Aller au contenu

Rééquilibrage

Cela fait déjà trois ans que je suis assidu dans les publications sur ce site. Trois années que je tiens le rythme d’un article tous les dimanches, en alternant avec la mise à jour des anciens un mois sur deux, et une parution chaque premier du mois. Une cadence que je m’impose depuis le reboot de cet espace en 2020, et que je ne reconduirais pas en 2023. La faute à un planning de plus en plus ingérable, mais surtout à des articles de plus en plus longs.

Tellement, que la majorité de mes séances d’écriture sont réservées à Arnaud VS Procrastination. D’ailleurs, en voici les dernières avancées:

Semaine 48 – du lundi 28/11 au dimanche 04/12: 10560 mots

Semaine 49 – du lundi 05/12 au dimanche 11/12: 10560 mots

Semaine 50 – du lundi 12/12 au dimanche 18/12: 10596 mots

Semaine 51 – du lundi 19/12 au dimanche 25/12: 10555 mots

Semaine 52 – du lundi 26/12 au dimanche 01/01: 10567 mots

Parmi toutes ces sessions, peu sont allouées à mes projets personnels comme mes romans. À la longue, c’est quelque chose qui est devenu frustrant pour moi.

Les idées sont là, elles fusent, j’en prends note, j’ébauche quelques débuts d’intrigues, mais rien qui ne prenne la forme d’un manuscrit. Et lorsque l’on a une routine comme la mienne qui permet de terminer un récit en un mois, il y a de quoi s’en vouloir. Voilà pourquoi j’ai décidé de ralentir et de me restreindre à quatre articles pour le mois. Le premier dimanche du mois sera consacré à un nouveau format qui verra le jour d’ici le mois de mars, et se présentera sous la forme d’un magazine.

Les autres dimanches se partageront entre l’analyse d’une oeuvre, la mise à jour d’un ancien article sur le même principe, et une publication spéciale revenant sur la carrière d’un réalisateur, d’un acteur, une franchise, un événement en rapport avec l’actualité, un classement… De quoi varier un peu les plaisirs. Pour moi, comme pour vous. Mais ça sera surtout l’opportunité pour moi de maintenir un certain niveau de qualité d’écriture, tout en retrouvant un équilibre avec les autres projets que je souhaite mener à bien.

Ce dimanche qui tombe un premier du mois, et le premier d’une nouvelle année, est donc tout indiquer pour reprendre sur de nouvelles bases. Des bases plus saines qui vont me permettre de joindre l’utile à l’agréable, tout en continuant à être présent ici. Car finalement, Arnaud VS Procrastination, ça a toujours été une lutte contre moi-même. 

Avatar: la voie de l’eau

Tout comme il y a une différence entre entendre et écouter, il y a tout un monde entre voir et regarder. Et ce monde, c’est Pandora. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé d’aller voir Avatar: la voie de l’eau dans les conditions voulues par le réalisateur. C’est-à-dire en 3D. La dernière fois, c’était à l’occasion du premier Avatar, et depuis, je n’ai jamais retenté l’expérience. Ce n’est pas quelque chose que j’affectionne particulièrement. Pour moi, ça n’est qu’un gadget qui apporte de la profondeur à l’image, mais pas à l’histoire.

En effet, autant ce nouvel opus vient de prendre 20 ans d’avance visuellement, autant il a des siècles de retard scénaristiquement. On pourrait même assimiler cela à de la paresse tant la structure narrative est calquée sur l’original, qui lui-même ne l’était pas tant que ça, original, car basé sur un récit initiatique classique. Ainsi, on retrouve Jake Sully qui a fondé une famille avec Neytiri. Ensemble, ils ont eu 4 enfants et c’est sur eux que va se centrer l’histoire. En tout cas, c’est à cause d’eux que les ennuis commencent. Et se poursuivent.

Dans un premier temps, ils se font capturer par Quaritsh, de retour d’entre les morts. Du moins, une version de lui de retour dans le corps d’un Na’vi. La justification qui accompagne cette résurrection n’est pas pire qu’une autre, mais elle soulève pas mal interrogations. Dont certaines m’ont fait remettre en cause la nature du premier film. En effet, avant d’aller se battre sur le terrain, Quaritch avait fait une sauvegarde de sa mémoire. Sauvegarde qui a été implantée dans un Na’vi à son effigie. Dès lors, il est permis de se demander s’il n’aurait pas été plus simple de faire directement un clone du colonel.

Après tout, si les humains disposent d’une technologie suffisamment avancée pour transférer un esprit dans une enveloppe corporelle ayant un ADN compatible, alors un simple clonage semble à leur portée. Ce raisonnement m’a alors amené à la raison d’être du premier film. Celui-ci a pour point de départ l’introduction de Jake Sully qui va venir prendre la place de son frère jumeau assassiné, Tom Sully. Encore une fois, la question du clonage pur et simple se pose. Tout dans le background d’Avatar nous indique que c’est une possibilité.

Bien sûr, si il l’on va dans cette direction, il n’y a pas de film. Et encore moins de suite. Mais malgré cette incohérence, Quaritch reste l’un des meilleurs personnages. Pareil à l’agent Smith dans Matrix, il est l’opposé de Jake Sully. Un vrai Terminator en puissance, dont il y a d’ailleurs une référence lorsqu’il brise le crâne de sa carcasse humaine. Je déplore juste le fait de ne pas avoir creusé son mal être dans son nouveau corps, de le voir se scarifier pour retrouver ses blessures de guerre au visage. Ces balafres faisaient partie intégrante de l’identité du personnage.

Cela n’enlève rien à sa détermination. Comme Jake avant lui, il s’immerge dans la culture des Na’vis afin d’apprivoiser sa nouvelle condition. Mais aussi pour retrouver son ennemi qu’il considère comme un traitre à sa race. Celui-ci, quant à lui, a décidé de mettre à l’abri sa famille en prenant le large. En choisissant de s’intégrer au peuple de l’eau, on va retomber dans le même schéma d’apprentissage. Encore. Sauf que là, on ne peut s’empêcher d’y voir une énorme erreur de la part de ce chef de famille.

Lui qui avant était le chef de toute une tribu, a choisi de renoncer à ce titre pour aller s’exiler afin de ne pas mettre en danger les autres membres des Omaticayas. Par contre, ça ne le dérange pas d’aller risquer la vie d’étrangers en les suppliant de l’accueillir. Lui et les siens quittent donc un endroit où ils ont l’avantage, pour aller se terrer dans un endroit à ciel ouvert où ils ont tout à apprendre, et où personne ne leur fait confiance. Même en tant que spectateur, il est difficile de leur faire confiance.

L’investissement émotionnel s’en retrouve amoindri lorsque l’on voit à l’avance les répercussions que vont avoir cette simple décision. Mais peu importe que ce soit une bonne ou une mauvaise idée, même lorsqu’on l’a accepté pour aller de l’avant, leur intégration n’est pas forcément très claire. Ou plutôt si, ça l’est: le chef de clan accepte de les accueillir à la condition qu’ils se rendent utile. Mais utile à quoi? Jake apprend à pêcher, ce qui est normal dans cet environnement, mis à part ça, il ne se passe rien d’autre. 

On en vient même à se demander ce que fait Neytiri de son côté durant une bonne partie du film tant elle est mise en retrait. Ce temps d’écran, il est réservé aux enfants qui suivent le parcours de leur père, dans Avatar premier du nom, en apprenant les coutumes de cette nouvelle civilisation. Que ce soit dans le fait de dompter une monture aquatique, le remplacement de Toruk par une baleine, un love interest qui tient plus du flirt adolescent, toutes ces étapes du premier opus sont revisitées en moins palpitant. 

Une impression exacerbée par les clichés d’enfants maltraités par d’autres. Une attitude complètement contradictoire avec leur nature. En effet, ils se battent contre des humains qui ont déjà ce genre de comportement malsain entre eux, il aurait donc été plus judicieux de montrer les Na’vis comme meilleur qu’eux, et pas aussi stupide que leur envahisseur. Car c’est bien de cela dont il est question dans cette suite. Les hommes ne sont plus là pour piller, mais pour coloniser Pandora.

Un point de départ intéressant qui sera à peine effleuré pour se concentrer sur l’extraction d’une substance jaune. Exit l’Unobtanium, dont il n’est plus fait mention, et place à l’Amrita. Il s’agit d’un liquide recueilli dans les cerveaux des Tulkuns, des mammifères marins bien plus grands qu’une baleine. La séquence de chasse qui en fait la démonstration est d’ailleurs l’une des plus dures à regarder, tant elle renvoie à notre réalité. Toujours est-il qu’une fois en leur possession, cela permet aux humains d’arrêter leur vieillissement.

Dans le cadre d’une colonisation, il aurait été plus sensé de donner à cet élixir la capacité de modifier la physiologie des humains afin qu’il puisse s’adapter à l’atmosphère de Pandora sans masque à oxygène. À défaut d’être cohérent, cela montre à quel point les humains peuvent être superficiels. Par moment, cette obstination à envahir l’habitat naturel des autres m’a rappelé Le monde perdu de Spielberg. À ce propos, le célèbre cinéaste a toujours dit a qui voulait l’entendre qu’un tournage dans l’eau était l’une des pires choses à faire.

James Cameron ne s’est donc pas facilité la tâche en faisant des prises de vue en motion capture en pleine immersion. Mis à part un discours écologique évident, cette configuration n’apporte pas grand-chose. Les décors n’ont rien d’aussi impressionnant et varier que dans Aquaman et la performance de Kate Winslet en apnée passe complètement inaperçu. Elle a beau avoir retenu son souffle jusqu’à battre un record, il n’y a aucun plan séquence pour en attester. Et quand bien même, ce ne sont là que des images des synthèses durant lesquelles il est bien difficile de suffoquer.

Au contraire, si l’on souffle, c’est d’agacement. Comment ne pas faire autrement lorsque la quasi-totalité des problèmes du film surviennent à cause de la désobéissance des enfants. Il y en a toujours un à la traine pour se faire enlever, forçant ainsi les autres à revenir en arrière. Et même Avatar 3 aura pour base les conséquences d’un enfant, Spider cette fois-ci. Il s’agit d’un humain qui a été adopté par les Omaticayas, mais dont le caractère est assez ambigu. Son écriture est soit bâclée, soit il est amené à se développer dans les suites.

Ces dernières ont déjà été annoncées et en partie tournées. C’était l’une de mes principales appréhensions avant de voir Avatar: la voie de l’eau. Je me demandais si j’allais assister à une histoire complète, ou s’il allait s’agir d’une épopée découpée en plusieurs parties jusqu’au cinquième opus. Voir plus d’après de récentes déclarations. Tout indique qu’il s’agit de la seconde hypothèse. Difficile de juger ce film tant que l’on n’a pas l’ensemble de l’histoire sous les yeux. Au mieux, on peut effectivement repérer des endroits comme n’étant pas vraiment nécessaire à l’intrigue.

Paradoxalement, on a aussi la sensation d’avoir affaire à une version courte. Le montage et les transitions entre deux scènes sont parfois trop abrupts pour ne pas cacher des scènes coupées. Alors certes, cette version cinéma est déjà très longue, mais compte tenu de sa conclusion, c’est une nécessité afin de créer un engagement émotionnel chez le spectateur. Autre que l’impatience, j’entends. Car oui, le film affiche une durée de plus de 3 heures, mais c’est surtout la gestion de sa temporalité qui le rend long.

Une donnée qui est assez mal gérée et dont les points de repère sont des éclipses. Mais surtout des ellipses. Là où il n’en était jamais fait mention dans le premier film, ces événements lunaires ont l’air de se produire assez fréquemment dans celui-ci. Du coup, on ferme les yeux sur cette incohérence. Ou plutôt on les ouvre et on se dit que les lunettes 3D nous servent de protection face à ces éclipses. Tout comme les humains ont besoin d’un masque à oxygène pour respirer sur Pandora, les spectateurs ont besoin de lunettes pour s’immerger dans cette faune et cette flore.

L’un comme l’autre n’ont rien d’exceptionnel. La sensation de découverte qui animée le premier film a laissé place à quelques nouveaux designs, mais rien qui ne soit vraiment marquant. C’est dommage car lorsque l’on prend son ticket pour Avatar: la voie de l’eau, c’est comme prendre un billet d’avion pour une destination inconnue. Elle ne l’est plus tant que ça à présent. Même s’il faut avouer que sortir un film aux décors paradisiaques dans une période où le froid s’installe est une excellente idée. Le contraste est saisissant, mais pas autant que le HFR variable.

Derrière ce terme technique se cache un changement dans le défilement d’images à l’écran. Ainsi, certains plans passent de 24 à 48 images secondes avant de revenir au standard. Cette accélération donne alors un côté jeu vidéo, accentué par les images de synthèse, tandis que le ralentissement provoque un effet de saccade. Surtout lors des scènes d’action. Rien qui ne nuise à l’expérience, juste de la curiosité sur la raison derrière cette alternance. Pourquoi certains plans et pas d’autres? Le 24 images par seconde concerne-t-il les humains à l’écran tandis que les Na’vis bénéficient du double pour créer une démarcation?

