« HALO 2 » VS PROCRASTINATION
Le premier Halo ne brillait pas forcément comme son titre le supposait. Un constat purement subjectif comme le point de vue qu’il proposait à travers le genre du First Person Shooter, sans toutefois le révolutionner. En tant que fan du genre, je n’avais jamais retrouvé de jeu sur console qui puisse remplacer le combo clavier et souris jusqu’à Halo Combat Evolved. Une prise en main réussie grâce au paddle qui permettait une jouabilité instinctive et une maniabilité à toute épreuve au point de me dire que mes prochaines acquisitions en terme de FPS se feraient sur X-Box, si bien sûr les jeux en question étaient multi-plate-formes.
En effet la console de Microsoft n’a pas toujours fait l’unanimité auprès des développeurs mais pour cette suite je n’ai pas eu à me poser la question, c’est une exclusivité propre à la console. Loin d’être éblouie par la première incursion dans cet univers, j’étais tout de même curieux de découvrir ce deuxième opus qui faisait preuve d’une certaine renommée dans le milieu des suites réussies. Toutefois la méfiance était de mise puisque le premier avait lui aussi bénéficié de bons retours et je ne voulais pas me retrouver à nouveau devant une déception, quand bien même le jeu possède nombre de qualités.
On se retrouve donc à nouveau dans la peau de Master Chief qui dès le début fait preuve d’une iconisation à la Judge Dredd. A l’instar du Juge de Mega City One, on ne verra jamais le visage de celui que l’on incarne surement dans un soucis d’identification auprès du joueurs. Par contre il est beaucoup plus difficile de s’identifier à un extra-terrestre c’est pourquoi on les dégomme avec autant de facilité. Et pourtant ça ne sera pas le seul personnage que l’on pourra diriger puisqu’il nous sera permis d’incarner un Covenant. Une nouveauté fort appréciable afin de varier les phases de jeu très répétitives de l’original.
Se mettre dans la peau du camp ennemi permet de bénéficier de tout un attirail propre à cette race dont le fameux camouflage optique ainsi que la lame d’énergie qui fait beaucoup de dégât en un seul coup. On se croirait dans la peau du Predator même si l’invisibilité n’est que temporaire. Toutefois lors des fusillades on ne sait plus trop qui est dans notre camp car il s’agit d’affrontement entre Aliens et non contre les humains. En effet, dans le rôle de l’Arbiter et avec une escouade sous nos ordres, notre mission est de démanteler une faction rebelle en parallèle des événements qui se déroule avec Master Chief.
Ces deux personnages sont d’ailleurs plutôt bien introduits avec des cinématiques proposant un montage alterné et opposé. Comme une sorte de reflet inversé où l’un se voit décorer en public par ses pairs suite aux événement du premier jeu, tandis que l’autre subit un châtiment sur la place public résultant de son échec. Bien sûr une telle mise en scène indique que leurs deux intrigues vont être amenées à se rejoindre et cela ajoute une dimension supplémentaire au scénario. Un ajout notable même si il aurait été préférable de vraiment jouer la carte du manichéisme en confrontant les humains aux Convenants dans un soucis de clarté et de lisibilité à l’écran.
En effet dans le chaos d’une fusillade, on peut juste se fier au viseur qui change de couleur lorsque l’on cible une proie pour différencier nos amis de nos ennemis. Il est clair que des tenues différentes auraient aidé à une identification immédiate lors des assauts mais c’est un ajout qui fait tout de même plaisir. En soi ce n’est qu’une illusion pour masquer le fait que ces longs passages à base de couloirs et de salle se ressemblant toutes sont toujours présentes, mais le fait de les vivre par le biais d’un autre personnage permet d’y voir ici une innovation là où il n’y a qu’une répétition.
C’est donc tout naturellement que le scénario, par l’intermédiaire des cinématiques, passe autant de temps chez les ennemis que chez les alliés. Une histoire qui commence en orbite autour de la terre qui ne va pas tarder à subir une invasion. Cette première prise en main nous propose un remake du système de contrôle du premier jeu pour apprendre à utiliser les commandes. On évolue ensuite dans un premier niveau très inspiré par Half Life et une réplique autour de l’iconique pied de biche viendra confirmer la référence. Au fur et à mesure de notre progression, les missions se font en grande partie avec l’accompagnement d’une escouade et ce dès le début avec des missions sur Terre jusqu’au dernier niveau sur le monde anneau.
Cela fait une grande différence par rapport au premier où l’on errait dans les niveaux en grande partie sans le moindre renfort et dans un état critique. Cela rajoute de la vie et une ambiance grâce aux répliques que les soldats se balancent entre eux. Le tout toujours en français et de grande qualité comme dans l’opus original. Les Covenants bénéficient également du même soin apporté au doublage que se soit lorsqu’on les affronte ou lorsqu’on les incarne. Mais là où ces combats entre espèce de la même race peuvent prêter à confusion dans le feu de l’action, la question ne se pose pas lorsqu’il s’agit des parasites.
