Cinq, quatre, trois, deux, un… Bonne année! Ce compte à rebours aura été pour beaucoup pareil à une bombe que l’on désamorce in extrémis avant la détonation. Un soupir de soulagement rien qu’à l’idée de pouvoir oublier les 366 derniers jours, année bissextile oblige et rajoutant une journée de plus à notre calvaire. Ce passage annuel symbolique a toujours était synonyme de changement et cette fois-ci plus encore que d’habitude. C’est fou le nombre de personnes qui sont persuadées que le fait de passer d’une année à une autre va résoudre tous nos problèmes. Que l’on va les laisser derrière nous et que le meilleur est à venir.
Jusqu’à preuve du contraire, le virus auquel nous devons faire face n’est pas plus limité par une zone géographique que temporelle. Pour s’en convaincre il n’y a qu’à regarder les autres pays qui ont eu la primeur d’accéder à 2021 avant nous. Aucun d’entre eux n’a montré de signes d’amélioration quant à la situation sanitaire, au contraire. Avec du recul même 2019 avait été une année particulièrement difficile et 2020 n’a fait que poursuivre sur cette lancée, pour preuve l’image que j’avais choisie pour illustrer l’édito du mois de février. Ce mème pourrait d’ailleurs être renouvelé pour s’appliquer à chaque nouvelle année mais cela serait faire preuve de pessimisme et je m’y refuse.
Alors que nous parlons déjà d’un troisième confinement, dont il n’est même plus question de savoir si oui ou non il va avoir lieu mais plutôt quand il aura lieu, j’avoue qu’il est assez difficile de rester optimiste. L’heure était censée être aux illuminations en tout genre et à défaut d’avoir eu droit à un marché de Noël, nous avons eu quelques décorations sur les ronds-points. On tourne en rond une fois le couvre-feu à 20 heures qui empêche tout rassemblement comme cela peut-être le cas habituellement sur les champs Élysée. La plus belle avenue du monde, qui a vu tellement de manifestations et de dégradations de la part des casseurs, n’est pas prête de revoir des personnes trinquer pour se souhaiter de bons voeux une coupe de champagne à la main.
C’est aussi le lieu de rassemblement par excellence lorsqu’il y a une victoire de la part de l’équipe de France de football et j’ose espérer que ce lieu sera aussi le témoin de notre succès face au virus. En attendant, nous vivons dans un monde où ces joueurs, qui sont les premiers à simuler sur le terrain à la moindre faute de jeu, ont besoin du cri des supporters simulés par des haut-parleurs pendant qu’ils jouent. Il aura fallu une pandémie pour se rendre compte qu’ils n’étaient rien sans l’adulation de leur public. Il faut dire aussi que c’est beaucoup moins sensationnel de courir dans tous les sens après avoir marqué un but, ce qui est leur métier et c’est toujours bon de le rappeler, lorsqu’il n’y a personne pour applaudir.
En lieu et place, ce sont les soignants qui ont eu cet honneur de se voir couvrir d’applaudissements à heure fixe. Une tradition qui, de manière inexplicable, ne s’est pas vue reconduite lors du deuxième confinement. De là à dire que l’on a la mémoire courte… Comme tout le monde, c’est quelque chose que j’ai observé mais que j’ai aussi mis en page à travers mes éditos comme celui-ci. C’est d’ailleurs à l’issue du premier confinement que ces textes mensuels ont commencé à avoir la forme qu’ils ont aujourd’hui. Je les ai alimentés de ce que je ressentais face à cette situation sans précédent comme autant de pistes de réflexion dans l’optique de répondre à mes interrogations.
Et c’est en cela que, pour ma part, je ne peux pas totalement détester ces douze derniers mois. J’en retire même pas mal de bonnes choses d’un point de vue personnel et je pense qu’un petit bilan s’impose. J’ai toujours adoré le moment de faire les comptes pour peu que je savais que cela allait m’être favorable. Là c’est le cas et je ressens une certaine fierté lorsque je regarde le chemin parcouru en une seule année. Pour commencer, je vais débuter par l’endroit où je me trouve, sur ce blog en l’occurrence qui aura bénéficié d’une régularité dans ses parutions. Chaque dimanche un article était mis en ligne pour parler d’une oeuvre de fiction. Je ne suis pas forcément satisfait de chacun d’entre eux mais j’ai eu à coeur de les partager avec leurs imperfections.
Les premiers du mois auront également été l’inauguration d’un nouveau rendez-vous avec les éditos. Beaucoup plus personnels et ancrés dans la réalité, ces moments ont été l’occasion de parler plus librement du monde qui m’entoure et de ses dérives. La crise sanitaire aura d’ailleurs grandement participé à libérer ma plume pour quelque chose de plus spontané et direct afin d’être en phase avec l’actualité. L’évolution de ces éditos est vraiment flagrante de par son contenu toujours plus long mais aussi avec l’ajout de vidéos ou de photos personnelles de mon quotidien pour illustrer mes propos.
Toutes ces choses n’auraient pas forcément été possibles sans la routine que j’ai commencé le Lundi 17 février. Deux semaines durant, je me suis alors imposé un quota de 1500 mots minimum par jour avant d’abandonner face à ce rythme qui m’a dépassé. De cet échec, j’en ai tiré une leçon. Je me suis organisé afin d’avoir les ressources nécessaires pour ne jamais manquer de sujets sur lesquels écrire. C’est ainsi que lors du premier confinement j’ai repris cette habitude non sans avoir de l’appréhension à l’approche des deux semaines fatidiques au terme desquelles j’avais déclaré forfait. Une fois ce cap passé, chaque jour supplémentaire était un soulagement jusqu’à ce que j’atteigne mon premier mois d’écriture sans interruption.
L’équivalent dans le milieu littéraire était le NaNoWriMo, un concours consistant à écrire un roman en trente jours à raison 1667 mots quotidiens pour atteindre les 50000 mots. En franchissant cette barre symbolique, j’ai alors su qu’il n’était plus nécessaire que j’y participe et j’ai alors continué jusqu’à atteindre le deuxième mois puis le troisième et enfin les 100 jours. Depuis j’ai multiplié cette mise par deux et aujourd’hui je suis chaque jour un peu plus proche des 300 jours (260 jours pour le dernier palier en date) et bien sûr de l’année entière à pratiquer cette routine. Cet anniversaire aura lieu l’année prochaine et je compte bien tout faire pour y parvenir.
M’astreindre à quelque chose est une notion qui m’est familière pour avoir fait partie de mon rythme de vie durant plus de six années. En effet, mon ancien métier m’imposait des périodes d’astreinte et cela a été d’autant plus simple d’appliquer cette contrainte au nouveau métier que j’ai dans mon viseur: écrivain. Les manuscrits que j’ai mené à bien durant 2020 m’ont rapproché un peu plus de ce rêve puisque j’ai tout de même écrit une trilogie ainsi qu’un autre roman. Tout n’est pas parfait mais cela m’a permis d’avoir plus confiance en ma capacité à terminer des projets, aussi casse-gueule soit-il, en un temps record.
Et des records j’en ai accumulé depuis cette prise de conscience quant à ma détermination à devenir un auteur quoiqu’il m’en coute. En soit chaque journée d’écriture supplémentaire était une journée de gagner sur ma procrastination maladive et dont voici les dernières avancées.
Semaine 49 – du lundi 30/11 au dimanche 06/12: 10579 mots
Semaine 50 – du lundi 07/12 au dimanche 13/12: 10598 mots
Semaine 51 – du lundi 14/12 au dimanche 20/12: 10561 mots
Semaine 52 – du lundi 21/12 au dimanche 27/12: 10552 mots
Pour être aussi assidu j’ai du me résoudre à écrire tous les jours en semaine, le week-end, les jours fériés, pendant les vacances, à mon anniversaire, Noël ou encore à Nouvel An. C’est à ce prix que j’ai pu rédiger mon plus long roman à ce jour, écrire ma première trilogie ou que j’ai pris le pari d’écrire un roman uniquement sur mon téléphone pour m’adapter à certaines situations.
De nombreux articles sont également venus alimenter ce blog et chacun d’entre eux a été écrit les uns à la suite des autres en un mois de temps. Une fois chose faite je n’ai plus eu à m’en soucier pour le reste de l’année et ces derniers temps je me suis retrouvé dans le même cas de figure. En effet pour 2021 je compte garder le même rythme de parution, à savoir un article chaque dimanche, et pour cela j’ai dû renouveler mon stock. Moins contraignant et plus rapide que l’écriture d’un roman, c’est tout de même un exercice difficile à ne pas prendre à la légère. Ce n’est pas le tout de rédiger des analyses d’oeuvres de fiction en avance et de les publier au compte-goutte tout au long de l’année, c’est un peu plus complexe que ça.
Posté à plus ou moins long terme selon leur ordre de parution sur le planning que je me suis fixé, il faut s’assurer d’être toujours aussi cohérent même six mois plus tard. D’avoir des propos qui tiennent la route, d’être précurseur mais en même temps en phase avec l’actualité du moment. Mon style d’écriture évoluant au jour le jour, je dois également prendre en compte cette donnée afin de toujours assumer un texte même un an plus tard. Cela n’a pas toujours été le cas, je me suis souvent retrouvé honteux devant des chroniques rédigées de ma main au point de vouloir les renier. Mais sans ces faux pas, ces maladresses et autres erreurs, je n’aurais jamais pu apprendre autant de choses.
Cette tâche aurait dû m’occuper jusqu’à fin janvier mais à la mi-décembre, date du déconfinement et du retour dans mon nord natal pour passer les fêtes de fin d’année en famille, j’ai basculé sur tout autre chose. En voulant profiter des trois heures de mon voyage en train pour dresser un résumé de mon prochain roman prévu pour début 2021, je me suis finalement retrouvé avec un premier chapitre en poche. Contre toute attente j’ai donc décidé de poursuivre sur ma lancée en bousculant mon programme d’écriture. Parfois il faut savoir s’adapter! Ce projet de fiction intervient donc après l’écriture d’une trilogie qui était une expérience inédite et je dois avouer avoir eu une certaine appréhension à l’idée de remettre le couvert. Même pour un one shot.
En effet c’est toujours délicat de passer de l’un à l’autre, de passer de l’analyse d’une oeuvre pour un blog, en examinant les points forts et les points faibles d’un artiste, à l’écriture d’une fiction où je dois faire ma propre auto-analyse. Ce sont deux styles d’écriture très différents auxquels je fais appel mais j’ai senti que c’était la chose à faire sur le moment. Il y a quelque temps encore je serais resté buter sur mon plan de travail mais grâce à toute cette confiance en moi engrangée, grâce à tous ces projets, j’ai appris à écouter mon instinct et à improviser. Pour l’heure j’ai cumulé un peu moins de 20 000 mots sur ce nouveau texte mais il encore trop tôt pour faire des pronostics sur sa composition totale. Je navigue à vue avec le premier acte comme horizon et c’est déjà pas mal.
J’ai bien conscience que tout cela représente une quantité de sacrifices mais lorsque je vois le résultat en fin d’année, je me dis que ça en valait la peine. Cette implication dans ce domaine qui me tient tellement à coeur me fait réaliser que je pourrais en faire autant dans d’autres domaines de ma vie comme mon alimentation, la méditation, le sport… Cela fera partie de mes résolutions afin d’avoir une meilleure hygiène de vie car, mine de rien, le temps passe et mes excès sont de plus en plus difficiles à rattraper. Prendre un an de plus est d’ailleurs toujours l’occasion d’être rappelé à l’ordre par ma conscience.
Mais qui dit anniversaire dit forcément cadeaux, même confiné. Avec Noël, ce mois de décembre est généralement riche en nouvelles acquisitions pour ma part, je vais donc faire un petit tour de mon butin en commençant par le premier tome de Batman Death Metal. Scott Snyder y donne suite à son run avec des partis pris toujours aussi osés et délirants que le talentueux Greg Cappulo illustre avec conviction. Plus d’une fois j’ai eu l’impression de me retrouver devant un blockbuster signé Michael Bay pour la démesure qui s’en dégage et qui est loin de me déplaire. J’ai vraiment hâte de lire la suite qui devrait sortir fin janvier et attendant j’ai de quoi faire avec l’omnibus de Dark Vador: le seigneur noir des Sith.
Cet imposant pavé regroupe l’intégralité de la seconde série consacrée à ce méchant emblématique de la saga Star Wars, soit 4 tomes écrits par Charles Soules et dessinés par Giuseppe Camuncoli. Il me tarde de me plonger dedans et pour continuer dans les ouvrages, j’ai également mon côté pragmatique lié à ma passion de l’écriture qui a jugé bon de mettre sur ma liste le guide survie dans le milieu de l’édition. Ma carrière d’auteur passera bien évidemment par la case publication et je soupçonne ce livre de m’être fort utile lorsque le moment sera enfin venu. En attendant, j’ai aussi reçu le logiciel Antidote 10 pour corriger mes textes et un nouveau disque dur externe pour les stocker et les sauvegarder en toute sécurité.
Mais comme tout écrivain dont l’univers est influencé par la pop culture, je puise mon inspiration dans ce que je consomme et on peut dire que j’ai été servi dans toutes les catégories. J’ai notamment eu le film Joker que j’avais vu et adoré au cinéma, la huitième et dernière saison de la série Game Of Thrones qui a été tant critiquée et que je vais revoir avec plus de recul. Peut-être même que je me laisserais tenter par un revisionnage de l’intégralité de la série afin d’avoir une vision globale de l’oeuvre, surement à l’occasion du troisième confinement… Le cas échéant j’ai également de quoi faire en termes de jeu vidéo avec la collection du studio Arkane pour des heures et des heures de jeu en perspective. Rien que ça.
La compilation comprend quatre jeux que sont Dishonored, Dishonored 2, Dishonored: la mort de l’Outsider et Prey. J’avais déjà joué au premier qui était absolument génial tandis que tous les autres me restent à découvrir. Et comme pour le trône de fer, je n’exclus pas non plus le fait de refaire ce premier opus en Définitive Edition sur Playstation 4 avant de m’attaquer au reste. Toutes les excuses sont bonnes pour reprendre l’aventure depuis le début. Dans un tout autre registre j’ai eu le dernier album de Julien Doré dont j’adore l’univers et son décalage dans le paysage musical. Intitulé Aimée, j’espère éprouver le même sentiment lorsque je découvrirai les nouvelles chansons qui le composent.
Le Black Friday ayant été décalé au lendemain de mon anniversaire, j’ai aussi pu faire l’acquisition du premier tome de Black Science. Disponible au format numérique via Iznéo, ce téléchargement gratuit me permettra de me débarrasser de mon exemplaire afin de gagner de la place dans ma bibliothèque. Du reste, j’ai eu de quoi me rhabiller, des chocolats en pagaille, beaucoup d’argent et un cadeau plutôt inattendu mais qui m’a fait tout autant plaisir: un livre de photos souvenirs. C’est un vrai bonheur de revoir des clichés de mon enfance en compagnie de ma soeur. Je pense que ça sera de la lecture réconfortante lorsque je serai de retour à Lyon, loin de ma famille. D’ailleurs à ce propos, il y a peu de temps j’avais préconisé de revoir des films de Noël afin de passer la période des fêtes dans un bon état d’esprit en mode cocooning.
En dressant cette liste, je me suis vite rendu compte qu’il s’agissait surtout de films qui avaient bercé mon enfance et que je revoyais en boucle à cette période. La programmation des chaines a donc été l’occasion d’assouvir cette envie, non sans une certaine émotion, emmitouflé dans mon plaid et bercé par le parfum d’un chocolat chaud. Mélangés avec la sélection des films du mois, c’est Jumanji qui a ouvert le bal avec son déluge d’animaux face à un Robin Williams toujours aussi touchant dans ce rôle. L’acteur est un peu moins convaincant dans Hook, suite de Peter Pan par Steven Spielberg et l’univers de ce cinéaste correspond parfaitement à cette période de fêtes.
Les chaines l’ont bien compris en diffusant le culte ET l’extraterrestre, le surprenant Tintin: le secret de la licorne et l’incroyable Ready Player One. Peu de réalisateurs peuvent se targuer d’avoir une filmographie aussi abondante en chefs-d’œuvre, à quelques faux pas près comme ce Bon Gros Géant qui ne m’aura pas convaincu plus que ça. Toujours avec des géants mais cette fois-ci par Bryan Singer, j’ai aussi revu Jack le chasseur de géants qui était tout aussi décevant. Bien que cela soit une période propice à la diffusion de ces contes, apparemment cette thématique semble être un sujet difficile à traiter ou en tout cas à apprécier pour ma part. Il est à noter que ces deux longs-métrages sont des adaptations à laquelle est venue se joindre une troisième en la personne de Blanche-Neige.
Mirror, Mirror en version originale, il s’agit ici du quatrième film de Tarsem Singh qui impose ici son style si singulier. Comme pour Tim Burton, l’univers visuel de ce réalisateur est facilement identifiable et bizarrement cela fonctionne même si j’ai quelques réserves. Je pourrais en dire de même pour Jupiter Ascending des soeurs Wachowski qui se permet tous les excès en termes de designs mais qui est revu à la hausse dans mon estime à chaque fois que je le revois. Par contre j’avoue ne pas comprendre la haine que peut susciter Solo A Star Wars Story qui n’est pas le meilleur film de la saga mais qui offre quand même de bons moments assez épiques. Ghost in the Shell s’impose lui aussi comme une synthèse de l’univers qu’il adapte tout en apportant sa petite contribution.
On reste dans le domaine de la science-fiction avec les débuts de Matt Reeves sur La planète des singes: l’affrontement. À travers le regard hypnotique de César qui ouvre le film, le cinéaste a su offrir un point de vue très intéressant sur cette communauté de singes qui s’apprêtent à dominer le monde. En ce qui les concerne c’est déjà le cas pour les Aliens et les Predators dont j’ai revu les opus les plus mal aimés que sont Aliens Vs Predator: Requiem et Predators. Des petits plaisirs coupables loin d’être aussi catastrophiques que ce que l’on pourrait croire. Je n’en dirais pas autant du Power Rangers de 1995 et du Godzilla de 1998, pur produit de leur époque, mais je dois avouer que revoir ces deux nanars m’a replongé directement en enfance.
L’effet aura également été instantané avec la rediffusion de The Mask et des deux opus de Maman j’ai raté l’avion mettant en vedette Macaulay Culkin. Ces productions n’ont en commun que le genre de la comédie mais ils vont plus loin encore en s’aventurant dans une ambiance de cartoon en live. Les expressions faciales de Jim Carrey et la débauche d’effets spéciaux évoquent immanquablement Tex Avery tandis que Kevin McCallister et les casseurs flotteurs se font les dignes héritiers des pièges à la Bip Bip et le Coyote. Chris Columbus, réalisateur du diptyque Home Alone, aura également mis en scène les deux premiers épisodes de la saga Harry Potter avant de passer la main et c’est ce dernier que j’ai aussi pu revoir: la chambre des secrets.
Avec L’école des sorciers, c’est l’opus que j’apprécie le moins dans l’ensemble mais c’est aussi celui qui aura amorcé un ton plus sombre aux films suivants. Sam Mendès aura également réussi la même prouesse chez l’espion britannique avec coup sur coup Skyfall, un chef d’oeuvre dont je parle dans mon précédent édito, et Spectre qui est beaucoup plus perfectible. Passé un impressionnant plan séquence lors de la fête des morts au Mexique et un générique à l’imagerie tentaculaire, l’histoire a du mal à décoller en voulant relier tous les films depuis Casino Royale. De plus Christoph Waltz a beau être un méchant incroyable dans Inglorious Basterd, j’avoue qu’ici j’ai eu du mal à le prendre au sérieux avec ses charentaises.
Dans le rôle du méchant de service, je dois reconnaitre que Keanu Reeves ne m’a pas non plus convaincu dans The Watcher. Malgré tout l’amour que je porte à l’acteur et le bien-fondé de sa démarche de vouloir casser son image après le succès de Matrix, cette histoire de serial killer reste somme toute assez banale. Hantise se situe sur le même niveau de médiocrité en prenant place dans une maison hantée mais reste tout de même agréable à regarder pour ses décors absolument démesurés. À l’ère du tout numérique et des fonds verts, c’est quelque chose qui ne se refuse pas et la mise en scène de Jan De Bont (révélé au public grâce à Speed, son premier film, dont le succès n’est pas étranger à sa tête d’affiche que je cite quelques lignes plus haut) épouse à la perfection les lignes de cette architecture gothique.
Pour contrebalancer toute cette noirceur apte à faire déprimer en période de fête, j’ai aussi revu certaines de mes comédies favorites. J’en ai peu, ce n’est pas mon genre de prédilection, mais des films comme Crazy, Stupid, Love me font mourir de rire sans pour autant faire usage d’un humour lourd et grossier. C’est subtil, tout en nuances, et Ryan Gosling y est à son aise en serial séducteur. Baptiste Lecaplain quant à lui use d’une toute autre forme de séduction dans Libre et assoupi, sa nonchalance légendaire sied à merveille à son personnage dont le portrait n’est pas des plus flatteurs. Et pourtant ça fonctionne pour toute une génération qui pourra se reconnaitre dans ce jeune adulte qui préfère rêver sa vie plutôt que de la vivre.
Ce n’est pas Ben Stiller qui va lui donner tort puisque j’ai revu (encore) la vie rêvée de Walter Mitty. Je ne vais pas m’étendre une fois de plus sur ce film qui a déjà eu quelques paragraphes dans un précédent édito et qui aura le droit à une analyse parmi la fournée d’articles prévu en 2021. Ça sera l’occasion pour vous dire tout le bien que j’en pense sans empiéter sur tout ce que j’ai pu voir dernièrement. Et si vous connaissez mon amour pour les super-héros, vous savez que je ne peux pas passer un mois sans voir des comic book movies. Le meilleur et le pire de DC, avec respectivement Batman Begins et Justice League, ont ainsi bénéficié d’un nouveau visionnage pour confirmer ce que j’en pensais. Chose bien inutile, j’en conviens.
Même quinze ans plus tard, le film de Christopher Nolan n’a pris aucune ride là où le récent Justice League a déjà pris un sacré coup de vieux sous la direction de Joss Whedon. Sa sensibilité correspond beaucoup plus à Marvel et bien évidemment je me suis laissé tenter par la rediffusion de la trilogie Spider-man de Sam Raimi mais aussi par le Amazing doublé de Marc Webb sur le même personnage. Toutes les conditions étaient réunies pour accueillir sur la toile le nouveau trailer de l’homme araignée version MCU dont les rumeurs font état d’une incursion dans le multivers. Un concept qui n’est pas sans rappelé celui aborder dans l’animé Spider-man into the Spiderverse que j’ai eu le plaisir de revoir il y a quelques semaines et qui est absolument dingue.
Malheureusement aucune image de Tom Holland en compagnie de Tobey Maguire et Andrew Garfield n’aura fuité. Pourtant l’espoir était permis puisque les teasers de Homecoming et Far From Home avaient été mis en ligne à peu près à cette période… On pourra tout de même se consoler avec une avalanche de bandes-annonces lors du Disney: Investor Day. L’occasion pour la firme aux grandes oreilles de promouvoir leurs prochaines productions mais aussi de constater leur monopole sur cette industrie. Entre les prochains Pixar, les multiples déclinaisons de Star Wars en série ainsi qu’un film Rogue Squadron, il y avait de quoi faire pour contenter tout le monde.
Bien évidemment mon attention était entièrement dirigée du côté de Marvel avec de nouvelles images de What If, Le faucon et le soldat de l’hiver, Wanda Vision et surtout Loki qui a créé l’événement. Le dieu de la malice semble complètement à son aise pour exprimer toute sa fourberie. J’espère juste que cette aventure en solo lui sera favorable sachant que c’est un personnage qui ne fonctionne quasiment que sur l’interaction avec d’autres personnes. Notamment le duo qu’il formait avec Thor et qui était pour beaucoup dans sa popularité grandissante. Mais l’humour et la répartie de Tom Hiddleston semblent intacts à travers les images que l’on a pu découvrir.
Cette série s’annonce aussi déjantée que la première saison de Doom Patrol qu’il m’a été donné de découvrir. Ça part dans tous les sens tout en gardant un semblant de cohérence à travers une narration souvent méta. Grandement influencés par l’ambiance des Gardiens de la galaxie, on y suit un groupe d’anti-héros issus de l’univers DC et rapidement on se surprend à se prendre d’affection pour eux. Ils font partie de ces losers magnifiques sur lesquels le sort s’acharne encore et encore mais qui se révèlent extrêmement touchants.
Loin d’être une personne à plaindre, le portrait que dresse Arte dans son documentaire, intitulé Après quoi court Tom Cruise?, donne un regard inédit sur la carrière de cette star mondiale. Le parallèle entre sa vie et sa filmographie est vraiment très intéressant et permet d’en apprendre beaucoup sur ses choix de carrière. Faisant partie intégrante de son parcours, la scientologie est bien évidemment abordée mais c’est surtout sa personnalité complexe qui est mise en avant. Et ses performances en sprint comme le suggère le titre et qui est une question tout à fait légitime au regard de ses performances de cascadeur.
https://www.youtube.com/watch?v=eLkaKM2HQo0
Son récent coup de colère sur le tournage de Mission Impossible 7, à propos du non-respect des gestes barrières et du port du masque par des membres de son équipe, démontre néanmoins un amour certain pour son métier. On aimerait que nos dirigeants fassent preuve de la même dévotion à l’égard de la population pour résoudre cette crise. On dit que la vie inspire l’art et qu’en retour l’art inspire la vie mais parfois les choses se passent à sens unique. Ce virus que l’on ne croyait réservé qu’à la fiction a finalement fait irruption dans notre réalité. Et en l’absence de réouverture des salles de cinéma, le héros chargé de combattre cette épidémie n’a pas pu briser le quatrième mur et est resté de l’autre côté du grand écran.
De mémoire, je crois que c’est la première année où je suis allé si peu au cinéma. Malgré le prix des tickets toujours plus cher, j’ai toujours privilégié ce format pour découvrir un film. C’est une expérience qui me manque même si je comprends la décision de vouloir garder closes les salles obscures. Cette longue pause met un terme à cette nouveauté dont nous sommes assaillis jour après jour. Il faut tout voir pour être à la page, satisfaire sa boulimie filmique au détriment de la qualité et de la créativité. La peur de ne pas voir un film dans les temps avant qu’il ne soit plus à l’affiche, pour être remplacé par un autre qui fera plus d’entrées, ou dans la crainte d’être spoilé par ceux qui l’ont vu: cette urgence a enfin ralenti.
On peut enfin souffler, savourer un long-métrage, revoir des classiques et apprécier ceux que l’on a manqué. Une vie ne suffira jamais pour tout voir et pourtant ce genre de période est l’occasion ou jamais pour rattraper son retard. Cette course à la consommation pour nous gaver de productions souvent insipides verra surement les gouts des spectateurs changer. Vers des histoires plus qualitatives et moins abrutissantes, même si il en faut aussi. Une lourde responsabilité pèse donc sur les créatifs de cette industrie afin d’être à la hauteur des attentes lorsque viendra le temps de la réouverture. Une mission impossible que se chargera de relever Tom Cruise avec le nouvel opus de sa franchise: les comptes à rebours, ça le connait.
Cela revient à ce que je disais sur l’écriture d’articles pour le blog en une seule fois avant de les dispatcher au cours de l’année. Faire un film relève un peu du même procédé puisque lorsque l’on écrit un scénario il faut s’attendre à ce que le produit ne voit le jour que trois ans plus tard, minimum. Et ça c’est si tout se passe bien puisqu’entre la pré-production, le tournage et la post-production, ces phases peuvent déborder sur la date butoir. Ainsi il faut s’assurer d’avoir une histoire qui s’inscrive dans l’air du temps dès la rédaction des premiers mots sur la page blanche, d’être un précurseur sans pour autant prendre trop d’avance au risque de voir le public ne pas être au rendez-vous.
C’est un exercice d’équilibriste auquel beaucoup se sont cassé les dents en sortant des films avec des effets spéciaux déjà datés pour l’époque, des sujets qui ne sont plus d’actualité,… Artiste n’a jamais été autant un métier de visionnaire, voir l’avenir, le prédire, l’inventer pour être sûr qu’il se concrétise tel qu’on l’a imaginé. J’espère que ces créateurs de l’imaginaire sauront tirer profit de ce temps de latence pour hisser le septième art vers un nouvel âge d’or. J’espère assister à une révolution des techniques de narration, des trouvailles visuelles emmenant les spectateurs dans des territoires inexplorés, plutôt qu’une simple évolution du média vers le support du streaming.
Je ne fais pas partie de l’industrie cinématographique, et ce n’est pas faute d’avoir essayé même si j’aurais pu y mettre plus de volonté, mais j’ai à coeur de défendre ce qui me passionne. Je me suis rangé de mes ambitions de devenir réalisateur le jour où j’ai pris conscience que je prenais plus de plaisir à écrire une histoire que la mettre en image. Cette passion pour l’écriture, je la mets à profit dans ces colonnes pour parler de films d’auteur méconnus mais aussi de blockbusters hollywoodiens avec tout autant de ferveur. Plus petit, ces films étaient mon seul lien social, ils étaient en quelque sorte mes meilleurs amis.
J’ai découvert tellement d’émotions dans l’intimité d’une salle de projection, j’ai éprouvé tellement de sentiments allant du rire aux larmes. Ces dernières étant la conséquence autant d’une histoire tragique que d’un film tant attendu et qui s’avère décevant. Plus d’une fois, j’ai séché les cours pour m’isoler à la première séance disponible mais paradoxalement j’ai appris tellement de choses par l’intermédiaire d’un écran géant. Je dois une grande partie de mon éducation à ces histoires, elles m’ont façonné à travers leurs idéaux et j’espère que d’autres pourront bientôt de nouveau en profiter.
Seul ou accompagné, c’était mon refuge à mon enfance, mon adolescence et même en tant que jeune adulte lorsque j’ai déménagé sur Lyon. Mon petit cinéma de quartier a alors été remplacé par un multiplex mais c’était tout de même mon point de repère dans cette grande ville. Une fois les lumières éteintes, il n’y a rien de plus semblable qu’une salle de cinéma à une autre. Cette ambiance familière m’a aidé à passer beaucoup de caps, à susciter ma curiosité, à m’interroger sur des sujets de société ou tout simplement à me rassurer et je sais que bien des personnes attendent avec impatience la prochaine séance. Que ce soit dans la file d’attente ou dans les coulisses.
L’envers du décor de cette année 2020 aura donc été pour le moins compliqué pour bon nombre de personnes et de secteurs. Il est toujours tentant de s’inclure dans le lot pour se dire que l’on n’est pas tout seul et pourtant ce n’est pas ce que je vais faire. Le premier comme le second confinement (oui j’aurais pu dire deuxième mais on va essayer d’être optimiste, ou de rester dans le déni) ont été très instructif et bénéfique. Ce n’est pas dans mes habitudes de m’extasier sur mes prouesses en les étalant sur la place publique mais je dois reconnaitre que je suis fier de ce que j’ai pu accomplir cette année. J’ai ajouté quatre romans supplémentaires à mon palmarès là où mes croyances limitantes me murmuraient qu’il me faudrait quatre ans pour n’en écrire qu’un.
Ainsi je suis beaucoup plus confiant en cet avenir que je désire, en ma capacité à mener, non seulement un projet à bien mais aussi tous les projets que j’ai en tête à terme. Un an auparavant je ne voyais pas l’utilité de commencer une carrière d’écrivain si ce n’était pas pour que l’intégralité de mes écrits ne voit le jour. Aujourd’hui je ne tiens plus le même discours. Il y a encore beaucoup de travail à fournir mais j’ai foi en mes facultés d’adaptation pour terminer ce que j’ai commencé dans des délais assez courts. Qui sait quelles seront mes nouvelles certitudes à l’issue de 2021? J’ai hâte de le découvrir.
Alors que cette introspection touche à sa fin, vient le moment de poser quelques résolutions pour les douze prochains mois. Pour commencer, continuer cette routine d’écriture dont je n’arrête pas de vanter les mérites me semble être du bon sens. Elle m’a apporté la discipline qui me manquait et je compte bien utiliser la même technique pour l’appliquer à d’autres aspects de ma vie que j’ai l’intention de changer. Cela ne se fera pas avant la mi-janvier, date de mon retour à Lyon si un troisième confinement ne me bloque pas d’ici là (ce qui ne serait pas forcément pour me déplaire). Cette superstition va jusque dans les voeux à souhaiter à ses proches alors par les temps qui courent je me contenterais surtout de « Bonne santé ». J’insiste.















