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Predator: en toute subjectivité

À l’occasion de la sortie de Prey, j’ai eu envie de revenir sur la franchise Predator. Plus précisément, le fait de voir le dernier long-métrage en date accéder directement au podium de mes films Predator préférés, après un unique visionnage, m’a poussé à en établir un classement. Que ce soit à travers les films le mettant en scène ou les crossovers l’opposant au célèbre xénomorphe, sept films seront donc passés en revue.

Bien sûr, tout cela sera entièrement subjectif, ce qui est plutôt approprié pour une créature qui nous invite souvent à voir à travers sa vue subjective. Et comme pour ses différents modes de vision, j’aime tous les épisodes de cette licence, mais pour autant de raisons différentes. Tous ont donc potentiellement la première place, du moins ceux que j’ai dans mon triple viseur laser pour le trio de tête. Bien que controversé, ça n’est là que mon avis personnel.

En effet, bien que je reconnaisse les indéniables qualités du film original, et au-delà de son aura de classique du cinéma, c’est surtout l’enfant en moi qui a découvert le Predator. Un gosse qui était attiré par l’arsenal atypique de ce personnage, et qui en demander toujours plus en termes de spectaculaire. Et si certains enfants de mon âge préférés s’enthousiasmer devant les gadgets de Boba Fett, pour moi le Predator reste le chasseur ultime.

Un décalage dont je me suis rendu compte assez tardivement, et qui m’a fait me demander comment j’ai pu regarder ce genre de films aussi jeune. En tout cas, c’est surement ce qui pourrait expliquer l’ordre de ce classement.


1.PREDATOR 2 (1990)

Tout le concept du Predator, ou du Yautja pour les intimes, repose sur son camouflage optique. C’est quelque chose qui fut très frustrant pour l’enfant que j’étais, et que Predator 2 a corrigé. Je pouvais enfin admirer à volonté le superbe design de ce chasseur extraterrestre. Chose que les figurines ont également contribué à faire. En effet, le merchandising autour du Predator a explosé avec cette suite qui prenait place en milieu urbain. Moi qui étais fan de super-héros sautant de toit en toit, j’ai été servi avec les courses-poursuites utilisant toute la verticalité de la ville de Los Angeles. Même la tagline joue à fond la carte de ce nouvel environnement:

Il est de passage en ville avec quelques jours à tuer.

En une accroche, tout est dit. Et en même temps, c’est tellement bien plus. Il y a l’easter egg avec ce crâne de xénomorphe, la séquence où le Predator se soigne, les armes comme le disque tranchant, l’intérieur de son vaisseau… C’est également le début d’une formule potentiellement déclinable à l’infinie. En effet, le Predator a beau être en tête d’affiche, son gibier n’en reste pas moins interchangeable. Tout comme les époques à visiter sont nombreuses si l’on se réfère au pistolet antique que le héros reçoit en trophée. De quoi susciter tout un imaginaire au-delà du générique de fin.

2.PREDATORS (2010)

Avant The Predator, c’était cet opus qui était le plus détesté par les fans. Une haine qui peut s’expliquer par le fait que l’idée de ce troisième opus date des années 90 et qu’elle n’a été exécutée qu’en 2010. C’est peut-être ce charme désuet qui m’a plus, un long-métrage loin d’être en phase avec son époque, et donc plus proche de mes gouts. C’est un blockbuster tel qu’il aurait pu être conçu à l’époque et c’est ce qui me plait dedans. 

Pour moi, c’est la suite parfaite pour clore une trilogie. Plus que ça, il y a une logique dans ce terrain de chasse. Le premier était une jungle, le deuxième avait transposé son action dans une jungle urbaine, et celui-ci boucle la boucle en revenant à une ambiance tropicale, sans pour autant être sur Terre. Un twist que l’on doit à Robert Rodriguez, auteur du script, qui ici officie également en tant que producteur. Dommage qu’il ne se soit pas installé sur la chaise du réalisateur pour ce qui aurait pu être un mélange entre Une nuit en enfer et The Faculty.

3.PREY (2022)

Les deux premières places de ce classement ne brillent pas par leur réalisation. Mis à part John McTiernan, pour qui c’était son deuxième film et qui n’était même pas considéré comme un grand cinéaste à l’époque, Predator n’a jamais vraiment attiré les grands noms. Contrairement à la saga Alien. Et je pourrais en dire de même pour Dan Trachtenberg pour qui c’est également le deuxième long-métrage de sa carrière.

Après la claque 10 Cloverfield Lane, il confirme tout le bien que je pensais de lui avec cette préquelle à la saga Predator. Sa réalisation est exemplaire, la composition de ses cadres est soignée, et il laisse ses plans respirés grâce à un montage efficace. L’histoire en ressort rythmée, sans pour autant que l’action ne soit illisible. Au contraire, les événements s’enchainent naturellement jusqu’à un climax digne du premier opus. Sur la même formule, un Predator, une proie et une époque, j’adorerais voir cette créature se confronter à des samouraïs ou des Égyptiens. 

Et lorsque j’en viens à prolonger l’expérience en rêvassant à de potentielles suites, c’est que j’ai vraiment adoré. Tellement, que j’ai hésité entre la première et la seconde place. Mais ce visionnage est encore trop récent pour que je puisse me faire un avis définitif. Il sera surement réévalué avec le temps, mais pour une entrée dans ce classement, je me sentais obligé de le faire figurer dans le peloton de tête. Je le vois vraiment comme un remake très réussi du film original, et c’est d’ailleurs pourquoi il est avant celui-ci.

4.PREDATOR (1987)

Qu’il s’agisse d’Alien, Star Wars ou encore Terminator, j’apprécie beaucoup plus les suites de ces franchises que leur premier opus. Predator rentre également dans cette catégorie. Cela a beau être un classique que les classements s’entêtent à mettre en première position lorsqu’il s’agit de dresser une liste comme celle-ci, j’ai beaucoup plus d’affinité avec les autres volets. Peut-être parce que j’ai découvert le cinéma à un âge où le divertissement prime sur la technique… Toujours est-il que je sais reconnaitre un grand film quand j’en vois un.

John McTiernan y a fait un travail remarquable en termes de composition de plans et d’ambiance. Sa mise en scène joue beaucoup sur la paranoïa sur spectateur vis-à-vis du décor qui foisonne de détails, et dans lequel se cache l’ennemi. C’est un caméléon qui force à rester en alerte. Il n’y a qu’à voir le regard halluciné de Schwarzy, qui ressort de son visage boueux, pour s’en convaincre. D’ailleurs, contrairement à la saga Terminator, il n’est jamais revenu dans la franchise. Même pour un bref caméo. Et quelque part, c’est ce qui a donné plus d’importance au Predator plutôt qu’à sa proie.

5.ALIEN VS PREDATOR (2004)

À sa simple évocation, ce titre à lui seul est capable de mettre en marche l’imagination des fans des deux franchises. Ces monstres sacrés du cinéma s’étaient déjà affrontés dans les pages d’un comics en 1989 avant que Predator 2 n’y fasse référence sous la forme d’un crâne de Xénomorphe parmi les trophées du chasseur. C’est Paul W.S. Anderson qui s’est chargé de donner corps à ce combat de titans, avec la délicatesse que l’on connait. Et je ne m’attendais pas à autre chose.

Au-delà du prestige de ces deux franchises, cette combinaison n’est rien d’autre qu’un délire régressif. Il n’y a pas lieu de s’attendre à autre chose que ce que le titre nous vend: des Aliens contre des Predators. Même si quelques humains viennent faire office d’appâts, et pour situer la chronologie des événements, cela reste un pur défouloir qui fait plaisir à voir. Ne serait-ce que pour revoir les Predators à l’écran, après plus de 10 ans depuis le deuxième opus, j’ai beaucoup apprécié cet approfondissement de leur mythologie.

6.THE PREDATOR (2018)

Après avoir fait partie du casting du Predator original, dans le rôle de Hawkins, Shane Black a décidé de revenir à ses premiers amours, mais cette fois-ci, derrière la caméra. En effet, l’acteur a toujours eu plusieurs cordes à son arc, dont celle de scénariste et de réalisateur. Il s’acquitte donc de mettre en scène sa propre histoire afin de relancer la franchise. On peut donc enfin y voir une forme de légitimité dans cette implication, mais c’est surtout l’occasion de savourer les dialogues de Shane Black:

Messieurs, ils sont grands, ils sont rapides, et vous niquer c’est leur idée du tourisme.

Le reste est du même niveau dans ce récit qui met en scène une bande de losers tous plus dérangés les uns que les autres. On peut y reconnaitre une sorte d’esprit de groupe proche des Gardiens de la galaxie, ce qui est pile dans l’air du temps. Malheureusement, cela ne colle pas trop avec l’image du Predator. Pire encore, cela le décrédibilise de le voir lutter face à des déchets de la société. Sans compter que cet opus dévoile une nouvelle espèce de chasseur, pour ce qui reste l’attrait de ce film.

7.ALIENS VS PREDATOR: REQUIEM (2007)

Suite directe d’Alien VS Predator, ce film transpose son intrigue d’une pyramide aztèque, ensevelie sous la glace, à une petite bourgade américaine. Un terrain de jeu inédit, que reprendra The Predator, et qui permettra de renouveler un peu cette figure du chasseur. Toutefois, la principale attraction de ce Requiem reste le Prédalien. Une fusion des deux espèces qui aurait mérité un design plus inspiré, mais qui a le mérite d’exister.

Un gibier de taille pour le Predator qui fera à nouveau étalage de ses aptitudes et de son éventail d’armes. Dès lors, il est impossible de voir ce long-métrage autrement que comme une sorte de prolongation du match entre les deux ennemis. Un deuxième round lors duquel on peut apercevoir furtivement la planète des Predators, ce qui est une bien maigre consolation. Ça, et le teasing autour de la compagnie Yutani, qui ne forme pas encore une seule et unique entité avec Weyland.


Ce tour d’horizon m’a permis de me rendre compte que la licence Predator n’était pas si différente de celle du Terminator. Chaque suite a essayé de se raccorder au deuxième opus pour en devenir le représentant légitime. Bien sûr, chacune de ces tentatives s’est faite avec l’idée de faire oublier les autres volets sortis entre temps. Sans pour autant y parvenir. Pour ma part, je ne les ai jamais vus en tant que tel.

Chaque épisode a proposé quelque chose de différent, et j’espère qu’il en sera de même avec les prochaines productions qui vont venir bousculer ce classement. Cette liste sera mise à jour au fur et à mesure des nouvelles sorties. Et aussi de mes revisionnages, et ce qu’ils m’inspirent avec le temps. Rien n’est figé, pas même mes gouts. Gustativement, dans la vie de tous les jours, je suis profondément contre la chasse ou les pratiques qui s’en approchent, par contre dans l’imaginaire, je suis un fervent défenseur du Predator.

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