« THE FLASH: SAISON 1 » VS PROCRASTINATION
De tous les super-héros existants, les personnages disposant d’une super vitesse sont ceux que je trouve les moins aptes à pouvoir tenir en haleine leurs spectateurs. En effet Superman, QuickSilver et donc Flash pour les plus connus ont la possibilité d’être l’égal d’un dieu. Ils peuvent résoudre le moindre problème en un temps record tandis que leurs ennemis respectifs évoluent au ralenti. Partant de cet à priori, cela rendait la série vouée à l’échec, sa super vitesse étant un frein pour rendre le personnage intéressant à mes yeux. Mais comme chacun le sait, il ne faut pas confondre vitesse et précipitation et cela m’a amené à revoir mon jugement hâtif. Une chose que partage la tête d’affiche puisque Barry Allen a beau être un génie en science, il n’en demeure pas moins une personne maladroite qui fonce souvent tête baissée.
Les scénaristes ont habilement exploité cette faille chez Barry Allen en faisant de ce trait de caractère une façon de justifier l’apprentissage du personnage à chaque épisode. Au premier abord cela peut sembler très didactique mais devoir courir sur l’eau, à la vertical ou frapper un homme d’acier sous le bon angle, tout est une question de physique. Une base réaliste donc mais qui sait ne pas se prendre au sérieux grâce à une voix off pleine d’humour et d’ironie dans le plus pur style de l’homme araignée pour ouvrir chaque histoire. Cette ambiance donne vraiment l’impression d’avoir à faire au Spiderman de l’écurie Dc ou plutôt le Speederman de la distinguée concurrence. Et le coté bavard n’est qu’une des nombreuses choses qu’ils ont en commun à ceci prêt que Flash pourrait surement se lancer dans une Battle de rap.
Avec son débit de parole Grant Gustin pourrait très certainement concurrencer Eminem pour le titre de Rap God même si son rôle dans Glee à montrer que ce n’était pas vraiment son style de musique. On n’échappe donc pas à l’habituel refrain du personnage rapide mais toujours en retard et dans le rôle titre Grant Gustin fait des merveilles. Il incarne un Barry Allen solaire qui donne à la série un ton feel good et une ambiance rafraichissante pour le genre super-hérïoque en général. Le reste du casting et riche en clin d’oeil comme l’attribution du personnage de son père à John Wesley Shipp qui jouait l’ancien Flash dans la série des années 90. Idem pour Mark Hamill qui est issu du même moule et qui incarne ici l’ancien Trickster.
Il est un peu ce que le Joker et à Batman, une menace complément imprévisible. Cette impression est renforcée par le fait qu’il a doublé le clown dans le dessin animée de Paul Dini consacré au chevalier noir. Il possède un timbre de voix hallucinant et en tant qu’interprète de Luke Skywalker, il n’hésite pas à caser une référence à Star Wars du plus bel effet et lourde de sens dans le cadre de l’épisode qui lui est consacré. D’une certaine façon la présence de ces deux acteurs venus tout droit de la série éponyme, et première incarnation du personnage en série télé, permet de l’inclure dans le canon de ce qu’il convient d’appeler le Arrowverse. Mais la série ne se repose pas pour autant sur les gloires d’antan puisque Wentworth Miller et Dominic Purcell, les frères Scofield de Prison Break, sont également de la partie en tant que méchants.
Autant il est jouissif de voir Miller s’approprier le rôle de Captain Cold autant Purcell fait un peu office de décérébré. T-bag est aussi présent pour cette réunion des anciens détenus de la prison de Fox River. Lui aussi emprisonné, Gorilla Grood est, comme son nom l’indique, un gorille en image de synthèse qui n’a rien a envier au King Kong de Peter Jackson ce qui est rare pour une série niveau trucage. Mais Speedster oblige, le meilleur traitement est réservé aux scènes de poursuite au ralenti entre Flash et Reverse Flash qui ont fait preuve d’un travail plutôt soigné en terme de modélisation. Mais aussi le pire lorsqu’il s’agit d’illustrer certains pouvoirs des méta-humains avec des animations parfois foireuses. Et pour justifier l’apparition de tous ces nouveaux méchant, la série part sur le même principe que Smallville.
Là où une pluie de météorites, contenant de la Kryptonite, étaient responsables de la mutation de la population de Smallville, ici c’est l’accident de l’accélérateur de particules qui donne ses pouvoirs à Barry mais également à d’autres personnes. On rentre donc dans une démarche du monstre de la semaine à chaque épisode avec un fil conducteur sur l’homicide de Nora Allen. Tout ce qui tourne autour du meurtre de la mère de Barry fait beaucoup penser à la genèse d’Harry Potter faisant de l’homme dans le costume jaune un Voldemort pour Flash. Il ne manquait plus qu’une cicatrice en forme d’éclair sur le front de Barry mais Cisco Ramon, scientifique de Starlabs, se chargera de citer assez explicitement l’oeuvre de JK Rowling (comme tant d’autres références).
Ce fil rouge, ou plutôt cette lueur rouge tel qu’il est appelé au début de la série, est l’intrigue principale de cette saison. Même si il y a des épisodes en apparence indépendants, les dernières minutes sont toujours l’occasion pour faire avancer la mythologie comme les scènes post-génériques des productions Marvel. Un background que les scénaristes développent à merveille et utilisent chaque élément pour lui donner un sens. Ainsi parmi les excellentes idées on compte l’accélérateur de particules qui sert de prison pour méta-humains ce qui est hautement symbolique puisque c’est précisément ce qui les a créé, un défibrillateur directement incorporé dans le costume situé sous le logo permettant de réanimer Barry à distance en cas d’arrêt cardiaque, la couleur rouge du costume qui est justifiée par le fait qu’il s’agisse d’un prototype de combinaison pour les pompiers et j’en passe.
Il y a également des concepts recyclés car tout comme Arrow et Batman avant lui, Flash peut aussi déformer le son de sa voix afin de ne pas dévoiler son identité. Mais il ne se contente pas de copier ses ainés puisque le bolide écarlate dispose d’une mythologie trop peu exploité en dehors des comics comme les Lascars, la bague qui contient le costume,… Mais aussi à l’univers DC en général puisque l’on peut voir l’origine de Firestorm (joué par le cousin de Stephen Amell qui incarne Arrow, la ressemblance est frappante!) ou la mention de Green Lantern à travers la ville de Coast City et l’aéroport Ferris. Qui sait, peut être un jour aurons-nous le droit à l’apparition de Hal Jordan. Après tout Flash est un spin off de Arrow dans lequel il a fait sa toute première apparition avant d’avoir son propre show donc tout est possible.
Mais il est plus probable de voir le guerrier d’émeraude émerger chez Arrow vu leur team-up dans les comics. A ce propos, il n’est pas nécessaire de suivre Arrow pour comprendre Flash toutefois je vous conseille quand même de, soit être à jour dans le visionnage des deux séries (les événements se déroulent durant la saison 3 de Arrow) soit de la mettre complètement de coté. En effet les deux séries sont non seulement liés mais elle profite aussi d’un épisode en deux parties afin de faire un crossover. Ce genre de rencontre est toujours l’occasion pour les personnages de se tenir au courant et donc de faire un bref résumé de leur parcours ce qui peut entrainer des spoilers pour les personnes ayant du retard sur les aventures d’Oliver Queen.
Pour les plus fans du bolide le dernier épisode, le numéro 23, est une grosse référence en soi. En effet dans le jargon des séries TV il obtient la dénomination « 123 » pour saison 1 épisode 23, précisément le numéro du comics dans lequel Flash apprend qu’il y a un autre Flash sur une Terre parallèle. Moi qui suis toujours retissant lorsque je vois des saisons s’étirer sur autant d’épisodes, là je ne peux que me réjouir de pouvoir avoir ce genre de référence aussi subtile et accompagnée de scénarios aussi bien construits. Du coup face à cette orientation de fin de saison, doit-on s’attendre à un super héros à la sauce Fringe allant d’une Terre à une autre, d’une époque à une autre? Si c’est le cas alors on tient là quelque chose avec énormément de potentiel si les scénaristes vont jusqu’au bout du concept.
En tout cas tout porte à croire que cette idée du multivers ne restera pas à l’état de simple référence puisque dès la fin de son premier épisode la série tease déjà un événement majeur connu sous le nom de Crisis on Infinite Earths dans les comics. Planifié pour 2024, soit 10 ans plus tard à compter de la date de diffusion de la série, les showrunners semblent avoir un plan pour faire durer la série sur une décennie entière. C’est une belle promesse pour cet univers étendu qui trouve ici le format idéal pour retranscrire le format serial des comics contrairement au cinéma. Il s’agit ici de la seule occasion pour DC comics de pouvoir concurrencer Marvel et de rattraper leur retard sur la construction d’un univers cohérent.
« THE FLASH: SAISON 1 » WINS!






