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« L’art de DC – L’aube des super héros » au musée d’Art Ludique

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« L’ART DE DC – L’AUBE DES SUPER HEROS » VS PROCRASTINATION

Un super-héros se doit d’avoir un repaire secret. Un lieu à l’abri des regards où il peut se reposer, entreposer son attirail et planifier ses prochaines actions. Il s’agit généralement d’une base d’opération suffisamment grande pour y stocker de quoi poursuivre sa lutte contre le crime. C’est un élément indispensable et qui fait partie intégrante de leur mythologie au même titre que leur identité secrète, une panoplie, une galerie d’ennemis, une némésis, une origin story traumatique, des alliés sur qui il peut compter ou encore des super-pouvoirs s’ils en ont.

Batman n’en a aucun et ça doit surement être pour cela qu’il compense avec un endroit démesuré à sa disposition: la Bat-cave. Lieu de tous les fantasmes, elle est représentée de manières différentes selon les illustrateurs de comic book qui changent son architecture tout en gardant une même ligne directrice. Mais pour en avoir un meilleur aperçu ainsi qu’une vue d’ensemble détaillée, il faut ouvrir une encyclopédie entièrement dédiée au personnage de l’homme chauve-souris. Ainsi on peut découvrir que son habitat naturel est composé de différentes sections, mais agencé autrement selon les aventures dans lesquelles il apparait.

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Tout est une question de mise en scène de la part des dessinateurs qui choisiront d’en modifier la composition des étages et des plates-formes afin que cela rentre dans leur cadrage. On retrouve ainsi une place centrale où trône son Bat-ordinateur, un garage pour entreposer les Batmobiles, un vestiaire pour ses costumes, une salle d’entrainement et enfin une place réservée à entreposer des reliques ayant appartenu à ses ennemis. Sorte de vestiges symbolisant la victoire sur ses adversaires, cette salle des trophées et tout ce qu’il y a de plus hétéroclite.

Un penny géant de Double-face, un tyrannosaurus Rex mécanique, une carte du Joker,… Tous ces artefacts sont soigneusement rangés à l’abri de la poussière, posé sur un socle et mis en valeur pour ses seuls yeux. Superman dispose lui aussi d’une salle de ce type. Située en plein milieu de l’antarctique, sa forteresse de solitude lui sert plus à collecter des vestiges de son peuple défunt qu’à entreposer son propre matériel. Fort de ses pouvoirs qu’il tire du soleil, il n’a besoin d’aucun véhicule ou d’une trentaine de variantes de son costume. Sauf en de rares occasions, peu importe la saison, l’homme d’acier arbore toujours les mêmes couleurs.

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Composée en grande majorité de blancs pour se fondre dans son environnement glacial, cette cathédrale de verre contraste fortement avec celle du chevalier noir. Contrairement à la Bat-cave, la forteresse n’est pas enfouie sous terre, mais à l’air libre. Ces différences ont été mises en avant par Zack Snyder dans le film Batman V Superman qui confronte pour la première fois en live les deux icônes intemporelles. Sous-titré: l’aube de la justice, cet affrontement s’est poursuivi à Paris avec un deuxième round sous la forme d’une exposition intitulée L’art de DC: l’aube des super-héros.

Idéalement situé sur les bords de seine et dans la cité de la mode et du design, le musée d’art ludique abrite entre ses murs de quoi faire pâlir cette dernière. On est loin des robes de grands créateurs et pourtant l’excentricité y a tout autant sa place. Des capes rouges et jaunes, des justaucorps bleus, des masques noirs: les costumes des blockbusters super-héroïques de chez Warner sont là. Jusqu’à présent, je ne les avais vus qu’à travers mon écran, réduits aux proportions de ce dernier. Là, j’ai enfin pu admirer les véritables mensurations et par la même, me rendre compte à quel point les acteurs pouvaient prendre en masse musculaire juste pour un rôle.

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Enfin, c’est surtout le cas pour les dernières itérations en date de ces deux icônes puisque la visite commence avec un semblant d’ordre chronologique par les toutes premières. Pour celle-ci, les muscles sont sculptés sur la morphologie des costumes de la chauve-souris. Tim Burton avait commenté par le fait que cela pouvait justifier qu’un homme, Michael Keaton en l’occurrence, puisse se glisser dans ce genre de costume pour combler ses propres lacunes. Le Superman de Christopher Reeves n’aura pas le même genre d’égo puisqu’il s’agit d’une sorte de pyjama tout ce qu’il y a de plus basique. Et un peu ridicule de nos jours.

Mais mon faciès étant bloqué sur l’émerveillement total, je n’ai pu actionner les muscles de mon visage pour en rire tel le Joker. C’était comme si je venais de pénétrer dans l’antre d’un super-héros tel que je le décrivais plus haut. Ou plutôt d’un super-vilain qui se serait confronté à la Justice League et en aurait conservé les reliques en guise de trophées. Quand bien même, c’était absolument fabuleux de pouvoir scruter les costumes à 360 degrés et sous toutes les coutures, littéralement. Du plus petit détail jusqu’au fameux bat-tétons sur les costumes de Val Kilmer et George Clooney.

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Mais avant de faire partie du même univers étendu, les deux personnages étaient cloisonnés dans leur ville respective, et donc dans les films dont ils étaient la tête d’affiche. Ainsi on peut aussi admirer le costume de Superman Returns porté par Brandon Rought qui est bien plus sophistiqué que dans le film original de Richard Donner. A contrario, celui de Christian Bale, pour Batman Begins et The Dark Knight, abandonne les muscles pour des formes plus anguleuses et moins dans la compensation, malgré la musculature de l’acteur et sa capacité à transformer son corps selon son bon vouloir.

Tous films confondus, ses ennemis sont également au rendez-vous. Indissociable du chevalier noir, le Joker de Jack Nicholson côtoie celui du défunt Heath Ledger ainsi que les masques de son équipe de braqueurs de banque. Oswald Cobbelpot et ses fidèles pingouins sortis tout droit de Batman returns sont accompagnés de Catwoman dans une posture des plus félines. Malgré leur triste réputation, les opus de Joël Shumacher sont également à l’honneur avec The Riddler, Double-face, moitié du visage brulé à l’appui sur le mannequin qui porte les vêtements asymétriques, ou encore Mr Freeze. 

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Pas de quoi rester de glace devant ses personnages hauts en couleur, et surtout hauts en taille. Ce sont là de véritables statues grecques dont une en particulier tout droit tiré de The Dark Knight Rises. Il s’agit de celle qui apparait après le climax pour rendre hommage à Batman suite à son sacrifice. Tête baissée, on a vraiment l’impression d’être observé en contre-plongée par cette sculpture commémorative imitation bronze. Superman aura eu lui aussi la sienne dans Batman V Superman, suite à la bataille de Metropolis qui clôturait Man of steel, mais absente de la visite.

Par contre, un invité de choix a honoré de sa présence les visiteurs présents: Henry Cavill. De passage dans la capitale parisienne pour le tournage de Mission Impossible 6, l’acteur a ainsi occupé son temps libre en arpentant les couloirs de ce musée et auquel il a contribué à alimenter le contenu. Contrairement au Comic Con de San Diego où il a surpris Will Smith sous son masque de Guy Fawkes, Henry Cavill est venu en toute humilité pour poser devant son propre costume. Voilà donc un homme qui semble vraiment adorer ce rôle qui a contribué à le faire connaitre et sans qui il ne serait pas là aujourd’hui. C’est à dire à Paris pour tourner aux côtés de Tom Cruise.

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Devant tous ces costumes, il était déjà difficile de se dire que face à soi, un homme s’était tenu dans ce costume pour jouer la comédie avec. Il a été encore plus difficile de se persuader que l’on était en train de marcher sur les traces de Superman. Moi qui avais une nette préférence pour Batman depuis tout gosse, je ne pouvais me détacher de cette anecdote lors de ma visite. Mais ce revirement aura été de courte durée jusqu’à ce que j’arrive devant le costume porté par Ben Affleck ainsi que son armure lors de son affrontement contre l’homme d’acier.

C’est vraiment quelque chose d’imposant, autant pour l’armure que pour le corps de body-builder de l’acteur. L’entrainement auquel on assiste à travers un montage dans BvS est visible ici à travers les différentes pièces que compose cette panoplie. Pour la première fois, celle-ci n’est pas en noire intégrale et aborde des parties grises comme dans les comics. Cela fait d’autant plus ressortir cette montagne de muscles et à ce moment de la visite je prends vraiment conscience que l’on est passé dans la catégorie poids lourds. Il fallait bien cela pour se mesurer à Henry Cavill dont le costume de Man of steel permet d’admirer une foultitude de détails à l’imagerie Kryptonienne.

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Autant vous dire que le selfie était de rigueur lorsque je suis passé devant ces deux panoplies. J’avais besoin de figer cet instant où j’ai pu rencontrer les icônes de mon enfance. Et je ne parle pas des acteurs qui les incarnent, je n’ai pas eu cette chance. Je parle de ces êtres imaginaires. J’avais besoin de figer cet instant, et mon sourire par la même occasion, comme s’il m’était possible de l’envoyer à l’enfant que j’étais. Pour lui dire que non seulement sa passion n’avait pas disparu avec le temps, qu’elle était demeurée intacte, mais qu’en plus elle s’était intensifiée avec les années. 

Ce môme qui avait toujours le nez plongé dans ses comics aurait à coup sûr adoré cette visite et je n’ai pu m’empêcher de penser à lui tout du long. Ce ne fut pas très difficile vu le nombre d’enfants qui étaient émerveillés par ces pièces de collection comme si il s’agissait de simples jouets. Tout n’est qu’une question de perspective et je n’ai pas eu à faire beaucoup d’efforts d’imagination pour voir évoluer l’enfant que j’étais à mes côtés. Lui tenant la main pour partager ce moment tout en sachant qu’il aurait lâché la mienne à la moindre occasion devant tant de sollicitations. Et moi de courir après lui pour voir à mon tour ce qui avait attiré son regard.

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Il m’aurait alors bombardé de commentaires en tous genres sur les secrets du tournage et ça aurait été un peu comme me parler à moi-même. J’aurais eu l’air surpris devant tant d’anecdotes et m’écoutais parler avec autant de passion aurait été la meilleure des musiques. J’aurais tellement aimé que ce Arnaud modèle réduit voit ce que j’ai pu voir. Lui qui avait appris à dessiner grâce aux comics qu’il collectionnait avant que l’offre ne s’adapte à la demande pour le marché français. C’est à dire bien avant toute cette effervescence. Lui qui superposait des feuilles blanches par-dessus les pages pour en décalquer les planches, aurait été très surpris de voir de célèbres couvertures (Flash numéro 123, par exemple) mises sous verre.

Une chose difficilement acceptable à l’époque pour moi tant j’aurais voulu en découvrir le contenu, quitte à abimer ces comics en les feuilletant frénétiquement. Maintenant, j’ai tendance à voir les choses différemment, avec une admiration sans bornes devant des illustrations digne de toiles de maitre. Qu’ils soient tirés de Man of steel ou de BvS, les concepts arts sont de véritables chefs-d’œuvre définitifs à mes yeux malgré leur statut de dessins préparatoires. Cela fourmille de détails notamment en ce qui concerne la scène d’ouverture sur Krypton dans le reboot de Superman.

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Les designs de cette civilisation extraterrestre ont bénéficié d’énormément de recherches que ce soit pour les vaisseaux, la technologie ou encore les costumes des dirigeants de cette défunte planète. Mais l’action qui se déroule sur Terre a également eu le droit à de nombreuses illustrations entre la bataille de Metropolis ou la statue commémorative de l’homme d’acier qui résulte de cet affrontement. On visualise immédiatement les scènes en question même si les styles et les techniques utilisés sont très différents les uns des autres lorsqu’ils sont positionnés côte à côte à la façon de cases de comics.

Produits à la chaine par des artistes dont les brouillons ont atterri entre ces murs, cela a néanmoins donné la direction artistique à nombre de mes films préférés. Parmi eux, on peut bien évidemment compter le Batman Returns de Tim Burton dont j’ai pu voir les croquis de la Batmobile. Cela m’a donné la sensation d’assister à une mise en abime du film en question dans lequel le Pingouin dispose des plans techniques du véhicule afin de pouvoir le pirater et en prendre le contrôle. Cela s’est traduit dans cette suite par une espèce de voiturette pour enfant dans laquelle Oswald s’amusait à emboutir la moitié de Gotham pour retourner la population contre Batman.

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Toujours dans l’univers de ce film, j’ai pu constater que le décor de l’horloge en tête de chat (avec les moustaches en guise d’aiguilles), trônant en haut de la tour de Max Schrek, était en fait une maquette. Mais c’était surtout l’occasion de réaliser à quel point les heures défilent dans ce genre d’endroit où l’on perd la notion du temps et où l’on retombe instantanément en enfance. D’ailleurs, cette dernière version de moi-même avait échappé à ma surveillance pour se retrouver devant la Bat-moto grandeur nature de The Dark Knight. Et à l’image du Pingouin, je pense que j’aurais aimé en prendre les commandes comme on monte sur un manège. 

Mais même sans cela, ça ne m’a pas empêché de faire des tours et des tours. Je suis revenu sur mes pas pour admirer une maquette de la façade du Daily Planet, une esquisse d’une carte du Joker, des concepts arts des armes dans Batman Forever ainsi que des maquettes du Batwing et de la Batmobile de ce troisième opus. Le dernier de la trilogie de Christopher Nolan avait également son lot de reliques en tous genres et notamment des dessins du lieu de l’affrontement où Bane va briser la chauve-souris. Par contre, si l’on se réfère à la surface mise à disposition pour cette exposition, c’est le héros de Krypton qui n’en mène pas large face au chevalier noir.

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En effet, c’est dans le terrain qu’il occupe que l’on peut juger de la popularité d’un personnage par rapport à un autre. Et force est de constater que Batman gagne largement cette bataille et à l’image du film de Zack Snyder qui met en scène leur confrontation, on peut y voir des caméos d’autres super-héros. Surtout des héroïnes pour compenser devant ces mâles alphas avec le costume de Wonder Woman que Gal Gadot a porté pour les besoins du film éponyme. On retrouve également quelques dessins de sa patrie d’origine qu’est Themysciria. Cette imagerie de Fantasy se partage avec celle plus urbaine de Suicide Squad, plus précisément du Joker et de son arsenal bien à l’abri derrière une vitre surement par balle.

Mais c’est surtout sa compagne Harley Quinn qui profite d’une mise en avant avec sa tenue exposée. Cette faveur est l’occasion de constater la place qu’occupe ce personnage à égalité avec d’autres membres du DCEU en termes d’importance. Elle a gagné en renommée, mais malgré ce semblant de parité il y a tout de même quelque chose qui dérange et cette sensation n’est pas due au bloc de Kryptonite qui est exposé un peu plus loin. Non, c’est surtout le constat de ne pas en voir plus des autres projets en production. Malgré leur présence furtive dans BvS en vue de former la Justice League, Flash et Aquaman ne disposent d’aucune galerie alors que des films les concernant sont en développement.

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Il en est de même pour la version du petit écran de Flash qui est maintenant bien installé dans le paysage télévisuel. De plus, la mythologie du personnage était tout à fait adaptée à ce type d’endroit avec le Flash Museum. Un comble. Même Arrow, dont la série s’est émancipée en tant que spin-off, n’est même pas présent. On regrettera également tous les autres médias qui ont été occultés au profit du cinéma et du comics. En effet, pour un musée qui a déjà accueilli de nombreuses expositions sur le thème du jeu vidéo, il est surprenant de ne voir aucun travaux consacré aux jeux Batman Arkham ou même à Injustice.

Et cette dernière ne sera pas réparée avec des extraits d’interviews de Zack Snyder ou de Christopher Nolan tournant en boucle sur des vidéos. Bien que leur vision respective des icônes de la Distinguée Concurrence soit tout à fait pertinente, on vient surtout dans ce genre d’endroit pour s’émanciper des écrans. Tout comme l’ont fait ces super-héros pour devenir tangibles au visiteur que je suis. Quant au gamin que j’étais, je l’ai finalement retrouvé la tête en l’air devant une simulation du Bat-signal au plafond. Cela m’a rappelé mon réveil matin qui projetait ce symbole ailé dans ma chambre. Mais bon, il faut bien se réveiller un jour ou l’autre et grandir.

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Cela ne m’a pas empêché de continuer à rêver. Moi qui étais fan de Batman, et le suis encore aujourd’hui plus que jamais, j’ai été surpris de ne pas voir l’enfant en moi aussi taciturne que je le croyais. Au contraire, il m’a fait l’effet d’un Robin tout ce qu’il y a de plus souriant et émerveillé par ce qu’il voyait. Plus qu’un musée, j’ai eu là l’impression d’avoir eu la chance de pénétrer dans la Bat-cave. Impression renforcée par le fait que dans les comics, les costumes des personnages défunts sont entreposés derrière une vitre comme c’est le cas ici. Mais Batman n’est pas mort et il n’est pas près de l’être malgré son statut de simple mortel dans l’univers DC.

Il a eu bien des incarnations au fil des ans et pour ma part je l’ai découvert campé par Michael Keaton. L’acteur avait expliqué la rigidité de son interprétation par le fait qu’il ne pouvait pas tourner la tête sous peine de déchirer le masque. Il en a été de même pour moi lors de cette exposition. Impossible de détourner le regard devant tant d’enchantement. Malgré ma connaissance accrue de tous ces films de super-héros que j’ai dû voir des centaines de fois, chacun, j’ai encore trouvé le moyen d’être surpris. L’éclairage du musée n’étant pas celui d’un plateau de cinéma, c’est vraiment sous un jour nouveau que j’ai pu redécouvrir tout cela. Sous une nouvelle aube.

« L’ART DE DC – L’AUBE DES SUPER HEROS » WINS!

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