le gouvernement s’est décidé à former un groupe de réflexion, composé de plusieurs artistes de science-fiction, pour essayer de prédire les prochaines décennies? 

Lorsque j’ai appris l’existence de ce projet Red Team, cela m’a immédiatement fait penser à la bande-dessinée française « Scénario catastrophe ». Et c’est bien de cela dont il est question dans cette initiative de l’armée, imaginer le pire afin de pouvoir trouver des solutions. Pour l’heure, cette anticipation se situe aux alentours de 2030 / 2060 et il en ressort des concepts vraiment intéressants que l’on pourrait croire tout droit sortis d’un projet de blockbuster en préparation. J’avoue qu’après avoir parcouru la saison 0 qui est téléchargeable sur le site qui y est dédié, je serai assez tenté de voir un long-métrage, une série ou un jeu vidéo utilisant ces concepts arts et les prédictions qui y sont faites.

Pour une fois que des artistes français ont carte blanche pour imaginer l’avenir, il est dommage de voir que leur créativité ne soit destinée qu’à servir le gouvernement là où elle est censée être contestataire. Les plus grandes oeuvres le sont, comme 1984 ou Fahrenheit 451, et je doute que dans les directives qui leur ont été données ce pôle d’auteur ait été autorisé à faire une critique du gouvernement pour lequel il officiait. Quoi qu’il en soit, le monde qu’ils dépeignent n’a pas l’air d’être un endroit où il fait bon vivre. J’ai beau être un fan hardcore de la culture de l’imaginaire mais quitte à choisir, j’aimerais autant voir cela sur un écran de cinéma plutôt qu’en ouvrant ma fenêtre.

Je dis assez souvent dans les lignes de mes éditos que nous vivons à une époque où la réalité a dépassé la fiction et cela n’a jamais été aussi vrai avec ce projet. Souvent catastrophique, parfois alarmiste, il est bon de rappeler que l’armée est à l’origine derrière ce concept et que le but est d’imaginer les situations les plus désespérées, non une utopie. C’est prendre le problème à l’envers mais cela reste quand même une initiative à saluer. Il est bon de préciser aussi que les Américains disposent eux aussi de ce Think Tank et pourtant ils n’ont pas été capables de prévoir tous les problèmes que Trump a laissés derrière lui après son passage à la maison blanche.

Pourtant son bannissement de Twitter fait partie des grandes thématiques de la science-fiction puisque selon les médias qui ont relayé l’information, il s’agit là de censure. Nombre d’ouvrages, tels que ceux que j’ai mentionnés précédemment, ont traité la question sous différents angles mais toujours sous celui de la population se voyant priver de sa liberté d’expression par le gouvernement. Jamais l’inverse, comme cela s’est produit ces dernières semaines. Pour ma part, même si cela reste une action justifiée contre une personne ayant de propos incitant à la haine et la violence, je n’y vois là aucune censure de la part de la plate-forme où les haters sont rois.

Que je sache, personne ne nous force à nous inscrire sur ces réseaux sociaux et lorsqu’on le fait c’est en toute connaissance de cause. On accepte les conditions d’utilisation sans même les lire et si on ne les respecte pas, nous avons des rappels à l’ordre jusqu’à en être exclu. Si un jour WordPress estime que je vais trop loin dans mes propos, libre à eux de m’en interdire l’accès car j’en aurais accepté les règles préalablement. Si je ne suis pas content, je peux aller sur une autre plate-forme. C’est un peu comme participer à un jeu en acceptant les règles puis s’offusquer parce que l’on vient de perdre pour cause de tricherie ou de manquement au règlement. Les réseaux sociaux étant de base un moyen de nous rapprocher, Trump ne pouvait que se faire exclure du système en cherchant à nous diviser. 

C’est aussi simple que ça et n’en déplaise à certains, c’est une preuve de plus que nous sommes tous égaux et logés à la même enseigne. Et cette dernière ne devrait jamais être un réseau social à la mode pour le président de la première puissance mondiale. Depuis quand est-il devenu normal pour un chef d’État de s’exprimer sur un réseau social? Où sont passées les conférences de presse? J’ose espérer que le gouvernement américain dispose de suffisamment de moyens pour diffuser massivement un message à la population, autre que par l’icône d’un petit oiseau bleu. J’espère que Joe Biden utilisera ce média avec un peu plus de parcimonie que son prédécesseur même si son mandat sera utilisé en grande partie pour rectifier les erreurs qu’il a pu faire. À commencer par revenir dans les accords de Paris.

Les réactions suite à son investiture ont été extrêmement positives, mais il est dommage de se dire que l’on va se souvenir de Joe Biden en partie parce qu’il succède à Trump. La population se réjouit plus du départ de ce dernier que de la venue de son successeur. Ce n’est pas pour autant que les partisans de Donald Trump n’ont pas fait entendre leur voix puisque l’histoire des États-Unis a été marquée par l’invasion du capitole. Difficile de faire passer cela sous le coup de la Fake News après un tel coup d’état. Même le groupe d’analystes du gouvernement n’a pu prédire un tel scénario catastrophe, c’est dire à quel point le monde a tellement sous-estimé cet individu et son pouvoir de persuasion.

Ces images spectaculaires se sont superposées avec ma lecture du moment: l’intégrale de Dark Vador: le seigneur noir des Sith. Quiconque a vu l’épisode 3 peut y voir un parallèle avec cet événement qui ne s’est pas produit dans une galaxie lointaine, très lointaine. Dans le domaine d’une prise de pouvoir par « la Force », le créateur de la saga Star Wars connait son sujet pour l’avoir traité sur toute une prélogie et aurait été un atout essentiel dans ce pôle de visionnaire qu’est l’équivalent américain de la Red Team. Celle de ce pavé regroupant les quatre tomes sous forme d’Absolute ne compte que deux membres, Charles Soules au scénario et Giuseppe Camuncoli à l’illustration. Un duo amplement suffisant pour produire un travail d’une qualité incroyable.

Dans la continuité du discours politique de George Lucas sur la prélogie, on suit donc les affres et les tourments d’Anakin Skywalker qui vient à peine de revêtir l’armure de Dark Vador. Située entre les épisodes 3 et 4, l’intrigue explore les zones d’ombre du personnage, qui n’en manquait pourtant pas. L’auteur montre qu’il a parfaitement compris ce personnage iconique au point de se l’approprier. Pourtant il est assez bizarre au premier abord de suivre un méchant dans ses aventures là où l’on est habitué à suivre des héros et pourtant cela fonctionne. Ce n’est pas pour autant que Charles Soules en a fait un antihéros dans la lignée de Spawn. 

Non, Dark Vador reste un méchant terriblement cruel envers les personnes qu’il est amené à croiser, alliés de l’Empire comme Jedi, mais aussi un personnage complexe. Et comme on dit « meilleur est le méchant, meilleur est l’histoire ». Bien sûr tout ceci ne fonctionne uniquement que grâce à l’héritage de la saga Star Wars, sans ce bagage toutes ces histoires n’auraient aucun intérêt puisqu’elles s’inscrivent dans le canon officiel en y faisant référence. C’est donc une lecture pour les fans purs et durs mais qui est ce que j’ai pu lire de mieux sur cette franchise. On y découvre une facette à la fois différente et complémentaire de ce que l’on connait de cette icône du côté obscur. Ce dernier est même exploré à plusieurs reprises lors de passages oniriques absolument bluffants et inédits.

Non content d’avoir eu ma dose avec Dark Vador, je ne peux pas passer un mois sans mon Dark Knight fétiche comme vous avez pu le remarquer dans les précédents éditos. Il est toujours présent peu importe le support et c’est avec le comics La réssurection de Ra’s Al Ghul que je l’ai retrouvé. Malgré tout l’amour que je porte à ce personnage cher à mon enfance, cette lecture n’aura pas été des plus passionnante sans pour autant être mauvaise. Idem pour le premier tome d’une ancienne édition de Promethea par Alan Moore. Attiré par la promesse d’une intrigue méta et par la réédition de Urban Comics (avec une superbe couverture immaculée et dorée), j’en ai profité pour découvrir cet univers sans pour autant accrocher.

Par contre j’ai retrouvé l’esprit d’Alan Moore, plus précisément de Watchmen, dans un autre comics dont il n’est pas l’auteur: The Magic Order. Un one shot écrit par Mark Millar et Olivier Coipel qui s’inscrit dans le rachat du Millarworld par Netflix. Cela permet au géant du streaming d’avoir les droits d’adaptation de toutes les prochaines oeuvres du scénariste écossais pour les transposer en film ou en série. Pour l’heure le support papier se suffit à lui-même mais est également plein de promesses pour se voir développer. En reprenant la structure de Watchmen, l’histoire débute par l’assassinat et l’enterrement d’un sorcier. S’en suit l’exploration du monde de la magie avec des sorts plutôt originaux et une véritable énergie mise en oeuvre pour proposer quelque chose d’innovant.

En effet, on tourne un peu en rond du côté de la magie depuis qu’un certain sorcier à lunette s’est imposé comme une référence absolue dans le domaine. Pour reprendre la comparaison avec Alan Moore, ce dernier avait été confronté au même problème en son temps avec l’âge d’or des super-héros et dans son optique des les déconstruire, il n’avait pas eu l’autorisation d’utiliser les personnages de Charlton Comics suite au rachat de la société par DC Comics pour qui il officiait à l’époque. Suite à cela il avait dû se résoudre à créer ses propres personnages pour ce qui allait devenir Watchmen. C’est à se demander si Mark Millar n’aurait pas eu dans l’idée d’inscrire lui aussi son histoire dans l’univers de Harry Potter et aurait dû créer à son tour sa propre mythologie suite à ce refus.

Quoi qu’il en soit, le refus de la part de DC Comics de sacrifier ses personnages sous la plume d’Alan Moore aura été bénéfique. Cela aura amené ce dernier à créer un chef d’oeuvre de narration au point que DC mette à nouveau son véto sur la création d’une suite à Watchmen. Peut-être dans l’espoir que d’autres auteurs découragés empruntent le même chemin que Moore en élaborant un univers original que l’éditeur pourrait ensuite reprendre à son compte… Cela n’arrivera jamais, rien ne viendra surpasser l’histoire du Comédien et après une timide exploration du passé des Gardiens avec Before Watchmen, une suite voit le jour. Enfin plutôt un crossover que j’ai lu il y a deux mois et maintenant c’est au tour d’une série télé de traiter des répercussions de cette oeuvre.

Tout comme Doomsday Clock, c’est aussi une suite de l’histoire qui prenait place en 1985. Chapeautée par Damon Lindelof, cette mini-série en 9 épisodes est d’une qualité qui n’a rien à envier à l’oeuvre d’origine, mais ne pourrait pas exister sans elle. Complémentaire, complexe et fidèle à Alan Moore, le scénariste de Lost prouve une fois de plus son talent pour répartir sa narration sur différentes timelines sans forcément perdre son spectateur. Plus d’un visionnage sera nécessaire pour en comprendre toute la substance mais il suffit d’un seul pour se rendre compte que l’on est devant un chef d’oeuvre.

Par contre, pour ceux qui espéraient ne pas avoir à lire les douze numéros de Watchmen et regardaient le film pour passer ensuite à la série, c’est impossible. La fin modifiée du film de Zack Snyder, que j’adore, fait que ce long-métrage ne peut s’intégrer dans le prolongement de cette série. En cause, cette pieuvre géante, qui semblait un peu grotesque à représenter sur grand écran, prend ici toute son importance sur la petite lucarne. Cela ne fait que démontrer le génie de Damon Lindelof pour ceux qui en doutaient encore et me fait attendre son prochain projet avec grande impatience.

Toujours chez HBO, j’ai eu l’occasion de revoir pour la énième fois les saisons 1 et 2 de Westworld en attendant que la troisième soit disponible à la location à la médiathèque. J’en avais vu les premiers épisodes sur OCS mais la série ne cessant de se réinventer, j’ai vite réalisé qu’une petite rétrospective ne serait pas du luxe afin de comprendre les tenants et aboutissants. En effet l’exigence globale de cette production donne parfois l’impression qu’il faut avoir un doctorat en physique quantique pour la comprendre dans sa totalité. Résultat: la première est toujours à mes yeux un chef d’oeuvre de narration quant à la deuxième je reste toujours aussi dubitatif sur le final. 

Le mélange des genres entre science-fiction, thriller, western et samouraï est toujours aussi savamment dosé. Emerald City, série de Tarsem Singh, ne pourra pas en dire autant. Cette unique saison se propose de réinventer le conte du Magicien d’Oz en le modernisant. Malheureusement le croisement entre la fantasy et le monde réel a du mal à fonctionner à l’écran. Il y a du bon et du moins bon dans cette relecture et l’apport d’un cinéaste au style bien affirmé tel que Tarsem Singh a du mal à s’imposer. En effet, l’esthétique si particulière de Tarsem fonctionne sur 2 heures de film mais elle s’essouffle bien trop vite sur 10 heures de show. 

L’inventivité et l’audace dont il avait fait preuve lors de ses deux premiers longs-métrages ne sont alors plus au rendez-vous pour illustrer le périple de Dorothy au pays d’Oz. Au final, le seul point positif que j’en retire c’est que désormais je suis à jour sur l’intégralité de la filmographie de ce réalisateur après avoir vu Mirror Mirror le mois dernier. Renaissances, un titre qui décidément ne lui aura pas porté chance, est sorti au cinéma en 2015 et cette série est datée de 2017, il s’agit donc là de son dernier effort notable pour la télévision. Depuis toutes ces déceptions, le cinéaste est retourné à ses premières amours en revenant à la conception de clip tout en étant toujours aussi sélectif dans ses projets. 

C’est Lady Gaga qui aura eu les honneurs de sa patte si particulière pour illustrer son titre 911. Un appel à l’aide qui dissimule un message caché de la part du réalisateur pour relancer sa carrière? En tout cas la chanteuse aura fait le chemin inverse puisque son passage par la case télévision dans la cinquième saison de American Horror Story lui aura valu une consécration: le golden globe de la meilleure actrice dans une mini-série. Pour enfin avoir pu la voir à l’oeuvre, je peux confirmer que sa présence est véritablement électrisante. Malgré son statut de chanteuse, sa performance ne dénote absolument avec le reste du casting qui est déjà bien installé depuis plusieurs saisons.

Grâce à son jeu et à une écriture tout en finesse, elle dépoussière l’image du vampire (adieu les canines apparentes des suceurs de sang) en même temps que celle de la série. Cette dernière prend place dans un hôtel à l’architecture dantesque et une fois les références à Shining évacuées, l’histoire trouve son propre rythme. La marque de fabrique de cette série anthologique est toujours aussi identifiable par son utilisation intensive ou abusive du fish-eye, mais là il y a une certaine logique derrière. Cet objectif si particulier rappelle le judas sur une porte pour voir ce qui s’y passe derrière et cela donne immédiatement un côté voyeur qui sied parfaitement à la thématique abordée.

Cette symbolique de l’oeilleton est beaucoup utilisée dans le générique qui est toujours aussi splendide et malsain. Les noms qui y défilent, qu’ils soient récurrents ou nouveaux venus, se sont tous accaparés leur personnage d’une fort belle manière. Les seconds rôles sont tout aussi développés que les premiers et c’est en cela que l’on reconnait une écriture de qualité. Ces destins croisés s’entremêlent à travers le temps à la manière du film Cloud Atlas dont les acteurs interprétés aussi des rôles différents d’une époque à une autre. 

Cette construction a les avantages de ses inconvénients puisque des personnages, incarnés par le même acteur, ne pourront jamais se rencontrer malgré les connexions entre saisons qui deviennent de plus en plus courantes. Le recyclage de ces comédiens d’une histoire à une autre a donc ses limites mais lorsqu’une saison se clôture, on a toujours la sensation d’avoir assisté à une oeuvre définitive sur le sujet traité et que l’on peut passer à autre chose sans aucun regret. Bien sûr il subsiste toujours l’envie d’en voir plus mais tout ce que l’on peut espérer c’est revoir ces univers à la fois si différents et complémentaires dans les prochaines saisons comme ce fut le cas pour les précédentes ici avec Coven et Murder House.

Ainsi même si chaque saison peut se voir comme une porte d’entrée pour les spectateurs, cela reste des clins d’oeil plutôt utile à l’intention de ceux qui sont assidus. Toutefois ces connexions prennent plus de place et d’importance ici au point de devenir incompréhensibles si l’on n’a pas vu les saisons auxquelles sont affiliés les personnages présents. De quoi rebuter le spectateur qui pourrait vite se sentir exclu par des références trop obscures pour lui. Pour ma part c’est le titre trop réducteur qui m’aura longtemps bloqué avant que je ne me décide à m’investir dans cette anthologie. 

American Horror Story m’ayant toujours évoqué quelque chose dans le style de Massacre à la tronçonneuse, du gore à outrance basé sur des faits réels, j’ai été surpris de découvrir que le fantastique était au centre de toutes ces histoires. Hotel n’y échappe pas et se trouve être le terrain de jeu idéal pour les esprits en tout genre qui y résident pour commettre leurs méfaits sur les clients de l’établissement. Par contre, je ne suis pas sûr qu’ils en feraient autant si John Wick venait y faire un séjour. Après tout ce n’est pas pour rien qu’on l’appelle Baba Yaga, le croquemitaine, mais c’est un habitué de l’hôtel Continental dans lequel il est interdit de tuer. Une règle que le tueur à gages va enfreindre dans le deuxième volet totalement survitaminé.

La première fois que je l’avais vu, il m’avait paru bien en dessous de l’original mais ce second visionnage m’aura permis de le revoir à la hausse. Keanu Reeves y donne de sa personne dans l’exécution de chorégraphie toujours aussi originale dans la manière de donner la mort. Une chose qu’il a en commun avec Tom Cruise et qui fait d’eux les héritiers d’un cinéma en voie de disparition. Ceci étant, je n’ai donc pas craché sur une rediffusion de la saga Mission Impossible, excepté le récent Fallout, pour assister à toujours plus de prises de risque de la part de son acteur principal. Tom Cruise donne de sa personne et la qualité est au rendez-vous de cette franchise qui arrive à faire toujours mieux et se renouveler au bout de 6 épisodes que James Bond en plus d’une vingtaine.

Cet investissement humain ne pouvait pas rivaliser avec la saga Die Hard diffusait au même moment et dont je n’ai revu que les deux premiers: piège de cristal et 58 minutes pour vivre. De très bons films issus de l’âge d’or du cinéma et à laquelle John McTiernan, réalisateur de Die Hard premier du nom, rendra un dernier hommage avec Last Action Hero. Oeuvre hissée au rang de film culte, je prends toujours autant de plaisir à suivre ce petit garçon fan de cinéma auquel je me suis identifié étant plus jeune. C’est une lettre d’amour au cinéma de divertissement et à cette époque bénie où les films n’étaient pas déjà prévus et découpés en trilogie ou en saga. C’est désormais le sort réservé à cette nouvelle race d’Action Hero: les super-héros.

Bien avant que cela ne devienne le genre prédominant dans les productions modernes, j’étais déjà un grand fan de comics. Il ne se passe donc pas un mois sans que je ne revois ces films et entre ceux que je possède et le programme télé, je me suis bien fait plaisir. Des films vus et revus dont je ne me lasse absolument pas comme le précurseur Iron Man, le diptyque Avengers Infinity War / Endgame, le subversif Deadpool et le très sous-estimé Man of Steel. Ce dernier a servi de base pour Brightburn qui prendra une direction opposée, autre que celle de l’héroïsme à tout va, celle du film d’horreur. 

Je dois avouer que cette relecture de la mythologie de Superman, en en reprenant les codes pour mieux les détourner, fonctionne plutôt bien contrairement à New Mutants qui avait l’incursion du genre horrifique comme argument marketing. Bien qu’il soit lui aussi un film mettant en scène des mutants, l’accroche de Freaks dévoile des éléments clés de l’intrigue que j’aurais aimé voir tenus secrets jusqu’à mon visionnage. Cela m’a gâché quelques surprises qu’il aurait été bon de découvrir au bon moment comme la nature des personnages principaux. Loin du film de petit malin que je m’imaginais avec un twist apte à me faire vriller le cerveau, cela reste une histoire sympathique qui m’a par moment fait penser à Looper dans son croisement entre pouvoirs et gestion du temps.

Cette ambiance couplée avec la thématique de l’isolement en font une histoire vraiment intrigante à suivre, mais pas autant que 10 Cloverfield Lane. Dans le genre huis clos qui dégénère, cette suite de Cloverfield se pose là comme étant une réussite incontestable. La caractérisation des personnages y est remarquable et emmène le récit dans une surenchère dans son dernier tiers qui donne envie d’en voir plus une fois arrivé au générique. Doom Annihilation fait partie de cette catégorie mais pas pour les mêmes raisons puisqu’il se termine précisément là où il aurait dû commencer. C’est vraiment très embarrassant comme cas de figure et plus encore lorsque l’on se rend compte que ce film aux allures de nanar date de 2019.

C’est vraiment une très mauvaise publicité pour le jeu du même nom et vu l’ambiance générale, un réalisateur de la trempe de Sam Raimi aurait été bien plus adapté pour retranscrire cet univers. Le jeu a tous les ingrédients qui ont fait le succès de Evil Dead comme la tronçonneuse, les monstres, le gore grand-guignolesque… L’expérience du cinéaste dans le domaine aurait permis de passer un bon moment devant ce film avec des bières et des pizzas. Là ce n’est même pas le cas et il va rejoindre Geostorm parmi les navets du mois. Pourtant ce dernier avait un concept plutôt prometteur, ou en tout cas suffisamment What the fuck? pour être divertissant.

Première réalisation de Dean Devlin après avoir produit les films catastrophes de Roland Emmerich tels que Independance Day ou Le jour d’après, il se lance à son tour dans le genre du destruction porn. Malheureusement c’est aussi ennuyeux et rageant que de regarder la chaine météo qui annonce des prévisions catastrophiques pour les prochains jours. Autre film, autre concept barré pour un résultat beaucoup plus réussi: Downsizing. À une tout autre échelle, il est aussi question de changement climatique et de fin du monde dû à la surpopulation mais pour contrer ce phénomène un chercheur a mis au point un moyen de rétrécir un corps humain.

