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« Transformers 3: la face cachée de la lune » de Michael Bay

« TRANSFORMERS 3: LA FACE CACHEE DE LA LUNE » VS PROCRASTINATION

Cybertron. Guerre. Lune. Apollo 11. Sam Witwicky. Blagues. Tchernobyl. Sentinel Prime. Seymours Simmons. Astronautes. Bumblebee. Plans séquences. Explosions. Voitures. Camions. Transformations. Robots. Autobots. Decepticons. Megatron. Optimus Prime. Piliers. Portail. Invasion. Chicago. Fin du monde. Champs de bataille. Vaisseaux. Combats. Buildings. Cybertron. Ressurection. Affrontements. Destruction. Iconique. Bourrin. Cool. Impressionnant. Très impressionnant. Trop?

Voici ce que l’on ressent pendant la projection de Transformers 3: la face cachée de la lune, le cerveau sur off. Une incapacité totale à faire des phrases. Le film nous fait régresser à l’état animal, faisant ressortir nos instincts les plus primaires. Ou plutôt, les plus enfantins. Car il est toujours bon de rappeler qu’il s’agit là d’une licence basée sur des jouets. Et depuis le premier film, Michael Bay n’a jamais eu d’autres prétentions que de s’amuser avec. Et donc de divertir. Avec ce troisième opus, il franchit un nouveau cap avec l’utilisation de caméras 3D.

Outre le fait que l’on échappe à l’appellation « Transformers 3D », c’est surtout l’occasion de donner du relief à ces figurines que l’on pourrait presque toucher. Une impression d’autant plus renforcée lors de la scène d’introduction qui prend place sur Cybertron. Sur la planète d’origine des Transformers, ces derniers n’ont aucun point de comparaison avec des humains pour imposer leur grandeur. On les voit même à bord de vaisseaux, ce qui est étrange pour des machines qui pilotent des machines.

Cela n’en réduit pas pour autant leur gigantisme. En effet, pour donner une idée des proportions de ces robots, un artiste d’Industrial Light and Magic a révélé que si l’on mettait bout à bout tous les polygones de tous les modèles de Transformers, on pourrait atteindre la lune, et en revenir. Une anecdote issue du premier film qui non seulement est toujours aussi vraie, mais annonce aussi la destination du sous-titre de ce troisième opus. C’est donc sur le satellite de la Terre que va se crasher le l’astronef de Sentinel Prime.

Son vaisseau était alors à la dérive depuis qu’il s’était fait abattre en tentant de sortir de l’atmosphère de Cybertron avec un précieux chargement à son bord. Un prologue a mi-chemin entre Matrix et Star Wars période prélogie, mais qui est loin de s’inscrire dans le présent relaté dans les deux premiers opus. L’intrigue prend alors place au début des années 60 pour se poursuivre jusqu’en 1969 et la fameuse mission Apollo 11 sur l’astre. C’est cet événement qui a servi de couverture au premier contact avec une forme de vie extraterrestre.

Un mensonge que les Autobots ne semblent pas avoir digéré lorsqu’ils en prennent connaissance. Car si ce fut un petit pas pour l’homme, cette date clé dans l’histoire de l’humanité cache un pas de géant pour les Transformers. Mais les membres de cette course à l’espace avaient été tenus au secret défense. C’est l’astronaute Buzz Aldrin en personne qui viendra confirmer l’information. Connu pour avoir été le deuxième homme à poser le pied sur la lune, après Neil Armstrong, il n’en demeure pas moins plus populaire dans la pop culture.

Non seulement il a été interprété par d’autres acteurs, mais il a aussi prêté sa voix et jouer dans bien des productions. On peut notamment le voir entre autres dans un épisode de The Big Bang Theory, ou l’entendre dans le jeu vidéo Mass Effect 3, mais la consécration ultime viendra de Toy Story. Le célèbre ranger de l’espace portera alors le nom de Buzz l’éclair en hommage à l’astronaute. Une figurine, voilà de quoi il a l’air face à Optimus Prime qui s’incline devant lui. Cette scène préfigure ce que vont devenir les humains pour les Transformers: des jouets.

Mais avant que les rôles ne soient inversés, Sentinel Prime sera rapatrié sur Terre. Et c’est une autre légende qui sera intégrée au casting pour doubler ce nouveau personnage. Comme Buzz Aldrin, il est apparu dans la sitcom The Big Bang Theory (dans une histoire mettant au centre une figurine de son rôle le plus iconique…) en tant que guest, et pas des moindres. Lui aussi est allé dans l’espace, frontière de l’infini, mais pas à bord d’Apollo 11. Plutôt de l’Enterprise. Il s’agit bien entendu de Léonard Nimoy, célèbre pour avoir interprété Spock. Mais bien avant de prendre part à cette saga, de nombreuses références à Star Trek y étaient déjà présentes.

Des allusions disséminées çà et là par Alex Kurtzman et Roberto Orci, un duo de scénaristes qui a également écrit le reboot de la franchise (Star Trek et Star Trek: into darkness). Ainsi, dès le premier opus, la radio de Bumblebee diffusait l’audio suivant « Message de Starfleet » pour communiquer avec Sam lors de leur première rencontre. Le deuxième volet quant à lui a eu comme titre provisoire « Prime directive ». En plus de faire allusion à la lignée des Prime, c’est un terme utilisé dans Star Trek et qui consiste à ne pas interférer dans le développement d’autres peuples extraterrestres.

Un principe que n’appliquent pas du tout Optimus et les siens avec la race humaine. Mais qui reste un bien meilleur sous-titre que celui de Revenge of The Fallen, finalement gardé en version originale. Le doublage du déchu en question aurait d’ailleurs pu être fait par Léonard Nimoy. L’acteur fut envisagé de par son lien de parenté avec Michael Bay, mais ce dernier n’est pas allé jusqu’au bout de la démarche, de peur de ne pas lui faire honneur. C’était sans compter sur le fait que le célèbre acteur avait déjà donné de la voix par le passé dans le film animé Transformers de 86.

Sa présence dans ce troisième opus ne stoppera pas pour autant les easter eggs en rapport avec l’oeuvre de Gene Roddenberry. La face cachée de la Lune sera même le film qui en compte le plus puisque lorsque l’on retrouve Sam pour la première fois, on peut y apercevoir une télévision diffusant l’épisode 1 de la saison 2 de Star Trek: le mal du pays. Une histoire durant laquelle Spock devient fou, et qui fait office de foreshadowing pour son interprète vocal. Sam Witwicky usera à nouveau de cette référence à la pop culture pour désigner le siège de l’entreprise où travaille sa petite amie comme aussi impressionnant que le vaisseau Enterprise.

Derrière cette multinationale se cache Dylan Gould, incarné par Patrick Dempsey, c’est lui qui emploie la jeune Carly en tant qu’assistante. De quoi susciter la jalousie de Sam qui vit comme un assisté. Faute d’avoir trouvé un travail valorisant, il vit aux crochets de celle chez qui il a emménagé. Mikaela, son premier amour, n’est donc plus de la partie, et cela suite à une sortie de route de son interprète. En effet, lors d’une interview, l’actrice a comparé Michael Bay à Hitler. Mais ce n’est pas le principal intéressé qui l’a limogé.

C’est le producteur Steven Spielberg qui a pris la décision de se passer de ses services. Il faut dire aussi que pour un réalisateur qui a fait La liste de Schindler et Il faut sauver le soldat Ryan, ce n’est pas le genre de propos à tenir. Ainsi, tandis que l’une perdait son job dans la réalité, un autre faisait tout son possible pour en gagner un dans la fiction. Et quel plaisir de voir Sam enchainer les entretiens d’embauche. Tout le talent de Shia Labeouf dans le registre de la comédie explose. L’acteur est au summum de son jeu et il peut compter sur John Malkovitch, hilarant, et Ken Jeong pour lui donner la réplique.

Mais il fait surtout preuve d’une répartie cinglante, surtout face à une autorité gouvernementale à laquelle il ne veut pas se soumettre en raison de ses faits de gloire passés. À titre d’exemple, la réponse à sa fouille au corps avant de pénétrer dans une zone sécurisée est véritablement désopilante. Entre un poing américain, un bracelet de cheville et une bague d’orteil, cette liste improbable rivalise de drôlerie pour créer un décalage entre ce qu’il est, et ce qu’il aimerait que les autres voient en lui. Shia Labeouf excelle dans ce domaine sans pour autant tomber dans le ridicule.

L’acteur est le coeur du film, tant et si bien que l’on pourrait résumer l’état émotionnel du spectateur aux crises de nerfs que pique son personnage. Que ce soit sous le coup de l’émotion, ou la peur face à l’adrénaline, Sam n’est jamais dans le surjeu. C’est impossible dans une production bigger than Life. Il a même cette capacité à provoquer un frisson dès qu’il appelle à la rescousse Optimus ou Bumblebee. Généralement, c’est lors d’une scène d’action, et cela ne les rend que plus intenses. Une générosité de tous les instants dans ces séquences qui ne cessent de se surpasser dans leur mise en place.

Ainsi, Sam est devenu tellement fusionnel avec sa voiture, que celle-ci se permet de se transformer avec son passager à bord, avant de le récupérer pour le rapatrier dans l’habitacle. Du jamais vu dans la saga, et l’on y assiste lors d’un plan séquence qui, à défaut de donner le tournis, ne nous en fait pas perdre une miette. La mise en scène nous met littéralement sur orbite, en plus d’être raccord avec son sujet. Car c’est en enquêtant aux côtés de l’ex-agent Simmons, et son garde du corps Dutch, qu’ils vont découvrir un complot autour des cosmonautes ayant un lien avec les missions sur la Lune.

Ces derniers deviennent la proie des Decepticons, et leur prochaine cible n’est autre que Sentinel Prime. Le chemin du retour sera donc parsemé d’explosions, mais aussi de la réutilisation de plans de The Island. En effet, un accident étant survenu sur cette portion d’autoroute, le tournage en a été raccourci. Les Transformers ont beau être numériques, les dommages qu’ils font sur leur chemin eux sont bien réels. Non content de faire exploser tout un tas de choses à l’écran, Michael Bay en fait subir autant aux artistes des effets spéciaux.

Dans les locaux de chez ILM, les ordinateurs ont crashé plus d’une fois au cours des épisodes pour matérialiser les différents robots. Ceux-ci ont atteint un tel niveau de définition, mais aussi d’interactions entre eux, qu’on les croirait réels. Du plastique au métal en fusion, il n’y a qu’un pas, de Transformers. Finalement, c’est à se demander si ce ne sont pas de véritables figurines qui se sont entrechoquées, les effets spéciaux n’étant utile que pour effacer les mains d’enfants qui les manipulés avec conviction.

Et de manière parfois un peu brouillonne. Les affrontements sont parfois tellement démesurés qu’il est difficile de distinguer les Autobots des Decepticons, ou qui fait quoi. Seuls les ralentis permettent d’y voir un peu plus clair dans ces enchainements, jusqu’au coup final. Mais la confusion entre les membres des deux camps ne sera plus permise lorsqu’Optimus et les siens seront sommés de quitter la Terre. Cet ultimatum est lancé par Sentinel Prime suite à l’invasion de la planète par les Decepticons.

Une trahison qu’il a fomentée avec Megatron qui fait ici son retour. Mais contrairement aux deux premiers opus, où il n’avait pas d’apparence motorisée en signe de sa non-soumission aux humains, c’est sous la forme d’un camion style Mad Max qu’on le retrouve. Mais il ne restera pas dissimuler bien longtemps et ira même s’exposer à la vue de tous en détrônant, littéralement, la statue d’Abraham Lincoln au mémorial qui lui est dédié. Un point de vue imprenable sur l’arrivée de son armée grâce aux piliers qui créaient un portail entre la Terre et la Lune.

On peut voir dans cette posture de Megatron une référence à l’épisode Atlantis Arise de la série animée Transformers. Sauf que là, il s’agirait plutôt de Cybertron Arise. Et outre la ressurection de leur planète, le plan de Sentinel Prime est de piller la ressource la plus précieuse de la Terre: les humains. Il veut ainsi les réduire en esclavage pour rebâtir son sol natal. Dès lors, voir Megatron trôner au Lincoln Mémorial gagne en symbolique puisque le seizième président était à l’origine de l’amendement visant à abolir l’esclavagisme.

Ainsi, pour ce troisième acte de ce troisième opus, le passage des jouets à l’écran inverse totalement le rapport de force: les humains deviennent des figurines entre les mains des Transformers. Mais une partie d’entre eux va mener une contre-offensive. Il s’agit bien entendu de la faction de militaires présente depuis le premier volet, et quitte à mettre en scène des soldats, il aurait été plus intéressant de faire d’eux les GI Joe. Une collection de jouets qui appartient également à Hasbro, et qui a elle aussi eu le droit à son adaptation cinématographique.

C’était en 2009 par Stephen Sommers, soit deux ans après la sortie du premier Transformers dont le script original envisageait déjà de les inclure à l’intrigue. De quoi mettre en place un univers étendu avant de leur donner leur propre film. Une idée pas si incongrue que ça puisque les deux licences se sont déjà rencontrées à de multiples occasions dans des comics. Et aussi dans l’imagination d’enfants qui ne soucient pas de savoir à quelle franchise appartiennent les figurines entre leurs mains.

Même si au final ce crossover n’a pas eu lieu, on retrouve des vestiges de ces personnages à travers les personnalités et les caractères des membres du NEST. Cette escouade sera alors chargée de s’infiltrer dans la ville de Chicago prise d’assaut par les Decepticons. Sam les aura précédés pour aller délivrer sa moitié, s’avançant jusqu’aux frontières de la ville sur le son du titre Iridescent de Linkin Park. Le groupe est sur la bande originale depuis le premier épisode, mais cette chanson a de particulier qu’elle insuffle immédiatement une impression de désespoir à la scène.

Les chances de survie sont quasi-inexistante autant pour le jeune Witwicky, que pour Carly qui a été prise en otage par son boss le temps que Sam s’assure que les Autobots aient bien quitté la planète. Bien évidemment, ça n’était là qu’une diversion, et ils sont de retour prêt à en découdre. Cela donnera lieu à des séquences de guérilla urbaine proprement hallucinantes. Michael Bay donne tout ce qu’il a comme si c’était le dernier film de la saga (non), le dernier film de sa carrière (non). Mais il s’agit surtout de sa première trilogie dans sa filmographie.

Avec un an d’avance, il surpasse le climax du premier Avengers en termes de destruction massive à l’échelle d’une ville. Et cette démesure n’a toujours pas été égalée depuis. En véritable stratège, le cinéaste organise ses scènes comme on place des pions lors d’une bataille. D’un côté, les agents du NEST qui vont avoir le droit à une séquence de base jump absolument vertigineuse entre les buildings, de l’autre Sam sera accompagné par tout un commando de têtes brulées, dont Epps. Incarné par Tyrese Gibson, son rôle reste assez similaire à celui qu’il tient dans la saga Fast and Furious, mais il prend ici un peu plus d’importance.

Ensemble, ils vont faire l’objet d’une scène d’anthologie instantanément culte. Ce point culminant du film, voire de la franchise, se trouve dans l’ascension d’un immeuble dont la partie supérieure est sur le point de basculer. La progression n’en est que plus difficile dans ce décor incliné qui ne demande qu’à s’effondrer. Un souhait qui va être exaucé par Shockwave et sa foreuse, le Driller. Aperçu une première fois lors d’une scène de destruction se déroulant à Tchernobyl, ces tentacules démesurés rappellent immédiatement l’imagerie de la saga Matrix.

Il va alors transpercer le building de part en part jusqu’à ne faire qu’un avec l’édifice. Les protagonistes à l’intérieur n’auront alors d’autre choix que de se défenestrer pour glisser sur les vitres du bâtiment en pleine inclinaison, avant de regagner l’intérieur sous peine de voir leur course déboucher sur du vide. Une séquence spectaculaire qui surpasse bien des films de Roland Emmerich dans le domaine. Pour autant, toutes ces acrobaties et prises de risque signent l’échec de la mission de ce commando visant à avoir un point de vue dégagé sur leur cible: le pilier principal.

C’est ce mécanisme qui contrôle tous les autres, et qui ramène Cybertron dans l’atmosphère terrestre. Michael Bay nous offre alors l’une des images parmi les plus belles de la science-fiction. Et la vision la plus effrayante pour les héros qui y assistent impuissants, mais pas sans un dernier baroud d’honneur. Le cinéaste abat alors ses dernières cartes pour abattre les derniers Decepticons. Il fait preuve d’un véritable sens de la mise en scène pour capturer le saut périlleux de Bumblebee qui récupère à la voler Sam et Lennox sur le point de s’écraser au sol.

Pour ce qui est d’Optimus, c’est un déferlement de fureur qui l’anime. Et d’une certaine manière, Transformers 3 est violent. Il suffit de remplacer les gerbes de sang par une pluie d’étincelles pour obtenir une classification PG13. C’est notamment le cas lorsqu’Optimus fait parler la poudre avec des gunfights à bout portant, et éjecte des douilles de la taille d’un baril d’essence. Cette violence est tellement disproportionnée qu’elle en devient inoffensive dans le cadre d’affrontement entre robots. Face à Sentinel Prime, ce sont les coups d’épée qui fusent et tranchent le métal lorsqu’ils croisent le fer.

Ainsi, des deux Prime, il ne pourra en rester qu’un. Une réplique tout droit sortie d’Highlander et qui rappelle que Sean Connery devait à l’origine doubler Sentinel. Mais l’acteur de The Rock s’est fait doubler par Léonard Nimoy, qui n’est plus à une allusion près à son rôle de Spock. Cela ira jusqu’à l’autocitation puisque cet antagoniste citera mot pour mot la célèbre maxime: les besoins du plus grand nombre l’emportent sur les besoins de quelques-uns. Insuffisant pour plaider sa cause et justifier l’asservissement de l’humanité aux yeux d’Optimus.

Aux yeux de Sentinel, c’est son monde qui s’éteint suite à la destruction du pilier principal, rompant de ce fait la connexion du portail. Une vision de désolation que Spock avait déjà du subir dans le reboot de Star Trek en 2009. Malgré cette allusion au travail de Roberto Orci et Alex Kurtzman, les deux scénaristes ne seront pas de retour pour ce troisième opus. Le duo avait pourtant une idée de comment conclure cette trilogie avec l’arrivée d’Unicron pour dévorer la Terre. Les Autobots et les Decepticons devaient alors s’unir pour lutter contre ce fléau.

Seul auteur rescapé du précédent long-métrage, aucune trace de cette trêve ne sera gardée par Erhen Kruger. Du moins, pas à l’écran, puisque le script original voyait Optimus Prime accepter l’armistice avec Megatron, ce dernier allant sur Cybertron avec les siens. On peut retrouver une trace de cette fin dans la novélisation du film ainsi que son adaptation en bande-dessinée. Mais celles-ci étant sorties avant le blockbuster, en révélant ainsi les rebondissements, Michael Bay a décidé de modifier sa conclusion avec la mort de Megatron.

Pour une fois que ce n’est pas le merchandising qui dévoile des secrets de l’intrigue. En effet, il n’est pas rare de voir des fans deviner les tenants et aboutissants d’une production rien qu’en analysant la gamme de jouets qui l’accompagne. Cela permet de voir en avant-première les nouveaux designs et d’en tirer les conclusions qui s’imposent par rapport au futur récit. De véritables spoilers ambulants. Mais pour une licence basée sur des figurines, se faire doubler par un roman et un comics relève de l’ironie. Quoi qu’il en soit, ce changement de dernière minute montre à quel point Michael Bay est très protecteur avec ses jouets.

Tellement, qu’il refusera de passer la main pour ce troisième opus. Lui qui voulait prendre des vacances loin des Transformers avait déjà envisagé de réaliser No pain, No gain entre le premier et The Fallen, puis entre ce dernier et Dark of the moon. Finalement, ce n’est qu’après avoir terminé ce triptyque qu’il fera cet interlude, avant de revenir pour le quatrième opus. Au-delà de son rôle d’artificier du cinéma, avec un spectacle son et lumière absolument captivant, Michael Bay est donc resté un grand enfant qui peine à se séparer de ses figurines alors qu’il n’a plus l’âge de jouer avec.

C’est ce sentiment qu’il a réussi à retranscrire à l’écran. Celui de devoir fermer son coffre à jouets pour rentrer dans l’âge adulte. Une étape décisive que l’on retrouve dans la scène où Bumblebee doit faire ses adieux à Sam avant qu’il ne soit contraint de quitter la Terre. L’occasion pour Michael Bay de citer Star Trek 2: la colère de Khan, lorsque Spock s’adresse à Kirk, et où l’on peut entendre les mots « mon ami » à travers la radio dont se sert l’Autobots jaune pour communiquer. Un au revoir loin d’être aussi déchirant et poignant que dans Toy Story 3, mais avec la même sincérité émotionnelle.

Plus qu’une continuité de la série animée, qui s’inspirer d’une gamme de figurines, Michael Bay est revenu à cette même source du matériau d’origine. La question de savoir si c’est une bonne adaptation ne se pose donc pas. Autant demander à chaque enfant ce qu’il se passe dans sa tête lorsqu’il a ses jouets entre les mains. De ce fait, comment voir ce film autrement que comme un amusement? Dès lors, il est inutile de le critiquer pour ce qu’il n’est pas, comme se plait à le faire la presse dite sérieuse.

Alors oui, l’histoire est très légère, mais c’est précisément ça qui nous permet de décoller. De nous laisser aller à la suspension d’incrédulité. Il s’agit là d’un très grand divertissement qui permet aux parents de voir, durant plus de deux heures et demie, à travers les yeux de leur progéniture. Et de comprendre ce qu’il se passe lorsque deux figurines s’entrechoquent, suivi d’un bruitage de la bouche: une explosion titanesque.

« TRANSFORMERS 3: LA FACE CACHEE DE LA LUNE » WINS!

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