Il y a de cela un an jour pour jour, précisément le premier mars, j’étais dans un état de déception intense. Ce sentiment amer mêlé de colère était entièrement dirigé à mon encontre. Je venais de faire face à la désillusion de ne pas avoir réussi à honorer une promesse que je m’étais fait deux semaines plus tôt: tenir une routine d’écriture. En tout et pour tout, cela aura donc duré quatorze jours et le dimanche premier mars 2020 fut la dernière session où je réussis à tenir le quota que je m’étais fixé. En mon for intérieur, je savais que le lendemain j’allais me réveiller sans la moindre idée de ce sur quoi j’allais pouvoir écrire. Et c’est ce qui arriva.
Ceux qui me côtoient au quotidien savent que je suis quelqu’un de très organisé et pourtant c’est bien ce qui m’avait fait défaut lors de cette nouvelle habitude que j’essayais d’instaurer. Malgré la quantité d’idées d’histoire dormant dans mes carnets, je n’avais pas été foutu de planifier un minimum mes séances afin de savoir dans quoi je me lançais. Bien sûr, le développement personnel m’avait permis d’apporter des précisions à mon but en me fixant des objectifs SMART, pour Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réaliste et Temporel. Et pourtant, je n’avais pas pris en compte qu’écrire un minimum de 1500 mots par jour allait me faire avancer plus vite que je ne l’imaginais. Plus vite que je ne le voulais bien en réalité.
Je me suis vite retrouvé dépassé par ma capacité de production et rapidement j’ai eu du mal à alimenter cette cadence infernale. J’étais comme pris de court par cette routine à l’appétit dévorant et qui était en train de me ronger de l’intérieur une fois la première semaine passée. L’euphorie de cette dernière, durant laquelle j’ai pu réaliser les bienfaits de cette habitude, a laissé place à la peur d’être à court de contenu. Jusqu’à ce que cette crainte se matérialise et me mette devant le fait accompli: j’étais à court de carburant. Pourtant, comme je le disais, ce n’était pas les idées qui me manquaient. Par contre, le moyen de les mettre en application m’avait pris au dépourvu.
Je tenais à cette routine, car même si j’écris maintenant depuis une quinzaine d’années de manière régulière, je ne sais que trop à quel point c’est un acte difficile. Plus que ça, le fait de commencer a quelque chose d’insurmontable qui m’a conduit plus d’une fois à procrastiner. Quelque part, je savais où je mettais les pieds puisque lorsque j’ai pris la décision de me lancer dans une écriture quotidienne, je venais de terminer mon premier roman. Après neuf nouvelles écrites sur une période de moins de trois ans, je venais enfin d’accéder au saint Graal. Et j’y ai pris gout. En cela, je connaissais le processus qui implique de passer par différentes phases avant de voir le jour: idée de départ, recherches, écriture et correction.
Je suis passé par chacune de ces étapes, m’étalant sur certaines pour repousser le moment fatidique où il allait falloir confronter mes idées et mes recherches pour construire un monde tangible et cohérent. Car oui, bien qu’au centre du métier d’auteur, la rédaction reste le moment le plus difficile dans un projet. À chaque fois que je débutais une nouvelle histoire, je devais me faire violence afin de commencer à poser les mots sur une page. Conscient de cette difficulté, j’avais donc décidé de m’imposer une discipline. C’est de là qu’est né le fait d’écrire un quota minimum de mots par jour. Car après tout c’est ce que font les auteurs professionnels. Et je voulais en devenir un.
Il n’y avait donc pas d’autres moyens pour que l’on me prenne au sérieux, mais surtout dans un premier temps pour que je me prenne au sérieux. Et la seule chose que je me suis prise, c’est un mur de déception. Je me suis retrouvé devant mon incompétence à être régulier dans cet exercice. J’ai envisagé cette course comme s’il s’agissait d’un sprint alors que je venais de m’engager dans un marathon. Ainsi le premier mars 2020, je venais d’épuiser toutes les ressources à ma disposition. Par cela je veux parler des projets que j’avais sélectionnés pour m’accompagner dans ce que j’imaginais être les premiers mois de cette routine et qui aura finalement duré deux semaines.
Sans doute par un manque de confiance en moi, j’étais convaincu que j’aurais le temps de réfléchir à la suite des événements en parallèle de cette routine. Que je pourrais faire avancer les recherches de mes autres histoires pour que le moment venu, elles puissent être passées par le prisme de cette routine. J’ai sous estimé le fait qu’écrire un minimum de 1500 mots par jour représentait une somme folle en termes d’avancée lorsque l’on s’y tenait. Mais c’est une chose que je n’ai réalisée que trop tard, ou très tôt dans cette routine, pour pouvoir être suffisamment réactif. C’est ainsi que j’ai dû me résoudre à abandonner.
Maintenant que j’ai littéralement une année de recul sur cet événement, et tout ce qui en a découlé jusqu’à aujourd’hui, je me rends compte que j’avais besoin d’échouer. J’avais besoin de subir un échec pour me confronter à la dure réalité du métier d’écrivain. Ce n’est pas pour rien que c’est un métier, n’en déplaise à certains, il implique une rigueur dont je me croyais capable jusqu’à ce que je déchante. Cela demande d’être totalement dévoué à son art pour s’y consacrer de manière professionnelle. J’étais persuadé d’avoir en moi les qualités requises pour produire autant de mots par jour. J’étais convaincu d’avoir le talent nécessaire jusqu’à ce que je me rende compte des efforts que j’étais en train de me demander. Mais surtout: j’étais pressé d’en découdre.
C’est l’élément déclencheur qui m’a fait prendre ce chemin, ou plutôt ce raccourci. J’avais tellement de projets en tête, au point d’avoir peur de ne pas réussir à les réaliser avant ma mort, que je me devais de foncer tête baissée sans la moindre idée de où j’allais. J’avais un but, mais pas de carte pour m’y rendre. J’avais un véhicule par l’intermédiaire de cette routine, mais pas de carburant pour l’alimenter suffisamment longtemps afin d’arriver à destination. Toutes ces choses ont fait que j’ai échoué. Et en cet instant, le Arnaud de ce premier mars 2020 est en panne au beau milieu de nulle part. Il marche sur le bord de la route, le pouce levé en attendant que quelqu’un daigne s’arrêter.
Personne ne le fera, car inconsciemment, il sait que la seule personne qui puisse l’aider, c’est lui-même. Il lui faudra du temps pour le comprendre et en attendant, Arnaud est déçu de ne pas avoir été à la hauteur de ses espérances. Mais ce qu’il ignore c’est que quelques semaines plus tard, lors du premier confinement, il va apprendre de ses erreurs. J’ai bien conscience que parler de soi à la troisième personne à quelque chose de narcissique, mais au contraire, je ressens cela comme un détachement. Tout en étant conscient que sans lui, je ne serais pas là où je suis aujourd’hui. Alors oui, j’en parle comme s’il s’agissait de quelqu’un d’autre tout simplement parce que je ne suis plus le même qu’il y a un an grâce à cet échec.
J’ai arrêté d’attendre l’inspiration divine qui allait me permettre d’enchainer les mots dans un ordre parfait. J’ai appris que dans ce marathon créatif, l’imagination était un muscle à entretenir tous les jours. Tous. Les. Jours. Pour cela, je devais abandonner ma façon de travailler de manière périodique, car elle impliquait la peur de travailler sur un nouveau projet. Une crainte mêlée d’excitation et heureusement pour moi cette dernière l’a toujours emporté afin de me permettre de finaliser mes écrits du moment. Mais cela n’empêche que cette appréhension était quelque chose dont je désirais ardemment me débarrasser.
C’est difficile de commencer, tellement difficile que je ne voulais plus avoir à le faire. Ou plutôt si, je voulais le faire une bonne fois pour toutes pour ne plus jamais avoir à m’arrêter. Et c’est ce que je fais depuis maintenant plusieurs centaines de jours. Encore ce mois-ci, j’ai passé le palier des 300, 310 et 320 jours d’écriture quotidienne sans la moindre interruption. Cette nouvelle centaine a été un véritable soulagement dans le sens où elle me rapproche d’une année entière d’assiduité. Et afin d’assurer au maximum mes chances de réussite, j’ai mis en place une nouvelle organisation qui me permet d’être un peu plus serein les jours où écrire n’est pas ma priorité.
Pour autant écrire est ma priorité. Mais j’ai beau avoir les ambitions d’un auteur professionnel, je n’en suis pas un pour autant et j’ai d’autres obligations qui se rappellent à moi de manière ponctuelle. Il m’a donc fallu m’adapter, tester, expérimenter, mettre à l’épreuve pour finalement trouver une solution qui me convienne. De manière plus symbolique, ce 300ème jour d’écriture a marqué la fin du premier acte de l’histoire sur laquelle je travaille, avec plus de 60 000 mots au compteur, et le retour à la rédaction d’articles pour le blog. En parallèle de ces derniers, je m’occupe de planifier l’acte 2 afin que l’écriture soit plus limpide lorsque le moment sera venu.
En attendant, je travaille donc sur les articles de cette année 2021 et j’en suis déjà à la moitié de l’objectif que je m’étais fixé. Ainsi les analyses d’oeuvres sont plus longues, mais aussi plus fouillées par rapport à celles de l’année dernière. J’avais notamment eu des réticences à publier certains textes, mais là je suis plutôt satisfait du résultat pour le moment. En tout cas, c’est à vous qu’il appartiendra d’en juger. Pour ma part, j’ai senti une amélioration lorsque mon style est passé de la fiction sur laquelle je planche actuellement à l’analyse de fictions. C’est subtil, mais ma manière d’aborder les choses est très différente de l’une à l’autre.
Le fait de passer d’un projet à un autre, quelle que soit sa nature, a toujours eu un effet révélateur sur ma plume, mais là, j’ai constaté un progrès significatif. Désormais, je fais donc en sorte de garder cette fraicheur en alternant le plus possible mes textes tout en veillant à terminer ce que j’ai commencé. Car il n’y a pas de meilleure satisfaction que l’aboutissement d’un récit, quel qu’il soit. C’est comme une drogue à laquelle je suis dépendant et je fais mon possible pour ne pas frôler l’overdose. Ces points finaux sont comme des moments de plénitude que seule l’accumulation produite par un effet cumulé peut produire.
Le poids de cette routine vient contrebalancer celui de ma procrastination sur ma balance morale et dont voici les dernières avancée de ce mois-ci:
Semaine 05 – du lundi 01/02 au dimanche 07/02: 10 630 mots
Semaine 06 – du lundi 08/02 au dimanche 14/02: 10 540 mots
Semaine 07 – du lundi 15/02 au dimanche 21/02: 10 538 mots
Semaine 08 – du lundi 22/02 au dimanche 28/02: 10 543 mots
Cette constance, je la dois à mon échec. Avec de la distance sur cet événement, j’ai appris à voir ce faux départ comme un prologue à une aventure dont je ne vois pas de fin. Si ce n’est celle que nous connaitrons tous un jour.
En attendant, je me laisse aller à la nostalgie le temps de cet édito. Qu’il est loin le temps où l’anxiété s’emparait de moi à chaque fois que je prenais mon stylo ou que j’ouvrais mon traitement de texte. Et pourtant je m’en souviens dans les moindres détails comme si c’était hier. Entre temps, nombre de choses se sont passés dans le monde et l’application de ce concept visant à se remémorer les événements avec un an de recul, je la dois à l’émission Quotidien. Cela fait quelque temps maintenant que je me tourne vers ce programme afin d’avoir une actualité plus fiable et depuis le début de l’année on peut dire qu’il n’a jamais aussi bien porté son nom.
En effet, le présentateur Yann Barthès s’évertue à reprendre l’actualité d’y il y a un an, jour pour jour et ce jour après jour, afin de la confronter à notre situation actuelle. C’est très révélateur et l’on peut constater les répercussions qu’ont pu avoir sur notre présent les décisions qui n’ont pas été prises à temps dans le passé. Au centre de cette chronique, qui parodie Retour vers le futur, c’est bien évidemment le traitement de la crise du Covid en France qui a été gérée par-dessus la jambe depuis ses prémisses. Les conséquences de ces inactions sont visibles et tout le monde en fait les frais, et dernièrement ce sont les étudiants qui se sont fait entendre.
Même un sketch comme celui de Broute n’arrive même pas à parodier cette période que sont en train de vivre des milliers de jeunes plongées en pleine précarité. On pourrait tout aussi bien être devant une vidéo de Brut que cela n’y changerait pas grand-chose sur le fond comme sur la forme. Par contre, j’ai bien cru à une blague lorsque j’ai appris que Macron avait lancé un défi aux Youtubeurs McFly et Carlito. Puis j’ai compris que ça n’en était pas une. C’est donc la dernière idée en date des conseillers en communication du président pour faire remonter sa cote de popularité auprès des jeunes.
Cette absurdité frise le désespoir plus que le ridicule. Absent de TMC toute la semaine dernière pour cause de vacances scolaires, Quotidien revient aujourd’hui à l’antenne et je suis curieux d’avoir leur point de vue sur le sujet. Ces équipes de journalistes ont l’art d’aller poser les bonnes questions aux bonnes personnes tout comme le présentateur arrive à mettre ses invités en valeur, même lorsqu’au premier abord je ne ressens pas d’affinité particulière avec eux. Et puis il y a ceux qui sont attendus de pied ferme. Je pense notamment à Cécile Duflot qui était venue suite au jugement de l’état dans ce qui est appelé l’affaire du siècle. Comme quoi personne n’est au-dessus des lois, même ceux qui les rédigent et les votes.
Mais Yann Barthès laisse aussi de la place à ceux qui ont fait le succès de son émission même s’ils n’en font plus partis. C’est le cas de Martin Weill qui a été membre de cet effectif et a fait un passage sur le plateau à l’occasion de la diffusion d’un reportage intitulé Tous complotistes. Il m’a été donné de le voir en replay et le moins que l’on puisse dire c’est que cela amène un débat passionnant. Durant une heure et demie, nous suivons le reporter aux allures de Tintin dans ses rencontres avec différents profils de personnes ayant pour point commun de croire à une théorie du complot. Leurs propos sont souvent improbables et à plusieurs reprises je me suis demandé comment faisait Martin Weill pour ne pas rigoler devant eux.
À mon avis, le port du masque doit grandement aider dans ces cas-là et c’est d’ailleurs la principale source de complotisme chez les Français qui ont été interrogés. Ils y voient là une manoeuvre de la part du gouvernement pour manipuler la population. Il est vrai que ces hautes instances sont tellement inconstantes et contradictoires qu’il est assez facile d’y voir des complots partout. Hélas, il ne s’agit juste que de l’impuissance d’hommes et de femmes face à une situation incontrôlable. Un épisode comme celui de McFly et Carlito montre bien le niveau de ceux qui nous gouvernent. Nos dirigeants sont bien trop incompétents pour gérer une crise, alors fomenter un complot me semble hors de leur portée.
Parmi le panel de personnes interrogées pour évoquer leurs convictions profondes, on peut y voir que cette particularité a pris une place non négligeable dans leur vie. Est-ce au prix de leurs occupations ou alors ce vide a été comblé par les théories complotistes? Toujours est-il qu’il y a quelque chose qui relève du fantasme à vivre dans un film lorsque notre existence n’est plus aussi satisfaisante. Un thriller paranoïaque grandeur nature dans lequel on se laisse embrigader face à une réalité qui n’est plus aussi séduisante qu’auparavant. La fiction nous a tellement appris à nous méfier du gouvernement que l’on ne peut que ressentir le grand frisson lorsque l’on décide de suivre un mouvement qui va se dresser contre le pouvoir en place.
Cette certitude de détenir la vérité absolue, grâce à la participation de personnes faisant autorité dans leur domaine, est un sentiment grisant. On trépigne à l’idée de savoir des choses que les autres ignorent ou sont trop aveuglés par de beaux discours pour se rendre compte de la supercherie. La frontière entre le réel et l’imaginaire est de plus en plus floue, car nous avons été conditionnés, depuis des dizaines et des dizaines d’années, à croire que tout ce qui relevait du domaine de la fiction était impossible dans notre monde. Mais les artistes doivent bien puiser leur inspiration quelque part pour nous divertir, et généralement c’est dans notre société…
Alors il y a ceux qui sont convaincus d’être dans un film, persuadés de faire l’objet d’un complot, et ceux qui se sont battus pour que le complot autour d’un film éclate. Ces derniers sont beaucoup plus sympathiques et il s’agit ni plus ni moins que des défenseurs de la Snyder Cut. Il y a de cela trois ans, personne ne croyait en ce montage hormis une poignée de fidèles du réalisateur Zack Snyder qui se sont confrontés au studio Warner. Les dirigeants de ce dernier n’ont cessé de mentir comme quoi le film n’existait pas jusqu’à ce qu’ils cèdent il y a quelques mois. Et après une première bande-annonce sur fond de Hallelujah, c’est un nouveau trailer qui nous est parvenu.
Darkseid, le retour de Superman en costume noir, une présence de Cyborg plus importante, l’armure redesigné de Steppenwolf, le tank de Batman tout droit sorti du comics The Dark Knight Returns de Frank Miller, un Joker au look bien différent… Le film s’annonce dense et pour cause, la durée annoncée est de 4 heures! Pour autant, le format de l’image semble se confirmer ce qui me dérange un peu, mais pas au point de m’empêcher de profiter du film lorsque le moment sera venu. Et pour la France, cela viendra un mois plus tard d’après ce qui a été annoncé sans que l’on ne sache sur quelle plate-forme cela sera disponible. En ce qui me concerne, je croise les doigts pour une sortie physique en bluray.
Mais peu importe le support, j’espère avant tout que le film sera bon. Après une telle arlésienne, c’est le minimum et Zack Snyder semble l’avoir compris à travers une réplique d’Alfred que l’on peut entendre dans cette bande-annonce. Le fidèle conseiller de Bruce met alors en garde ce dernier quant au fait de s’attaquer à plus fort que lui à travers l’exemple de la corrida. En somme, s’il n’est pas capable de faire tomber le taureau qui charge, alors il ne faut pas brandir la cape rouge sur lui. Les images de Steppenwolf en train de sprinter tête baissée et la cape écarlate de l’homme d’acier se superposent à merveille sur ces mots, tout comme sur les coulisses de cette nouvelle version. Ou ancienne, selon la manière dont on voit les choses.
En effet, Zack Snyder s’est souvent retrouvé confronté à ses détracteurs en dévoilant des images de son film jusqu’à ce que l’annonce de son existence soit officielle. Et pour paraphraser Alfred, le réalisateur a dû s’assurer d’avoir un film à la hauteur des attentes des fans pour leur agiter autant d’images aussi prometteuses devant les yeux. Snyder doit avoir grandement confiance en son travail pour aller jusqu’au bout du processus après avoir été viré de son propre film, dans tous les cas le verdict tombera bientôt. Conquis depuis Man of steel et Batman v Superman, je suis déjà séduit par ce que j’ai pu voir.