Ceci offre une réflexion intéressante et intelligente sur la condition de l’être humain et sa place dans le monde. C’est avant tout une comédie dramatique mais malgré un sujet commun, nous ne sommes pas devant des productions du type Antman ou Chérie j’ai rétréci les gosses. C’est beaucoup plus profond que ça et l’histoire est allée jusqu’à me questionner sur ce processus de rétrécissement et ce que cela impliquerait si ça existait réellement. Une idée pas si farfelue que ça lorsque l’on y pense car de ce point de vue minuscule, les autres personnes de tailles normales ressemblent à des géants. Et si, en des temps anciens, ces derniers avaient existé et réduit à leur tour leurs proportions jusqu’à atteindre nos mensurations pour lutter contre la surpopulation?

Rares sont les films qui me font réfléchir au-delà de leur histoire mais celui-ci en fait partie. Dans la catégorie miniature, j’ai aussi découvert Bienvenue à Marwen. Croisement improbable entre Toy Story et Forrest Gump, c’est le réalisateur de ce dernier qui poursuit ses expérimentations technologiques. Robert Zemeckis est un cinéaste que j’adore et qui a fait les heures de gloire du cinéma, et pourtant je l’ai raté lors de sa sortie. La faute aux critiques unanimes de l’époque mentionnant un film tout aussi raté que j’ai enfin pu voir avec du recul. Mais même avec deux ans de différence, le visionner maintenant fait tout de même écho à l’actualité du moment: celle du passage à tabac d’un collégien de 15 ans prénommé Yuriy.

Le parallèle avec la réalité est toujours troublant mais l’histoire derrière ce film tire elle aussi son inspiration de faits réels. Comme quoi ce genre de règlement de compte est plus fréquent qu’on ne le pense et dans le cas de Mark Hogancamp, sa reconstruction sera passée par des poupées. Cela donne un mélange assez étonnant mais bizarrement je me suis surpris à apprécier beaucoup plus les passages en live. Malgré des références à Retour vers le futur ou d’autres oeuvres de sa filmographie, celle-ci reste une curiosité qui a été jugée à l’aune de ce que Zemeckis a pu réaliser auparavant. C’est un très grand cinéaste qui s’est un peu perdu dernièrement mais dont les films ne m’ont jamais laissé indifférent.

Raté également au cinéma pour la simple et bonne raison que je n’étais pas né, j’ai enfin pu voir Top Gun. Il n’est jamais trop tard pour découvrir des classiques et le timing ne pouvait pas être mieux choisi puisque normalement la suite devrait arriver cette année. Enfin si les salles obscures rouvrent d’ici là. J’espère que ce long-métrage de Joseph Kosinski sera autant le reflet de notre époque que l’original de Tony Scott. En effet, il y a là tous les clichés misogynes des années 80 avec Tom Cruise dans le rôle de Maverick, un personnage qui ne laisse pas insensible la gent féminine à défaut de briller par sa sensibilité. Il faut dire aussi que le milieu de l’armée de l’air ne se prête guère à ce genre de subtilité.

Toutefois la suite devra corriger le tir et vivre avec son temps en faisant évoluer ce personnage pour l’adapter à notre ère moderne. Après leur collaboration sur Oblivion, j’ai toute confiance en la team Cruise / Kosinski pour repousser les limites une fois de plus. Bradley Cooper n’en a aucune dans Limitless pour un film sans prétention mais qui reste tout de même agréable à revoir à l’occasion. Idem pour Transformers: l’âge de l’extinction qui est un bon plaisir coupable et décérébré. Par contre ce n’est pas parce que la version 2014 de Robocop laisse entrevoir le cerveau d’Alex Murphy qu’elle est plus intelligente que celle de 87. Ni plus mauvaise.

Au jeu de la réinterprétation, Robin des bois s’est également vu remis au gout du jour sous les traits de Taron Egerton. Dans cette version, impossible de ne pas remarquer l’ambiance adoptée qui est similaire à celle du Roi Arthur de Guy Ritchie. Ce qui marche pour ce dernier, car bénéficiant d’une réelle direction artistique, ne fonctionne pas du tout ici. En tant que prince des voleurs, subtilisant aux riches pour donner aux pauvres, le film pille également le milliardaire Bruce Wayne et plus précisément Batman Begins pour le côté retour à la civilisation avec une double identité secrète. Non content d’inspirer d’autres époques, le chevalier noir s’est lui aussi prêté au voyage dans le temps à travers l’excellent Batman: Ninja. Le sous-titre est suffisamment explicite pour en déduire l’époque à laquelle se passe cette aventure absolument délirante.

Les différents styles d’illustration qui parcourt cet animé sont vraiment superbes et la mythologie du Dark Knight s’adapte parfaitement à ce nouvel environnement. Et voilà, c’est ainsi que s’achève la rétrospective de ce que j’ai pu découvrir ou redécouvrir le mois dernier. À raison d’un article par mois et d’un tous les premiers du mois, ces critiques rapides sont le seul moyen que j’ai trouvé pour parler de toutes ces oeuvres. Sinon il me faudrait écrire et publier un article par jour et ça je m’y refuse. Je suis certain de ne pas pouvoir tenir cette cadence. Au final même si cela donne des articles assez indigestes, avec des dizaines et des dizaines de critiques, j’essaye tout de même de les rendre aussi fluides que possible. De plus je préfère réserver mon quota de mots quotidiens en priorité pour mes propres histoires plutôt que pour analyser celle des autres.

N’étant pas à une contradiction près, c’est pourtant bien ce que j’ai fait début janvier, mais pas sur quelque chose qui a déjà vu le jour. En effet, j’ai eu l’occasion d’intervenir en tant que bêta-lecteur pour l’analyse d’un recueil de nouvelles. Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas livré à cette pratique mais j’y ai vite repris gout d’autant plus que j’étais en lien direct avec l’auteure. Contrairement à toutes les chroniques disponibles sur ce blog, là j’ai pu influer sur un ouvrage avant qu’il n’arrive entre les mains du public. Qu’elles soient prises en compte ou non, mes remarques ont eu une oreille attentive et peut-être que cela contribuera à améliorer cet ouvrage.

Une fois mes retours transmis à l’auteure, je suis retourné sur mon propre manuscrit. Il aura occupé toutes mes sessions d’écriture durant ce mois de janvier et m’aura fait passer les paliers des 270, 280 et 290 jours de ma routine. Sur mon planning, il était prévu de retourner à l’écriture de chroniques pour le blog afin d’alimenter ma réserve, garante de ma régularité, mais finalement mon retour à Lyon le 15 janvier en a décidé autrement. Par soucis de cohérence et de procéder par étape, j’ai décidé de poursuivre la rédaction de ce roman jusqu’à en clôturer le premier acte. Aujourd’hui et après plus de 50 000 mots, cette première partie sur trois devrait enfin toucher à sa fin dans le courant de cette semaine.

Cela augure d’un roman assez long si tous les actes sont équilibrés, ce que je souhaite. C’est le genre d’estimation qui m’aurait fait peur en temps normal, peut-être même au point d’abandonner, mais maintenant ce n’est plus le cas. Pour tenir le rythme et en voir le bout, cette routine est un atout indispensable et en voici les derniers chiffres.

Semaine 53 – du Lundi 28/12 au Dimanche 03/01: 10 543 mots

Semaine 01 – du Lundi 04/01 au Dimanche 10/01: 10 547 mots

Semaine 02 – du Lundi 11/01 au Dimanche 17/01: 10 572 mots

Semaine 03 – du Lundi 18/01 au Dimanche 24/01: 10 554 mots

Semaine 04 – du Lundi 25/01 au Dimanche 31/01: 10 592 mots

Je n’ai pas affiché ici le détail de chaque jour mais j’ai pu d’emblée constater quelques changements dans ma façon d’aborder mes sessions d’écriture par rapport à l’année dernière. En effet, ces totaux ne sont pas si éloignés les uns des autres et cela parce que j’ai appris à me réfréner une fois mon objectif atteint. Alors bien sûr je ne peux pas m’arrêter en plein milieu d’une phrase une fois mon quota de 1500 mots couchés noir sur blanc, mais dorénavant je fais en sorte d’économiser mes forces.

Je garde de la réserve pour pouvoir tenir sur la longueur là où il y a quelques mois je n’avais aucun problème à exploser mes attentes journalières. Mais l’écriture est comme un marathon intellectuel qui nécessite de la régularité lors de l’entrainement. C’est un sport de haut niveau dont j’apprends les règles au fur et à mesure même si je mets parfois du temps à les mettre en application. Elles sont toutefois moins compliquées que celles du football américain dont j’ai pu découvrir un match de la NFL. Je ne connaissais cette discipline qu’à travers les films et même si je n’y ai pas compris grand-chose, cela m’a tout de même rappelé l’un de mes films préférés, Jerry Maguire, dans lequel Tom Cruise joue un agent sportif.

Comme je viens d’en faire la remarque, l’industrie du cinéma et celle du foot US ont toujours été très liées, et ce pas seulement pour mettre en scène des matchs fictifs. Lors de cette rencontre, j’ai pu apprendre que la finale du Super Bowl allait avoir lieu ce mois-ci et pour un fan de cinéma cela veut dire beaucoup. Même si je ne compte pas la regarder, malgré sa diffusion tardive sur une chaine française, j’ai bien l’intention de profiter de la flopée de bandes-annonces qui seront diffusées à l’occasion. Les temps sont durs pour l’industrie du divertissement donc je ne m’attends pas à voir beaucoup de trailers. 

Je ne perds pas espoir d’y voir enfin un premier aperçu du troisième volet de Spider-man ou de n’importe quel autre blockbuster qui saura retenir mon attention. Également avec Tom Holland, l’adaptation de Uncharted est attendue au tournant et plus encore puisque j’ai terminé une seconde fois le deuxième opus et j’ai commencé à nouveau le troisième: l’illusion de Drake. Cette quadrilogie vidéoludique commence à dater mais c’est toujours aussi plaisant d’en parcourir la variété de niveaux. Grâce au studio Naughty Dog on peut parcourir le monde par procuration à défaut de pouvoir le faire dans la réalité par ces temps de crises. Mais bon parfois on n’a pas besoin d’aller bien loin pour voir des choses extraordinaires, notamment dans mon nord natal.

C’est dans ma modeste petite ville d’Achicourt que j’ai eu la surprise d’apprendre que la Batmobile, utilisée pour le film de Tim Burton, était dans un garage près de chez mes parents. Entreposé avec la Jeep de Jurassic Park et le corbillard de SOS Fantômes, ce bolide avec lequel je me suis tant amusé sous la forme d’un jouet était à quelques centaines de mètres de moi. L’adresse précise du garage en question n’a jamais été dévoilée mais j’ai ressenti une certaine émotion à l’idée de cette soudaine proximité. C’était comme avoir un peu d’Hollywood à domicile et même si je n’ai pu la voir qu’à travers des photos, c’était comme si j’y étais. À travers mes yeux ce n’était pas un collectionneur qui était venu faire des réparations sur cette antiquité, c’était Batman qui venait faire un arrêt au stand avant de poursuivre sa lutte contre le crime.

Cette petite ville à taille humaine a été mon quotidien durant une vingtaine d’années et voilà que cet arrondissement d’Arras, où il n’arrive jamais rien et d’où l’on ne part de rien, a été en pole position de l’attention des geeks de France. C’est ce genre d’improbabilité qui s’immisce dans le quotidien et qui mérite de figurer sur un petit papier pour se le remémorer d’ici quelques mois. Des petits riens qui font tout comme cette unique journée de neige à Lyon que j’ai passé au parc de la tête d’or avec ma moitié pour confectionner un bonhomme de neige, à courir dans la poudreuse… Ce sont des moments éphémères qu’il faut préserver tant ils vont se faire rares dans les années à venir, jusqu’à disparaitre.

Ces instants d’insouciance sont souvent interrompus par mon empathie vis-à-vis du monde qui m’entoure. Voir des personnes dormir dans le froid de la rue est quelque chose qui me révolte. Et apparemment je ne suis pas le seul, et par là je ne parle pas du gouvernement, puisque j’ai vu qu’une association appelée les Bureaux du coeur avait mis en place tout un réseau à disposition des sans-abris. Par ce biais, il leur est possible de trouver un toit pour dormir dans des locaux qui sont chauffés de toute façon. Une excellente initiative qui a du sens et qui permet à des personnes dans le besoin de vivre avec un minimum de dignité. C’était là une promesse d’Emmanuel Macron en 2017 mais aussi un aveu d’échec compte tenu de la situation. 

À l’aube d’un troisième confinement, que le président ne fait que repousser, on était loin de se douter que lorsque le chef de l’état avait promis que plus aucune personne ne serait dans les rues cela se traduirait par une quarantaine. Il y a également de quoi en dire sur sa gestion de la crise climatique dont le dernier effort en date a consisté à demander l’aide de Christophe Maé et Youssou N’dour pour nous faire prendre conscience de ce que l’on sait déjà. À travers une chanson, clip à l’appui, les images de Yann-Bertrand sont vraiment impressionnantes quand les chanteurs n’y apparaissent pas en surimpression. Difficile donc de voir une quelconque légitimité dans ce projet. À cela je lui préfère le dernier album de Julien Doré, les engagements de cet artiste sur le sujet ne sont plus à prouver sans pour autant que cela ne prenne une allure politique. Évidemment c’est un chanteur difficile à prendre au sérieux mais cela ne l’empêche pas d’aborder des sujets qui le sont.

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