En attendant une déclaration de James Cameron à ce propos, j’ai vu son long-métrage tel qu’il l’a imaginé. J’ai toutefois fait l’impasse sur la version originale. Mais cela m’a permis de me rendre compte d’un défaut majeur dans la narration de l’histoire: tout le monde parle la langue des hommes. Pour Quaritch et son commando, c’est tout à fait normal, mais pour les Na’vis, ce dialecte va totalement à l’encontre de leur cause. On ne parle pas la langue de son ennemi, au contraire, on la rejette. C’est d’autant plus flagrant qu’ils leur arrivent par instant d’utiliser leur propre dialecte.

Mais bon, je ne vais pas m’en plaindre sinon on aurait hérité d’un film presque entièrement sous-titré. Cela reste un détail qui nuit à la crédibilité de l’histoire, et c’est loin d’être le seul. Le principal étant l’horizon d’attente. C’est cette donnée qui joue contre l’appréciation de cette suite. Comment ne pas attendre quelque chose de gigantesque après 13 ans? Comment ne pas attendre quelque chose d’exceptionnel après 13 ans d’attente dans la filmographie de James Cameron? Pourtant, ce temps d’attente fait partie du processus du réalisateur.

En effet, selon le cinéaste, chacun de ses films doit avoir du retard. Si ça n’est pas le cas, cela veut dire que l’équipe n’a pas tout mis en oeuvre pour l’améliorer jusqu’au bout. Pour rappel, cette production était prévue pour sortir en 2016, puis 2017, 2018, 2020, 2021, jusqu’à arriver enfin dans nos salles. Entre le rachat de la Fox par Disney ou encore la crise du Covid, bien des obstacles se sont dressés sur son chemin. Une histoire surement plus passionnante dans les coulisses que dans l’univers d’Avatar. D’ailleurs, y a-t-il encore une raison d’appeler ce film Avatar?

Maintenant que Jake est dans le corps d’un Na’vi, n’aurait-il pas fallu renommer ce film par l’espèce qui peuple Pandora? Cette distinction aurait permis de reléguer le premier film au rang de prologue pour se démarquer, et annoncer les futurs films comment étant une seule et même histoire. Mais même si le troisième est déjà tourné et que les scénarios du quatre et du cinq sont bouclés, ce n’est pas une certitude de les voir un jour à l’écran. Cela dépendra du score au box-office de La voie de l’eau. Cette suite devra être suffisamment rentable, à hauteur de 2 milliards selon James Cameron, pour avoir le feu vert.

En ce qui me concerne, je ne suis plus aussi pressé que je pouvais l’être pour ce deuxième opus. Il ne m’a rien montré de suffisamment dépaysant pour justifier mon enthousiasme. Même Valérian et la cité des 1000 planètes était plus attrayant en terme paysages idylliques. Moi qui étais impatient de découvrir cette tribu sous-marine, elle ne fut finalement pas si différente de celles qui peuplent certains archipels terrestres. On sent l’inspiration de la culture Maori dans le fait de tirer la langue ainsi que dans les tatouages qui ornent leur peau bleue. C’est d’ailleurs plutôt bienvenu puisqu’entre la couleur des Na’vis, l’eau ou encore le ciel azur, cela aurait pu s’appeler 50 nuances de bleu.

Difficile également de ne pas faire la comparaison avec Black Panther: Wakanda Forever, sortie un peu avant. Pas seulement pour l’introduction de Namor et sa promesse, non tenue, d’un émerveillement sous-marin, mais surtout par cette connexion entre la vie et la mort. Chez Marvel, cela s’appelle le Djalia, et on y retrouve une variante dans Avatar: la voie de l’eau lorsque les personnages se connectent à l’arbre des âmes. Pour l’originalité d’une planète extraterrestre, on repassera donc. Moi qui espérais terminer cette année de cinéma en beauté, de garder le meilleur pour la fin, ce ne fut pas totalement le cas.

Dans la culture Na’vi, il est coutume de dire « Je te vois » lorsque l’on voit au-delà des apparences. Pour le coup, j’ai eu du mal à percevoir le coeur de l’histoire face à autant de maladresses pour un film qui a été pensé et réfléchie durant autant d’années. Malgré tout, cela ne veut pas dire que je ne l’ai pas apprécié. J’ai passé un bon moment, j’ai été ému par la thématique familiale, emporté par la mise en scène… Mais pas autant que dans l’original. S’il y a bien une différence entre voir et regarder, j’espère pouvoir la distinguer avec du recul lors d’un second visionnage. En 2D, cette fois-ci, pour voir au-delà de la technique.

La course au jouet / Ninja Kids / Mary Poppins / Flubber / Ace Ventura: détective chiens et chats / Ace Ventura en Afrique / Green Lantern: beware my power / Buzz l’éclair, le film: le début des aventures / Avalonia: l’étrange voyage

Que ce soit pour les découvrir, les faire découvrir ou les redécouvrir après des années, l’humeur a été aux films de Noël. Ou plutôt aux films de mon enfance que j’assimile à cette période d’innocence et de fête. Pour l’occasion, j’ai donc revu La course au jouet et Ninja Kids. Si le premier reste un classique indémodable, le second a assez mal vieilli. Bizarrement, Mary Poppins, qui est plus vieux, profite du savoir-faire de Disney afin d’affronter les outrages du temps.

Ce conte, que l’on m’a fait découvrir, porte indéniablement la patte de la souris aux grandes oreilles. C’est littéralement un dessin animé en live et cette sensation est d’autant plus accentuée par le mélange avec des séquences en animation. La fusion des deux fonctionne plutôt bien grâce à la gestuelle des acteurs. Surtout lors des chorégraphies, notamment celle de la fin avec les ramoneurs dansant sur les toits de Londres. Cette scène, tout comme bien d’autres lorsqu’elles se déroulent en extérieur, m’a rappelé à quel point le matte painting pouvait faire illusion pour simuler un arrière-plan.

Mais ce qui ressort avant tout, c’est un discours assez féministe pour l’époque. Surtout pour un studio aussi conservateur que Disney. Comme quoi, le changement était déjà en marche. Mais outre cette agréable surprise, je me suis surtout rendu compte à quel point Mary Poppins pouvait être installé dans l’inconscient collectif. Tellement, que je pensais l’avoir déjà vu. Je pourrais en dire de même pour Flubber, ancré dans mon enfance et pourtant rester inédit pour moi jusqu’à récemment.

Robin Williams y joue un inventeur de génie qui se serait épanoui à coup sûr dans la ville d’Eureka, de la série éponyme. Il va mettre au point une substance gélatineuse qui va s’avérer être douée d’une conscience, le flubber en question. Sauf que ce titre perd peu à peu sa raison d’être à mesure que l’intrigue se concentre sur son compagnon robotique. Il s’agit d’une petite machine volante qui est amoureuse de son concepteur, et qui donc fait preuve de jalousie à l’égard de sa découverte scientifique.

Weebo s’accapare donc un peu trop l’écran, en plus de communiquer ses émotions par ce même support. Un peu comme le fait Bumblebee à travers la radio dans Transformers, sauf que là c’est avec des extraits de films. Il reste donc peu de place à Flubber pour exister. Mais lorsque c’est le cas, le long-métrage se transforme alors en cartoon. Une scène va même jusqu’à lorgner du côté de Space Jam, sorti un an plus tôt, avec un match de basket défiant les lois de la gravité. Mais cette couleur verte est surtout un défi lancé à The Mask.

Impossible de ne pas penser à cette référence lorsque la création de Robin Williams se met à faire un numéro de danse. Ou tout simplement lorsqu’il superpose cette matière sur son visage pour en tester l’élasticité. Même si j’ai passé un bon moment devant ce film, rien ne vaudra jamais le maitre en matière d’expressions faciales: Jim Carrey. Et juste avant de rendre vert de jalousie bien d’autres acteurs dans ce registre, il s’était illustré dans Ace Ventura: détective chiens et chats.

Malgré l’aura de son interprète, j’étais persuadé que ce film n’allait pas autant me plaire que si je l’avais découvert pendant mon enfance. Après l’avoir vu, je m’en suis voulu de ne l’avoir regardé plus tôt! Je suis vraiment très réceptif à cet humour des années 90 et je déplore que l’on ne fasse plus de comédie de ce genre. Il y a dans cette production une quantité de répliques cultes assez incroyable. Jim Carrey est à son apogée en tant que cartoon vivant. Un trait qu’il va étirer à l’extrême dans Ace Ventura en Afrique.

Cette suite joue la carte de la surenchère la plus totale. Ainsi, tout y est exagéré, jusque dans la coiffure du héros, toujours plus grandiloquente. Cela en fait un personnage qui n’est plus en phase avec la réalité, un peu comme OSS117. Et tout comme ce dernier se plaisait à parodier les James Bond, ici la moquerie est également de mise. Cliffhanger en prend pour son grade dès la scène d’introduction, et d’autres y passeront aussi. Mais cette propension à vouloir tourner en ridicule d’autres films est finalement ce qui nuit à ce deuxième opus.

Le premier film avait su faire preuve d’un humour novateur sans s’appuyer sur autre chose que son scénario. Un résultat décevant donc, qui peut s’expliquer par le fait qu’entre temps, Ace Ventura ait fait l’objet d’une série d’animation. On peut alors supposer qu’en retournant sur grand écran, le personnage est devenu une parodie de lui-même. Le passage de la bande dessinée au dessin animé a quant à lui été moins problématique pour le chevalier d’émeraude dans Green Lantern: beware my power.

Malgré ce titre, ce film d’animation n’est pas vraiment une aventure indépendante du héros. Bien qu’elle mette en scène une origin story de John Stewart, ce personnage va tellement en croiser d’autres sur sa route qu’il va vite perdre en attention. Ces rencontres vont alors justifier la plupart des combats qui n’auraient pas lieu si la plupart des protagonistes prenaient la peine de parler avant de se battre. Que ce soit la Justice League contre Stewart dans la station spatiale, Hawkgirl contre Stewart et Green Arrow sur OA, Adam Strange contre Stewart, Green Arrow et Hawkgirl sur Rann… Tout cela aurait pu être évité.

Et puis il y a les affrontements inévitables. Tout ce chaos permettra de faire ressortir le trauma de John Stewart lié à la guerre. Notamment celle entre Rann et Thanagar qui sert de toile de fond au récit. Dans sa quête, il croisera également un autre Green Lantern, l’iconique Hal Jordan. Ce dernier bénéficie d’ailleurs d’un nouveau design plutôt cool, à défaut d’être intéressant. Un reproche que l’on peut faire à l’ensemble de l’histoire. Fort heureusement, le Corps des Green Lantern n’est pas la seule police de l’espace puisque j’ai aussi pu découvrir Buzz l’éclair, le film: le début des aventures.

Ce fut l’occasion de voir ce ranger de l’espace évoluer avec d’autres membres. Autre que les figurines de la chambre d’Andy. D’ailleurs, autant Toy Story 2 commencer avec une aventure de Buzz qui s’était révélé être un jeu vidéo, autant la mise en abime fait le chemin inverse avec une intro montrant les jouets se préparant à regarder une cassette vidéo où leur ami en est la vedette. Je me suis donc joint à eux, et je comprends mieux maintenant pourquoi Pixar refuse d’être associé à ce spin-off.

Outre ce prologue, leur savoir-faire est absent de cette bobine pour développer le background du personnage qu’ils ont créé. Et cela ne se limite pas qu’à ce film puisque celui-ci sert de pilote à la série animée du début des années 2000. Même si ce fut loin d’être palpitant comme entrée en matière, cela m’a tout de même donné envie de voir les 2 saisons. En tout cas, une chose est sûre, cette première incursion dans l’univers de Buzz a été bien plus rythmée que le récent long-métrage où il était en tête d’affiche.

Pas suffisamment pour être un bon film, mais assez pour être un minimum divertissant. La comparaison avec Buzz Lightyear version 2022 vaut également avec Avalonia: l’étrange voyage, qui est tout ce qu’aurait dû être une bonne histoire du ranger de l’espace. À savoir un dépaysement total, doubler d’une aventure passionnante à suivre. Celle-ci démarre par une mission d’exploration visant à découvrir ce qui se cache au-delà des montagnes qui bordent le village d’Avalonia. Les Clade, une famille d’aventuriers, sont du voyage, mais cela signera aussi leur séparation.

Face aux intempéries, le fils décidera de rebrousser chemin, tout en se contentant de la découverte d’une plante aux vertus énergétique. Le père, quant à lui, ira braver les éléments et sera porté disparu. Mais pas oublier pour autant pas les habitants d’Avalonia qui dresseront une statue en sa mémoire. Son enfant aura également le droit à la sienne pour service rendu à la communauté grâce à l’énergie verte qu’il a su tirer de la plante. Nommé Pando, ce végétale est devenue la principale ressource permettant de faire fonctionner toutes les machines du village.

Jusqu’à ce que cette source dépérisse. Toutes les plantes cultivées étant reliées à un tronc commun, une nouvelle expédition est lancée afin d’aller à la racine de ce mal. Dans leur périple, ils vont être attaqués par d’étranges créatures qui vont détourner leur embarcation volante vers un monde inconnu. Un monde dans lequel le père de Searcher, Jeager Clade, survit depuis des années. Leurs retrouvailles coïncideront alors en même temps que la découverte de ce nouvel environnement. Commence alors une véritable invitation au voyage.

Après avoir été frustré par Avatar: la voie de l’eau, j’ai trouvé dans Avalonia tout ce qui manquer à Pandora. C’est-à-dire de l’émerveillement face à une faune et une flore extraterrestre. Difficile d’ailleurs de les différencier dans ce paysage où les sollicitations visuelles sont multiples. De quoi être à l’affut du moindre mouvement pour les personnages qui évoluent dans ce décor. Un terrain de jeu idéal pour un jeu vidéo, et la mise en scène va dans ce sens en empruntant beaucoup au genre de la plate-forme.

Cette impression vidéoludique est amplifiée par le doubleur français de Nathan Drake, Jake Gyllenhaal en version originale, pour Seacher Clade. Pour autant, il ne donnera pas de la voix comme c’est le cas dans les Disney. Les passages chantés ont le don de me faire sortir de l’histoire, et là ça aurait été très regrettable étant donné mon implication. J’ai été captivé du début à la fin, de la rétrospective familiale sur les Clade, qui use d’une animation différente, au discours écologique. Un message très clair pour sensibiliser les enfants à la cause. Sans pour autant être infantilisant.

Et lorsque l’on voit le temps d’attention d’un enfant, on remarque une bonne gestion du rythme. Ainsi, lorsque j’ai commencé à ressentir une overdose de guimauve à l’idée d’être toujours dans les mêmes décors, l’histoire a pris un autre tournant. C’est d’ailleurs le ventre mou du film. Mais cette expression est à prendre au sens littéral au regard de la révélation surprenante qui modifiera la perception de l’histoire. Un twist qui vaut à lui seul le visionnage de cette épopée de science-fiction.

Un genre dans lequel Disney n’a jamais trouvé son public après les flops d’Atlantide: l’empire perdu ou La planète trésor: un nouvel univers. Pour ma part, j’adore ces deux films et Avalonia l’étrange voyage va venir les rejoindre. C’est un long-métrage plus intelligent qu’il n’en a l’air, et qui donne à voir, avec quelques mois d’avance, ce à quoi va potentiellement ressembler le royaume quantique dans le troisième volet d’Antman.

La Brea: saison 1 / Débris: saison 1

La diffusion conjointe de La Brea et Débris en France a montré qu’une menace pouvait venir de deux endroits opposés. Soit du sol, avec un trou béant en plein milieu d’une ville, soit du ciel, avec une pluie de débris. Deux cas de figure pour deux séries assez inégales. Diffusée en première partie de soirée, La Brea situe son intrigue à l’endroit du même nom. À savoir, un site paléontologique en plein milieu de Los Angeles. Du moins, jusqu’à ce lieu s’effondre sur lui-même pour laisser place à un gouffre dans lequel bien des personnes vont chuter.

Mais ce puits géant ne sera pas sans fond puisqu’il s’agit en fait d’un portail menant vers le passé. Tout un groupe va donc devoir s’acclimater sur ces terres primitives situées 10000 avant notre ère. Un pitch à mi-chemin entre Terra Nova pour le concept et Lost pour la ressemblance avec certains personnages. Notamment un certain drogué. Et comme pour les survivants du vol Océanic 815, ils vont rencontrer d’autres personnes déjà sur place et parlant leur langue. Mais ils ne sont pas pour autant amicaux avec ces nouveaux arrivants.

Parmi eux, on compte la famille Harris, dont les membres ont été séparés en deux avec d’un côté la mère et le fils, et de l’autre le père et sa fille dans le présent. Sauf que le paternel à l’avantage d’avoir des visions qui vont l’amener à comprendre que les disparus de cette catastrophe sont toujours en vie. La communication va alors se faire par l’intermédiaire de capsules temporelles enfouies sous terre et déterrer dans l’avenir. C’est là l’une des rares bonnes idées à mettre au crédit de La Brea. Le reste est loin d’être captivant.

Il faut dire aussi que la réalisation n’aide pas. Tout est plat, que ce soit dans le passé comme dans le présent. Ce qui est un comble puisqu’il aurait été bienvenu de créer une distinction entre les deux époques. Plus globalement, il manque vraiment une identité forte à cette première saison pour se démarquer. Rien dans le ton, le visuel, la musique ou l’acting n’arrive à proposer quelque chose de différent. Tomber sur cette série au hasard, en zappant de chaine en chaine, ne permet pas de dire sur quoi on est au premier coup d’oeil.

Malgré son renouvellement pour une deuxième saison, je doute d’être au rendez-vous. Au contraire, j’aurais aimé qu’il en soit ainsi pour Débris, qui aura été annulé après 13 épisodes malgré ses qualités évidentes. Si La Brea s’inspirait d’une série de JJ Abrams avec Lost, Débris en fait de même avec Fringe. Sauf que là, c’est tout à fait légitime puisqu’Abrams s’était entouré d’autres scénaristes pour créer sa série, avant de leur laisser le champ libre. Parmi eux, J.H. Wyman qui propose ici une histoire dans le même esprit.

Sur un principe similaire, on retrouve donc deux agents enquêtant sur des événements paranormaux. À la différence que lorsque le récit commence, le duo est déjà formé. Leur alchimie fonctionne suffisamment bien pour pouvoir se permettre une telle entrée en matière. Bryan Benenveti, agent de la CIA, et Finola Jones, agent du MI6, sont donc chargés de faire équipe sur des affaires sortant de ce que leurs services respectifs ont l’habitude de traiter. Que ce soit une personne qui semble s’être téléportée dans un pilier, ou une autre qui flotte inconsciente à quelques centimètres du sol, tous ont en commun les débris du titre.

Sur le même postulat que Smallville, où de la Kryptonite tombait du ciel pour irradier les habitants, les fragments d’un vaisseau spatial en fond de même. On peut voir ce background à la série s’illustrer à travers un générique assez beau, mais qui est surtout une grande source d’interrogations. L’encart qui ouvre la plupart des épisodes annonce que ces fameux débris ont été vus il y a 3 ans et qu’ils sont tombés sur la planète il y a 6 mois. Au-delà des répercussions sur la population, la force de ce pitch est d’intriguer sur les causes qui ont mené à ces conséquences.

Qui étaient ces extraterrestres? Venaient-ils en paix? Étaient-ils venus nous attaquer? Nous prévenir d’une menace imminente? Qui les a agressés au point de réduire leur équipage en cendre? Leur cargaison a-t-elle atterri sur Terre? Des questions parmi tant d’autres qui resteront sans réponses. Une frustration qui fait partie du jeu puisque lorsqu’on lance le pilote, on sait d’office que la majorité des mystères ne seront pas résolus. L’histoire ayant été planifiée sur 5 saisons, beaucoup de choses ont dû être gardées en réserve pour nous tenir en haleine.

Trop, apparemment. Mais les quelques pistes destinées à susciter la curiosité ont largement rempli leur rôle. Rien que de savoir que le gouvernement récupère les débris dans le but de les réassembler était suffisant pour me donner envie d’en voir plus. Reste donc la nostalgie de la série Fringe. Il manque vraiment une série du même type dans le paysage télévisuel. Débris en reprend non seulement les codes, avec une héroïne qui comme Peter Bishop à son père a charge, mais aussi des thématiques, dont celle de la boucle temporelle qui s’installe le temps d’un double épisode.

Certains acteurs sont eux aussi réquisitionnés puisque l’on retrouve l’incarnation de Walter Bishop, ainsi que d’autres seconds rôles. Les premiers, quant à eux, sont suffisamment charismatiques pour donner envie de suivre leur développement. Notamment Jonathan Tucker que l’on avait déjà pu voir dans Westworld, et qui se trouve ici au premier plan. Un casting plutôt bon donc, mais pas suffisamment pour rameuter une audience. À l’image de son titre, cette unique saison ne sera donc qu’un débris parmi la multitude de séries avortée, et qui aurait mérité de se poursuivre.

Les gardiens de la galaxie: joyeuses fêtes

À la fois épilogue de la phase 4 et prologue du volume 3, Les gardiens de la galaxie: joyeuses fêtes se situe chronologiquement après Thor: Love and Thunder. Ainsi, on apprend qu’après s’être séparés du dieu du tonnerre, les Gardiens ont racheté Nowhere au Collectionneur. Devenu la tête pensante de ce gigantesque crâne, Peter Quill reste néanmoins préoccuper par la disparition de Gamora. Pour lui remonter le moral, Mantis a alors l’idée d’aller sur Terre afin d’enlever Kevin Bacon et de l’offrir à Peter en guise de cadeau de Noël.

Accompagnée par Drax dans cette quête, ils vont se confronter à la culture humaine avant de mettre la main sur l’acteur de Footloose. Voici là un pitch digne de cette équipe de losers qui fait office de parenthèse. Le nouveau format de Marvel, après Werewolf by night, se révèle alors idéal pour une aventure sans prétention. On pourrait même dire qu’il s’agit d’un spin-off sur Mantis s’il n’y avait pas cette introduction et cette conclusion en lien avec Peter. Des pièces de puzzle de son origin story se dévoilent sous la forme d’un dessin animé en rotoscopie.

Un visuel totalement raccord avec cet esprit nostalgique que James Gunn instaure depuis le début de cette franchise. On sent d’ailleurs une inspiration du côté de Star Wars: Holiday Special. Ça n’est d’ailleurs pas pour rien qu’il lui emprunte son sous-titre, cette production ayant marqué le cinéaste. Mais à la différence de George Lucas, qui déteste par-dessus tout ce nanar tiré de son univers, James Gunn pense à cette histoire depuis des années. Une déclaration qu’il est difficile de contester tant de nombreux éléments se raccordent avec les volumes 1 et 2.

Mis à part, les films dans lesquels ils apparaissent (Infinity War, Endgame et Thor: Love and Thunder), leurs aventures en solo sont amplement suffisantes pour suivre celle-ci. C’est vraiment très agréable d’avoir ce genre de récit indépendant, qui ne porte pas à conséquence, dans un univers partagé qui nécessite d’avoir visionné tous les films pour en comprendre le dernier en date. Et il n’y avait personne d’autre que les Gardiens dans le MCU pour se prêter à l’exercice du téléfilm de Noël. Tous les ingrédients étaient déjà réunis pour que cette fête s’intègre sans problème.

De base, je considère même le premier opus comme un film de Noël. Pour moi, ce ne sont pas seulement par des scénarios se déroulant durant cette période, ce sont surtout des thématiques liées à l’enfance. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Peter y est resté bloquer. Mais il va en ressortir grandi grâce à l’attention de Mantis qui va lui révéler par la même occasion qu’il n’est plus fils unique. Une révélation qui n’est pas sans rappeler la relation entre Luke Skywalker et Leia Organa. En beaucoup moins ambiguë, et surtout beaucoup plus émotionnel.

Plus globalement, les bons sentiments sont au rendez-vous. Même chez Nébula qui fait preuve de générosité envers Rocket avec un cadeau qui a dû lui couter un bras. Pour ce qui est de Groot, on le retrouve plus conforme à son doubleur, Vin Diesel, avec une carrure de body-builder. Mais la guest-star reste bien évidemment Kevin Bacon, acteur du meilleur film de tous les temps selon Peter. Il donne de sa personne, littéralement, comme une star le ferait en louant ses services pour un anniversaire. Un consentement un peu forcé par les pouvoirs de persuasion de Mantis.

Mais c’est en touchant les gens qu’elle apporte une touche de légèreté. Contre toute attente, le duo qu’elle forme avec Drax fonctionne à merveille. Là où habituellement l’alchimie opère avec un personnage plus intelligent et sensé que l’autre, ici ils sont tous les deux à côté de la plaque. Il y a cette candeur dans leurs actes qui permet de passer un bon moment en leur compagnie. Bien évidemment, leurs péripéties sont rythmées par la marque de fabrique de cette licence: les musiques. Starlord n’étant pas dans les parages avec son baladeur, aucun de ces titres n’est lié à l’histoire de manière intradiégétique.

Mis à part un passage qui s’apparente à de la comédie musicale et un concert improvisé, l’intégration des chansons n’est pas aussi naturelle que dans leurs longs-métrages attitrés. À voir ce qu’il en sera de cette sélection musicale lorsque je l’aurai écouté plus d’une fois. James Gunn a toujours eu du talent pour les playlists, et je doute que celle-ci fasse exception. Je rajouterai même un titre totalement raccord avec cet univers de science-fiction délirant: joyeuses fêtes du Nexus VI. Derrière ce nom se cache une chaine YouTube française qui fait la part belle à la science-fiction, tout en traitant d’oeuvres dans cette thématique.

L’équipage de ce vaisseau n’a rien à envier à celui des Gardiens, si l’on peut envier le fait d’être composé de losers. Mais c’est finalement ce qui fait tout le charme de ce groupe, auquel est venu se joindre le chien Cosmo. En attendant de les retrouver pour une dernière aventure dans le volume 3, cet interlude aura été un véritable plaisir. Loin d’être gratuit, ce Christmas Special aura permis de revoir Youndu et de comprendre sa passion pour les petites figurines qu’il se plaisait à aligner sur son tableau de bord. Touchant. 