Snyder est un amoureux des super-héros de chez DC comics, l’utilisation du titre de Léonard Cohen dans le premier trailer en est une preuve, et la date choisie pour révéler ces dernières images avant la sortie est tout aussi symbolique: la saint Valentin. C’est un cadeau pour ceux qui l’ont soutenu jusque là et le fan en moi a été plus que servi lors de cette fête. En effet, j’ai reçu de la part de ma chère et tendre les deux premiers tomes de Batman Détective. Il s’agissait d’une offre d’Urban Comics qui s’étendait sur plusieurs séries de bande dessinée ayant pour héros le Dark Knight. Pour l’occasion, l’argument commercial était plutôt imparable: deux tomes pour le prix d’un.
Idéal pour découvrir à moindre cout des histoires excellentes, j’ai donc pu me plonger dans cette série sur laquelle je lorgnais depuis un moment. Et je n’ai pas été déçu. Scénarisé par Peter Tomasi, dont j’avais adoré le run sur Batman & Robin, l’artiste nous immerge dans un récit faisant intervenir les éléments de la mythologie de l’homme chauve-souris pour mieux les retourner contre lui. C’est bien amené, surprenant et cela montre à quel point Bruce Wayne peut être jusqu’au-boutiste dans sa démarche de combattre le crime. Quitte à se mettre à l’épreuve afin de s’assurer à la hauteur de sa quête. En somme, un Batman comme je l’aime, sombre et intelligent.
Le deuxième tome est quant à lui l’occasion de voir arriver pour la première fois l’Arkham Knight dans les comics. Création du jeu vidéo éponyme, on y découvre une origin story différente, mais pas inintéressante pour autant. L’intrigue est bien construite est la révélation de son identité est plutôt cohérente dans le cadre de cette histoire. Pour ce qui est des illustrations c’est tout aussi réussi, Doug Mahnke sur le premier tome tandis que Brad Walker et Kyle Hotz prennent le relais sur la suite. Pas de continuité graphique entre les deux ouvrages donc, mais cela n’a rien de dérangeant puisque les histoires contées sont suffisamment différentes en termes d’ambiance.
Loin d’avoir eu ma dose, car toujours dans l’univers du chevalier noir, j’ai également découvert Batman à la vie à la mort. L’auteur Tom King y est dans la continuité de son run riche d’une dizaine de tomes, que je n’ai pas lu. Ce qui aurait pu être handicapant se lit finalement assez bien avec un minimum de contexte. Surtout que l’ouvrage se découpe en deux parties avec une deuxième très dispensable, voir hors sujet: un crossover avec un personnage de cartoon. Pour la première c’est la relation entre Bruce Wayne et Selina Kyle qui est mise en avant à travers des flashbacks et des flashforwards. Les deux époques se répondent bien et cela m’a donné envie de m’intéresser au travail du scénariste sur ce personnage.
La némésis du chevalier noir a également fait partie de mes lectures du mois avec Joker: l’homme qui rit. Tout comme le précédent ouvrage, celui-ci est aussi scindé en deux avec une seconde tout aussi inutile car se concentrant sur les flics de Gotham. Quant à la première, elle est accès sur la première rencontre entre Batman et le clown prince du crime et pourrait tout à fait faire suite au Year One de Frank Miller. Nightwing était également sur ma pile de livres à lire avec une histoire qui prend place en parallèle de la Cour des hiboux de Scott Snyder. Les dessins sont dynamiques, mais je pense qu’il y avait mieux à faire avec ce récit autour d’un cirque itinérant.
Il y avait là tout un concept à exploiter puisqu’en faisant de Dick Grayson l’héritier du cirque dans lequel il a exercé étant en enfant, l’histoire pouvait s’émanciper de Gotham pour visiter d’autres villes lors d’une tournée à travers le pays. Hélas, ce n’est pas le cas et cela semble se limiter à cet arc narratif en 7 épisodes. On verra bien ce qu’il en sera du deuxième tome qui semble plus accès sur les Hiboux. Malgré leur présence annoncée, je ne suis pas très impatient de lire la suite et si cela se fait ça sera quitte ou double pour cette série. Par contre, je ne pourrais pas en dire autant avec le one shot intitulé La valise, même si j’aurais aimé en poursuivre l’aventure au-delà.
Celle-ci prend place dans un monde semblable au nôtre et pourtant différent en bien des points. La magie semble y avoir une place importante, tout comme le fascisme. Au milieu de tout ça, une sorcière joue double en jeu en faisant passer la frontière à des personnes grâce à une simple valise. Cet accessoire de transport dispose d’un double fond aussi profond que l’âme des personnes qu’elle transporte avec. Plus précisément, c’est des années de vie qui servent de monnaie d’échange lors de cette transaction. Toute cette histoire est magnifiée par les dessins de Gabriel Amalric qui n’est pas sans rappeler l’ambiance du comics Locke and Key.
Comme quoi et contrairement aux apparences, je ne lis pas que du Batman! Et je ne regarde pas non plus que ça… Enfin pas que ce super-héros. Je ferais donc l’impasse sur mon revisionnage de la trilogie Dark Knight de Christopher Nolan pour me concentrer sur Superman Red Son. Unique film d’animation du mois et adaptation du comics éponyme, j’ai largement préféré ce dernier dont la fin n’a ici pas été conservée. Dommage, c’était ce qui faisait toute la substance de l’oeuvre d’origine. Par contre, je n’avais pas lu le comics Bloodshot, mais cela ne m’a pas empêché d’apprécier le long-métrage avec Vin Diesel dans le rôle-titre.
Bien bourrin et décérébré, l’histoire prend une tout autre tournure après un premier tiers très convenu. Ainsi tous les clichés que l’on a pu voir jusque là, inhérents au film d’action bas de gamme, trouvent une justification dans sa deuxième partie. Guy Pearce participe même à ce projet qui n’est pas sans rappeler Mémento qui l’a révélé au public. Victime de la pandémie, ce film sera directement sorti en vidéo à la demande sur Amazon Prime, mais a tout de même pu bénéficier d’une sortie physique à mon plus grand plaisir. Mais l’attente de la réouverture des salles obscures commence à se faire de plus en plus longue et une sélection de films m’a rappelé à son bon souvenir.
Tous vus en 2019, avant que 2020 ne décide de fermer les cinémas pour une durée indéterminée, ce fut une année assez éclectique. Mais revoir X-men Dark Phoenix avec autant de recul ne rend pas le film meilleur. C’est sans envergure, anti-spectaculaire, les antagonistes sont insipides et seules quelques scènes sortent du lot. Tout comme le film des mutants, Star wars épisode 9 avait lui aussi la responsabilité de clore une saga longue de plusieurs trilogies et s’en est plutôt bien sorti. Bon le film est clairement bloqué sur la vitesse lumière, on va d’un bout à l’autre de la galaxie à coup de coïncidences, mais le cheminement des personnages atteint une sorte d’aboutissement.
Je me suis estimé satisfait par cette conclusion qui à elle seule aurait pu tenir sur deux films, mais surtout par les origines de Rey. Le mystère qui tournait autour de ses parents est enfin révélé et pour le coup je ne m’y attendais pas. JJ Abrams et Chris Terrio ont relevé le défi malgré tous les obstacles en interne chez Disney. Un véritable parcours du combattant également pour Sam Mendes avec son 1917 dont j’ai pu découvrir les bonus. Ces derniers font la part belle à l’élaboration de ce plan séquence et par extension à la mise en scène de génie de ce réalisateur. 1917 confirme sa place dans mon top 3 des films de guerre avec Dunkerque et Il faut sauver le soldat Ryan.
Puis je suis passé de l’horreur de la guerre à l’horreur tout court avec le second chapitre de Ça. Encore plus réussie que sa première partie, celle-ci démontre vraiment le talent pour la réalisation de Andy Muschietti ainsi que l’intérêt pour ses personnages. Ceux-ci sont extrêmement développés durant les presque 3 heures que compte cette conclusion. On atteint ainsi un pinacle émotionnel dans les dernières scènes qui fait plaisir à voir dans ce genre de production dont c’est loin d’être la priorité. Les versions adultes du club des ratés sont interprétées avec justesse par ce nouveau casting et les autres personnages qui gravitent autour sont tout aussi bons.
Je pense notamment à Xavier Dolan qui ouvre les hostilités avec une séquence tragique. Le film dont il est le réalisateur, et que pour le coup j’avais raté au cinéma, l’est tout autant: Ma vie avec John F. Donovan. Même si c’est le premier film que je vois de ce cinéaste, il est suffisamment célèbre pour que ses thématiques en tant qu’auteur soient connu de quiconque s’intéresse un tant soit peu au cinéma. On retrouve donc des personnages gays dans un cadre hollywoodien. Et malgré le fait que ce soit son film le plus commercial grâce aux têtes d’affiche que sont Kit Haringthon et Natalie Portman, il s’agit là d’une oeuvre très personnelle.
Le hasard du programme télé m’a également permis de revoir un film cher à mon enfance: Madame Doubtfire. J’ai tellement été surpris par le nombre de blagues à caractère sexuel, tout en restant dans la limite d’une production des années 90, que je me suis demandé ce qui pouvait bien me faire rire à l’époque où je n’étais pas en âge de comprendre ce genre de chose. La performance de Robin Williams et les situations rocambolesques que ce concept implique on dû y être pour beaucoup dans mon appréciation et ce fut un véritable plaisir de revoir ce film culte.
Je passe rapidement sur les deux plaisirs coupables que sont La tour sombre et Légion: l’armée des anges, même s’ils sont tous deux sous-estimés, pour passer à mon coup de coeur du mois: The Green Book. Je me méfie toujours des films à Oscars, c’est quelque chose de très discriminatoire j’en conviens, mais pour le coup ça correspond parfaitement à la thématique de cette histoire vraie. Je suis allé de surprise en surprise, du rire aux larmes, grâce à l’interprétation des acteurs et leurs dialogues, et ce jusqu’au générique. C’est là que j’ai pu voir qui était derrière cette mise en scène raffinée et sobre et qui n’est autre que Peter Farrely.
Persuadé qu’il s’agissait d’un homonyme, je ne pouvais me résoudre à admettre que cela soit la même personne derrière les comédies bien grasses que sont Dumb et Dumber, Mary à tout prix, l’amour extra large,… En tout cas, depuis qu’il s’est émancipé de son frère avec qui il a fait 99% de sa filmographie, on sait maintenant lequel des deux à l’humour le plus fin. En tout cas, le film mérite amplement ses Oscars même si le sujet en faisait un candidat idéal compte tenu des standards de l’académie. En effet, cette académie fait preuve d’autant de racisme à l’égard des films tout public, de simples divertissements à leurs yeux, que les personnes de couleurs.
Mais une personne comme Peter Farrely a pu montrer que les deux n’étaient pas incompatibles et que l’on pouvait faire un film d’auteur même après avoir fait sa carrière dans l’entertainement. Cette forme d’exigence vis-à-vis du milieu du cinéma s’apparente à une forme de racisme où les autres productions sont exclues d’office de la compétition à cause de préjugés sur leur contenu. Typiquement, les catégories qui relèvent de l’imaginaire ne sont que très peu représentées dans ce milieu élitiste, mis à part lorsque le prix vise à récompenser les maquillages ou les trucages.
Pourtant les productions de genre sont les plus compétentes pour aborder un thème sous couvert de métaphore. Le plus souvent, cela fonctionne même mieux que de relater un fait historique. Même si The Green Book s’en sort de manière excellente, d’autres oeuvres n’ont rien à lui envier tout comme cette sixième saison de American Horror Story. Dans un tout autre registre, certes, elle aussi aborde le sujet du racisme en Amérique même si cela se fait par le prisme de l’horreur. Encore que cette discrimination reste de l’horreur pure et dure. Mais contrairement aux Oscars, cette série n’est pas snobée par ses pairs et a eu le droit à un nombre impressionnant de récompenses.
Et alors que j’étais persuadé qu’avec Hotel, les créateurs avaient livré leur meilleur travail, le show s’est renouvelé une fois de plus. Bien conscient de ne pouvoir se surpasser eux-mêmes, ils ont décidé non pas de faire mieux, mais plutôt de faire différemment. Après avoir expérimenté les différentes temporalités, c’est sur le format qu’ils ont décidé de s’attaquer. On se retrouve donc plonger dans une parodie d’émission américaine comme il en pullule sur les chaines et qui fait du reportage à sensation. Les gimmicks chers à ce type de programme sont tous présents avec les interviews de ceux qui ont été victimes d’un drame et la reconstitution des faits par des « acteurs ».
Une mise en abime qui donne une nouvelle perspective sur les précédentes saisons et permet de les voir elles aussi par le prisme de ce show télévisé. Non seulement c’est très ingénieux, mais en plus cela permet de caser une bonne partie du casting de la série qui n’a cessé de s’enrichir au cours des saisons. Le revers de la médaille c’est la peur que l’on est censé ressentir pour la survie des personnages puisqu’ils sont en train de raconter, face caméra, l’histoire dont ils ont été victime. Du moins jusqu’à mi-parcours puisqu’à partir de l’épisode 6, la série prend une tout autre tournure.
À mi-chemin entre Dead Set, La cabane dans les bois et le jeu vidéo The Devil Inside, AHS Ranoke aborde le genre du found footage dans l’ensemble des possibilités qu’il a à proposer. Caméras cachées, frontales, de sécurité, enregistrement de la police… Excepter le fish eye, qui est pourtant la marque de fabrique de la série, tout y passe pour délivrer la seconde partie de cette histoire. C’est immersif à souhait jusque dans l’abandon du générique qui laisse place à de petits interludes, il ne manque plus que de fausses publicités pour s’y croire totalement. Et heureusement que les créateurs n’ont pas décidé d’être aussi sournois tant les épisodes sont haletants, et plus encore en diminuant leur nombre à 10 au lieu des 13 habituels.
Toujours dans l’horreur et tout aussi excellent, j’ai revu la première saison d’Hannibal. La première fois que je l’avais découverte, je ne savais pas vraiment dans quoi je mettais les pieds et je ne me suis rendu compte de sa qualité que trop tard. La revoir m’a permis d’en apprécier chaque épisode à sa juste valeur en les savourant comme Hannibal le fait avec ses repas gastronomiques. Car dans le fond, c’est ce qui constitue ma véritable alimentation, je me nourris d’oeuvres tous supports confondus. Un blockbuster sera pareil pour moi à un bon burger, un film d’auteur à un plat sophistiqué ou encore bingue watcher une série reviendra à choisir la formule entrée, plat et dessert.
Parmi ces dernières, il y a celles que l’on attend avec impatience et une fois vu, laissent derrière elles une attente insoutenable jusqu’à la semaine prochaine. La quatrième saison de This is us en fait partie. Son retour à l’antenne était attendu de pied ferme, surtout depuis que TF1 en a fait un remake. Et pour continuer la métaphore avec la nourriture, c’est du réchauffé. Une pâle copie de l’original qui n’a d’intérêt que si l’on n’a pas déjà vu cette dernière. Pour les autres dont je fais partie, Je te promets n’a de promesse que dans son titre. Il n’y a aucun plaisir à suivre une histoire que l’on connait déjà et en moins bien.
Cette comparaison n’aurait pas lieu d’être si la diffusion de la nouvelle saison de This is us n’avait pas eu lieu quasiment au même moment. Et pour ce retour, les nouveaux personnages qui ont été présentés ont pu relancer la machine à théorie sur leurs connexions avec la famille Pearson. Il me tarde d’en découvrir plus et surtout de me laisser surprendre comme cette série a su le faire depuis le début. J’ai tellement étudié et analysé d’oeuvres qu’il est devenu difficile pour moi de ne pas anticiper la suite des événements. C’est comme une seconde nature pour moi, mais ces tranches de vie d’une petite famille américaine ont jusque là réussi à résister à mon pouvoir de déduction.
Au jeu des devinettes, j’ai avancé en terrain conquis pour les jeux vidéo puisque je viens de terminer à nouveau le troisième Uncharted et j’ai recommencé dans la foulée Dishonored. Un passage nécessaire afin de me remettre en mémoire cet univers dantesque avant d’attaquer le deuxième et troisième opus qui me sont toujours inédit. Et surtout qui ne seront pas des remasters de titre de la Playstation 3 comme cela a pu être le cas des derniers jeux auxquels je me serais attelé dernièrement. Cela augure de longues heures en vue subjective en perspective, mais dans un folklore aussi original et inspirant, je ne risque pas de m’ennuyer.
C’est bien la dernière chose dont je me soucis, mais j’ai ce besoin d’être toujours sollicité par un média ou un autre. Dernièrement, j’ai repris l’écoute de podcast avec celui de Justine Savy intitulé Aujourd’hui j’écris. L’auteure fait part de son expérience dans le domaine de l’édition et des interrogations auxquelles j’ai moi-même été confronté. Toutes proportions gardées, je me suis également pas mal retrouvé dans les propos de François Theurel alors qu’il était invité à Donne la patte!. Disponible sur toutes les plate-formes d’écoute, il s’agit d’une émission qui traite du rapport à la créativité sous toutes ses formes.
L’ex-fossoyeur de films y décrit son processus créatif, ses doutes, ses incertitudes ainsi que ses remises en question. Le vidéaste fait le bilan de ses années sur Youtube et la pertinence de se renouveler lorsque le besoin s’en est fait ressentir. C’est lorsqu’il a eu l’une de ses prises de conscience qu’il a commencé à ménager une porte de sortie à son personnage à la pelle, quand bien même celui-ci était devenu le nom de sa chaine. En ce moment, je dois bien avouer que je traverse un moment similaire. Je sens que quelque chose cloche dans mon écriture et qu’il est temps d’y remédier.
Contrairement aux articles qui me challengent, le plaisir est de moins en moins présent à faire ces éditos tous les premiers du mois. Ils ont un côté libérateur de pouvoir parler de tout et n’importe quoi, mais depuis quelque temps le n’importe quoi y a une place de plus en plus importante. La faute à une époque qui part dans tous les sens et dont je relaye l’actualité selon ce qui m’a interpelé. Du moins, ça a commencé comme ça avant de prendre un tournant beaucoup plus personnel. Quoi qu’il en soit, ces éditos resteront des sujets libres, mais j’ai à coeur de les refaçonner. Maintenant que j’en ai atteint les limites après des mois de publication, j’annonce que c’était le dernier sous cette forme indigeste avant de repartir sur de nouvelles bases le mois prochain.