Cette fameuse espèce déjà présente dans le premier volet prend ici plus d’importance. C’est d’ailleurs très impressionnant de voir ramper et grouiller sur le sol ces petites bestioles pour prendre possession du corps des morts tombés sur les champs de bataille et les réanimer pour en faire leur propre armée. Encore une fois on ne peut que penser au bestiaire d’Half-Life et ses crabes de tête, qui comme son nom l’indique, se fixe sur le crâne pour zombifier son hôte et en prendre le contrôle. Il faut ainsi autant prendre garde à ne pas se faire contaminer tout comme il faut gérer l’accumulation de cadavre que l’on peut faire, chacun d’entre eux étant un potentiel futur ennemi.
Une vision du combat plutôt stratégique qui rend les affrontements vraiment interessant et moins bourrins, plus raisonnés. Malheureusement le système de sauvegarde par point de contrôle est toujours aussi laborieux puisqu’il ne permet pas de sauvegarder dès que l’on a surmonter un passage difficile. Toutefois le jeu est un peu plus simple que le précédant ce qui gène moins la progression. Une facilité que l’on retrouve dans la reprise de ce qui a fait le succès de son ainé et l’on ne va pas s’en plaindre. Ce deuxième épisode garde ainsi la recette gagnante avec un excellent dosage des phases de shoot en vue subjective et celle au volant d’engin terrestre ou aérien, humain ou Alien.
Des engins déjà vu dans Halo premier du nom mais qui ont subie des améliorations. Ainsi le Warthog est beaucoup plus maniable que dans le premier et il est moins susceptible de se renverser dès la moindre fausse manoeuvre. Le maniement du Banshee donne lieu à de vraies batailles comme dans un space opéra avec la possibilité de faire des rotations avec son vaisseau pour esquiver celui qui arrive en face. Un nouveau véhicule fait aussi son apparition: un tank qui donne un sentiment de puissance hallucinant face aux autres véhicules bien qu’un peu plus lent.
Cela n’empêche pas de rendre ces moments vraiment très dynamiques peu importe la monture. Moi qui suis fan de jeu en vue subjective, j’ai pris beaucoup plus de plaisir dans le cockpit en vue à la troisième personne au point de vouloir un jeu entier comme ça. On profite beaucoup plus des grands espaces vertigineux et le fun est au rendez-vous avec une puissance de feu qui donne lieu à des séquences spectaculaires. Et si de ce coté là, la menace n’a pas changer, les Covenants et les Parasites étant toujours au menu, les ustensiles pour les cuisiner et les déguster se sont vue augmentés dans tous les sens du terme.
Master Chief a ainsi la possibilité de tenir deux armes en même temps pour contenter ses deux principaux ennemis. Il y en aura pour tout le monde donc mais ce que l’on gagne en puissance de feu, on le perd en visibilité à l’écran à cause de la taille démesurée des armes. Cela n’en demeure pas moins très jouable grâce aux gachettes de chaque coté de la manette comme une extension de la crosse de cet arsenal. Cela n’empêchera pas les tirs ennemis de nous atteindre puisque non content de surcharger l’écran avec cet artillerie, l’affichage a également subit une amélioration puisque lorsque le bouclier est touché ou se régénère, on peut voir de l’électricité se dessiner sur l’écran.
Cette protection a pour effet de supprimer la jauge de vie, celle-ci se rechargeant automatiquement dans les moments de calme. Ainsi ce qu’il gagne en rapidité, il le perd en durée de vie qui elle ne se rechargera pas à mesure de votre progression. Comme pour le premier, c’est assez rapide d’en faire le tour même si il nous est toujours impossible de faire littéralement le tour de ce monde anneau. Un jeu en monde ouvert serait vraiment l’idéal compte tenu des possibilités qu’il offre en terme de gameplay. Un monde de possibilité et c’est surement ce qu’a du y voir le réalisateur Neil Blompamp, connu pour avoir réalisé District 9.
Un premier film qui aurait du être une adaptation de Halo, avec Peter Jackson en guise de producteur, jusqu’à ce que le budget explose. Même au cinéma, cette franchise ne semble pas réussir à s’épanouir pleinement pourtant elle a un potentiel cinématographique énorme. Outre le nom du héros, John Spartan 117, qui est une référence à Démolition Man, il y a tout un visuel et une identité forte à explorer. Le cinéaste réutilisera d’ailleurs ces idées non utilisées lors de son travail d’adaptation pour la station Elysium dans le film du même nom. Il est maintenant temps pour les développeurs d’en faire de même et de s’inspirer du travail de ce réalisateur pour étoffer leur univers dans les opus suivants.
« HALO 2 » WINS!