Les gardiens de la galaxie Volume 3

Chaque opus des Gardiens m’a mis la larme à l’oeil. Et rien qu’avec la première bande-annonce de celui-ci, je sens que je n’y échapperais pas non plus. Un troisième et dernier volume, en tout cas avec cette équipe, qui semble centrer sur Rocket. Le raton laveur va alors revenir sur sa planète d’origine comme semble l’indiquer l’espèce de banlieue pavillonnaire peuplée d’animaux génétiquement modifiés. Adam Warlock sera également au rendez-vous après avoir été teasé dans une scène post-générique. Entre ça et la recherche de Gamora, les Gardiens auront fort à faire. Mais ils affichent déjà une certaine unité dans leurs uniformes old school tout droit tirés des comics.

65: la Terre d’avant

Malgré son succès, la franchise Jurassic Park n’a jamais eu de réelle concurrence. Comme si tout le monde s’était mis d’accord sur le fait que l’on ne pourrait pas faire mieux. Alors lorsqu’un film mettant en scène des dinosaures est annoncé, il y a de quoi se réjouir. Plus encore lorsque Sam Raimi est à la production sur un scénario écrit par les scénaristes de Sans un bruit. Malgré cela, il n’y a pour l’instant rien de très original dans ce point de départ semblable à After Earth. Mais l’équation technologie futuriste, dinosaures et Adam Driver semble être suffisante pour passer un bon moment.

Super Mario Bros

J’ai du mal à croire qu’un jeu vidéo où l’histoire est complètement secondaire, pour ne pas dire quasi-inexistante, va réussir à tenir durant tout un long-métrage. Une première adaptation de Mario s’y était déjà risquée pour aboutir à un nanar devenu culte. En optant pour un film d’animation, les producteurs semblent avoir privilégié la fidélité au matériau d’origine en conservant les designs, aussi bien pour les personnages que pour les niveaux. Je me demande d’ailleurs comment ces derniers vont s’intégrer à une intrigue qui a pour cadre l’invasion de Bowser. Mais le studio Illumination a déjà fait ses preuves avec Moi, moche et méchant, et l’on peut déjà voir leur influence à travers les Toads qui sont devenus des sortes de Minions. La princesse Peach, quant à elle, à l’air de prendre part à la bataille tandis que Luigi sera captif de l’éternel boss de fin de niveau. Le Kart sera également de la partie avec une course sur la route arc-en-ciel. Décidément, moi qui étais sceptique au début, ce Super Mario Bros s’annonce peut-être comme l’un des succès surprise de 2023.

The last of us

Après Uncharted, c’est au tour d’une autre production Naughty Dog d’être adaptée: The Last of us. Cette fois-ci ça ne sera pas au cinéma, mais en format série que s’étendra cette histoire post-apocalyptique. Mais malgré l’implication du créateur du jeu, du showrunner de Tchernobyl ou le caractère adulte d’une chaine comme HBO, j’ai du mal à m’enthousiasmer. Je ne retrouve pas la tension que j’ai pu éprouver en jouant à ce titre et je ne reconnais pas les personnages de Joël Miller et Ellie dans Pedro Pascal et Bella Ramsey. J’espère me tromper.

Oppenheimer

Tout comme il avait alterné entre fiction et réalité avec Interstellar puis Dunkerque, Christopher Nolan revient à quelque chose de plus terre à terre après Tenet. Ou en tout cas, avec quelque chose capable d’exploser la Terre. Pour ce faire, il a jeté son dévolu sur Oppenheimer, l’inventeur de la bombe atomique. C’est Cillian Murphy qui lui prêtera ses traits après avoir joué pas mal de seconds rôles dans les films de Nolan. Une consécration en quelque sorte. Même si je préfère le côté commercial du cinéaste comme ses Batman ou encore Inception, je serai tout de même au rendez-vous. 

Indiana Jones et le cadran de la destinée

Rares sont ceux à avoir apprécié le quatrième opus. Visiblement, j’en fais partie, moi qui n’ai pas grandi seulement qu’avec la trilogie originale, mais aussi avec les bandes-dessinées et les jeux vidéo. Ces médias ont fait la part belle aux aventures les plus extravagantes du célèbre archéologue. Dès lors, une histoire d’extraterrestre dans un Indiana Jones ne m’a pas du tout paru hors sujet. Je suis donc on ne peu plus enthousiaste à l’idée de retrouver Indy pour une cinquième aventure tournant autour d’un cadran de la destinée. Reste maintenant à savoir si le rajeunissement d’Harrison Ford dans certains plans de ce trailer sera dû à des flashbacks, ou a du voyage dans le temps. Un concept qui, s’il est confirmé, risque encore de faire polémique. Mais au moins, ça ne sera pas du fait de Steven Spielberg qui a cédé sa place à James Mangold.

Transformers: rise of the beasts

À l’origine, le film Bumblebee était un spin-off faisant office de préquelle à la saga des Transformers. Finalement, il sera le début d’une nouvelle continuité à laquelle va venir s’ajouter ce nouvel opus prenant place en 1994. Même si Michael Bay n’est plus de la partie, son remplaçant semble mettre en oeuvre une énergie similaire dans l’affrontement entre robots. Et on ne lui en demande pas plus.

Avatar: le destin de Tsu’Tey / Les gardiens de la galaxie (Super Heroes Collection)

La licence Avatar n’a jamais vraiment brillé par ses produits dérivés. Tout au plus avons-nous eu des livres sur la faune et la flore de Pandora, ou encore un spectacle par les artistes du Cirque du Soleil, mais rien qui ne continue l’univers des Na’Vis. Même le jeu vidéo d’Ubisoft sortie sur Playstation 3 reprenait la trame du film, bien que d’un point de vue inédit. Avatar: le destin de Tsu’Tey est calqué sur ce même modèle puisqu’il se situe un peu avant la rencontre avec Jake Sully, pour ensuite s’y raccorder. Et donc, par extension, suivre les événements du film de James Cameron en parallèle. 

La scénariste Sherri L. Smith n’a donc que peu de marge de manoeuvre. Le développement de Tsu’Tey n’en est que plus difficile. Néanmoins, cela le rend moins antipathique que dans le long-métrage puisque l’on découvre qu’il était amoureux de la soeur de Neytiri, morte sous le feu des hommes. Une information que l’on apprend de la bouche du professeur Augustine dans l’une des versions longues. Rien de neuf donc, si ce n’est une meilleure compréhension de ce personnage, qui n’agit donc pas par jalousie envers Jake, mais bien par dégout pour la race humaine.

Les chasseurs qui accompagnent Tsu’Tey, et dont il a la charge de former, sont également présents. Leur initiation donne lieu à quelques éclaircissements sur Eywa. Pour exemple, avant de partir à la chasse, ce chef leur ordonne de se connecter à l’arbre afin que leur déesse se souvienne d’eux si ils meurent au combat. On peut voir ça comme une sorte de sauvegarde de leur esprit, surement dans le but de les réincarner. Ou de les transférer dans cette sorte d’au-delà que l’on peut voir dans Avatar: la voie de l’eau.

Quoi qu’il en soit, ce comics n’apporte pas grand-chose à la mythologie imaginée par James Cameron. Le cinéaste semble le seul autorisé à faire des ajouts sur sa création, ne laissant qu’un terrain balisé aux auteurs qui souhaitent explorer Pandora. Au point d’avoir des scènes entières du film retranscrit tel un story-board. Je garderais donc en tête ce comics lors de l’un de mes futurs revisionnages du premier film pour expliquer le comportement souvent colérique de Tsu’Tey. Et lui trouver des circonstances atténuantes. Par contre, il n’y a aucune excuse concernant les illustrations. 

Mis à part leurs accoutrements qui permettent de les distinguer les uns des autres, rien ne ressemble plus à un Na’vi qu’un autre Na’vi. Mais plus que tout, ce style graphique m’a rappelé celui de l’univers étendu de Star Wars en comics. Et pour cause, l’artiste Jan Duursema a collaboré sur de nombreux titres consacrés à la guerre des étoiles. On retrouve donc ce trait de l’époque, puisqu’elle officie depuis des années dans le milieu, qui jure un peu avec la nôtre. C’est d’autant plus flagrant sur l’histoire annexe illustrée par Doug Wheatley.

Le dessinateur apporte beaucoup de mouvement et son style se marie à merveille avec la jungle de Pandora. Même si encore une fois ce n’est que pour nous relater une scène du film et la prolonger. En l’occurrence le moment où Jake va dompter la dernière ombre. Pas de quoi s’extasier. Si d’autres comics sont amenés à voir le jour dans cet univers, j’espère qu’il y aura un peu plus de liberté laissée aux artistes pour qu’ils puissent donner leur propre vision. James Cameron a toujours déclaré ne pas vouloir faire du Marvel, mais il devrait peut-être prendre exemple dessus en ce qui concerne ce média.

La maison des idées a toujours su évoluer avec son temps et une anthologie consacrée aux Gardiens de la galaxie a été l’occasion de m’en rendre compte. L’évolution y est flagrante en termes de narration. Au fil des décennies, on ne peut que constater à quel point les bulles de dialogue ont diminué au profit des images. Car comme tout art visuel, c’est par cette intermédiaire que devrait passer la majorité des informations, et non par de l’écrit. Plus particulièrement les bulles de pensée qui sont un fléau dans la première histoire de ce recueil.

La deuxième met en scène Rockett sur sa planète d’origine: Demi-monde. Un lieu que l’on explorera dans le troisième volume cinématographique et qui promet déjà sur le papier. Il ne s’agit ni plus ni moins que d’un monde à la Alice au pays des merveilles. Un clown démoniaque y assassine un fabriquant de jouets, ce qui alerte immédiatement un groupe de singes samouraïs. Insuffisants, les mercenaires de la Black Bunny Brigade sont alors réquisitionnés pour cette mission. Et ce ne sont là que les premières pages de ce récit illustré par Mike Mignola. C’est dire à quel point cela va loin.

L’histoire suivante, intitulée Taserface, sera évidemment centrée sur ce personnage qui n’a le droit qu’à des moqueries sur son nom dans le volume 2. Face à cet antagoniste, une ancienne composition des Gardiens dont faisait partie Youndu. Un membre à part entière là où il n’était qu’un Ravager dans les films. Et ce n’est pas la seule différence puisqu’ici leur vaisseau s’appeler le Captain America. Le cliffhanger qui clôture cet épisode m’a également fait découvrir que Taserface faisait partie d’une race ayant évolué grâce à la technologie de Tony Stark.

Une fois cette révélation fracassante passée, la sélection fait un bond dans le temps avec les numéros suivants. On passe de 1990 à 2008, et cela s’en ressent sur la partie graphique, plus agréable. Cette fois-ci, les Gardiens font face à l’Église universelle de la vérité. Une institution que je ne connaissais pas et dont le concept s’avère en accord avec leurs préceptes. En effet, ils peuvent stocker la foi dans des batteries pour ensuite les utiliser pour ce en quoi ils croient. Plutôt cool. Mais l’histoire n’en reste pas moins confuse de par la multiplication de personnages.

Néanmoins, cela a le mérite de fournir de bonnes répliques. Reste que sans un minimum de connaissance, prendre ce récit en cours de route n’aide pas à la compréhension. Au contraire, la dernière histoire se propose de revenir sur l’origine de Peter Quill. Cela en fait un point de départ idéal, en plus de proposer des dessins vraiment lisibles. C’est peut-être le segment le plus accessible, même si encore une fois, on passe à côté de pas mal de choses sans contexte. Malgré tout, ce best-of m’a apporté bien plus de fantaisie que je n’ai pu en ressentir avec le comics sur Avatar. C’est aussi une bonne représentation du bordel qui anime Les gardiens de la galaxie.

… Et l’année qui commence! Au programme des résolutions: encore et toujours de l’écriture. Que ce soit pour le site, mes prestations, ou mes projets personnels, c’est ce qui va une fois de plus rythmer mon quotidien. La seule chose qui changera, c’est l’environnement dans lequel je m’adonnerais à cette routine. En effet, après plus de 10 ans passés à Lyon, 2023 sera l’année de mon retour dans mon nord natal. C’est d’ailleurs pour cette raison, et les difficultés de déplacement le temps d’un week-end, que j’ai sacrifié ce Noël loin de ma famille, tout en sachant que je serai au rendez-vous pour tous les suivants.

Le Nouvel An n’a pas fait exception non plus, mais au final ces fêtes de fin d’année furent les premières depuis l’emménagement dans mon appartement lyonnais. Et les dernières donc. Je me réjouis à l’idée de ce grand changement et de pouvoir vivre de nouveau dans une ville à taille humaine. Même si l’offre y est moins grande, cela ne m’empêchera pas de profiter de ma passion pour le cinéma. Et le calendrier 2023 s’annonce assez chargé en productions avec les habituelles sorties du MCU, mais aussi du DC avec Shazam, The Flash ou encore Aquaman.

Des suites seront également de la partie avec John Wick, Creed, Indiana Jones, Mission impossible, Transformers, Kingsman, Dune, Saw… Heureusement, on pourra aussi compter sur de grands cinéastes pour des propositions un peu plus originales avec le dernier Spielberg, Shyamalan, Nolan, Chazelle… Du beau monde en somme, en espérant que la qualité soit au rendez-vous. Peu importe l’endroit où je serai, entre Lyon ou Arras, je prendrais le temps pour faire un compte rendu sur ces oeuvres. Ainsi que celles sous forme de comics, série, jeu vidéo et j’en passe. Cela prendra la forme d’un nouveau rendez-vous mensuel, mais on en reparle d’ici le mois prochain.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *