Aller au contenu

« Marvel: le guide du cosmos »

Unknown

« MARVEL: LE GUIDE DU COSMOS » VS PROCRASTINATION

Il y a bien des manières de s’évader de son quotidien, mais toutes nécessitent un minimum d’organisation. Lorsqu’il s’agit de partir en expédition, soit on s’équipe d’un sac à dos et d’une boussole, soit on planifie son trajet dans les moindres détails. Rien ne vaut alors le précieux guide du routard qui permet de survoler une destination avant même d’y être. Des lieux touristiques aux restaurants, en passant par un hôtel selon nos critères de sélection ou les monuments à voir absolument, tout y est documenté et mis à jour régulièrement.

Un travail titanesque qui a pour but de nous faciliter la tâche dans notre préparation avant de prendre la route. Ces guides sont l’occasion de rentabiliser notre séjour pour en profiter un maximum avant le retour à la réalité. C’est peut-être pour ça que j’ai toujours privilégié mon imaginaire à des choses beaucoup plus tangibles. Lorsque l’on partait en vacances en famille, j’étais typiquement le genre de gamin assis à l’arrière de la voiture en train de lire ses bandes dessinées. Dépaysement assuré. Et une tranquillité d’esprit pour mes parents qui n’avaient pas à endurer l’éternelle question de l’heure d’arrivée.

Qu’il s’agisse de Spider-Man, d’Iron man ou des X-men, du numéro 1 ou le 186ème, je m’y plongeais toujours avec le même intérêt. Comme dans un pays où l’on est confronté à la barrière de la langue, je n’avais aucune crainte quant au fait de ne pas comprendre de quoi parler les protagonistes entre eux et qui faisaient référence à une précédente aventure que je n’avais pas lus. Pas encore. J’étais confiant dans mon aptitude à comprendre sans avoir le background nécessaire. Cela, je le dois à la narration de Stan Lee qui a bâti une grande majorité de l’univers Marvel que l’on connait aujourd’hui.

Selon lui, chaque nouveau numéro devait être une porte d’entrée pour tous les nouveaux lecteurs. Une note d’intention qui m’a permis de m’immerger dans cette culture du comics book sans la moindre difficulté. C’est une chose qui s’est perdu au fur et à mesure des parutions et le poids de la continuité. Même si Marvel a tenté d’intéresser une nouvelle génération avec la gamme Ultimate, proposant des versions modernes des personnages, cette dernière est à son tour devenue une réalité alternative qui nécessite d’être lu afin de comprendre ce qu’il se passe sur la fameuse Terre 616.

Il est donc très facile de s’y perdre pour des touristes. Ou plutôt des néophytes. La maison des idées n’est qu’une parmi tant d’autres sur Terre, mais aussi par delà l’univers. C’est là que Le guide du cosmos s’avère indispensable pour quiconque souhaite s’immerger dans ce qui était encore, il n’y pas très longtemps, une contre-culture. Sur le même principe que le Guide du routard, cet ouvrage de plus de 150 pages vous emmènera aux limites de l’espace. Diviser en deux catégories, l’univers connu et les univers alternatifs, c’est le début d’un voyage dans l’imaginaire des plus grands artistes.

Pour ce faire, on est accompagné au gré des pages par les Gardiens de la galaxie. En effet, qui de mieux pour donner son avis sur la galaxie que le groupe chargé de la protéger? Toutefois attention, il ne s’agit en aucun cas de l’incarnation cinématographique popularisée par l’adaptation de James Gunn, pas plus que les planètes visitées ne font partie du Marvel Cinematic Universe. Même si celui-ci s’inspire grandement des publications qu’il retranscrit à l’écran, et que cet ouvrage capitalise sur ce succès, on reste tout de même dans le milieu des comics.

Une mythologie que des centaines et des centaines d’auteurs et de dessinateurs ont mis des décennies à construire et à agrémenter les uns après les autres. Un travail de fourmi dont cette bible se réclame et qui leur aurait été fort utile pour éviter les erreurs de continuité, de localisation, de chronologie ou de géographie. C’est d’ailleurs l’un d’entre eux, Marc Sumerak, qui s’est chargé de cartographier l’univers Marvel afin de le rendre accessible à tous. Et cela vaut autant pour les auteurs que pour les lecteurs, qui ont maintenant des points de repère.

Passer une introduction présentant nos guides pour ce voyage, chaque destination sera l’occasion d’avoir de petites annotations de leur part. Chacun y va de son petit commentaire et ce qui peut sembler lourd au premier abord ne va pas pour autant parasiter la lecture. Au contraire, ces traits d’humour apportent un peu de légèreté dans cette visite qui peut vite paraitre linéaire. Et il est amusant de constater que chez Marvel, la Terre n’est pas plus au centre de l’univers que dans le nôtre. En effet, la section consacrée à l’univers connu n’abordera notre planète qu’en toute fin.

L’empire Kree et l’empire Shi’ar ont la priorité dans cet ordre de lecture. Viennent ensuite les planètes Spartax, Moord, Chitauri Prime et Demi-monde d’où est originaire Rocket Racoon. À l’opposé de cette faune sauvage, la planète X quant à elle est le berceau de Groot et de sa flore si particulière. Comme dans le film de 2014 qui l’a rendu célèbre aux côtés de ses compagnons d’armes, les commentaires de cet arbre humanoïde se limitent toujours à la même phrase. Mais l’un des membres du groupe n’est jamais très loin pour traduire ses propos.

Ensuite vient la planète des symbiotes dont le plus célèbre représentant reste Venom. C’est avec ce genre d’endroit inhospitalier que l’on se rend compte que ce livre peut aussi faire office de manuel de survie en milieu hostile. En tout cas, ces quelques pages m’ont donné envie d’approfondir la mythologie de ces parasites. Car oui, j’ai beau être un lecteur de longue date, j’y ai découvert une somme d’informations et de connaissances assez impressionnantes. De plus, les illustrations, issues de dessinateurs différents qui ont inventé ou parcouru ces mondes, permettent de se faire une idée globale de l’environnement.

Viennent enfin Titan, aperçu dans Avengers: Infinity War, et Ego qui, contrairement à ce qui a été dit dans Les gardiens de la galaxie Volume 2, n’est pas le père de Peter Quill. Une différence de taille, à l’échelle de cette planète, qui montre à quel point le MCU n’est pas toujours raccord avec sa source d’inspiration. Nowhere figure également au rendez-vous, assez fidèle au volume 1 des Gardiens, avant de poser les pieds sur Terre. Ou plutôt la station spatiale de la division Alpha qui gravite autour. Outre son architecture, Captain Marvel figure sur la moitié des illustrations en tant que chef de cette entité.

Ce point de passage franchi, c’est New York qui est mise à l’honneur en guise de capitale mondiale. Quoi de plus normal lorsque la majorité des héros y ont élu domicile. Ce terrain de jeu familier, en tant que miroir déformé de notre réalité, aurait pu être le chapitre le moins intéressant de tous, mais il est traité d’un point de vue extérieur. À la manière de Bernard Werber et de son roman Nos amis les humains, la grosse pomme est décrite comme toutes les autres localisations extraterrestres. L’auteur ne fait donc pas l’impasse sur les coutumes locales afin d’en accentuer l’étrangeté.

Pour ce qui est des monuments à voir, exit la statue de la liberté ou central Park, et place à la tour Stark et le Baxter building. Des hauts lieux de cette ville, sans oublier des quartiers comme Greenwich village où réside le Doctor Strange ou encore Hell’s Kitchen où Daredevil dispense sa justice. Cette concentration de super-héros et de vilains au mètre carré peut faire penser qu’une fois que l’on s’en éloigne le reste de la visite est beaucoup moins intéressant, mais il n’en est rien. L’ile de Manhattan n’est pas la seule à bénéficier d’êtres extraordinaires, celle de la nouvelle Attilan offre elle aussi une population plutôt atypique.

Elle y accueille les Inhumains dans une ville à la technologie en tout point supérieure à la nôtre. Bien qu’ils soient sur Terre, ils ne dépendent pas des lois des hommes et ont leur propre système pour gouverner. Idem pour la Latverie et son dictateur Fatalis, ennemi juré des 4 fantastiques. Et d’après les images, le style moyenâgeux de l’architecture est loin d’être des plus accueillant. Très traditionnel aussi, on pourrait en dire de même du Wakanda, pays d’Afrique, qui semble ne pas vouloir entrer dans le monde moderne. Jusqu’à ce que l’on s’aperçoit qu’il s’agit là du lieu le plus avancé en matière de technologie.

Tellement, qu’ils ont réussi à camoufler leur savoir pour se dissimuler à la vue de tous. L’ile de Bagalia utilise ce même genre de procédé, mais pas pour les mêmes raisons puisqu’il s’agit là d’un refuge exclusivement réservé aux vilains. C’est donc loin d’être un lieu propice aux rencontres amicales, mais un peu plus que sur la Terre sauvage ou L’ile des monstres. Leur appellation respective en dit suffisamment pour indiquer leur niveau d’hostilité. La première est restée bloquée à la préhistoire, et son lot de dinosaures, tandis que l’autre se réclame plus des Kaijus et des créatures à la Ray Harryhausen. 

Inutile de s’attarder sur la nourriture locale puisque ceux qui échouent dans ces lieux reculés sont au menu. Partir à la nage ne sera pas forcément plus profitable si vous êtes dans les eaux de la cité mythique d’Atlantis. Ça sera le dernier checkpoint de la visite avant de reprendre de la hauteur, voire de sortir de l’atmosphère de la Terre pour aller sur la Lune. Sur ce satellite naturel se trouve la Zone bleue, une petite parcelle qui est la seule à avoir des conditions favorables pour y accueillir la vie. Un endroit méconnu en ce qui me concerne, au même titre que le dernier lieu de cette catégorie: la contre-Terre.

Située à l’opposer de la Terre, et donc derrière le soleil, cette planète a été le théâtre d’expériences amenant à l’existence des Hommes nouveaux. C’est sur la description de cette civilisation que le tour d’horizon des Univers connus se termine. La seconde partie de ce guide se consacre quant à elle aux Univers alternatifs. Il ne s’agit pas pour autant de mondes où l’on pourra croiser des versions différentes des héros que l’on connait, mais plus une porte vers la magie. Car comme le disait Arthur C. Clarke dans l’une de ses trois lois: toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie.

Et ce n’est pas Odin qui va dire le contraire, lui qui règne sur Asgard. Ce lieu fait partie des dix royaumes avec Vanaheim, Nidavellir, Alfheim, Svartalfheim, Jotunheim, Muspelheim, Niffleheim et Heven. La dixième étant bien entendu la Terre, chacune de ces localisations dispose de plusieurs pages attitrées afin de voir comment Marvel a réinterprété avec brio la mythologie nordique. Par contre, pour ce qui est du Pays fantastique, même s’il s’agit là d’une invention de La maison des idées, celle-ci ne peut nier s’être inspirée de l’oeuvre de Terry Pratchett au regard de la description qui en est faite.

Battlerealm se réclame lui plus de Battle royale comme étant le lieu de réunion des héros et vilains, tous univers confondus, pour s’affronter dans cette arène. À l’inverse, K’un-Lun est une cité qui se matérialise tous les 10 ans dans une chaine de montagnes. Une fenêtre qui rend son accès difficile, mais surtout incohérent dans cette catégorie du guide. Cette cité des immortels aurait eu tout à fait sa place dans la partie située sur Terre au regard de ses coordonnées. Par contre, si notre planète dispose d’une quantité infinie de variantes à travers le multivers, il n’existe qu’un seul Hors-le-monde.

Derrière ce concept se cache un astéroïde, lui-même composé de deux iles qui doivent leur forme à un lien magique avec les iles Britanniques terriennes. Normal en tant que lieu de rassemblement du Corps des Captain Britain qui maintient l’ordre dans l’Omnivers. Et cela inclus Les limbes, un royaume d’Outre-monde forgé avec de la magie noire et où résident différents démons. Une certaine idée de l’enfer semblable à Cancervers. Le nom de cette destination est tout ce qu’il y a de plus explicite avec une imagerie digne des Grands Anciens.

Dans un même ordre d’idée, il y a la Dimension noire qui est un assemblage de réalité magique, mais surtout cauchemardesque. Rien à voir avec la Dimension de la Force noire, dont les illustrations révèlent un lieu très mystérieux. Pour continuer dans les recoins obscurs de l’Univers alternatif, la Zone négative ne l’est pas tant car elle est liée aux célèbres Quatre fantastiques. Vient enfin le Superflux dont on a peu d’informations, tout comme sur la Zone neutre qui est la dernière étape de ce guide et le point le plus éloigné de l’univers Marvel.

À l’issue de ce voyage, mon seul regret est de ne pas avoir eu de mentions des numéros de comics auquel se référer pour en voir plus. Cela aurait été fort utile d’avoir des pistes de recherches afin de dénicher une histoire en particulier mettant en valeur l’un de ces lieux à nul autre pareils. À défaut, cet ouvrage fera tout à fait l’affaire pour accompagner mes lectures et m’y référer pour un supplément d’informations. Un rapide coup d’oeil, et tout devient plus clair. À la rigueur, on peut également regretter de ne pas avoir de cartes à déplier regroupant l’ensemble de ce contenu.

L’absence de cette cartographie est surtout l’occasion de se rendre compte à quel point la maison des idées dispose d’un univers complexe et complet, jusque dans le plus petit détail. En plus de se différencier des classiques encyclopédies sur les personnages, le fond et la forme sont parfaitement en adéquation. Avoir invité Les gardiens de la galaxie pour cette escapade est non seulement logique, mais donne aussi un côté très H2G2 de Douglas Adam. C’est là une mine d’or pour tous ceux qui souhaitent planifier leurs lectures, ou partir à l’aventure de ces curiosités touristiques.

« MARVEL: LE GUIDE DU COSMOS » WINS!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *